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Sur la décision
| Référence : | TJ Mulhouse, réf., 3 févr. 2026, n° 25/00560 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00560 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 13 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
B.P. 3009
[Adresse 2]
[Localité 10]
☎ [XXXXXXXX01]
— -------------
Procédure accélérée au fond
N° RG 25/00560 – N° Portalis DB2G-W-B7J-JQKI
MINUTE n°
République Française
Au nom du Peuple Français
J U G E M E N T
du 3 février 2026
Dans la procédure introduite par :
Syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Fleurs F & G” sise [Adresse 8], pris en la personne de son syndic, la S.A.S. SASIK, exploitant sous l’enseigne SYNCHRO
dont le siège social est sis [Adresse 9]
représenté par Maître Jean-Michel ARCAY, avocat au barreau de MULHOUSE
requérant
à l’encontre de :
Monsieur [P] [K]
né le 1er décembre 1978 à [Localité 14] (SENEGAL)
demeurant [Adresse 7]
non représenté
Madame [R] [E] épouse [K]
née le 17 février 1978 à [Localité 12] (SENEGAL)
demeurant [Adresse 7]
non représentée
requis
Ziad EL IDRISSI, premier vice-président au tribunal judiciaire de céans, statuant selon la procédure accélérée au fond, assisté de Océane NGUYEN, greffière, a rendu le jugement suivant :
Après avoir, à notre audience publique du 9 décembre 2025, entendu les parties en leurs conclusions et observations,
Statue comme suit :
EXPOSÉ DU LITIGE
M. [P] [K] et Mme [R] [E] épouse [K] (ci-après les époux [K]) sont propriétaires des lots n° 79 et n° 35 composés d’un appartement et d’une cave, dépendant d’une résidence en copropriété dénommée “[16] & G” située [Adresse 4] ([Adresse 11]).
Par assignation signifiée le 20 octobre 2025, le syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Fleurs F & G” située [Adresse 3] à [Adresse 13] ([Adresse 11]), pris en la personne de son syndic, la Sas Sasik, exploitant sous l’enseigne Synchro (ci-après le syndicat des copropriétaires), a attrait les époux [K] devant le président du tribunal judiciaire de Mulhouse, statuant selon la procédure accélérée au fond, sur le fondement des dispositions des articles 10, 17 et 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 et l’article 48-1 du code de procédure civile, aux fins de voir :
— condamner solidairement les époux [K] à lui payer les sommes suivantes, avec capitalisation des intérêts :
* 23 163,81 euros, outre les intérêts au taux légal à compter du 29 janvier 2025,
* 2 000 euros à titre de dommages-intérêts pour préjudice de trésorerie causé par la résistance abusive, outre les intérêts au taux légal à compter du jour de l’assignation,
* 3 000 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, outre les intérêts au taux légal à compter du jour de l’assignation,
— condamner les époux [K] aux entiers dépens,
— dire et juger que les frais nécessaires exposés par lui pour le recouvrement de cette créance seront imputés aux époux [K] en application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, à l’exclusion des autres copropriétaires, la demande en justice valant mise en demeure.
À l’appui de sa demande en justice, le syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Fleurs F & G” fait valoir que les époux [K] ne règlent pas régulièrement les charges de copropriété dont ils sont redevables.
Bien que régulièrement cités, les époux [K] ne se sont pas fait représenter à l’audience du 9 décembre 2025. La cause étant susceptible d’appel, il sera statué par jugement réputé contradictoire par application de l’article 474 du code de procédure civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la demande principale
L’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 dispose : “À défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2.”
L’obligation à la dette existe dès lors que l’assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic et qu’aucun recours n’a été formé dans le délai légal, mentionné à l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
En vertu de l’article 35 du décret du 17 mars 1967, les appels provisionnels auxquels procède le syndic, dans les limites et sous les conditions prévues par ce texte, constituent une créance certaine, liquide et exigible.
Enfin, il y a lieu de rappeler que, selon, l’article 10-1 a) de la loi du 10 juillet 1965, dans sa version issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014, non remise en cause depuis, dispose que par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné “les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur.”
En l’espèce, à l’appui de sa demande, le syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Erables” produit notamment :
— le contrat de syndic,
— la copie du livre foncier, faisant ressortir que les époux [K] sont bien copropriétaires des lots n° 79 et n° 35 au sein de la résidence “[Adresse 15]”,
— les procès-verbaux des assemblées générales des 16 décembre 2022, 23 octobre 2023, 12 mars 2024, 19 février 2025 et 3 juillet 2025, portant approbation des copropriétaires des comptes et des budgets prévisionnels,
— les mise en demeure et sommation de payer des 29 janvier 2025 et 2 juin 2025,
— un décompte arrêté au 1er octobre 2025, faisant état d’un impayé de 23 163,81 euros.
Ces pièces permettent d’établir le bien-fondé de la demande du syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Fleurs F & G” à hauteur de la somme réclamée en principal.
Il y a donc lieu à condamner in solidum les époux [K] à payer au syndicat des copropriétaires la résidence “Les Fleurs F & G” la somme de 23 163,81 euros, outre les intérêts au taux légal à compter du 29 janvier 2025 sur la somme de 15 171,25 euros, et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus.
Sur la demande en paiement de dommages et intérêts
En vertu des dispositions de l’article 1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires la résidence “Les Fleurs F & G” ne justifie d’aucun préjudice distinct de celui résultant du retard de paiement par les époux [K] des sommes dont ils demeurent redevable, lequel est entièrement réparé par l’octroi d’intérêts moratoires assortissant la condamnation précitée.
Il y a donc lieu de rejeter ce chef de demande.
Sur les frais et dépens
La capitalisation des intérêts est de droit, dès lors qu’elle est demandée et s’opérera par année entière en vertu de l’article 1343-2 du code civil.
Conformément aux articles 696 et 700 du code de procédure civile, les époux [K], parties perdantes au procès, seront condamnés in solidum aux dépens et à payer les frais nécessaires exposés à compter de la demande en justice valant mise en demeure, en application de l’article 10-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.
Ils seront également condamnés au paiement d’une indemnité de 1 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
L’exécution provisoire est de droit, en application de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Ziad El Idrissi, premier vice-président au tribunal judiciaire de Mulhouse, statuant publiquement, selon la procédure accélérée au fond, par jugement réputé contradictoire, prononcé par mise à disposition au greffe et en premier ressort,
CONDAMNE in solidum M. [P] [K] et Mme [R] [E] épouse [K] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Fleurs F & G” située [Adresse 6], pris en la personne de son syndic, la Sas Sasik, exploitant sous l’enseigne Synchro, la somme de 23 163,81 € (vingt trois mille cent soixante trois euros et quatre vingt un centimes) au titre des charges de copropriété échues et à échoir selon décompte arrêté au 1er octobre 2025, outre les intérêts au taux légal à compter du 29 janvier 2025 sur la somme de 15 171,25 euros, et à compter de la signification du présent jugement pour le surplus ;
REJETTE la demande du syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Fleurs F & G” située [Adresse 5]), pris en la personne de son syndic, la Sas Sasik, exploitant sous l’enseigne Synchro, en paiement de dommages-intérêts pour résistance abusive ;
DIT qu’en vertu de l’article 1343-2 du code civil, les intérêts échus dus pour une année entière seront capitalisés et porteront eux-mêmes intérêts au taux légal ;
DIT que les frais nécessaires au recouvrement de la créance du syndicat des copropriétés de la résidence “Les Fleurs F & G” située [Adresse 3] à [Adresse 13] ([Adresse 11]), pris en la personne de son syndic, la Sas Sasik, exploitant sous l’enseigne Synchro, à l’égard de M. [P] [K] et Mme [R] [E] épouse [K] seront imputés à eux seuls, conformément à l’article 10-1 a) de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ;
CONDAMNE in solidum M. [P] [K] et Mme [R] [E] épouse [K] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence “Les Fleurs F & G” située [Adresse 4] ([Adresse 11]), pris en la personne de son syndic, la Sas Sasik, exploitant sous l’enseigne Synchro, la somme de 1 000 € (mille euros) en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum M. [P] [K] et Mme [R] [E] épouse [K] aux dépens ;
CONSTATE l’exécution provisoire de plein droit des dispositions du présent jugement ;
ET A signé la minute du présent jugement avec la greffière.
La greffière, Le président,
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