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Sur la décision
| Référence : | TJ Nîmes, jcp, 18 mars 2025, n° 24/01588 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01588 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 23 octobre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
Annexe Avenue Feuchères
5, avenue Feuchères
30000 NÎMES
Minute N°
N° RG 24/01588 – N° Portalis DBX2-W-B7I-KXVV
Société ACTION LOGEMENT SERVICE . RCS PARIS N° 824 541 148.
C/
[I] [Y] [B]
Le
Exécutoire délivré à :
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 18 MARS 2025
DEMANDERESSE
Société ACTION LOGEMENT SERVICE . RCS PARIS N° 824 541 148.
19 – 21 Quai D’Austerlitz
75013 PARIS
représentée par Maître Renaud ROCHE de la SELARL LEVY ROCHE SARDA, avocats au barreau de LYON, avocat plaidant, Maître Marie-Ange SEBELLINI, avocat au barreau de NIMES, avocat postulant
DEFENDEUR
M. [I] [Y] [B]
né le 17 Décembre 1998 à ALEXANDRIA
4 Rue Baudin
30300 BEAUCAIRE
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Laurence ALBERT, Vice-Présidente exerçant les fonctions de juge des contentieux de la protection
Greffier : Coraline MEYNIER, lors des débats et Stéphanie RODRIGUEZ, lors de la mise à disposition au greffe.
DÉBATS :
Date de la première évocation : 17 Décembre 2024
Date des Débats : 17 décembre 2024
Date du Délibéré : 18 mars 2025
DÉCISION :
réputée contradictoire conformément à l’article 473 du code de procédure civile, en premier ressort, rendue publiquement par mise à disposition au greffe du tribunal judiciaire de Nîmes, le 18 Mars 2025 en vertu de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.
***
EXPOSE DU LITIGE
Par acte du 2 mars 2024, Monsieur [K] [V] a donné à bail à Monsieur [D] [B] un logement à usage d’habitation situé à Beaucaire (Gard), 4 rue Baudin, moyennant un loyer mensuel de 500 euros.
Une garantie des loyers impayés a été conclue par le bailleur avec la société Action Logement Services.
Par acte du 30 septembre 2024, la société Action Logement Services a fait citer Monsieur [D] [B] devant le juge des contentieux de la protection siégeant au tribunal judiciaire de Nîmes.
Elle sollicite, à titre principal, que soit constatée la résiliation du bail d’habitation en application de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 et ordonnée l’expulsion du locataire ainsi que de tous occupants de son chef, si nécessaire avec le concours de la force publique. Subsidiairement, elle sollicite que soit ordonnée la résiliation du bail aux torts exclusifs du locataire.
Elle demande la condamnation de Monsieur [D] [B] au paiement de la somme de 2 500 euros, portant intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 25 juin 2024 et pour le surplus à compter de l’assignation. Elle sollicite la condamnation de Monsieur [D] [B] au paiement d’une indemnité d’occupation à compter de la date d’acquisition de la clause résolutoire et jusqu’à libération définitive des lieux.
Elle demande la condamnation de Monsieur [D] [B] au paiement de la somme de 800 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.
A l’audience du 17 décembre 2024, la société Action Logement Services comparaît, représentée par son avocat.
Elle poursuit le bénéfice de son assignation et sollicite que le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle soit fixé à la somme de 500 euros.
Monsieur [D] [B], régulièrement cité, ne comparaît pas.
MOTIFS DE LA DECISION
— Sur la recevabilité des demandes
Selon les dispositions des articles 1249 et suivants du code civil, le paiement avec subrogation, s’il a pour effet d’éteindre la créance à l’égard du créancier, la laisse subsister au profit du subrogé, qui dispose de toutes les actions qui appartenaient au créancier et qui se rattachent à cette créance immédiatement avant le paiement.
La juridiction compétente pour connaître d’un recours subrogatoire est celle qui a compétence pour connaître de l’action principale du subrogeant.
En l’espèce, il ressort de la quittance subrogative du 2 décembre 2024 que la somme totale de 4 000 euros a été réglée au bailleur en exécution de l’engagement de caution au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dues pour la période du mois d’avril 2024 au mois de novembre 2024.
La société Action Logement Services est donc subrogée conventionnellement dans les droits du bailleur.
La subrogation visant le recouvrement des loyers impayés peut s’exercer dans le cadre d’une action en constat d’acquisition de la clause résolutoire.
Une copie de l’assignation a été notifiée à la Préfecture du Gard le 1er octobre 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifiée par la loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite.
Il est justifié de la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 25 juin 2024.
La société Action Logement Services a donc qualité pour engager à l’encontre du locataire son action en résolution du bail et ses demandes seront jugées recevables.
— Sur les demandes principales
Le débiteur peut opposer au créancier subrogé les mêmes exceptions et moyens de défense dont il aurait pu disposer initialement contre son créancier originaire.
* Sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire et l’expulsion du locataire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifié par la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, entrée en vigueur depuis le 29 juillet 2023, prévoit que : « Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-paiement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ».
En l’espèce, le bail conclu contient une clause résolutoire stipulant expressément un délai de résiliation de six semaines après la signification d’un commandement de payer demeuré infructueux. Un commandement visant cette clause a été signifié le 25 juin 2024 par la société subrogée pour la somme en principal de 1 500 euros. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 7 août 2024.
Par conséquent, la clause résolutoire sera réputée acquise et l’expulsion du locataire sera ordonnée.
* Sur l’arriéré des loyers et charges impayés
Aux termes des dispositions de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver ; et, réciproquement, celui qui s’en prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
Le paiement avec subrogation ne transfère légalement la créance que jusqu’à concurrence de la somme payée par le subrogé. On ne peut attribuer au subrogé plus qu’il n’a payé.
En l’espèce, la société Action Logement Services démontre qu’elle a payé la somme de 2 500 euros au titre des loyers et charges arrêtés au 7 aôut 2024, date de résiliation du bail.
Monsieur [D] [B], non comparant, ne rapporte pas la preuve de sa libération.
Il sera en conséquence condamné à verser à la société Action Logement Services la somme de 2 500 euros au titre des loyers impayés jusqu’à la date de résiliation le 7 aôut 2024, portant intérêts au taux légal à compter du commandement de payer en date du 2 mars 2024 sur la somme de 1 500 euros, et pour le surplus à compter de l’assignation datée du 30 septembre 2024.
Il convient par ailleurs de condamner Monsieur [D] [B] au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant de 500 euros à compter de la date de résiliation du bail, jusqu’au départ effectif du locataire matérialisé par la remise des clés, et dans la limite des sommes que la caution aura elle-même réglées au bailleur à ce titre.
— Sur les demandes accessoires
Monsieur [D] [B], partie perdante, supportera la charge des dépens de la procédure et sera condamné à payer à la caution la somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
En application de l’article 514 du code de procédure civile, la décision de première instance est de droit exécutoire à titre provisoire à moins que la loi ou le juge n’en dispose autrement.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Nîmes, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
JUGE recevables les demandes de la société Action Logement Services, subrogée dans le droits et actions de Monsieur [K] [V],
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 2 mars 2024 entre Monsieur [K] [V] et Monsieur [D] [B], concernant le logement à usage d’habitation situé à Beaucaire (Gard), 4 rue Baudin, sont réunies à la date du 7 août 2024,
CONSTATE la résiliation du bail à compter du 7 août 2024,
ORDONNE, à défaut de libération spontanée des lieux, l’expulsion de Monsieur [D] [B] des lieux loués tant de sa personne que de ses biens ainsi que de tout occupant de son chef, au besoin avec l’aide de la force publique et ce, à l’expiration d’un délai de deux mois suivant signification d’un commandement de quitter les lieux conformément à l’article L.412-1 du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNE Monsieur [D] [B] à verser à la société Action Logement Services la somme de 2 500 euros au titre des loyers et charges arrêtés au 7 août 2024, date de résiliation du bail,
DIT que cette somme portera intérêt au taux légal à compter à compter du 25 juin 2024 sur la somme de 1 500 euros, et pour le surplus à compter du 30 septembre 2024,
CONDAMNE Monsieur [D] [B] à verser à la société Action Logement Services une indemnité mensuelle d’occupation de 540 euros, depuis la date de résiliation du bail le 7 août 2024, jusqu’à la date de libération définitive des lieux, et dans la limite des sommes réglées à Monsieur [K] [V] en exécution de la garantie,
CONDAMNE Monsieur [D] [B] à payer à la société Action Logement Services la somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE Monsieur [D] [B] aux dépens de l’instance,
RAPPELLE que la décision est de droit exécutoire à titre provisoire.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au Greffe du tribunal judiciaire de Nîmes le 18 mars 2025, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.
La Greffière, La Présidente,
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