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Sur la décision
| Référence : | TJ Poitiers, réf. presidence tgi, 15 oct. 2025, n° 25/00279 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00279 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
MINUTE N° :
DOSSIER : N° RG 25/00279 – N° Portalis DB3J-W-B7J-GYU4
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE POITIERS
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
ORDONNANCE DU JUGE DES RÉFÉRÉS
EN DATE DU 15 Octobre 2025
DEMANDERESSE :
LE :
Copie simple à :
— Me PILON
— Me BREILLAT
— Me FROIDEFOND
— service des expertises (X3)
Madame [N] [X] épouse [F],
demeurant [Adresse 3]
[Localité 8]
représentée par Me Stéphane PILON, avocat au barreau de POITIERS
DÉFENDERESSES :
S.A.R.L. [Adresse 14] (GROUPE LE CARRE)
dont le siège social est sis [Adresse 1],
[Localité 4]
non constituée
S.A.R.L. [Adresse 12] (GROUPE LE CARRE)
dont le siège social est sis [Adresse 10]
représentée par Me Emmanuel BREILLAT, avocat au barreau de POITIERS
QBE EUROPE
dont le siège social est sis [Adresse 11]
[Localité 2] (BELGIQUE)
représentée par Me Gérald FROIDEFOND, avocat au barreau de POITIERS
COMPOSITION :
JUGE DES RÉFÉRÉS : Cyril BOUSSERON, Président
GREFFIER : Maryline LANGLADE
Débats tenus à l’audience publique de référés du : 15 Octobre 2025.
FAITS ET PROCÉDURE
Le 26 juillet 2021, Madame [N] [F] a signé un bon de commande émis par la SARL [Adresse 15] (GROUPE LE CARRE) pour le remplacement d’une VMC et mise en conformité pour un montant de 3 100 euros. Cette société était assurée auprès de QBE EUROPE SA/NV pour la période des travaux.
Le 9 janvier 2023, Madame [N] [F] a signé un second bon de commande émis par la SARL [Adresse 15] (GROUPE LE CARRE) pour le remplacement d’une VMC et mise en conformité pour un montant de 2 739 euros.
Le 13 septembre 2024, Madame [N] [F] a signé un bon de commande émis par la SARL [Adresse 13] (GROUPE LE CARRE) afin d’effectuer des travaux de changement de faïtage et mise en place d’un « bull aluminium », pour un montant de 7 661,50 euros.
Selon procès-verbal de réception des travaux signé le 27 novembre 2024, Madame [N] [F] a conservé en réserve un montant de 5% du solde, soit 306,46 euros.
Un rapport d’expertise protection juridique réalisé 26 février 2025 a constaté des désordres.
Par actes de commissaire de justice des 12, 13 et 18 aout 2025, Madame [N] [F] a assigné la SARL [Adresse 15] (GROUPE LE CARRE), la SARL [Adresse 13] (GROUPE LE CARRE) et l’assureur QBE EUROPE devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Poitiers.
Madame [N] [F] sollicite l’organisation d’une mesure d’expertise judiciaire selon mission fixée au dispositif. A ce titre, elle soutient justifier d’un motif légitime au sens de l’article 145 du Code de procédure civile. Elle fait valoir l’existence de désordres affectant sa maison depuis la réalisation de travaux de la part de la SARL [Adresse 15] (GROUPE LE CARRE) et de la SARL [Adresse 13] (GROUPE LE CARRE).
Dans ses conclusions signifiées par RPVA le 23 septembre 2025, l’assureur QBE EUROPE sollicite d’ordonner une expertise judiciaire avec la mission la mission telle que fixée au dispositif.
Dans ses conclusions signifiées par RPVA le 23 septembre 2025, la SARL [Adresse 13] (GROUPE LE CARRE) ne s’oppose pas à la demande d’expertise judiciaire.
La SARL [Adresse 15] (GROUPE LE CARRE) n’a pas constitué avocat.
MOTIFS DE LA DÉCISION
La SARL [Adresse 15] (GROUPE LE CARRE) n’a pas constitué avocat bien que régulièrement assignée, l’acte lui ayant été signifié à l’étude le 13 aout 2025.
L’ordonnance, susceptible d’appel, sera réputée contradictoire en application de l’article 474 du code de procédure civile.
Sur la demande d’expertise :
Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile,
« S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.»
Madame [N] [F] rapporte la preuve de l’existence de désordres affectant sa maison depuis la réalisation de travaux de la part de la SARL [Adresse 15] (GROUPE LE CARRE) et de la SARL [Adresse 13] (GROUPE LE CARRE) par la production d’un rapport d’expertise amiable réalisé 26 février 2025.
La cause des désordres et leur exacte portée ne sont pas entièrement connues, raison de la demande d’expertise, et la réponse à ces questions techniques est nécessaire pour connaître l’applicabilité du régime juridique de responsabilité et les garanties susceptibles d’être mobilisées.
Dès lors, il existe un motif légitime à l’organisation d’une mesure d’instruction judiciaire qui permettra d’appréhender l’ensemble des questions utiles à un éventuel futur procès.
Une mesure d’expertise sera ordonnée, aux frais avancés par Madame [N] [F], selon la mission définie au dispositif.
Sur les dépens :
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile,
« La partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.»
Madame [N] [F] sera condamnée provisoirement aux dépens dès lors que la mesure d’expertise est ordonnée dans son intérêt avant tout établissement des responsabilités.
PAR CES MOTIFS :
Nous, Juge des référés, statuant par ordonnance de référé mise à la disposition des parties, réputée contradictoire, après débats en audience publique, en premier ressort,
Vu l’article 145 du code de procédure civile,
Ordonnons une mesure d’expertise ;
Désignons pour y procéder,
Monsieur [I] [U],
Expert près la cour d’appel de Poitiers
[Adresse 5]
[Localité 9]
Et en cas de refus ou d’empêchement,
Monsieur [H] [R],
Expert près la cour d’appel de Poitiers
[Adresse 6]
[Localité 7]
Avec mission de :
o Convoquer les parties en cause ainsi que les avocats par lettre recommandée avec accusé de réception ;
o Se faire remettre tous les documents utiles à l’accomplissement de sa mission ;
o Se rendre sur les lieux du litige ;
o Décrire les désordres, non conformités, malfaçons ou non façons alléguées dans l’assignation et les pièces jointes ; indiquer si les travaux ont fait l’objet d’une réception et dans l’affirmative s’ils ont fait l’objet de réserves à réception ou dans l’année de parfait achèvement et d’une levée des réserves;
o Déterminer l’origine, la date d’apparition, l’étendue et les causes des désordres ; dire notamment s’ils résultent d’un manquement aux règles de l’art ; dire s’ils rendent l’ouvrage impropre à sa destination ou nuisent à sa solidité ;
o Déterminer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres sur la base des devis remis par les parties ;
o Donner son avis sur les préjudices subis ;
o Faire toute observation utile ;
o Faire l’état des comptes entre les parties, les travaux facturés et les sommes payées.
Ordonnons aux parties et à tout tiers détenteur de remettre sans délai à l’expert tout document qu’il estimera utile à l’accomplissement de sa mission ;
Disons que :
o En cas d’empêchement ou de refus de l’expert, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé du contrôle de l’expertise,
o L’expert devra accomplir sa mission conformément aux articles 232 et suivants du code de procédure civile, notamment en ce qui concerne le caractère contradictoire des opérations,
o L’expert devra tenir le juge chargé du contrôle de l’expertise, informé du déroulement de ses opérations et des difficultés rencontrées dans l’accomplissement de sa mission,
o L’expert est autorisé à s’adjoindre tout spécialiste hors de son domaine de compétence, de son choix, sous réserve d’en informer le juge chargé du contrôle de l’expertise et les parties étant précisé qu’il pourra dans ce cas solliciter une provision complémentaire destinée à couvrir les frais du recours au sapiteur,
o L’expert pourra, en cas de besoin, en considération de la complexité technique de la mission, remettre un pré-rapport aux parties en leur communiquant au préalable les propositions chiffrées ou devis concernant les travaux envisagés,
o L’expert devra déposer son rapport définitif et sa demande de rémunération au greffe du tribunal et communiquer ces deux documents aux parties.
Disons que l’expert accusera réception de sa mission, nous fera connaître son acceptation éventuelle sans délai et commencera ses opérations après avis de la consignation qui lui sera adressé par le greffe.
Disons que Madame [N] [F] devra consigner au greffe de ce Tribunal, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, à peine de caducité de la désignation de l’expert, la somme de deux mille cinq cents euros (2.500€) à titre provisionnel, à valoir sur les frais et honoraires de l’expert, sauf dans l’hypothèse où une demande d’aide juridictionnelle antérieurement déposée serait accueillie, auquel cas les frais seront avancés directement par le Trésorier Payeur Général.
Disons que le secrétariat du service des expertises avisera l’expert commis de ladite consignation.
Disons que la partie demanderesse communiquera ses pièces numérotées sous bordereau daté ; ces conditions étant remplies, l’expert commis organisera la première réunion.
Disons que l’expert commis convoquera les parties par lettre recommandée avec accusé de réception à toutes les réunions d’expertise avec copie par lettre simple aux défenseurs, leurs convenances ayant été préalablement prises.
Disons que l’expert commis entendra les parties, s’expliquera sur leurs dires et observations et sur toutes difficultés auxquelles ses opérations et constatations pourraient donner lieu, s’entourera de tous renseignements utiles, et consultera tous documents produits pouvant l’éclairer s’il y a lieu.
Disons que lors de la première ou au plus tard de la deuxième réunion des parties, l’expert dressera un programme de ses investigations, et évaluera d’une manière aussi précise que possible le montant prévisible de ses honoraires et de ses débours.
Disons qu’à l’issue de cette réunion l’expert fera connaître au Juge la somme globale qui lui paraît nécessaire pour garantir en totalité le recouvrement de ses honoraires et de ses débours, et sollicitera le cas échéant, le versement d’une consignation complémentaire.
Disons que, sauf accord contraire des parties, l’expert commis devra adresser aux parties un pré-rapport de ses observations et constatations afin de leur permettre de lui adresser un dire récapitulant leurs arguments sous un délai d’un mois.
Disons que l’expert procédera à sa mission dès qu’il sera avisé de la consignation ci-dessus fixée, et qu’il déposera au Greffe du Tribunal un rapport définitif de ses opérations, répondant aux dires des parties, au plus tard dans le délai de six mois sauf prorogation dûment autorisée.
Précisons que le rapport définitif devra comprendre une conclusion synthétique des résultats des déductions expertales.
Disons qu’au cas où les parties viendraient à se concilier l’expert devra constater que sa mission est devenue sans objet et faire rapport au Magistrat chargé du contrôle de l’expertise en lui adressant alors un procès-verbal de conciliation.
Disons qu’en cas d’empêchement de l’expert commis, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé de la surveillance des expertises.
Disons que le juge chargé du contrôle des expertises, désigné par ordonnance du président du tribunal judiciaire de Poitiers en vertu de l’article 155-1 du code de procédure civile, s’assurera de l’exécution de cette mesure d’instruction.
Rappelons que la présente ordonnance est exécutoire par provision de plein droit ;
Rappelons qu’il sera procédé à la signification de la présente ordonnance par la partie la plus diligente;
Condamnons Madame [N] [F] provisoirement aux dépens.
La présente ordonnance de référé a été mise à disposition des parties le 15 octobre 2025 par Monsieur Cyril BOUSSERON, Président du Tribunal Judiciaire, assisté de Madame Maryline LANGLADE, Greffière, et signée par eux.
La Greffière Le Président
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