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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Denis de la Réunion, civil tp saint benoit, 16 févr. 2026, n° 25/00409 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00409 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 23 février 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | S.A. [ L ] |
|---|
Texte intégral
RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
N° RG 25/00409 – N° Portalis DB3Z-W-B7J-HJDM
MINUTE N° : 26/
Notification
Copie certifiée conforme
délivrée le :
à :
M. [I] [J]
Copie exécutoire délivrée
le :
à :
[L]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT DENIS
—
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DE SAINT BENOIT
— -------------------
JUGEMENT
DU 16 FEVRIER 2026
—
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
PARTIES
DEMANDEUR :
S.A. [L]
[Adresse 1]
[Localité 1]
représenté par Mme [Q] [R] (Chargée de contentieux) munie d’un pouvoir spécial
DÉFENDEUR :
Monsieur [W] [I] [J]
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 2]
comparant en personne
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Alain SOREL,
Assisté de : Maureen ETALE, Greffier,
DÉBATS :
À l’audience publique du 24 Novembre 2025
DÉCISION :
Prononcée par Alain SOREL, Juge du contentieux de la Protection, Magistrat temporaire, déléguée au Tribunal Judiciaire dans les fonctions de Juge au Tribunal de Proximité de Saint-Benoit, assisté de Maureen ETALE, Greffier,
EXPOSE DU LITIGE
La SOCIETE D’HABITATIONS A LOYER MODERE DE [Localité 3] ([L]) a donné à bail à Monsieur [I] [J] [W], selon contrat de location du 4 novembre 2024, un logement à usage d’habitation situé au [Adresse 4], [Localité 2], moyennant le versement d’un loyer mensuel de 433,48 euros charges comprises.
Par acte de commissaire de justice en date du 17 mars 2025, un commandement de payer visant la clause résolutoire contenue dans le contrat de location a été délivré à Monsieur [I] [J] [W] pour la somme en principal de 1.270,93 euros correspondant aux loyers et charges impayés.
Par assignation en date du 18 septembre 2025, la [L] a fait citer Monsieur [I] [J] [W] devant le juge des contentieux de la protection auprès du tribunal judiciaire de Saint-Denis de La Réunion, aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
— constater la résiliation du bail conclu entre les parties du fait de l’acquisition de la clause résolutoire,
— ordonner l’expulsion de Monsieur [I] [J] [W],
— condamner Monsieur [I] [J] [W] au paiement des loyers et charges impayés, soit la somme de 3.483,31 euros augmentée des intérêts au taux légal à compter du commandement de payer les loyers,
— condamner Monsieur [I] [J] [W] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle de 447,69 euros jusqu’à libération complète des lieux,
— condamner Monsieur [I] [J] [W] au paiement de la somme de 350 euros au titre de l’article 700 du CPC,
— condamner Monsieur [I] [J] [W] aux dépens.
A l’audience du 24 novembre 2024, date à laquelle l’affaire a été évoquée, la [L], dûment représentée, a maintenu l’intégralité de ses demandes, en actualisant sa créance à la somme de 3.985,99 euros.
Monsieur [I] [J] [W], comparant en personne, a reconnu la dette locative et sollicité un délai de paiement pour la régler.
Il déclare 1.600 euros de ressources mensuelles, 400 euros de charges mensuelles et propose de mobiliser 110 euros par au règlement de son arriéré locatif.
L’affaire a été mise en délibéré au 16 février 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
SUR LA RECEVABILITE
Une copie de l’assignation a été notifiée par voie dématérialisée (logiciel EXPLOC) à la Préfecture de [Localité 3] qui en a accusé réception le 22 septembre 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version en vigueur.
En outre, la [L] justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) par courrier du 9 juillet 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
L’action de la [L] est recevable.
SUR L’ACQUISITION DE LA CLAUSE RESOLUTOIRE
L’article 24 I de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version applicable prévoit que tout contrat de bail d’habitation contient dans une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut du paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le contrat de bail conclu le 4 novembre 2024 contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause résolutoire a été signifié à Monsieur [I] [J] [W] le 17 mars 2025, pour la somme en principal de 1.270,93 euros.
Ce commandement de payer étant resté infructueux pendant plus de six semaines, y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail sont réunies au 29 avril 2025.
SUR L’INDEMNITE D’OCCUPATION
La [L] est fondée à réclamer à titre de préjudice causé par le maintien de Monsieur [I] [J] [W] dans les lieux et l’impossibilité de relouer le bien, une indemnité d’occupation équivalente aux loyers et charges courants, à compter du 29 avril 2025, jour de la résiliation du bail et jusqu’à la libération effective et définitive des lieux.
SUR LE MONTANT DE L’ARRIERE LOCATIF
La [L] produit un décompte démontrant qu’après soustraction des frais de dossier de 25 euros non justifiés qui resteront à la charge du bailleur et des frais de poursuite de 320,27 euros, à arbitrer dans le cadre des dépens, Monsieur [I] [J] [W] est débiteur de la somme de 3.640,72 euros au 17 novembre 2025.
Monsieur [I] [J] [W] n’a produit aucun élément susceptible de contester le principe ou le quantum de la dette locative.
En conséquence, il convient de le condamner à payer à la [L] la somme de 3.640,72 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 17 novembre 2025 avec intérêts au taux légal à compter du 18 septembre 2025, date de l’assignation, sur la somme de 3.483,31 euros, et à compter du présent jugement pour le surplus de la somme due, conformément aux dispositions des articles 1231-6 et 1231-7 du code civil.
SUR LES DELAIS DE PAIEMENT
L’article 24 V de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dispose que le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience accorder des délais de paiement dans la limite de trois années (…)
L’article 24 VII de la même loi précise que lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause résolutoire de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge (…)
Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges.
Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.
Il ressort du relevé de compte produit par la [L] que depuis son entrée dans les lieux le 4 novembre 2024, trois règlements ont été effectués par Monsieur [I] [J] [W] au titre du loyer et des charges, le premier de 384 euros le 4 novembre 2024, le second de 447,69 euros le 6 avril 2025, le troisième de 600 euros 17 novembre 2025.
Les règlements au titre du loyer et des charges sont irréguliers et le dernier effectué avant la date de l’audience est purement opportuniste.
Au vu de ses éléments, il n’y a pas lieu d’accorder à Monsieur [I] [J] [W] des délais de paiement d’office.
En conséquence, il convient d’ordonner son expulsion.
Monsieur [I] [J] [W] sera également condamné à verser à la [L] une indemnité d’occupation mensuelle de 447,69 euros révisable, égale au montant du loyer révisé et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, payable à la date d’exigibilité du loyer, et ce, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux.
SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
L’équité commande de ne pas condamner Monsieur [I] [J] [W] au paiement d’une indemnité au titre de l’article 700 du CPC. La [L] sera donc déboutée de ce chef de demande.
Monsieur [I] [J] [W] qui succombe, supportera la charge intégrale des dépens de l’instance qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire en application des dispositions des articles 514 et 514-1 du CPC.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection statuant après audience publique, par jugement contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 14 novembre 2024 entre la [L] et Monsieur [I] [J] [W], concernant le logement à usage d’habitation situé au [Adresse 4], [Localité 2], sont réunies au 29 avril 2025,
CONDAMNE Monsieur [I] [J] [W] à payer à la [L] la somme de 3.640,72 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 17 novembre 2025 avec intérêts au taux légal à compter du 18 septembre 2025, date de l’assignation, sur la somme de 3.483,31 euros, et à compter du présent jugement pour le surplus de la somme due,
DIT n’y avoir lieu à accorder des délais de paiement à Monsieur [I] [J] [W],
EN CONSEQUENCE :
ORDONNE à Monsieur [I] [J] [W] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement,
AUTORISE la [L] à faire procéder à l’expulsion de Monsieur [I] [J] [W] ainsi qu’à celle de tous les occupants introduits de son chef, au besoin avec le concours d’un serrurier et de la force publique, à défaut pour Monsieur [I] [J] [W] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai de quinze jours et deux mois après la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux,
CONDAMNE Monsieur [I] [J] [W] à verser à la [L] une indemnité d’occupation mensuelle de 447,69 euros révisable, à compter du 18 novembre 2025, égale au montant du loyer révisé et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, payable à la date d’exigibilité du loyer, et ce, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux,
DEBOUTE la [L] de sa demande au titre de l’article 700 du CPC,
CONDAMNE Monsieur [I] [J] [W] au paiement des entiers dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture,
CONSTATE l’exécution provisoire de plein droit de la présente décision.
En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Juge et la Greffière et mis à disposition au greffe de la juridiction le 16 février 2026.
LA GREFFIERE LE JUGE
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