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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Étienne, 4e ch. civ., 12 mai 2025, n° 25/00198 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00198 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 25 juin 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | Société VOLKSWAGEN BANK GMBH c/ POLE DE LA PROTECTION |
Texte intégral
Minute n°
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE
N° RG 25/00198 – N° Portalis DBYQ-W-B7J-ITDU
4ème CHAMBRE CIVILE – POLE DE LA PROTECTION
JUGEMENT DU 12 Mai 2025
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Lors des débats et du délibéré :
Présidente : Monsieur Jean-Philippe BELPERRON, Juge chargé des contentieux de la protection assistée, pendant les débats de Madame Sonia BRAHMI, greffière ;
DEBATS : à l’audience publique du 11 Mars 2025
ENTRE :
Société VOLKSWAGEN BANK GMBH
dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Maître Serge ALMODOVAR, avocat au barreau de VALENCE, substitué par Maître Vicky MAZOYER, avocat au barreau de SAINT-ETIENNE
ET :
Monsieur [R] [O]
demeurant [Adresse 2]
non comparant
JUGEMENT :
réputé contradictoire et en premier ressort,
Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 12 Mai 2025
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé en date du 26 janvier 2022 , la société VOLKSWAGEN BANK a consenti à Monsieur [R] [O] une location avec option d’achat d’un véhicule VOLKSWAGEN POLO , pour une durée de location de 37 mois.
Par assignation en date du 18 décembre 2024, la société VOLKSWAGEN BANK a attrait Monsieur [R] [O] devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Saint Etienne.
A l’audience du 11 mars 2025, la société VOLKSWAGEN BANK demande à la juridiction de :
— prononcer la résiliation du contrat,
— condamner Monsieur [R] [O] à lui payer les sommes suivantes :
* 19 724,07 euros, outre intérêts au taux légal à compter de la déchéance du terme du 5 juillet 2023 ;
* 500 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile
— condamner Monsieur [R] [O] à restituer le véhicule automobile VOLKSWAGEN POLO, immatriculé GE 278 KD sous astreinte de 15 euros par jour de retard,
— condamner Monsieur [R] [O] aux dépens ;
— ne pas déroger à l’exécution provisoire de la présente décision.
Monsieur [R] [O] n’a pas comparu, malgré sa convocation régulière.
En application de l’article L. R. 632-1 du Code de la consommation, le juge a soulevé d’office un ou plusieurs moyens tirés de la violation des dispositions du Code de la consommation, en l’espèce absence de preuve de la consultation du FICP. Le juge autorisait la société VOLKSWAGEN BANK a répondre par une note en délibéré sur le moyen relevé d’office.
Pour de plus amples détails sur les prétentions et arguments des parties, il convient de se reporter à leurs écritures déposées à l’audience, auxquelles il est référé en application de l’article 455 du Code de Procédure Civile.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur l’absence du défendeur
Il convient de faire application de l’article 472 du Code de procédure civile, en vertu duquel « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond.
Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ».
Sur la resiliation du contrat
A titre liminaire, il sera relevé que la résiliation judiciaire du contrat sera prononcée à compter du présent jugement, ayant cessé les paiements des loyers à compter du 5 juillet 2023, malgré la mise en demeure. Ces défaut d’exécution répétés par Monsieur [R] [O] de sa principale obligation justifie le prononcé de la résiliation du contrat au 28 mai 2024 date de la mise en demeure.
Sur la possibilité de soulever d’office des moyens
L’article R632-1 du code de la consommation dispose de façon non équivoque que « Le juge peut relever d’office toutes les dispositions du présent code dans les litiges né de son application. Il écarte d’office, après avoir recueilli les observations des parties l’application d’une clause dont le caractère abusif ressort des éléments du débat »
Dès lors le juge peut dans le cadre d’un litige concernant un prêt accordé par un organisme de crédit à un particulier et qui relève dès lors du livre III du code de la consommation, relevé d’office une disposition comme l’une des obligations mise à la charge du prêteur comme la taille minimale des caractères des contrats, et en tirer les conséquences juridiques.
Sur la déchéance du droit aux intérêts
Attendu qu’au terme de l’article 312-2 du code de la consommation, « pour l’application des dispositions du présent chapitre, la location vente et la location avec option d’achat sont assimilées à des opérations de crédit »,
qu’aux termes de l’article L 312-16 du Code de la consommation, « Avant de conclure le contrat de crédit, le prêteur (…) consulte le fichier prévu à l’article L. 751-1 » ; qu’un arrêté du 26 octobre 2010 (article 13), pris en application de l’article L. 751-6 du même code, oblige ainsi les prêteurs à conserver des preuves de la consultation du fichier sur un support durable, en vue de pouvoir justifier de cette consultation ; que l’article L 341-2 prévoit que le prêteur qui n’a pas respecté cette obligation de consultation est déchu du droit aux intérêts, en totalité ou dans la proportion fixée par le juge ;
Attendu que la consultation du FICP conditionne la régularité de l’opération de crédit ; qu’il incombe au créancier qui réclame l’exécution d’un contrat d’en établir la régularité au regard des textes d’ordre public sur la consommation (Civ. 1e, 17 février 1993, Air Photo France, n° 91-12479, Bull. 79), et donc de prouver qu’il a bien procédé à cette consultation ;
Attendu qu’en l’espèce, aucun justificatif de la consultation du FICP n’est produit ni mentionné dans le bordereau des pièces ;
Qu’en conséquence, le prêteur sera déchu de tout droit aux intérêts ;
Selon l’article L. 341-8 du code de la consommation, en cas de déchéance du droit aux intérêts, l’emprunteur n’est tenu qu’au seul remboursement du capital restant dû après déduction des intérêts réglés à tort, déductions faites des paiements effectués à quelque titre que ce soit.
Cette limitation légale de la créance du prêteur exclut qu’il puisse prétendre au paiement de toute autre somme, notamment de la clause pénale prévue par l’article L. 312-39 du code de la consommation.
En l’espèce, considérant que l’indemnité de résiliation, prévue à l’article 5-1 du contrat, est destinée à déterminer les conséquences de la défaillance du locataire par une indemnité en cas de retard de paiement et des frais d’inexécution, il y a lieu de la requalifier en clause pénale
Les sommes dues par la débitrice se limiteront dès lors à la différence entre le montant effectivement débloqué à son profit et les règlements effectués par ce dernier, tels qu’ils résultent du décompte.
Plus précisément en matière de location financière, la créance du loueur s’élève au prix d’achat du véhicule diminué des versements effectués et du prix de revente.
La créance de Monsieur [R] [O], s’établit donc comme suit :
— montant du prix d’achat du véhicule ttc : 26 200 euros
— moins les versements réalisés :
* antérieurement à la déchéance du terme : 8733,44 euros
soit un TOTAL restant dû de 17 466,56 euros au titre du solde du contrat de location avec option d’achat, sous réserve des versements postérieurs et/ou non pris en compte dans le décompte produit à l’audience.
Qu’en conséquence, il convient de condamner Monsieur [R] [O] à payer à la société VOLKSWAGEN BANK la somme de 17 466,56 euros en principal ;
Que l’article L. 311-48 précité est une réglementation spéciale en matière de crédit à la consommation, dérogeant au droit commun, qui confie au juge du fond (et non pas au seul juge de l’exécution) le pouvoir de supprimer les intérêts ou de les réduire « dans la proportion qu’il fixe » ; que cette disposition légale assure la transposition de la Directive 2008/48/CE du 23 avril 2008, directement applicable en droit interne et primant sur celui-ci ; que la possibilité offerte au juge du fond de réduire les intérêts des condamnations qu’il prononce en deçà du taux légal majoré voire de les supprimer, a été confirmée par l’arrêt de la CJUE du 27 mars 2014 aff. C-565/12 LCL Le Crédit Lyonnais SA contre [W] [Y] ; que dès lors, afin d’assurer l’effectivité de la sanction, il convient de dire cette somme ne portera intérêts qu’au taux légal non majoré ;
Sur la demande de restitution du véhicule
Il résulte des dispositions contractuelles et notamment de l’article 8 des conditions générales que « Le bailleur est et reste propriétaire du véhicule… ».
Dès lors, le contrat de location avec option d’achat étant résolu, la demande en restitution du véhicule, sera accueillie et à défaut l’appréhension du véhicule par tout commissaire de justice sera autorisée. Le produit de la vente, qu’elle soit amiable ou qu’elle intervienne aux enchères publiques, viendra en déduction de la créance de 17 466,56 euros.
Il y a lieu de prononcer une astreinte de 15 euros par jour de retard dans la restitution du véhicule, à compter d’un délai de 15 jours à compter de la signification à la personne de la présente décision et jusqu’à la restitution du véhicule.
Sur les demandes accessoires
Aucune circonstance de l’espèce ne vient justifier de déroger à l’exécution provisoire. L’exécution provisoire sera dès lors constatée.
Il n’y a pas lieu, en l’espèce, de faire application de l’article 700 du code de procédure civile,
Enfin, il convient de condamner Monsieur [R] [O] aux entiers dépens, étant rappelé que la présente décision ne peut retirer au Juge de l’Exécution son pouvoir de contrôler les sommes réclamées aux débiteurs au titre des frais d’exécution.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, statuant par décision réputée contradictoire mise à disposition des parties par le greffe et en premier ressort,
CONSTATE la résiliation du contrat au 28 mai 2024 ;
PRONONCE la déchéance des intérêts ;
Notification le :
— CCC à :
— Copie exécutoire à :
— CCC au dossier
CONDAMNE Monsieur [R] [O] à payer à la société VOLKSWAGEN BANK la somme de 17 466,56 euros en principal ;
DIT que cette condamnation ne portera intérêt qu’au taux légal non majoré ;
CONDAMNE Monsieur [R] [O] à restituer le véhicule VOLKSWAGEN POLO, chassis WVWZZZAWZNY018920, immatriculé GE 278 KD dans un délai de 15 jours à compter de la signification à personne de la décision, sous astreinte de 15 euros par jour de retard à compter de cette date jusqu’à la restitution du véhicule ;
DIT que le prix de reprise du véhicule sera déduit de la somme due par Monsieur [R] [O] ;
REJETTE les autres demandes ;
DIT n’y avoir lieu de faire application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [R] [O] aux dépens ;
RAPPELLE que la présente décision ne peut retirer au Juge de l’Exécution son pouvoir de contrôler les sommes réclamées aux débiteurs au titre des frais d’exécution ;
CONSTATE l’exécution provisoire.
LE PRESENT JUGEMENT A ETE SIGNE PAR LE PRESIDENT ET LE GREFFIER PRESENTS LORS DU PRONONCE.
Le GREFFIER Le PRESIDENT
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