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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Nazaire, jcp, 28 janv. 2026, n° 25/02020 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02020 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 17 février 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : |
Texte intégral
RG
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 4]
[Adresse 5]
[Localité 3]
N° RG 25/02020 – N° Portalis DBYT-W-B7J-FVVR
Minute : 26/00088
JUGEMENT
DU 28 Janvier 2026
AFFAIRE :
S.A. DIAC – MOBILIZE FINANCIAL SERVICES
C/
[O] [N]
Copies certifiées conformes
Maître Gwenaela PARENT
Monsieur [O] [N]
Copie exécutoire
Maître Gwenaela PARENT
délivrées le :
JUGEMENT
________________________________________________________
DEMANDEURS :
S.A. DIAC – MOBILIZE FINANCIAL SERVICES
Activité : , demeurant [Adresse 1]
Rep/assistant : Maître Gwenaela PARENT de la SCP IPSO FACTO AVOCATS, avocats au barreau de NANTES
__________________________________________________________
DEFENDEURS :
Monsieur [O] [N],
demeurant [Adresse 2]
Non comparant
__________________________________________________________
COMPOSITION DU TRIBUNAL, lors des débats et du délibéré,
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION :
Claire PIAN
GREFFIER : Léa DELOBEL, greffier placé, lors des débats
Léna LE BOHEC, greffier placé, lors de la mise à disposition
DEBATS : A l’audience publique du 26 novembre 2025
A l’issue de celle-ci, le Président a fait savoir aux parties que le jugement sera prononcé par sa mise à disposition au greffe le 28 Janvier 2026
JUGEMENT :
REPUTE CONTRADICTOIRE et en PREMIER RESSORT
EXPOSE DU LITIGE
Suivant contrat de location avec option d’achat signé le 8 juillet 2023, la SA DIAC a consenti à Monsieur [O] [N] un crédit d’un montant de 15.502,26 euros destiné à financer la location d’un véhicule RENAULT Clio, remboursable en 37 loyers mensuels d’un montant de 418,98 euros, hors assurance et prestations facultatives.
Le véhicule RENAULT Clio, immatriculé [Immatriculation 6], a été livré et les fonds débloqués le 22 juillet 2023.
Par courrier recommandé du 22 novembre 2023 réceptionné le 25 novembre 2023, la SA DIAC a mis en demeure Monsieur [O] [N] de lui verser la somme de 1.597,95 euros au titre des échéances échues impayées dans un délai de huit jours, sous peine de résiliation de la location.
Le 30 avril 2024, sur requête de la SA DIAC, le Juge de l’Exécution près le Tribunal judiciaire de Saint-Nazaire a rendu une ordonnance afin d’appréhension sur injonction du véhicule donné en location. Cette ordonnance d’avoir à restituer le véhicule RENAULT Clio a été signifiée à Monsieur [N] a étude, par acte du 10 juin 2024, selon les modalités prévues à l’article 658 du Code de procédure civile.
Par courrier du 23 juin 2025, la SA DIAC a mis en demeure Monsieur [O] [N] de lui payer la somme de 29.577,65 euros.
Par acte du 14 août 2025, la SA DIAC a fait assigner Monsieur [O] [N] devant le Juge des contentieux de la protection de [Localité 7], sollicitant :
la condamnation du défendeur à lui verser la somme de 29.577,65 euros, montant arrêté au 23 juin 2025, avec intérêts au taux contractuel à compter de la mise en demeure de cette date et jusqu’à parfait paiement,à titre subsidiaire, prononcer la résolution judiciaire du contrat de crédit à la date de l’assignation et condamner Monsieur [O] [N] au paiement de la somme de 29.577,65 euros, selon décompte établi le 23 juin 2025,en tout état de cause, condamner Monsieur [O] [N] à lui verser la somme de 1.500 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile et aux dépens, en eux compris les frais d’exécution forcée éventuels.
L’affaire a été appelée à l’audience du 26 novembre 2025, lors de laquelle la SA DIAC, représentée par son conseil, a maintenu oralement les termes de l’assignation.
A l’appui de ses demandes, la SA DIAC soutient qu’elle a rempli l’ensemble des obligations prescrites par les articles L.312-12 et suivants du code de la consommation lors de la souscription du contrat de crédit, que pour sa part Monsieur [O] [N] a manqué à ses obligations contractuelles en cessant d’acquitter les loyers dès le mois d’août 2023 et que la mise en demeure du 22 novembre 2023 étant restée sans réponse, la location a été résiliée.
Cité à étude, Monsieur [O] [N] n’a pas comparu ni personne pour lui.
La décision a été mise en délibéré au 28 janvier 2026, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DÉCISION
A titre liminaire, il convient d’indiquer qu’il sera fait application des dispositions du Code de la consommation dans leur rédaction postérieure à l’entrée en vigueur de la loi n°2010-737 du 1er juillet 2010 et que l’article R. 632-1 du Code de la consommation permet au juge de relever d’office tous les moyens tirés de l’application des dispositions du Code de la consommation.
Par ailleurs, selon l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité et le bien fondé de la demande en paiement
L’article R.312-35 du code de la consommation dispose que les actions en paiement engagées à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Dans le cadre d’un prêt personnel, cet événement est caractérisé par le premier incident de paiement non régularisé.
La forclusion constitue une fin de non-recevoir au sens de l’article 122 du code de procédure civile, qui doit être relevée d’office par le juge en raison de son caractère d’ordre public, en application de l’article 125 du même code.
Il ressort en l’espèce de l’historique du contrat de crédit litigieux que seule la première échéance du 20 juillet 2023 a été réglée par l’emprunteur ; le loyer suivant correspondant à la mensualité du mois d’août 2023, exigible au 20 août 2023, constitue donc le premier incident de paiement non régularisé.
L’assignation ayant été délivrée le 14 août 2025, soit avant l’expiration du délai biennal, la demande en paiement est par conséquent recevable.
Aux termes de l’article L. 311-25 du Code de la consommation, en cas de défaillance dans l’exécution, par l’emprunteur, d’un contrat de location assorti d’une promesse de vente ou d’un contrat de location-vente, le prêteur est en droit d’exiger, outre la restitution du bien et le paiement des loyers échus et non réglés, une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat et sans préjudice de l’application de l’article 1152 du code civil, sera fixée suivant un barème déterminé par décret.
L’article D.311-8 du Code de la consommation dispose qu’en cas de défaillance dans l’exécution d’un contrat de location assorti d’une promesse de vente ou de location-vente le bailleur est en droit d’exiger, en application de l’article L. 311-25, une indemnité égale à la différence entre, d’une part, la valeur résiduelle hors taxes du bien stipulée au contrat augmentée de la valeur actualisée, à la date de la résiliation du contrat, de la somme hors taxes des loyers non encore échus et, d’autre part, la valeur vénale hors taxes du bien restitué. La valeur actualisée des loyers non encore échus est calculée selon la méthode des intérêts composés en prenant comme taux annuel de référence le taux moyen de rendement des obligations émises au cours du semestre civil précédant la date de conclusion du contrat majoré de la moitié. La valeur vénale mentionnée ci-dessus est celle obtenue par le bailleur s’il vend le bien restitué ou repris. Toutefois, le locataire a la faculté, dans le délai de trente jours à compter de la résiliation du contrat, de présenter au bailleur un acquéreur faisant une offre écrite d’achat. Si le bailleur n’accepte pas cette offre et s’il vend ultérieurement à un prix inférieur, la valeur à déduire devra être celle de l’offre refusée par lui.
En l’espèce, le prêteur produit le contrat de prêt ainsi que la facture du véhicule loué.
Il est établi que Monsieur [O] [N] a été défaillant dans l’exécution de son obligation de paiement dès le mois d’août 2023. La défaillance a perduré malgré la délivrance d’une mise en demeure d’avoir à payer les échéances échues impayées sous peine de déchéance du terme du contrat de prêt.
Le prêteur est donc fondé à se prévaloir des dispositions de l’article L. 311-25 du Code de la consommation.
Or il résulte des pièces et du décompte versés aux débats que la créance de la SA DIAC au titre des loyers échus impayés s’élevait au mois de décembre 2023, date de résiliation du contrat, à la somme de 1.972,40 euros.
L’indemnité de résiliation doit être calculée selon les modalités suivantes :
valeur résiduelle HT en fin de contrat : 11.293,51 euros,valeur actualisée des loyers HT : 11.114,36 euros,Soit une indemnité de résiliation d’un montant de 22.407,87 euros HT (26.889,44 euros TTC).
La créance totale de la SA DIAC s’élève donc à 28.861,84 euros, montant arrêté au 23 juin 2025.
La condamnation portera intérêts au taux légal à compter du 14 août 2025, date de l’assignation.
En cas de vente du véhicule, le prix de cette vente sera déduit de la créance de la SA DIAC.
Sur les demandes accessoires
Aux termes de l’article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [O] [N], qui succombe à l’instance, sera condamné aux dépens, qui comprendront les frais éventuels d’exécution forcée.
Aux termes de l’article 700 du Code de procédure civile, dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
En l’espèce, il convient de condamner Monsieur [O] [N] à verser à la société DIAC une somme que l’équité commande de fixer à 500 euros, en application de l’article 700 du Code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire
En application de l’article 514 du Code de procédure civile, applicable aux instances introduites à compter du 1er janvier 2020, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
Aucune disposition légale ou circonstance d’espèce ne commande de faire exception au principe posé par l’article 514 du Code de procédure civile. L’exécution provisoire sera par conséquent constatée au terme du présent jugement.
PAR CES MOTIFS,
Le tribunal, statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire rendu en premier ressort :
CONDAMNE Monsieur [O] [N] à verser à la SA DIAC la somme de 28.861,84 euros au titre des échéances échues impayées et de l’indemnité de résiliation du contrat de location avec option d’achat du 8 juillet 2023, montant arrêté suivant décompte du 23 juin 2025 ;
DIT que cette condamnation portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 14 août 2025 ;
DIT qu’en cas de vente du véhicule, le prix de cette vente sera déduit de la créance de la SA DIAC ;
CONDAMNE Monsieur [O] [N] à verser à la SA DIAC la somme de 500 euros en application de l’article 700 du Code de procédure civile ;
DÉBOUTE la SA DIAC de ses demandes plus amples ou contraires ;
CONDAMNE Monsieur [O] [N] aux dépens, qui comprendront le coût éventuel des voies d’exécution forcée ;
CONSTATE l’exécution provisoire.
En foi de quoi le présent jugement a été signé par la présidente et la greffière qui a assisté au prononcé.
LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
Léna LE BOHEC Claire PIAN
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