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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp réf., 12 mai 2026, n° 26/00701 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00701 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 4 juin 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 1]
NAC: 5AA
N° RG 26/00701 – N° Portalis DBX4-W-B7J-U45Y
ORDONNANCE
DE RÉFÉRÉ
N° B
DU : 12 Mai 2026
[T] [Q]
[D] [V] épouse [Q]
C/
[A] [M] [C]
[X] [M] [J] [S]
Expédition revêtue de
la formule exécutoire
délivrée le 12 Mai 2026
à Me Olivier GROC
Expédition délivrée
à toutes les parties
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le Mardi 12 Mai 2026, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Céline GARRIGUES, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Alyssa BENMIHOUB Greffier, lors des débats et chargé des opérations de mise à disposition.
Après débats à l’audience du 13 Mars 2026, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDEURS
M. [T] [Q], demeurant [Adresse 4]
représenté par Me Olivier GROC, avocat au barreau de TARN-ET-GARONNE
Mme [D] [V] épouse [Q], demeurant [Adresse 4]
représentée par Me Olivier GROC, avocat au barreau de TARN-ET-GARONNE
ET
DÉFENDEURS
M. [A] [M] [C], demeurant [Adresse 5]
non comparant, ni représenté
M. [X] [M] [J] [S], demeurant [Adresse 6]
non comparant, ni représenté
RAPPEL DES FAITS
Par contrat signé électroniquement le 07 février 2023 prenant effet au 08 février 2023, Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] ont donné à bail à Monsieur [A] [M] [C] un appartement à usage d’habitation (n°19), Batiment A, Etage 2, une place de parking (n°20) et une cave (n°12) situés [Adresse 7] à [Localité 2] pour un loyer mensuel de 428,90 euros et une provision sur charges mensuelle de 56 euros.
Par acte du même jour, Monsieur [X] [M] [J] [S] s’est porté caution solidiaire des engagements pris par Monsieur [A] [M] [C].
Le 23 septembre 2025, Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] ont fait signifier à Monsieur [A] [M] [C] un commandement de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire, dénoncé à la caution par acte du
30 septembre 2025. Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] ont saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par la voie électronique le 25 septembre 2025.
Par acte de commissaire de justice en date du 10 décembre 2025, Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] ont ensuite fait assigner Monsieur [A] [M] [C], et par un acte en date du 17 décembre 2025, Monsieur [X] [M] [J] [S], en sa qualité de caution, devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 3] statuant en référé pour obtenir le constat de l’acquisition de la clause résolutoire, leur expulsion et celle de tout occupant de leur chef, au besoin avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique, et leur condamnation solidaire au paiement :
— de la somme de 1.347,61 euros, représentant les arriérés de charges et de loyers à la date de l’assignation, somme à parfaire au jour de l’audience, avec intérêts,
— d’une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant égal au loyer et à la provision sur charge actuels, avec révision annuelle conforme au bail, jusqu’à la libération effective du logement,
— d’une somme de 800 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile et des dépens, en ce compris le coût du commandement de payer, de l’assignation, et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui ont été prises sur ses biens et valeurs mobilières (article 696 du Code de procédure civile).
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de Haute-Garonne par la voie électronique le 11 décembre 2025.
A l’audience du 13 mars 2026, Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q], représentés par leur conseil, maintiennent les demandes de leur assignation et actualisent le montant de leur demande en paiement à la somme de 2.179,45 euros, pour inclure les mensualités impayées jusqu’à celle de mars 2026 comprise.
Convoqués par acte de commissaire de justice signifié par acte de commissaire de justice remis à l’étude les 10 et 17 décembre 2025, Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S] ne sont ni présents ni représentés.
Un diagnostic social et financier a été reçu au greffe avant l’audience et il a été donné lecture de ses conclusions à l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré au 12 mai 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, en l’absence du défendeur, le Tribunal ne fait droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée.
I. SUR LA RESILIATION
1. Sur la recevabilité de l’action
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de Haute-Garonne par la voie électronique le 11 décembre 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément à l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 en sa version applicable au litige.
Par ailleurs, Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] justifient avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par la voie électronique le 25 septembre 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 10 décembre 2025, conformément à l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
2. Sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, en sa version applicable à la date de conclusion du contrat, prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Le bail conclu le 07 février 2023 contient une clause résolutoire (article VIII. Clause résolutoire) reprenant les modalités de cet article, laissant un délai de deux mois pour payer la dette après délivrance du commandement de payer.
Un commandement de payer visant cette clause et laissant un délai de deux mois pour régler la somme de 912,69 euros a été signifié le 23 septembre 2025, conformément à la clause résolutoire du contrat.
Monsieur [A] [M] [C] n’a réglé dans le délai de deux mois qu’une partie de la somme, à hauteur de 300 euros. A défaut de paiement total de la somme visée dans le commandement de payer, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 24 novembre 2025.
La résiliation est intervenue le 24 novembre 2025 et Monsieur [A] [M] [C] est depuis occupant sans droit ni titre.
Il lui sera ordonné de quitter les lieux dans les deux mois d’un commandement de quitter les lieux. A défaut de départ volontaire, l’expulsion de Monsieur [A] [M] [C] sera ordonnée, au besoin avec assistance d’un serrurier et de la force publique.
II. SUR LE MONTANT DE L’ARRIERE LOCATIF
L’article 1728 du code civil et l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 obligent le locataire à payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
L’article 24 V de la loi du 06 juillet 1989 prévoit que « le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi ».
Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] produisent outre le contrat de bail et l’acte de cautionnement, un décompte du 10 mars 2026 démontrant que Monsieur [A] [M] [C] reste devoir la somme de 1.848,78 euros, mensualité de mars 2026 comprise, après soustraction des frais de poursuite (190,37 + 140,30 = 330,67 euros).
Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S], en sa qualité de caution, n’apportent aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette.
Ils seront ainsi condamnés solidairement à titre provisionnel au paiement de la somme de 1.848,78 euros, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance, conformément aux dispositions des articles 1231-6 et 1231-7 du code civil.
Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S] seront également condamnés solidairement au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle pour la période courant du 01 avril 2026 à la date de la libération effective et définitive des lieux, l’arriéré d’indemnités d’occupation pour la période du 24 novembre 2025 au 31 mars 2026 étant déjà compris dans la somme provisoire octroyée. Cette indemnité d’occupation mensuelle, visant à compenser et à indemniser l’occupation des lieux sans droit ni titre, sera fixée au montant résultant du loyer et des charges tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi.
III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S], parties perdantes, supporteront in solidum la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de sa signification à la CCAPEX, de l’assignation en référé et de sa notification à la préfecture.
Toutefois, Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] seront déboutés de leur demande concernant les dépens au titre des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui ont été prises sur les biens et valeurs mobilières, lesquels restent hypothétiques à ce jour.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’ont dû accomplir Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q], Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S] seront condamnés in solidum à leur verser une somme de 400 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 07 février 2023 entre Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] et Monsieur [A] [M] [C] concernant un appartement à usage d’habitation (n°19), [Adresse 8], une place de parking (n°20) et une cave (n°12) situés [Adresse 7] à [Localité 2] sont réunies à la date du 24 novembre 2025;
ORDONNONS en conséquence à Monsieur [A] [M] [C]de libérer les lieux et de restituer les clés ;
DISONS qu’à défaut pour Monsieur [A] [M] [C] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés, Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] pourront, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de leur chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
CONDAMNONS solidairement Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S] à verser à Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] à titre provisionnel la somme de 1.848,78 euros (décompte arrêté au 10 mars 2026, comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation impayés jusqu’à l’échéance du mois de mars 2026 comprise), avec les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance ;
CONDAMNONS in solidum Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S] à payer à Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] à titre provisionnel une indemnité d’occupation mensuelle à compter du 01 avril 2026 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi ;
CONDAMNONS in solidum Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S] à verser à Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] une somme de 400 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS in solidum Monsieur [A] [M] [C] et Monsieur [X] [M] [J] [S] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de sa notification à la CCAPEX, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
DEBOUTONS Monsieur [T] [Q] et Madame [D] [V] épouse [Q] de leur demande relative aux actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires prises contre les biens et valeurs mobilières de Monsieur [A] [M] [C];
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire ;
La greffière, Le juge,
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