Confirmation 5 décembre 2024
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Nîmes, retention recoursjld, 5 déc. 2024, n° 24/01101 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Nîmes |
| Numéro(s) : | 24/01101 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 13 avril 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
Ordonnance N°1047
N° RG 24/01101 – N° Portalis DBVH-V-B7I-JMZ4
Recours c/ déci TJ Nîmes
03 décembre 2024
[D]
C/
LE PREFET DE L’HERAULT
COUR D’APPEL DE NÎMES
Cabinet du Premier Président
Ordonnance du 05 DECEMBRE 2024
(Au titre des articles L. 742-4 et L 742-5 du CESEDA)
Nous, M. Georges GAIDON, Président de chambre à la Cour d’Appel de Nîmes, désigné par le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes pour statuer sur les appels des ordonnances du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes en charge du contentieux de la rétention administrative, rendues en application des dispositions des articles L 742-1 et suivants du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit de l’Asile (CESEDA), assisté de Mme Ellen DRÔNE, Greffière,
Vu l’arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 18 septembre 2024 notifié le 19 septembre 2024, ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 18 septembre 2024, notifiée le même jour à 10h10 concernant :
M. X SE DISANT [I] [F] [D]
né le 13 Décembre 2005 à [Localité 3]
de nationalité Algérienne
Vu l’ordonnance en date du 23 septembre 2024 rendue par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes en charge du contentieux de la rétention administrative portant prolongation du maintien en rétention administrative de la personne désignée ci-dessus ;
Vu la requête reçue au greffe du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes en charge du contentieux de la rétention administrative le 02 décembre 2024 à 14h12, enregistrée sous le N°RG 24/5631 présentée par M. le Préfet de l’Hérault ;
Vu l’ordonnance rendue le 03 Décembre 2024 à 11h41 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes en charge du contentieux de la rétention administrative sur quatrième prolongation, à titre exceptionnel qui a :
* Ordonné pour une durée maximale de 15 jours commençant à l’expiration du précédent délai de 15 jours déjà accordé, le maintien dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de M. X SE DISANT [I] [F] [D] ;
* Dit que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 15 jours à compter du 03 décembre 2024 à 10h10 ;
Vu l’appel de cette ordonnance interjeté par Monsieur X SE DISANT [I] [F] [D] le 03 Décembre 2024 à 15h31 ;
Vu l’absence du Ministère Public près la Cour d’appel de Nîmes régulièrement avisé ;
Vu la présence de Monsieur [G] [Y], représentant le Préfet de l’Hérault, agissant au nom de l’Etat, désigné pour le représenter devant la Cour d’Appel en matière de Rétention administrative des étrangers, entendu en ses observations ;
Vu l’assistance de Madame [L] [C] [K] interprète en langue arabe inscrite sur la liste des experts de la cour d’appel de Nîmes ;
Vu la comparution de Monsieur X SE DISANT [I] [F] [D], régulièrement convoqué ;
Vu la présence de Me Célestine BIFECK, avocat de Monsieur X SE DISANT [I] [F] [D] qui a été entendue en sa plaidoirie ;
MOTIFS
Monsieur X se disant [I] [F] [D] (ci-après [I] [F] [D]) a fait l’objet d’un arrêté préfectoral lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour pendant 3 ans, en date du 18 septembre 2024 et qui lui a été notifié(e) le 19 septembre 2024.
Le 19 septembre 2024, interpellé dans le cadre d’une procédure pénale contraventionnelle, il a reçu notification d’un arrêté de placement en rétention administrative adopté le 18 septembre 2024.
Sur requête de la Préfecture et par ordonnance du magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Nîmes en date du 23 septembre 2024, sa rétention administrative a été prolongée de vingt-six jours.
Sur nouvelle requête de la Préfecture et par ordonnance du magistrat du siège en date du 20 octobre 2024, sa rétention administrative a été encore prolongée de trente jours supplémentaires.
Sur requête du Préfet de l’HERAULT, le magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Nîmes a ordonné une troisième prolongation de cette rétention pour 15 jours, et ce par ordonnance du 18 novembre 2024.
Sur requête du Préfet de l’HERAULT en date du 2 décembre 2024, le magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Nîmes a ordonné une quatrième prolongation de cette rétention pour 15 jours, et ce par ordonnance du 3 décembre 2024.
Monsieur [I] [F] [D] a relevé appel de cette ordonnance le 3 décembre 2024.
A l’audience, il conclut à l’infirmation de l’ordonnance déférée, et sollicite sa mise en liberté.
Il soutient que les conditions d’application des dispositions de l’article L 742-5 du CESEDA ne sont pas réunies en l’espèce.
Son avocat soutient la même argumentation.
Le Préfet de l’HERAULT pris en la personne de son représentant demande la confirmation de l’ordonnance dont appel.
SUR LA RECEVABILITE DE L’APPEL :
L’appel interjeté le 3 décembre 2024 à 15h31 par Monsieur [I] [F] [D] sur une ordonnance rendue le 3 décembre 2024 à 11h41 a été relevé dans les délais légaux et conformément aux dispositions des articles L.743-21, R.743-10 et R.743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Il est donc recevable.
SUR LE FOND :
Au motif de fond sur son appel, Monsieur [I] [F] [D] soutient qu’il n’existe aucune perspective d’éloignement à bref délai le concernant dès lors qu’aucun laissez-passer n’a encore été délivré et qu’ainsi les perspectives réelles d’éloignement le concernant sont inexistantes, sa rétention ne se justifiant dès lors plus.
L’article L742-5 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en son alinéa 5 dispose que, « A titre exceptionnel, le juge des libertés et de la détention peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l’article L. 742-4, lorsqu’une des situations suivantes apparait dans les quinze derniers jours :
1° L’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la décision d’éloignement ;
2° L’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d’éloignement :
a) une demande de protection contre l’éloignement au titre du 5° de l’article L. 631-3 ;
b) ou une demande d’asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public ( rajout loi immigration 26 janvier 2024, en vigueur 28 janvier 2024).
L’étranger est maintenu en rétention jusqu’à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d’une durée maximale de quinze jours.
Si l’une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° ou au septième alinéa du présent article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l’avant-dernier alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas quatre-vingt-dix jours. »
Ces dispositions doivent s’articuler avec celles de l’article L.741-3 du même code, selon lesquelles il appartient au juge judiciaire d’apprécier la nécessité du maintien en rétention et de mettre fin à la rétention administrative, lorsque les circonstances de droit ou de fait le justifient : « Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L’administration exerce toute diligence à cet effet. »
En l’espèce, Monsieur [I] [F] [D] fait l’objet d’un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour pendant 3 ans.
Il ne peut ainsi prétendre se maintenir sur le territoire français.
Dès le 20 septembre 2024, le Consulat d’ALGERIE dont il s’est dit ressortissant a été saisi par l’administration.
L’appelant a été entendu par les services consulaires le 16 octobre 2024. Il a été reconnu après enquête, comme ressortissant algérien le 21 novembre 2024. Un laissez-passer a été délivré le 3 décembre 2024.
CAS 3 : « ou lorsque la mesure d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai. »
Malgré les diligences ainsi accomplies par l’administration, la délivrance des documents de voyage par le Consulat d’ALGERIE n’est intervenue que le 3 décembre 2024, de sorte que le retour pourra intervenir à bref délai.
Les conditions légales permettant la quatrième prolongation demandée sont ainsi remplies.
SUR LA SITUATION PERSONNELLE DE MONSIEUR [I] [F] [D] :
Monsieur [I] [F] [D], présent irrégulièrement en France est dépourvu de passeport et de pièces administratives pouvant justifier de son identité et de son origine de telle sorte qu’une assignation à résidence judiciaire est en tout état de cause exclue par les dispositions de l’article L743-13 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Il ne justifie, de plus, d’aucune adresse ni domicile, stables en France, ne démontre aucune activité professionnelle et ne dispose d’aucun revenu ni possibilité de financement pour assurer son retour dans son pays.
Il est l’objet d’une mesure d’éloignement en vigueur, telle que précitée, et qui fait obstacle à sa présence sur le sol français.
Il s’en déduit que la prolongation de sa rétention administrative demeure justifiée et nécessaire aux fins qu’il puisse être procédé effectivement à son éloignement.
Il convient par voie de conséquence de confirmer l’ordonnance déférée en toutes ses dispositions.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, en matière civile et en dernier ressort,
Vu l’article 66 de la constitution du 4 octobre 1958,
Vu les articles L.741-1, L742-1 à L743-9 ; R741-3 et R.743-1 à L.743-19 et L.743-21 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l’application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux ;
CONSTATANT qu’aucune salle d’audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention n’est disponible pour l’audience de ce jour ;
DECLARONS recevable l’appel interjeté par Monsieur X SE DISANT [I] [F] [D] ;
CONFIRMONS l’ordonnance déférée en toutes ses dispositions ;
RAPPELONS que, conformément à l’article R.743-20 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile, les intéressés peuvent former un pourvoi en cassation par lettre recommandée avec accusé de réception dans les deux mois de la notification de la présente décision à la Cour de cassation [Adresse 1].
Fait à la Cour d’Appel de Nîmes,
Le 05 Décembre 2024 à
LE GREFFIER, LE PRESIDENT,
' Notification de la présente ordonnance a été donnée ce jour au Centre de rétention administrative de [Localité 2] à M. X SE DISANT [I] [F] [D], par l’intermédiaire d’un interprète en langue arabe.
Le à H
Signature du retenu
Copie de cette ordonnance remise, ce jour, par courriel à :
Monsieur X SE DISANT [I] [F] [D], pour notification par le CRA,
Me Célestine BIFECK, avocat,
Le Préfet de l’Hérault,
Le Directeur du CRA de [Localité 2],
Le Ministère Public près la Cour d’Appel de Nîmes,
Le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Autres demandes relatives à un bail rural ·
- Baux ruraux ·
- Contrats ·
- Pépinière ·
- Marc ·
- Désistement d'instance ·
- Bail ·
- Fermages ·
- Tribunaux paritaires ·
- Action ·
- Demande ·
- Résiliation
- Relations avec les personnes publiques ·
- Responsabilité des personnes publiques ·
- Scellé ·
- L'etat ·
- Responsabilité sans faute ·
- Location ·
- Biens ·
- Préjudice ·
- Résiliation du bail ·
- Tribunal judiciaire ·
- Réparation ·
- Loyer
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Guinée ·
- Appel ·
- République ·
- Ordonnance ·
- Juge ·
- Maintien
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Dommages causés par des véhicules ·
- Responsabilité et quasi-contrats ·
- Méditerranée ·
- Compagnie d'assurances ·
- Erreur matérielle ·
- Indemnisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Identité ·
- Identifiants ·
- Avocat ·
- Appel
- Contrat d'assurance ·
- Contrats ·
- Incidence professionnelle ·
- Mutuelle ·
- Société d'assurances ·
- Associations ·
- Guadeloupe ·
- Instituteur ·
- Victime ·
- Préjudice ·
- Mer ·
- Tribunal judiciaire
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Contrats ·
- Titre ·
- Rupture anticipee ·
- Durée ·
- Faute grave ·
- Dommages et intérêts ·
- Fins ·
- Carburant ·
- Intérêt ·
- Cartes
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Éloignement ·
- Prolongation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Algérie ·
- Étranger ·
- Ordonnance ·
- Registre ·
- Administration ·
- Copie ·
- Directive
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Saisies et mesures conservatoires ·
- Sociétés ·
- Saisie conservatoire ·
- Mainlevée ·
- Tribunaux de commerce ·
- Créance ·
- Fond ·
- Information ·
- Demande ·
- Autorisation ·
- Procès
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Redressement ·
- Urssaf ·
- Sécurité sociale ·
- Contrôle ·
- Travail dissimulé ·
- Lettre d'observations ·
- Pourvoi ·
- Audition ·
- Bretagne ·
- Enseigne
Sur les mêmes thèmes • 3
- Prêt d'argent, crédit-bail , cautionnement ·
- Prêt - demande en remboursement du prêt ·
- Contrats ·
- Banque ·
- Crédit renouvelable ·
- Mise en demeure ·
- Déchéance du terme ·
- Intérêt ·
- Contrat de prêt ·
- Consommation ·
- Débiteur ·
- Contrat de crédit
- Droit des affaires ·
- Bail commercial ·
- Désistement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Gestion ·
- Appel ·
- Indemnité d'éviction ·
- Registre du commerce ·
- Incident ·
- Sociétés ·
- Bail
- Banque ·
- Créance ·
- Contestation ·
- Débiteur ·
- Intérêt de retard ·
- Mandataire judiciaire ·
- Juge-commissaire ·
- Commerce ·
- Sociétés ·
- Qualités
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.