Confirmation 18 octobre 2024
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 18 oct. 2024, n° 24/04784 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 24/04784 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Paris, 16 octobre 2024 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 25 octobre 2024 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
Pôle 1 – Chambre 11
L. 743-22 du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 18 OCTOBRE 2024
(1 pages)
Numéro d’inscription au numéro général et de décision : B N° RG 24/04784 – N° Portalis 35L7-V-B7I-CKFXO
Décision déférée : ordonnance rendue le 16 octobre 2024, à 11h32, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris
Nous, Pascal Latournald, magistrat, à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Caroline Gautier, greffier aux débats et Catherine Charlès au prononcé de l’ordonnance,
APPELANTS :
1°) LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS,
MINISTÈRE PUBLIC, en la personne de Antoine Pietri, avocat général
2°) LE PRÉFET DE POLICE,
représenté par Me Nicolas Rannou, du cabinet Centaure, avocat au barreau de Paris
INTIMÉ:
M. [I] [B] [T]
né le 16 Mai 1956 à [Localité 2] de Cuba, de nationalité cubaine
RETENU au centre de rétention de [Localité 1] / [Localité 3],
assisté de Me Maïmouna Diango, avocat de permanence au barreau de Paris et de M. [M] [H] (Interprète en espagnol) en vertu d’un pouvoir général tout au long de la procédure devant la cour et lors de la notification de la présente ordonnance, serment préalablement prêté,
ORDONNANCE :
— contradictoire,
— prononcée en audience publique,
Vu le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l’application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux ;
Constatant qu’aucune salle d’audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention n’est disponible pour l’audience de ce jour.
— Vu l’ordonnance du 16 octobre 2024, à 11h32, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris
déclarant recevable la requête en contestation de la légalité du placement en rétention, ordonnant la jonction des deux procédures, constatant l’irrégularité de la décision de placement en rétention de l’intéressé, ordonnant en conséquence la mise en liberté de l’intéressé, et lui rappelant qu’il a l’obligation de quitter le territoire national ;
— Vu l’appel de ladite ordonnance interjeté le 16 octobre 2024 à 14h57, réitéré à 15h16 par le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, avec demande d’effet suspensif ;
— Vu l’appel de ladite ordonnance, interjeté le 16 octobre 2024, à 14h57, par le préfet de police ;
— Vu l’ordonnance du 17 octobre 2024 conférant un caractère suspensif au recours du procureur de la République ;
— Vu la décision de jonction, par mention au dossier, des deux appels ;
— Vu les observations :
— de l’avocat général tendant à l’infirmation de l’ordonnance ;
— du conseil de la préfecture lequel, s’associant à l’argumentation développée par le ministère public, nous demande d’infirmer l’ordonnance et de prolonger la rétention pour une durée de 26 jours ;
— de M. [I] [B] [T], assisté de son conseil qui demande la confirmation de l’ordonnance ;
SUR QUOI,
Vu l’article 741-4 du CESEDA,
En vertu de l’article 9 du code de procédure civile, Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
S’il appartient au juge de vérifier que les droits liés à la protection de la santé sont respectés au sein du centre de rétention, une juridiction, qui ne dispose d’aucune compétence médicale, ne saurait se substituer aux instances médicales et administratives lesquelles seules assurent la prise en charge médicale durant la rétention administrative et apprécient les actes à accomplir. Il ne peut donc se fonder que sur les éléments médicaux qui lui sont communiqués.
Les étrangers placés en rétention peuvent demander tout examen au médecin du centre de rétention administrative qui est habilité à prendre en charge l’étranger selon les dispositions de l’article R.744-18 du CESEDA et dans les conditions explicitées par l’instruction du Gouvernement du 11 février 2022.
En l’espèce, la personne retenue justifie avoir mis en 'uvre son droit, de faire évaluer son état de vulnérabilité par un médecin de l’unité médicale du centre de rétention administrative.
Ces démarches peuvent, seules, permettre à l’autorité judiciaire de statuer sur une éventuelle incompatibilité de l’état de santé de l’intéressé avec la mesure de rétention.
De plus il est produit des documents médicaux, un avis du 09 août 2024 mais également un certificat du 14 octobre 2024, démontrant que [I] [B] [T], âgé de 68 ans souffre d’un cancer de la protaste affectant les poumons et qu’il suit une thérapie. Il produit un document émanant de l’autorité médicale se prononçant sur l’incompatibilité avec le maintien en rétention.
Au regard de ces éléments, il peut être retenu une erreur manifeste concernant l’appréciation de sa vulnérabilité et donc sa compatibilité avec un maintien au centre de rétention.
Dès lors il convient de confirmer l’ordonnance querellée.
PAR CES MOTIFS
CONFIRMONS l’ordonnance,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à Paris le 18 octobre 2024 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant L’intéressé L’interprète
L’avocat de l’intéressé L’avocat général
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Cotisations ·
- Contrainte ·
- Retard ·
- Vieillesse ·
- Mise en demeure ·
- Sécurité sociale ·
- Allocation supplementaire ·
- Profession libérale ·
- Montant ·
- Médecin
- Créance ·
- Taxes foncières ·
- Ouverture ·
- Sociétés ·
- Privilège ·
- Code de commerce ·
- Chirographaire ·
- Sauvegarde ·
- Procédure ·
- Titre
- Baux d'habitation et baux professionnels ·
- Contrats ·
- Dégradations ·
- Défaut d'entretien ·
- Préjudice de jouissance ·
- Facture ·
- Locataire ·
- Fourniture ·
- Désinfection ·
- Logement ·
- Jugement ·
- Commissaire de justice
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Sociétés ·
- Véhicule ·
- Chauffeur ·
- Ags ·
- Liquidateur ·
- Contrat de travail ·
- Code du travail ·
- Créance ·
- Indemnité de requalification ·
- Titre
- Prêt d'argent, crédit-bail , cautionnement ·
- Prêt - demande en remboursement du prêt ·
- Contrats ·
- Reconnaissance de dette ·
- Restitution ·
- Message ·
- Écrit ·
- Chèque ·
- Procès-verbal de constat ·
- Prêt ·
- Demande ·
- Obligation ·
- Intérêt
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Heures supplémentaires ·
- Transport ·
- Salarié ·
- Employeur ·
- Travail dissimulé ·
- Ags ·
- Liquidation judiciaire ·
- Horaire ·
- Titre ·
- Avertissement
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Discrimination ·
- Candidat ·
- Recrutement ·
- Travail ·
- Embauche ·
- Recommandation ·
- Responsable ·
- Sociétés ·
- Entretien ·
- Poste
- Dommages causés par des véhicules ·
- Responsabilité et quasi-contrats ·
- Sociétés ·
- Assurances ·
- Navigation ·
- Prime ·
- Préjudice ·
- Bateau de commerce ·
- Certificat ·
- Demande ·
- Titre ·
- Assureur
- Demande en nullité de la vente ou d'une clause de la vente ·
- Contrats ·
- Timbre ·
- Consorts ·
- Adresses ·
- Acquittement ·
- Appel ·
- Irrecevabilité ·
- Message ·
- Instance ·
- Impôt ·
- Erreur
Sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Risques professionnels ·
- Faute inexcusable ·
- Employeur ·
- Rente ·
- Conditions de travail ·
- Décès ·
- Préjudice d'affection ·
- Souffrance ·
- Risque ·
- Sécurité ·
- Préjudice
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Voyage ·
- Décision d’éloignement ·
- Délivrance ·
- Algérie ·
- Maintien ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Interprète ·
- Langue ·
- Mainlevée ·
- Certificat médical ·
- Hospitalisation ·
- Notification ·
- Santé publique ·
- Consentement ·
- Hôpitaux ·
- Irrégularité
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.