Confirmation 14 septembre 2011
Rejet 28 mai 2013
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Sur la décision
| Référence : | Cass. com., 28 mai 2013, n° 11-27.256 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour de cassation |
| Numéro(s) de pourvoi : | 11-27.256 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Cour d'appel de Paris, 14 septembre 2011 |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 6 août 2024 |
| Identifiant Légifrance : | JURITEXT000027491142 |
| Identifiant européen : | ECLI:FR:CCASS:2013:CO00538 |
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Texte intégral
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l’arrêt suivant :
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 14 septembre 2011), que M. X… a conclu le 15 décembre 2003 un contrat de franchise avec la société Alizés diffusion (le franchiseur) pour l’exploitation d’un centre de bronzage sous l’enseigne « Point soleil » ; que M. X… ayant cessé de payer les redevances prévues au contrat, le franchiseur s’est prévalu de la clause résolutoire et a résilié le contrat à compter du 20 août 2006 ; que par acte du 26 janvier 2006, M. X… a fait assigner le franchiseur en annulation du contrat sur le fondement du dol ; que le franchiseur, alléguant que M. X… avait poursuivi l’exploitation du centre de bronzage en utilisant l’enseigne et le savoir-faire du réseau, a demandé reconventionnellement la réparation de son préjudice ; que M. Y…, nommé administrateur judiciaire puis commissaire à l’exécution du plan de continuation de M. X…, est intervenu à l’instance ;
Sur le premier moyen :
Attendu que M. X… et M. Y… font grief à l’arrêt de rejeter leur demande en annulation du contrat alors, selon le moyen :
1°/ que le franchiseur doit, avant la signature du contrat de franchise, remettre au franchisé un document contenant notamment « une présentation de l’état général et local du marché… et les perspectives de développement de ce marché » ; que la cour d’appel, qui a retenu que le document établi par la société Alizés diffusion « ne comportait pas d’état local de marché », mais que M. X… devait s’informer par lui-même de cet état et que, dès lors, ce manquement du franchiseur à ses obligations précontractuelles d’information n’était pas susceptible de constituer un dol, a violé les articles L. 330-3 et R. 330-2 du code de commerce ;
2°/ que le document est communiqué vingt jours minimum avant la signature du contrat et que doivent y être annexés les comptes annuels des deux derniers exercices ; que la cour d’appel, qui a souligné que le document avait été communiqué six mois avant la signature du contrat et qu’ainsi M. X… avait eu tout le temps d’en prendre connaissance et de compléter les informations manquantes, sans rechercher si, comme le faisait valoir M. X…, les comptes annuels des deux dernières années n’y étaient pas annexés et ne lui avaient été communiqués que quelques jours seulement avant la signature du contrat, a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 330-3 et R. 330-2 du code de commerce ;
3°/ que la cour d’appel n’a pas répondu aux conclusions de M. X… qui, soutenant que de nombreux franchisés de la société Alizés diffusion avaient déposé le bilan, faute de rentabilité, faisaient valoir que le document, contrairement aux prescriptions de l’article R. 330-2-5 -C du code de commerce, ne donnait aucune indication sur le nombre d’entreprises qui avaient cessé de faire partie du réseau et sur les motifs de cette disparition, violant ainsi l’article 455 du code de procédure civile ;
Mais attendu, d’une part, que l’arrêt retient que M. X… a eu à sa disposition le document d’information précontractuelle, qu’il a disposé d’un délai supérieur aux usages pour s’informer sur les potentialités économiques du fonds et, plus généralement pour compléter d’éventuelles insuffisances dans l’information fournie et que si le document ne comportait pas d’état local du marché et s’il appartenait effectivement au franchiseur de présenter l’état général et local du marché, le candidat à la franchise devait réaliser lui-même une étude précise du marché local et que, compte tenu du temps dont M. X… avait disposé pour affiner son appréciation du marché local, les éventuels manquements à telle ou telle exigence légale n’auraient pu, de toute façon, être constitutifs d’un dol ou d’une erreur de nature à vicier son consentement ; que de ces constatations et appréciations souveraines, la cour d’appel a pu déduire que M. X… ne rapportait pas la preuve d’un vice du consentement ;
Attendu, d’autre part, qu’ayant constaté, par motifs adoptés, que le document d’information précontractuelle qui contenait les comptes sociaux des deux exercices précédents, avait été remis à M. X… le 18 juin 2003 et que le contrat de franchise a été conclu le 15 décembre suivant, la cour d’appel, qui a procédé à la recherche demandée, a légalement justifié sa décision ;
Et attendu, enfin, qu’ayant retenu que le préambule du contrat de franchise précisait que le franchisé reconnaissait avoir eu communication de tous les documents et informations précontractuels exigés par la législation applicable, la cour d’appel a répondu aux conclusions prétendument délaissées ;
D’où il suit que le moyen n’est fondé en aucune de ses branches ;
Et sur le second moyen :
Attendu que M. X… et M. Y…, ès qualités, font grief à l’arrêt de condamner M. X… à payer au franchiseur une certaine somme à titre de dommages-intérêts pour parasitisme économique alors, selon le moyen :
1°/ que la cour d’appel n’a pas répondu aux conclusions de M. X… qui soutenait qu’après avoir, au 20 août 2006, prononcé la résiliation unilatérale du contrat de franchise, la société Alizés diffusion ne l’avait pas mis en demeure de déposer l’enseigne « Point Soleil » et de ne plus utiliser ses signes distinctifs, violant ainsi l’article 455 du code de procédure civile ;
2 / que l’usurpation ne constitue un acte de parasitisme économique qu’en cas de notoriété de la marque et des signes distinctifs usurpés ; que la cour d’appel, qui n’a pas constaté que la marque « Point Soleil », son logo et ses quatre pictogrammes, utilisés par seulement quarante-huit franchisés disséminés à travers tout le territoire français, avait une quelconque notoriété, a privé sa décision de base légale au regard des articles 1382 du code civil et L. 713-5 du code de la propriété intellectuelle ;
Mais attendu d’une part, qu’ayant relevé qu’une mise en demeure avait été délivrée le 26 juillet 2006 à M. X…, la cour d’appel n’avait pas à répondre à des conclusions que ses constatations rendaient inopérantes ;
Et attendu, d’autre part, qu’il ne résulte pas de l’arrêt et des conclusions des parties que M. X… ait soutenu le moyen tiré de la notoriété de la marque et des signes distinctifs usurpés ; que le moyen, mélangé de fait et de droit, est nouveau ;
D’où il suit que le moyen, irrecevable en sa seconde branche, n’est fondé pour le surplus ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi ;
Condamne M. X… aux dépens ;
Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette la demande de M. X… et celle de la société Alizés diffusion en ce qu’elle est dirigée contre M. Y…, pris en qualité de commissaire à l’exécution du plan de continuation de M. X… et condamne M. X… à payer à la société Alizés diffusion la somme de 2 500 euros ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-huit mai deux mille treize.MOYENS ANNEXES au présent arrêt
Moyens produits par la SCP Blanc et Rousseau, avocat aux Conseils, pour M. X… et M. Y…, ès qualités
PREMIER MOYEN DE CASSATION
Il est reproché à l’arrêt attaqué d’avoir débouté Monsieur X… de sa demande d’annulation du contrat de franchise conclu avec la société Alizés Diffusion, Aux motifs que Monsieur X… avait eu à sa disposition le document d’information précontractuelle six mois avant la signature du contrat, lui laissant tout le temps de s’informer sur les potentialités économiques du fonds et de compléter d’éventuelles insuffisances dans l’information fournie ; que le document comportait la liste des 48 franchisés du réseau et que Monsieur X… disposait de six mois pour prendre contact avec eux ; que, si le document ne comportait pas d’état local du marché et s’il appartenait effectivement au franchiseur de présenter l’état général et local du marché, le candidat à la franchise devait réaliser lui-même une étude précise du marché local ; que, dans ses conditions et compte tenu notamment du temps dont Monsieur X… avait disposé pour affiner son appréciation du marché local, les éventuels manquements à telle ou telle exigence légale n’auraient pu, de toute façon, être constitutifs d’un dol ou d’une erreur de nature à vicier le consentement de Monsieur X…,
Alors, 1°) que le franchiseur doit, avant la signature du contrat de franchise, remettre au franchisé un document contenant notamment "une présentation de l’état général et local du marché… et les perspectives de développement de ce marché" ; que la cour d’appel, qui a retenu que le document établi par la société Alizés Diffusion « ne comportait pas d’état local de marché », mais que Monsieur X… devait s’informer par lui-même de cet état et que, dès lors, ce manquement du franchiseur à ses obligations précontractuelles d’information n’était pas susceptible de constituer un dol, a violé les articles L. 330-3 et R. 330-2 du code de commerce,
Alors, 2°) que le document est communiqué vingt jours minimum avant la signature du contrat et que doivent y être annexés les comptes annuels des deux derniers exercices ; que la cour d’appel, qui a souligné que le document avait été communiqué six mois avant la signature du contrat et qu’ainsi Monsieur X… avait eu tout le temps d’en prendre connaissance et de compléter les informations manquantes, sans rechercher si, comme le faisait valoir Monsieur X…, les comptes annuels des deux dernières années n’y étaient pas annexés et ne lui avaient été communiqués que quelques jours seulement avant la signature du contrat, a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 330-3 et R. 330-2 du code de commerce,
Alors, 3°) que la cour d’appel n’a pas répondu aux conclusions de Monsieur X… qui, soutenant que de nombreux franchisés de la société Alizés Diffusion avaient déposé le bilan, faute de rentabilité, faisaient valoir que le document, contrairement aux prescriptions de l’article R. 330-2-5°-C du code de commerce, ne donnait aucune indication sur le nombre d’entreprises qui avaient cessé de faire partie du réseau et sur les motifs de cette disparition (violation de l’article 455 du code de procédure civile),
SECOND MOYEN DE CASSATION
Il est reproché à l’arrêt attaqué d’avoir condamné Monsieur X… à payer à la société Alizés Diffusion 75 000 euros de dommages-intérêts pour parasitisme économique, Aux motifs qu’après la résiliation du contrat de franchise par la société Alizés Diffusion, Monsieur X… avait continué à exploiter son fonds sous l’enseigne 'Point Soleil" et à utiliser ses signes distinctifs, le risque de confusion dans la clientèle étant accru par le fait que l’exploitation s’était poursuivie dans les mêmes locaux,
Alors, 1°) que la cour d’appel n’a pas répondu aux conclusions de Monsieur X… qui soutenait qu’après avoir, au 20 août 2006, prononcé la résiliation unilatérale du contrat de franchise, la société Alizés Diffusion ne l’avait pas mis en demeure de déposer l’enseigne « Point Soleil » et de ne plus utiliser ses signes distinctifs (violation de l’article 455 du code de procédure civile,
Alors, 2°) que l’usurpation ne constitue un acte de parasitisme économique qu’en cas de notoriété de la marque et des signes distinctifs usurpés ; que la cour d’appel, qui n’a pas constaté que la marque « Point Soleil », son logo et ses quatre pictogrammes, utilisés par seulement 48 franchisés disséminés à travers tout le territoire français, avait une quelconque notoriété, a privé sa décision de base légale au regard des articles 1382 du code civil et L. 713-5 du code de la propriété intellectuelle.
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