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Sur la décision
| Référence : | INPI, 2 juil. 2025, n° OP 24-4390 |
|---|---|
| Numéro(s) : | OP 24-4390 |
| Domaine propriété intellectuelle : | OPPOSITION |
| Marques : | KIT CIEL |
| Numéro(s) d’enregistrement des titres de propriété industrielle : | 5091646 |
| Référence INPI : | O20244390 |
Sur les parties
| Parties : | METRAC INTERNATIONAL SA c/ H |
|---|
Texte intégral
OP24-4390 02/07/2025 DÉCISION STATUANT SUR UNE OPPOSITION **** Vu le code de la propriété intellectuelle et notamment ses articles L 411-4, L 411-5, L 712-3 à L 712-5-1, L 712-7, L-713-2, L 713-3, R 411-17, R 712-13 à R 712-19, R 712-21, R 712-26 et R 718-2 à R 718-5 ; Vu l’arrêté du 24 avril 2008 modifié, relatif aux redevances de procédure perçues par l’Institut national de la propriété industrielle ; Vu la décision modifiée n° 2014-142 bis du Directeur Général de l’Institut National de la Propriété Industrielle relative aux conditions de présentation et au contenu du dossier des demandes d’enregistrement de marques ; Vu la décision n° 2019-158 du Directeur Général de l’Institut National de la Propriété Industrielle relative aux modalités de la procédure d’opposition à enregistrement d’une marque. I.- FAITS ET PROCÉDURE Monsieur H M a déposé le 19 octobre 2024 la demande d’enregistrement n° 5 091 646 portant sur le signe verbal KIT CIEL. Le 24 décembre 2024, la société METRAC INTERNATIONAL (société anonyme) a formé opposition à l’enregistrement de cette marque, sur la base du nom de domaine KITCIEL.COM réservé depuis le 29 août 2014, sur le fondement du risque de confusion. L’opposition a été notifiée au titulaire de la demande d’enregistrement. Cette notification l’invitait à présenter des observations en réponse à l’opposition dans un délai de deux mois. Aucune observation en réponse à l’opposition n’ayant été présentée à l’Institut dans le délai imparti, la phase d’instruction a pris fin, ce dont les parties ont été informées. 1
II.- DÉCISION Aux termes de l’article L. 711-3 du Code de la propriété intellectuelle, « Ne peut être adopté comme marque un signe portant atteinte à des droits antérieurs ayant effet en France, et notamment : […] 4° Un nom de domaine, dont la portée n’est pas seulement locale, s’il existe un risque de confusion dans l’esprit du public ». L’article L. 712-4 du même code dispose, quant à lui, que « Dans le délai de deux mois suivant la publication de la demande d’enregistrement, une opposition peut être formée auprès du directeur général de l’Institut national de la propriété industrielle à l’encontre d’une demande d’enregistrement en cas d’atteinte à l’un des droits antérieurs suivants ayant effet en France : […] 4° un nom de domaine, dont la portée n’est pas seulement locale, s’il existe un risque de confusion dans l’esprit du public ». Le risque de confusion s’entend du risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou, le cas échéant, d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion comprend le risque d’association. L’existence d’un risque de confusion doit être appréciée globalement en tenant compte de nombreux facteurs qui incluent la similitude des signes, la similitude des produits et des services, le caractère distinctif du signe antérieur, les éléments distinctifs et dominants des signes en litige et le public pertinent. À cet égard, le risque de confusion doit être apprécié au regard des activités effectivement exercées sous le nom de domaine invoqué. Sur l’exploitation effective du nom de domaine dont la portee n’est pas seulement locale L’opposante fonde son opposition sur la base du nom de domaine KITCIEL.COM. Elle indique exploiter ce nom de domaine pour les activités suivantes : « Activités de vente de solutions d’éclairage par fibre optique : large choix de kits pour différentes applications dont des plafonds de véhicules » Il est de jurisprudence constante que le nom de domaine ne peut constituer une antériorité opposable au dépôt d’une marque postérieure qu’à la condition qu’il ait donné lieu à une exploitation effective sous la forme d’un site Internet antérieurement à la date de dépôt de la marque contestée (TGI Paris, 3 e ch., 17 janvier 2014, n° 11/03304) et qu’il bénéficie d’une connaissance sur l’ensemble du territoire national (CA Paris, 5 juillet 2013, n° 12/15747). La portée non seulement locale des signes d’usage doit s’apprécier non seulement au plan géographique mais aussi au plan économique. Ainsi, il faut que le signe soit « effectivement utilisé d’une manière suffisamment significative dans la vie des affaires » (CJUE, 29 mars 2011, affaire C- 96/09 P). La marque contestée a été déposée le 19 octobre 2024. La société opposante doit donc démontrer l’exploitation effective du nom de domaine invoqué pour les activités mentionnées ci-dessus avant cette date. 2
La société opposante joint notamment à son exposé des moyens :
- Un extrait Whois faisant état d’une date de réservation du nom de domaine KITCIEL.COM au 29 août 2014 (pièce n° 1) ;
- Une facture du registre Web.com Group Inc. adressées à la société opposante, relative au renouvellement du nom de domaine KITCIEL.COM pour une période d’un an, et datée du 14 août 2023 (pièce n°2). Par ailleurs, la société opposante fournit des factures attestant la vente de produits d’éclairage sur le site internet KITCIEL.COM (pièce n° 3), à destination de clients situés dans deux départements français, ainsi qu’en Belgique et aux Pays-Bas. Ces documents ne sont pas contestés par le déposant. Ainsi, il y a lieu de considérer que le nom de domaine KITCIEL.COM dont elle est réservataire, a une portée autre que locale et a donné lieu à une exploitation effective, antérieurement au dépôt de la marque contestée, notamment pour des activités de vente de solutions d’éclairage par fibre optique, ce qui n’est pas contesté par le déposant. Sur le risque de confusion Sur la comparaison des produits et des activités L’opposition est formée à l’encontre des produits suivants de la demande d’enregistrement : « Appareils d’éclairage ; appareils d’éclairage pour véhicules ». Comme précédemment relevé, l’exploitation du nom de domaine invoqué KITCIEL.COM dont la portée n’est pas seulement locale a été démontrée pour les activités de vente de solutions d’éclairage par fibre optique. La société opposante soutient que les produits de la demande d’enregistrement contestée sont similaires aux activités exercées sous le nom de domaine invoqué. Les produits précités de la demande d’enregistrement apparaissent similaires aux activités exercées sous le nom de domaine invoqué, ce qui n’est pas contesté par le déposant. A cet égard, l’Institut fait siens les arguments de l’opposante. Sur la comparaison des signes La demande d’enregistrement contestée porte sur le signe verbal KIT CIEL, ci-dessous reproduit : Le nom de domaine antérieur porte sur le signe KITCIEL.COM. 3
L’appréciation globale doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, auditive ou conceptuelle des signes en cause, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par les signes, en tenant compte notamment de leurs éléments distinctifs et dominants. Il convient également de tenir compte du fait que le consommateur moyen des produits ou des services en cause n’a que rarement la possibilité de procéder à une comparaison directe des différents signes, mais doit se fier à l’image imparfaite qu’il a gardée en mémoire. Il résulte d’une comparaison globale et objective des signes, que le signe contesté est composé de deux éléments verbaux alors que le signe antérieur est composé de deux éléments verbaux séparés par un point. Les signes ont visuellement, phonétiquement et intellectuellement en commun deux éléments verbaux des plus proches, à savoir KIT CIEL du signe contesté, et KITCIEL du nom de domaine antérieur, le second n’étant que la présentation accolée du premier. Les signes diffèrent par la présence, au sein du signe antérieur, de l’élément .COM qui toutefois n’apparait pas distinctif, celui-ci étant utilisé pour désigner une extension de nom de domaine sur Internet. Ainsi, cet élément apparait accessoire et n’est pas de nature à retenir l’attention du consommateur. Par conséquent, compte tenu tant des ressemblances d’ensemble que de la prise en compte des éléments distinctifs et dominants, il existe une similarité entre les signes. Le signe verbal contesté KIT CIEL est donc similaire au nom de domaine antérieur KITCIEL.COM. Sur l’appréciation globale du risque de confusion L’appréciation globale du risque de confusion implique une certaine interdépendance des facteurs pris en compte et notamment la similitude des signes et celle des produits, services et activités. Ainsi, un faible degré de similitude entre les produits, services et activités peut être compensé par un degré élevé de similitude entre les signes, et inversement. En l’espèce, en raison de la similarité des produits et des activités exercées sous le nom de domaine invoqué par la société opposante et de la similitude des signes, il existe globalement un risque de confusion dans l’esprit du public. CONCLUSION En conséquence, le signe verbal KIT CIEL ne peut pas être adopté comme marque pour désigner des produits similaires, sans porter atteinte au nom de domaine antérieur de la société opposante. 4
PAR CES MOTIFS DÉCIDE Article un : L’opposition est reconnue justifiée. Article deux : La demande d’enregistrement est rejetée. 5
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