Rejet 6 mai 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Mayotte, 6 mai 2026, n° 2601844 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Mayotte |
| Numéro : | 2601844 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 26 mai 2026 |
Sur les parties
| Avocat(s) : |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2026, Mme A…, représentée par Me Mohamed, demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de la convoquer, d’enregistrer et d’instruire sa demande de titre de séjour dans un délai de 10 jours ;
2°) de lui délivrer une autorisation provisoire l’autorisant à séjourner et à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Et aux termes des dispositions de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
2. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l’intéressé. La condition d’urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.
4. En l’espèce, Mme A…, de nationalité comorienne, née le 25 juillet 2004, soutient qu’elle est entrée à Mayotte à l’âge de six ans où elle a rejoint ses parents et a été scolarisée. Elle ajoute qu’elle obtenu un certificat d’aptitude professionnelle en 2023, que ses parents sont titulaires de titres de séjour et parents d’enfants français. Elle indique avoir déposé une première demande de titre de séjour le 16 juin 2023 mais qu’elle n’a pas été convoquée et qu’elle a renouvelée sa demande le 21 novembre 2025. Toutefois, elle ne communique aucune pièce établissant les démarches qu’elle aurait faites en vain auprès de la préfecture de Mayotte pour obtenir un rendez-vous, de sorte qu’elle ne peut être regardée comme justifiant de l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous pour l’enregistrement de sa demande. En outre, en se bornant à invoquer la précarité de sa situation administrative, ces circonstances, s’agissant d’une première demande de titre de séjour, pour regrettables qu’elles soient, ne suffisent pas, à elles-seules, à caractériser une situation d’urgence. Dans ces conditions, Mme A… n’établit pas l’urgence de la mesure demandée. Par suite, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme A…, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B… A….
Fait à Mamoudzou, le 6 mai 2026.
Le juge des référés,
J-M. LASO
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Commune ·
- Provision ·
- Juge des référés ·
- Licenciement ·
- Maire ·
- Demande ·
- Administration ·
- Argent ·
- Non titulaire
- Logement ·
- Médiation ·
- Justice administrative ·
- Astreinte ·
- Commission ·
- Habitation ·
- Urgence ·
- Construction ·
- Délai ·
- Décentralisation
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Agent public ·
- Garde des sceaux ·
- Droit commun ·
- Pourvoir ·
- Auteur ·
- Expédition ·
- Ordonnance ·
- Conforme
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Renouvellement ·
- Légalité ·
- Séjour étudiant ·
- Rejet ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile ·
- Urgence
- Notaire ·
- Garde des sceaux ·
- Salarié ·
- Tribunal judiciaire ·
- Justice administrative ·
- Décret ·
- Tribunaux administratifs ·
- Agrément ·
- Déontologie ·
- Plan de cession
- Chambres de commerce ·
- Industrie ·
- Personnel administratif ·
- Statut du personnel ·
- Justice administrative ·
- Reclassement ·
- Mesure disciplinaire ·
- Droit social ·
- Réintégration ·
- Personnel
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Autorisation ·
- Formation ·
- Donner acte ·
- Protection ·
- Physique ·
- Activité ·
- Délai
- Territoire français ·
- Droit d'asile ·
- Illégalité ·
- Pays ·
- Obligation ·
- Séjour des étrangers ·
- Liberté fondamentale ·
- Assignation à résidence ·
- Liberté ·
- Passeport
- Territoire français ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Départ volontaire ·
- Légalité ·
- Pays ·
- Interdiction ·
- Obligation ·
- Liberté fondamentale ·
- Stipulation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Affection ·
- Solidarité ·
- Consolidation ·
- Accouchement ·
- Préjudice ·
- Utilisation ·
- Santé ·
- Expertise ·
- Justice administrative ·
- Jugement
- Justice administrative ·
- Orientation professionnelle ·
- Commission ·
- Autonomie ·
- Personnes ·
- Marché du travail ·
- Action sociale ·
- Recours ·
- Commissaire de justice ·
- Département
- Activité ·
- Autorisation ·
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Conseil ·
- Profession ·
- Agent de sécurité ·
- Incompatible ·
- Accès ·
- Formation
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.