Rejet 14 mai 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Mayotte, 14 mai 2026, n° 2601993 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Mayotte |
| Numéro : | 2601993 |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 27 mai 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2026, M D… C… demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et de désigner un avocat commis d’office ;
2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 11 mai 2026 du préfet de Mayotte portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;
3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de trois mois et dans l’attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) le cas échéant en cas d’exécution de la mesure d’éloignement, d’enjoindre au préfet de Mayotte d’organiser son retour sur le territoire dans un délai de huit jours sous astreinte de 300 euros par jour à compter de la notification de l’ordonnance.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie en raison de la rétention administrative dont il fait l’objet et du caractère exécutoire de l’obligation de quitter le territoire ;
- l’arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie privée et familiale normale ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision, prise en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné Mme Tomi première conseillère, en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique qui a eu lieu le 12 mai 2026 à 13h30 heures, heure locale, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l’article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme A… B… étant greffier d’audience au tribunal administratif de Mayotte.
Après avoir, au cours de l’audience publique :
- présenté son rapport,
- entendu les observations de Me Cooper pour M C… et M C…;
-les observations de Me Ben Attia représentant le préfet de Mayotte qui rappelle la nécessité de caractériser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale et fait observer que le parcours scolaire méritant ne répond pas à cette exigence.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience, en application de l’article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M C… ressortissant comorien né le 11 octobre 2006 a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire sans délai assortie d’une interdiction d’y revenir pendant un an et a été placé au centre de rétention administrative, à la suite d’un contrôle de police lors duquel il n’a pu justifier de la régularité de son séjour. Par sa requête présentée sur le fondement de l’article L521-2 du code de justice administrative, il demande au juge des référés de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte l’obligeant à quitter le territoire français sans délai.
Sur l’aide juridictionnelle provisoire :
Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente (…) ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’admettre M C… au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…) ».
Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».
Le requérant est arrivé à Mayotte avant d’avoir atteint l’âge de 13 ans. Il justifie y avoir suivi une scolarité ininterrompue jusqu’à l’obtention du baccalauréat en juin 2024, et être inscrit en 1ère année de BTS tourisme. Par ailleurs, les pièces qu’il produit permettent d’attester l’existence d’une vie familiale, l’intéressé justifiant notamment de la même adresse que sa demi-sœur, de nationalité française et ce, en dépit de la précarité de la situation de ses parents que l’intéressé ne conteste pas. Ainsi en l’état des pièces produites, et alors même qu’il disposerait aussi d’attaches familiales aux Comores, l’ancienneté de sa présence en France, au sein de sa famille, comme la maîtrise de la langue dont il fait montre également attestant une très bonne intégration, permettent d’établir que la mesure d’éloignement critiquée est nécessairement de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à sa vie privée et familiale. Par suite il est fondé à demander la suspension de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire prononcée à son encontre le 11 mai 2026.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
Il y a lieu, du fait de la suspension de la mesure d’éloignement et dans les circonstances particulières de l’espèce, d’enjoindre au préfet de délivrer à M C… une autorisation provisoire de séjour dans un délai d’un mois, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7.
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de condamner l’Etat à verser la somme demandée sur le fondement des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : M C… est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire .
Article 2 : L’exécution de l’obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre par le préfet de Mayotte le 11 mai 2026 est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de Mayotte de délivrer à M C… une autorisation provisoire de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance.
Article 4 : Les conclusions présentées sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M D… C… et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée aux ministres chargés de l’outre-mer et de l’intérieur en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative
Fait à Mamoudzou, le 14 mai 2026.
La juge des référés,
N.TOMI
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Domaine public ·
- Justice administrative ·
- Communauté d’agglomération ·
- Parcelle ·
- Littoral ·
- Grève ·
- Route ·
- Service public ·
- Transport ·
- Servitude de passage
- Permis d'aménager ·
- Justice administrative ·
- Commune ·
- Loisir ·
- Tribunaux administratifs ·
- Jugement ·
- Exécution ·
- Urbanisme ·
- Astreinte ·
- Charte
- L'etat ·
- Logement ·
- Médiation ·
- Carence ·
- Justice administrative ·
- Trouble ·
- Commissaire de justice ·
- Commission ·
- Urgence ·
- Habitation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Logement ·
- Habitat ·
- État de santé, ·
- Injonction ·
- Commissaire de justice ·
- Patrimoine ·
- Nuisance
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Autorisation provisoire ·
- Droit social ·
- Renouvellement ·
- Commissaire de justice ·
- Liberté fondamentale ·
- Séjour étudiant ·
- Police
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Urgence ·
- Étudiant ·
- Admission exceptionnelle ·
- Décision administrative préalable ·
- Demande ·
- Délai ·
- Droit d'asile
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Légalité ·
- Suspension ·
- Urgence ·
- Sérieux ·
- Apprentissage ·
- Autorisation provisoire ·
- Commissaire de justice ·
- Titre ·
- Juge des référés
- Décision implicite ·
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Urgence ·
- Délai ·
- Demande ·
- Commissaire de justice ·
- Rejet
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Action ·
- Décision implicite ·
- Astreinte ·
- Titre ·
- Vie privée ·
- Acte ·
- Épouse
Sur les mêmes thèmes • 3
- Territoire français ·
- Justice administrative ·
- Or ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Aide juridictionnelle ·
- Durée ·
- Résidence ·
- Pays ·
- Menaces
- Justice administrative ·
- Délai ·
- Recours contentieux ·
- Territoire français ·
- Notification ·
- Commissaire de justice ·
- Départ volontaire ·
- Avis ·
- Tribunaux administratifs ·
- Étranger
- Décision implicite ·
- Police ·
- Séjour étudiant ·
- Rejet ·
- Demande ·
- Aide juridictionnelle ·
- Aide juridique ·
- Délai ·
- Justice administrative ·
- Titre
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.