Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Alençon, baux hlm, 22 août 2025, n° 25/00219 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00219 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : |
|---|
Texte intégral
N° RG 25/00219 – N° Portalis DBZX-W-B7J-CXIF
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’ALENÇON (Orne)
N° RG 25/00219 – N° Portalis DBZX-W-B7J-CXIF
LE VINGT DEUX AOUT DEUX MIL VINGT CINQ
PRÉSIDENT : Tiphaine ROUSSEL, Juge près le Tribunal judiciaire d’Alençon et chargée des fonctions de juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire d’Alençon.
GREFFIER : Hélène CORNIL.
_________________
DEMANDEUR
Société LOGISSIA, dont le siège social est sis [Adresse 3]
Représentée par Mme [J], munie d’un pouvoir écrit
DÉFENDEUR
Madame [C] [M], demeurant [Adresse 1]
Non comparante ni représentée
_________________
PROCÉDURE
Date de la saisine : 24 Avril 2025
Première audience : 04 Juillet 2025
DÉBATS
Audience publique du 04 Juillet 2025.
JUGEMENT
Nature : réputé contradictoire en premier ressort
Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe
_________________
Copie exécutoire délivrée le :
à :
N° RG 25/00219 – N° Portalis DBZX-W-B7J-CXIF
RAPPEL DES FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET MOYENS DES PARTIES
La Société LOGISSIA a donné à bail à Madame [C] [M] un bien à usage d’habitation situé [Adresse 2], par contrat du 10 juin 2024, pour un loyer mensuel de 265,57€ hors charge.
Des loyers étant demeurés impayés, la Société LOGISSIA a fait signifier le 14 février 2025 un commandement de payer visant la clause résolutoire.
La Société LOGISSIA a ensuite fait assigner Madame [C] [M] devant le Juge des contentieux de la protection d'[Localité 4] par acte de commissaire de justice en date du 24 avril 2025 lui demandant de bien vouloir:
constater l’acquisition de la clause résolutoire à compter du 29 mars 2025,être autorisé à faire procéder à l’expulsion de Madame [C] [M],ordonner la séquestration des meubles aux frais, risques et périls de Madame [C] [M],condamner Madame [C] [M] au paiement de l’arriéré locatif d’un montant de 1.007,31€, ainsi que d’une indemnité mensuelle d’occupation,condamner Madame [C] [M] à la somme de 500€ en application de l’article 700 du code de procédure civile et les dépens.
L’affaire a été appelée et plaidée à l’audience du 4 juillet 2025.
A cette audience, la Société LOGISSIA, dûment représentée par Madame [J] munie d’un pouvoir, a maintenu l’intégralité de ses demandes, en précisant que la dette locative s’élevait désormais à la somme de 1.717,49€, montant arrêté au 4 juillet 2025, incluant le loyer du mois de juin 2025. Elle a précisé que la locataire a quitté le logement sans donner son congé et restituer les clés.
Bien qu’assignée à Etude, Madame [C] [M] n’est ni présente ni représentée. Elle n’a pas fait connaître les motifs de son absence.
En cet état l’affaire a été mise en délibéré, la décision étant prononcée par mise à disposition au greffe le 22 août 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur l’absence de la défenderesse à l’audience :
Aux termes de l’article 472 du Code de procédure civile, « si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. »
En l’espèce, Madame [C] [M] n’a pas comparu bien qu’elle ait été régulièrement convoquée par voie d’assignation délivrée à Etude.
Il sera néanmoins statué sur le fond.
Sur la recevabilité:
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de l’ORNE par voie électronique le 30 avril 2025, soit plus de six semaines avant l’audience du 4 juillet 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
Sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire :
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit désormais que " Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Par ailleurs, l’article 24 V de cette même loi ajoute que " Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, […], au locataire en situation de régler sa dette locative ».
En outre, l’article 24 VII de cette même loi prévoit que « Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet ».
Le bail conclu le 10 juin 2024 contient une clause résolutoire (« La résiliation ») et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 14 février 2025, pour la somme en principal de 730,21 euros. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 29 mars 2025.
Il résulte des débats et des éléments du dossier que la locataire a réglé le dernier loyer en janvier 2025 et qu’elle a quitté le logement sans donner son congé et restituer les clés. En outre, il n’est pas justifié que la locataire, non comparante, soit en situation de régler sa dette locative.
Le bailleur s’oppose à la suspension de la clause résolutoire.
L’expulsion de Madame [C] [M] sera ordonnée, en conséquence.
Le sort des meubles éventuellement laissés dans les lieux est spécifiquement organisé aux articles R.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution au titre des opérations d’expulsion. Il n’y a donc pas lieu d’ordonner leur enlèvement, leur transport ni leur séquestration, qui demeurent à ce stade purement hypothétiques.
Sur la condamnation au paiement de l’arriéré locatif :
La Société LOGISSIA produit un décompte démontrant que Madame [C] [M] restait devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 1.717,49€ à la date du 4 juillet 2025, incluant le loyer du mois de juin 2025.
Madame [C] [M], non comparante, n’apporte par définition aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de cette dette, de sorte qu’elle sera condamnée à verser à la Société LOGISSIA cette somme de 1.717,49€.
Elle sera également condamnée au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 1er juillet 2025 à la date de la libération effective et définitive des lieux. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi, afin de réparer le préjudice découlant pour le demandeur de l’occupation indue de son bien et de son impossibilité de le relouer.
Sur les demandes accessoires :
Madame [C] [M], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
Par ailleurs, il convient de rejeter la demande formulée par la Société LOGISSIA au titre de l’article 700 du code de procédure civile car le bailleur a exposé des frais consubstantiels aux missions qui lui sont dévolues y ajoutant que la solution du litige ne justifie pas plus une telle demande.
En application de l’article 514 du Code de Procédure Civile modifié par le décret du 11 décembre 2019, applicable aux instances introduites après le 1er janvier 2020, l’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
La Juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 10 juin 2024 entre la Société LOGISSIA d’une part et Madame [C] [M] d’autre part concernant le bien à usage d’habitation situé [Adresse 2] sont réunies à la date du 29 mars 2025 ;
ORDONNE en conséquence à Madame [C] [M] de libérer les lieux de sa personne et de ses biens immédiatement après la signification du présent jugement, faute de quoi il sera procédé après l’écoulement d’un délai de deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique conformément aux dispositions légales applicables ;
DIT n’y avoir lieu à ordonner l’enlèvement, le transport et la séquestration des meubles éventuellement laissés sur place ;
CONDAMNE Madame [C] [M] à verser à la Société LOGISSIA la somme de 1.717,49€ (décompte arrêté au 4 juillet 2025, incluant le loyer de juin 2025) ;
CONDAMNE Madame [C] [M] à payer à la Société LOGISSIA une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant équivalent à celui du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi, à compter du 1er juillet 2025 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;
DEBOUTE la Société LOGISSIA de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile;
CONDAMNE Madame [C] [M] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
DIT que la présente décision sera transmise par les soins du greffe à Monsieur le représentant de l’Etat du département en vertu des dispositions de l’article 117 de la loi du 29 juillet 1998.
La présente décision a été signée par Madame ROUSSEL, Juge des Contentieux de la Protection, et par Madame CORNIL, greffière présente lors de son prononcé,
LA GREFFIÈRE LA JUGE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Clause resolutoire ·
- Investissement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bail ·
- Sociétés ·
- Loyer ·
- Commandement ·
- Référé ·
- Paiement ·
- Locataire
- Enfant ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mariage ·
- Prestation compensatoire ·
- Code civil ·
- Juge ·
- Ordonnance de non-conciliation ·
- Effets du divorce ·
- Education ·
- Père
- Expertise ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mesure d'instruction ·
- Référé ·
- Demande ·
- Procédure civile ·
- Vice caché ·
- Mission ·
- Motif légitime
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Logement ·
- Référé ·
- In solidum ·
- Demande ·
- Contentieux ·
- Bailleur ·
- Paiement ·
- Protection
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Maintien ·
- Tribunal judiciaire ·
- Certificat médical ·
- Centre hospitalier ·
- Consentement ·
- Tiers ·
- Notification ·
- Électronique
- Tribunal judiciaire ·
- Liberté ·
- Isolement ·
- Contrôle ·
- Mesure de protection ·
- Santé publique ·
- Service ·
- Chambre du conseil ·
- Charges ·
- Centre hospitalier
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Divorce ·
- Mariage ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Acceptation ·
- Avantages matrimoniaux ·
- Jugement ·
- Code civil ·
- Rupture ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dire
- Partie ·
- Déficit ·
- Mission ·
- Expertise ·
- Médiation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Médiateur ·
- Lésion ·
- Consolidation ·
- Assistant
- Tribunal judiciaire ·
- Citation ·
- Motif légitime ·
- Caducité ·
- Adresses ·
- Siège social ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Audience ·
- Syndicat ·
- Fond
Sur les mêmes thèmes • 3
- Assurances ·
- Conditions générales ·
- Banque ·
- Dégât des eaux ·
- Garantie ·
- Assureur ·
- Expertise ·
- Titre ·
- Sinistre ·
- Tribunal judiciaire
- Commissaire de justice ·
- Arbre ·
- Élagage ·
- Plantation ·
- Propriété ·
- Tribunal judiciaire ·
- Constat ·
- Procédure civile ·
- Code civil ·
- Signification
- Déchéance ·
- Épouse ·
- Consommation ·
- Crédit ·
- Commissaire de justice ·
- Sociétés ·
- Intérêt ·
- Tribunal judiciaire ·
- Consommateur ·
- Contrats
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.