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Sur la décision
| Référence : | TJ Chartres, réf., 13 nov. 2024, n° 24/00599 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/00599 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 24 septembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | S.A.S. PLOMBERIE CHAUFFAGE FROID PRO ( PCFP ), S.A.S. UTB - UNION TECHNIQUE DU BATIMENT |
Texte intégral
N° RG 24/00599 – N° Portalis DBXV-W-B7I-GLNH
==============
ordonnance N°
du 13 Novembre 2024
N° RG 24/00599 – N° Portalis DBXV-W-B7I-GLNH
==============
S.C.C.V. CHANZY GARDEN
C/
S.A.S. PLOMBERIE CHAUFFAGE FROID PRO (PCFP), S.A.S. UTB – UNION TECHNIQUE DU BATIMENT
Copie exécutoire délivrée
le 13 Novembre 2024
à
— Me Mathilde PUYENCHET
— SCP MERY – RENDA – KARM
— SELARL UBILEX AVOCATS
Copie certifiée conforme délivrée
le 13 Novembre 2024
à
— contrôle expertises
— régie
MI : 24/00000365
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE CHARTRES
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
13 Novembre 2024
DEMANDERESSE :
S.C.C.V. CHANZY GARDEN, société civile de construction vente au capital social de 1.000 € immatriculée au RCS de Chartres sous le n° 884 594 987, dont le siège social est sis [Adresse 9]
représentée par Me Mathilde PUYENCHET, demeurant [Adresse 3], avocat au barreau de CHARTRES, vestiaire : T 14 substituée par Me PROUTHEAU
DÉFENDERESSES :
S.A.S. PLOMBERIE CHAUFFAGE FROID PRO (PCFP), société par actions simplifiée au capital social de 5.000 € immatriculée au RCS de Bobigny sous le n° 883 565 582, dont le siège social est sis [Adresse 10]
représentée par Me KARM membre de la SCP MERY – RENDA – KARM, demeurant [Adresse 6], avocats au barreau de CHARTRES, vestiaire : T 35
S.A.S. UTB – UNION TECHNIQUE DU BATIMENT, société par actions simplifiée au capital social de 133 314,90 € immatriculée au RCS de Bobigny sous le n° 572 064 145, dont le siège social est sis [Adresse 8], prise en son agence de [Adresse 4] sise [Adresse 4]
représentée par Me LE ROY membre de la SELARL UBILEX AVOCATS, demeurant [Adresse 7], avocats au barreau de CHARTRES, vestiaire : T 16
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Elodie GILOPPE
Greffier : Marie-Claude LAVIE
DÉBATS :
A l’audience publique du 07 Octobre 2024 A l’issue des débats, il a été indiqué que la décision sera rendue par mise à disposition le 04 Novembre 2024. A cette date, le délibéré a été prorogé au 13 Novembre 2024
ORDONNANCE :
— Mise à disposition au greffe le TREIZE NOVEMBRE DEUX MIL VINGT QUATRE
— Contradictoire
— En premier ressort
— Signée par Elodie GILOPPE, Vice-Présidente, et par Marie-Claude LAVIE, Greffier
* * *
EXPOSÉ DU LITIGE
Soutenant que les travaux réalisés dans le cadre de la construction de quatre immeubles d’habitation sis [Adresse 5] et dont elle avait confié notamment le lot plomberie à la SAS UTB, laquelle a agrée en sous-traitance la SAS PCFP, présenteraient divers désordres, la SCCV CHANZY GARDEN a, par actes de commissaire de justice en date du 14 août 2024 et du 5 septembre 2024, fait assigner la SAS UTB et la SAS PCFP aux fins d’obtenir :
à titre principal : la condamnation in solidum des défenderesses à réparer ou remplacer les éléments défectueux des bacs à douche et installations de plomberie, procéder au calage conformément aux règles de l’art des nouveaux bacs à douche, réaliser des joints au pourtour desdits bacs à douche, reposer les parois de protection, remettre en œuvre le carrelage, le placoplâtre et tout embellissement tels qu’ils existaient jusqu’alors, ce sous astreinte de 1000 € par jour de retard à compter de la décision dans l’ensemble des 76 logements qui composent les bâtiments de la SCCV CHANZY GARDEN,voir désigner un commissaire de justice afin de constater la bonne réalisation de ces travaux aux frais « exclusifs de la société UTB et se réserver la liquidation de l’astreinte,à titre subsidiaire, une expertise aux fins de constat et détermination des désordres et des préjudices et de leurs causes et de chiffrage des réparations,la condamnation de la société UTB à lui régler 3000 € au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens comprenant notamment les frais de constat.
A l’audience du 07/10/2024, la SCCV CHANZY GARDEN déclare qu’elle abandonne sa demande principale, et maintient sa demande d’expertise et au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile et des dépens.
La SAS UTB et la SAS PCFP prennent acte de l’abandon de la demande principale, formulent protestations et réserves d’usage quant à l’expertise et s’opposent à la demande formulée au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
L’affaire a été mise en délibéré au 04/11/2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur l’abandon de la demande principale
Il sera donné acte à la demanderesse de ce qu’elle renonce à sa demande principale de réparation matérielle sous astreinte.
Sur le principe de l’expertise
Selon l’article 145 du code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé.
Justifie d’un motif légitime au sens de ce texte la partie qui démontre la probabilité de faits susceptibles d’être invoqués dans un litige éventuel.
De telles mesures ne sont exclues que dans l’hypothèse où la prétention que l’expertise permettrait éventuellement de soutenir, serait manifestement vouée à l’échec, le motif légitime faisant alors défaut.
La SCCV CHANZY GARDEN justifie par la production du contrat de lot de plomberie, du PV de réception de ce lot, d’une mise en demeure du 25 juin 2024 d’avoir à effectuer des travaux de reprise, de nombreux mails de réclamation de propriétaires en suite de désordres sur ce lot plomberie dans leur appartement, de nombreux procès-verbaux d’intervention notamment sur le joint des bacs à douche, rendant vraisemblable l’existence des désordres invoqués, d’un motif légitime pour obtenir la désignation d’un expert en vue d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution du litige.
En conséquence il existe un motif légitime à voir ordonner l’expertise sollicitée.
Elle sera réalisée aux frais avancés de la SCCV CHANZY GARDEN.
sur les frais irrépétibles
L’article 700 du code de procédure civile dispose que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, et qu’en outre le juge peut, pour des raisons tirées de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée, dire qu’il n’y a pas lieu à condamnation.
En l’état du litige qui ne permet pas de déterminer à ce stade des responsabilités que la mesure d’instruction a vocation à établir, il n’y a pas lieu à faire droit à la demande au titre des frais irrépétibles.
sur les dépens
En application de l’article 491 alinéa 2 du code de procédure civile, le juge des référés statue sur les dépens. Le juge des référés est une juridiction autonome et sa décision vide sa saisine, dès lors il doit statuer sur les dépens même si sa décision est provisoire, car il n’a pas le pouvoir ultérieur de les liquider.
En vertu de l’article 696 du code de procédure civile, il y a lieu de laisser provisoirement ces dépens de la présente instance à la charge du requérant en l’état des éléments du litige qui ne permettent pas de déterminer une obligation non sérieusement contestable à l’égard du défendeur, et que la mesure d’expertise a justement pour objet d’instruire.
PAR CES MOTIFS,
Nous, juge des référés, statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort
Donnons acte à la SCCV CHANZY GARDEN de son désistement de sa demande principale en condamnation à effectuer des travaux sous astreinte, sa demande subsidiaire d’expertise devenant sa demande principale,
Vu l’article 145 du code de procédure civile
Ordonnons une expertise
#Désignons pour y procéder Monsieur [W] [Y], expert près la Cour d’Appel de Versailles, demeurant [Adresse 11], tél.: [XXXXXXXX01], tél. port : [XXXXXXXX02]
avec mission de:
— Convoquer les parties en cause ainsi que leurs avocats suivant les dispositions de l’article 160 du code de procédure civile ;
— Se rendre sur les lieux [Adresse 5] ;
— Prendre connaissance de tous documents utiles ;
— Recueillir les déclarations des parties et éventuellement celles de toute personne informée ;
— Se faire communiquer par les parties tous documents utiles établissant leurs rapports de droit, la mission précise de chaque intervenant, et le calendrier des travaux, en application de l’article 275 du code de procédure civile ;
— Visiter l’immeuble, dire s’il existe des désordres, préciser leur importance ; indiquer les parties de l’ouvrage qu’ils affectent, en spécifiant tous éléments techniques permettant d’apprécier s’il s’agit d’éléments constitutifs ou d’éléments d’équipement faisant corps ou non, de manière indissociable avec des ouvrages de viabilité, de fondations, d’ossature, de clos ou de couvert ;
— Dire si les désordres étaient apparents ou non lors de la réception ou de la prise de possession ; dans l’hypothèse où ils auraient été cachés, rechercher leur date d’apparition ;
— Dire si les désordres apparents ont fait l’objet de réserves, s’il y a eu des travaux de reprise, et préciser si et quand les réserves ont été levées ;
— Rechercher la cause des désordres en précisant pour chacun des désordres sil y a eu vice du matériau, malfaçons dans l’exécution, vice de conception, défaut ou insuffisance dans la direction, le contrôle ou la surveillance, défaut d’entretien ou toute autre cause ;
— Déterminer la part imputable aux différents intervenants par référence aux causes décelées
— Proposer les remèdes nécessaires et chiffrer leur coût et indiquer leur durée prévisible ;
— Fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre de déterminer les responsabilités encourues et d’évaluer tous les préjudices subis et indiquer, de façon plus générale, toutes suites dommageables
— Proposer un apurement des comptes entre les parties en distinguant le cas échéant les moins-values résultant de travaux entrant dans le devis et non exécutés, le montant des travaux effectués mais non inclus dans le devis en précisant sur ce point s’ils étaient nécessaires ou non et plus généralement en distinguant le coût des reprises nécessaires en fonction de chaque entreprise intervenue sur le chantier.
— Répondre aux dires des parties dans la limite de la présente mission
— Procéder à toutes diligences et faire toutes observations utiles au règlement du litige
— Constater l’éventuelle conciliation des parties sans manquer dans ce cas d’en aviser le juge chargé du contrôle des expertises ;
# Ordonnons aux parties et à tout tiers détenteur de remettre sans délai à l’expert tout document qu’il estimera utile à l’accomplissement de sa mission ;
# Désignons le magistrat chargé du contrôle des expertises pour suivre les opérations d’expertise et, en cas d’empêchement de l’expert, procéder d’office à son remplacement ;
# Disons que l’expert commis pourra le cas échéant s’adjoindre les services d’un sapiteur, en en informant au préalable le magistrat en charge du contrôle des expertises ainsi que les parties et leurs conseils ;
# Disons que
— l’expert devra faire connaître sans délai son acceptation au juge chargé du contrôle de l’expertise, et devra commencer ses opérations dès sa saisine ;
— en cas d’empêchement ou de refus de l’expert, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé du contrôle de l’expertise ;
— l’expert devra accomplir sa mission conformément aux articles 232 et suivants du code de procédure civile, notamment en ce qui concerne le caractère contradictoire des opérations ;
— l’expert devra tenir le juge chargé du contrôle de l’expertise, informé du déroulement de ses opérations et des difficultés rencontrées dans l’accomplissement de sa mission ;
— l’expert devra, dès réception de l’avis de versement de la provision à valoir sur sa rémunération, convoquer les parties à une première réunion qui devra se tenir avant l’expiration d’un délai de deux mois, au cours de laquelle il procédera a une lecture contradictoire de sa mission, présentera la méthodologie envisagée, interrogera les parties sur d’éventuelles mises en cause, établira contradictoirement un calendrier de ses opérations et évaluera le coût prévisible de la mission, et qu’à l’issue de cette première réunion il adressera un compte-rendu aux parties et au juge chargé du contrôle, et qu’en cas d’insuffisance de la provision allouée, il demandera la consignation d’une provision complémentaire ;
— l’expert pourra, en cas de besoin, en considération de la complexité technique de la mission, remettre un pré-rapport aux parties en leur communiquant au préalable les propositions chiffrées ou devis concernant les travaux envisagés ;
— l’expert devra déposer son rapport définitif, en deux exemplaires originaux sous format papier ou sous forme dématérialisée par l’outil informatique Opalexe ainsi que sa demande de rémunération au greffe du tribunal, dans les HUIT MOIS de sa saisine, délai de rigueur (sauf prorogation dûment autorisée par le juge du contrôle des expertises), et communiquer ces documents aux parties ;
# Disons que dans le but de limiter les frais d’expertise, nous invitons les parties pour leurs échanges contradictoires avec l’expert et la communication des documents nécessaires à la réalisation de la mesure, à utiliser la voie dématérialisée via l’outil OPALEXE. Cette utilisation se fera dans le cadre déterminé par le site http://www.certeurope.fr et sous réserve de l’accord exprès et préalable de l’ensemble des parties ;
# Disons que les frais d’expertise seront avancés par la SCCV CHANZY GARDEN qui devra consigner la somme de 3000 euros à valoir sur la rémunération de l’expert auprès du Régisseur d’avances et de Recettes du Tribunal (par chèque de banque à l’ordre de « TJ CHARTRES REGIE AV REC ») dans les deux mois de la présente ordonnance,
étant précisé que :
— à défaut de consignation dans le délai imparti, la désignation de l’expert sera caduque de plein droit sur décision du magistrat en charge du contrôle des expertises, (sauf décision contraire en cas de motif légitime) et il sera tiré toutes conséquences de l’abstention ou du refus de consigner,
— chaque partie est autorisée à procéder à la consignation de la somme mise à la charge de l’autre en cas de carence ou de refus,
Disons n’y avoir lieu à mise en œuvre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
Rejetons toutes autres demandes, plus amples ou contraires,
Disons que les dépens resteront à la charge du demandeur sauf transaction ou éventuel recours ultérieur au fond.
LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
Marie-Claude LAVIE Elodie GILOPPE
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