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Sur la décision
| Référence : | TJ Dax, jcp, 4 sept. 2025, n° 25/00095 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00095 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
N° RG 25/00095 – N° Portalis DBYL-W-B7J-DFVI
Minute n° :
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE DAX
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
JUGEMENT DU 04 Septembre 2025
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
PRESIDENT : Adeline MUSSILLON
GREFFIER : Delphine DRILLEAUD
DEMANDEUR(S) :
S.A. BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE, sise [Adresse 1]
représentée par Maître Philippe BORDENAVE, avocat au barreau de PAU
DÉFENDEUR(S) :
Madame [B] [F] épouse [T], demeurant [Adresse 2]
non comparante ni représentée
DÉBATS AUDIENCE PUBLIQUE : 10 Juin 2025
JUGEMENT MIS A DISPOSITION AU GREFFE : 04 Septembre 2025
copie exécutoire délivrée le à Me BORDENAVE
copie conforme délivrée le à
EXPOSE DU LITIGE
Selon contrat électronique du 29 mai 2022, Madame [B] [T] née [F] a souscrit auprès de la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE un prêt personnel d’un montant de 7000 euros, portant intérêts au taux nominal annuel de 4,82 %, remboursable en 84 mensualités.
Des échéances du crédit étant demeurées impayées, la banque a prononcé la déchéance du terme après avoir mis en demeure la débitrice.
Par acte du 14 mars 2025, la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE a assigné Madame [B] [T] en paiement devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Dax.
A l’audience du 10 juin 2025, la banque représentée par son conseil a soutenu ses demandes visant à voir :
— condamner Madame [B] [T] au paiement de la somme de 6631,75 euros, outre intérêts au taux de 4,93 % l’an à compter du 6 décembre 2023,
— condamner Madame [B] [T] aux dépens ainsi qu’au paiement de la somme de 680 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Assignée à étude, Madame [B] [T] n’a pas comparu.
MOTIFS
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
I. Sur la demande en paiement
Au visa de l’article 125 du code de procédure civile et R632-1 du code la consommation, le juge doit relever d’office la forclusion de l’action du prêteur.
L’article R.312-35 du code de la consommation dispose que le tribunal judiciaire connaît des litiges nés de l’application des dispositions du présent chapitre. Les actions en paiement engagées devant lui à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Cet événement est caractérisé par :
— le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ;
— ou le premier incident de paiement non régularisé ;
— ou le dépassement non régularisé du montant total du crédit consenti dans le cadre d’un contrat de crédit renouvelable ;
— ou le dépassement, au sens du 13° de l’article L. 311-1, non régularisé à l’issue du délai prévu à l’article L. 312-93.
Lorsque les modalités de règlement des échéances impayées ont fait l’objet d’un réaménagement ou d’un rééchelonnement, le point de départ du délai de forclusion est le premier incident non régularisé intervenu après le premier aménagement ou rééchelonnement conclu entre les intéressés ou après adoption du plan conventionnel de redressement prévu à l’article L. 732-1 ou après décision de la commission imposant les mesures prévues à l’article L. 733-1 ou la décision du juge de l’exécution homologuant les mesures prévues à l’article L. 733-7.
En l’espèce, l’action en paiement a été engagée le 14 mars 2025, soit dans le délai de deux ans à compter du premier impayé non régularisé, qui se situe à la date du 04 juin 2023. Elle est donc recevable.
Aux termes de l’article L.312-39 du code de la consommation, en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés. Jusqu’à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt. En outre, le prêteur peut demander à l’emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat et sans préjudice de l’application de l’article 1231-5 du code civil, est fixée suivant un barème déterminé par décret.
L’article L312-38 du même code précise qu’aucune indemnité ni aucuns frais autres que ceux mentionnés aux articles L. 312-39 et L. 312-40 ne peuvent être mis à la charge de l’emprunteur dans les cas de défaillance prévus par ces articles et notamment les primes d’assurance.
En l’espèce, la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE a mis en demeure Madame [B] [T] de régler les mensualités impayées, par courrier recommandé en date du 15 novembre 2023. L’emprunteuse n’a pas apuré l’arriéré correspondant, de sorte que la déchéance du terme a pu valablement intervenir le 06 décembre 2023.
Le capital restant dû à la déchéance du terme s’élevait à la somme de 5691,80 euros, auquel il convient d’ajouter les mensualités impayées de 722,73 euros (hors assurance).
Cumulée avec les intérêts conventionnels, la clause pénale revêt un caractère manifestement excessif. Il convient de la réduire à la somme de 100 euros, conformément aux dispositions de l’article 1231-5 du code civil.
Des versements de 300 euros ont été effectués postérieurement à la déchéance du terme.Il convient de les déduire.
Il y a lieu en définitive de condamner Madame [B] [T] à payer à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE les sommes suivantes :
— 6114,53 euros (5691,80 + 722,73 – 300) au titre du solde du crédit, selon décompte arrêté à la date du 15 novembre 2024, avec intérêts au taux contractuel de 4,82 % sur la somme de 5691,80 euros à compter du 11 décembre 2023 date de réception de la mise en demeure, et au taux légal sur le surplus,
— 100 euros au titre de la clause pénale.
II. Sur les demandes accessoires
En application de l’article 696 du code de procédure civile, Madame [B] [T] sera condamnée aux dépens, ainsi qu’au paiement de la somme de 200 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement réputé contradictoire, mis à disposition au greffe et en premier ressort :
DECLARE recevable la demande en paiement formée par la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE,
CONDAMNE Madame [B] [T] à payer à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE les sommes suivantes :
— 6114,53 euros au titre du solde du crédit (décompte arrêté au 15 novembre 2024), avec intérêts au taux de 4,82 % sur la somme de 5691,80 euros à compter du 11 décembre 2023, et au taux légal sur le surplus,
— 100 euros au titre de la clause pénale,
DEBOUTE la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE du surplus de ses demandes,
CONDAMNE Madame [B] [T] à payer à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE la somme de 200 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
La CONDAMNE aux dépens.
La minute a été signée par la vice-présidente et la greffière aux jour, mois et an énoncés en en-tête.
La greffière, La vice-présidente
Delphine DRILLEAUD Adeline MUSSILLON
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