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Sur la décision
| Référence : | TJ Draguignan, cont. presidence, 3 sept. 2025, n° 25/02723 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02723 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
T R I B U N A L J U D I C I A I R E
D E D R A G U I G N A N
____________
JUGEMENT
SELON LA PROCEDURE ACCELEREE AU FOND
REFERE n° : N° RG 25/02723 – N° Portalis DB3D-W-B7J-KT5Q
MINUTE n° : 2025/ 89
DATE : 03 Septembre 2025
PRESIDENT : Monsieur Frédéric ROASCIO
GREFFIER : M. Alexandre JACQUOT
DEMANDERESSE
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES LES CHENES représenté par son syndic en exercice, la société LAMY,, dont le siège social est sis [Adresse 5]
représentée par Me Lionel ALVAREZ, avocat au barreau de TOULON
DEFENDERESSE
Madame [G] [F], demeurant [Adresse 1]
non comparante
DEBATS : Après avoir entendu à l’audience du 28/05/2025, les parties comparantes ou leurs conseils, ont été avisées que la décision serait rendue le 02/07/2025, puis prorogée au 16/07/2025 et 03/09/2025. La décision a été rendue ce jour par la mise à disposition de la décision au greffe.
copie exécutoire à
copie dossier
délivrées le
Envoi par Comci à Me Lionel ALVAREZ
EXPOSE DU LITIGE
Suivant relevé de propriété, Madame [G] [F] est propriétaire du lot 24 au sein de la copropriété dénommée [Adresse 3], située [Adresse 4].
Des charges étant demeurées impayées et par courrier recommandé du 14 janvier 2025, le syndicat des copropriétaires de la copropriété [Adresse 2] CHENES a mis en demeure Madame [G] [F] d’avoir à régler les charges impayées.
Par acte de commissaire de justice en date du 4 avril 2025, auquel il se réfère à l’audience du 28 mai 2025 et auquel il convient de renvoyer pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions, le syndicat des copropriétaires de la copropriété dénommée LES CHENES, représenté par son syndic en exercice la SAS LAMY, a fait assigner Madame [G] [F] devant le président du tribunal judiciaire de Draguignan, statuant selon la procédure accélérée au fond, aux fins de paiement des sommes de 2738,10 euros avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 14 janvier 2025, au titre des charges de copropriété impayées (décomposée comme suit : 2445,62 euros au titre des sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents, 84,24 euros au titre du budget prévisionnel et du vote de travaux arrêtés au 3 mars 2025 et 408,24 euros au titre des autres provisions non encore échues), de 3000 euros à titre de dommage et intérêts, de 2400 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
Bien qu’assignée à l’étude de commissaire de justice, Madame [G] [F] n’a pas constitué avocat ni comparu à l’audience du 28 mai 2025.
MOTIFS
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
De plus, par application de l’article 473 du même code, la présente décision, rendue en premier ressort, sera réputée contradictoire à l’égard de l’ensemble des parties.
L’article 10 de la loi 65-557 du 10 juillet 1965 prévoit : "les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes et de verser au fonds de travaux mentionné à l’article 14-2 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article5.
Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges.
Tout règlement de copropriété publié à compter du 31 décembre 2002 indique les éléments pris en considération et la méthode de calcul permettant de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges. "
L’article 14-1 de la même loi dispose que " pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent.
Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes.
La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale. "
L’article 14-2 de ladite loi dispose que " I. – Ne sont pas comprises dans le budget prévisionnel les dépenses pour travaux dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat.
Les sommes afférentes à ces dépenses sont exigibles selon les modalités votées par l’assemblée générale.
II. – Dans les immeubles à destination partielle ou totale d’habitation soumis à la présente loi, le syndicat des copropriétaires constitue un fonds de travaux à l’issue d’une période de cinq ans suivant la date de la réception des travaux pour faire face aux dépenses résultant :
1° Des travaux prescrits par les lois et règlements ;
2° Des travaux décidés par l’assemblée générale des copropriétaires au titre du I du présent article.
Ce fonds de travaux est alimenté par une cotisation annuelle obligatoire versée par les copropriétaires selon les mêmes modalités que celles décidées par l’assemblée générale pour le versement des provisions du budget prévisionnel… "
L’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 dans sa version applicable au présent litige, dispose que " à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1 ou du I de l’article 14-2, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des mêmes articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2."
L’article 10-1 de la même loi prévoit en outre que : " par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné :
1. a) Les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des commissaires de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur…"
Madame [G] [F] a été mise en demeure le 14 janvier 2025 de régler la somme de 2118,27 euros, correspondant aux sommes dues au titre des exercices antérieurs de 676,48 euros et aux provisions résultant du budget provisionnel et du vote de travaux pour la somme de 1441,79 euros. Cette mise en demeure est restée infructueuse pendant un délai de 30 jours. Elle permet au syndicat demandeur en application de l’article 19-2 susvisé de solliciter le paiement des charges dues au titre des exercices précédents, des provisions échues et à échoir de l’exercice en cours, soit jusqu’au 31 décembre 2025 et des appels de fonds pour les travaux votés.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires verse aux débats notamment :
— le décompte des sommes dues au 3 mars 2025,
— les procès-verbaux des assemblées générales des 29 février 2024 et 4 avril 2023, approuvant les comptes 2022, 2023 et autorisant des travaux en prévoyant le budget y afférant,
— les appels de fonds,
— le commandement de payer du 31 janvier 2024,
— les lettres de mise en demeure des 11 septembre 2023, 9 novembre 2023, 18 décembre 2023 et 14 janvier 2025 au titre des charges impayées.
Il convient d’ôter du montant de la créance la somme de 209,17 euros correspondant aux frais de mise en demeure et de relance en date des 11 septembre 2023, 9 novembre 2023, 15 décembre 2023, 22 décembre 2023, dans la mesure où ces démarches ne sont pas apparues nécessaires. Il convient en outre d’ôter la somme de 159,47 euros correspondant aux frais de commandement de payer des 1er et 8 février 2024, ainsi que celle de 864 euros, correspondant aux frais de constitution, de suivi et de transmission de dossier en date des 10 janvier 2024, 18 juin 2024, 27 septembre 2024, 10 décembre 2024, 3 janvier 2025, relevant des frais irrépétibles et ramenant la créance à la somme totale de 1505,46 euros, au titre des charges impayées au 3 mars 2025.
Il sera en conséquence fait droit à la demande du syndicat requérant à hauteur de la somme de 1505,46 euros, outre intérêts au taux légal à compter du 14 janvier 2025, conformément aux dispositions de l’article 36 du décret 67-223 du 17 mars 1967. A l’inverse, à défaut de justifier que les intérêts échus sont dus au moins pour une année entière, le syndicat requérant sera débouté de sa demande de capitalisation des intérêts par application de l’article 1343-2 du code civil.
Aux termes de l’alinéa 3 de l’article 1231-6 du code civil, applicable aux obligations contractuelles de paiement de somme d’argent, « le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire. »
En l’espèce, si le défaut de paiement est bien justifié, il n’est pas démontré de préjudice distinct qui ne soit pas déjà réparé par les intérêts moratoires. En outre, aucun élément ne permet de démontrer la mauvaise foi de la défenderesse dans sa carence de paiement.
Le syndicat requérant sera débouté de sa demande en dommages et intérêts et en général du surplus de ses demandes principales.
La défenderesse, partie perdante, sera condamnée aux dépens de l’instance, ainsi qu’au paiement de la somme qu’il apparaît équitable de fixer à hauteur de 800 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Le syndicat requérant sera débouté du surplus de sa demande de ce chef.
PAR CES MOTIFS
Nous, vice-président délégué par Madame la présidente, statuant selon la procédure accélérée au fond, par jugement mis à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE Madame [G] [F] à payer au syndicat des copropriétaires de la copropriété [Adresse 3], représenté par son syndic en exercice la SAS LAMY, la somme de 1505,46 euros (MILLE CINQ CENT CINQ EUROS ET QUARANTE-SIX CENTS), outre intérêts au taux légal à compter du 14 janvier 2025, au titre des charges de copropriété dues ;
CONDAMNE Madame [G] [F] aux entiers dépens ;
CONDAMNE Madame [G] [F] à payer au syndicat des copropriétaires de la copropriété [Adresse 3], représenté par son syndic en exercice la SAS LAMY, la somme de 800 euros (HUIT CENTS EUROS) sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
DEBOUTE le syndicat des copropriétaires de la copropriété [Adresse 3], représenté par son syndic en exercice la SAS LAMY, du surplus de ses demandes principales et accessoires.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe les jour, mois, an susdits.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
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