Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Lyon, j l d, 17 juin 2025, n° 25/02289 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02289 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Mainlevée de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 25 juin 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL
de [Localité 2]
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 2]
N° RG 25/02289 – N° Portalis DB2H-W-B7J-24OW
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE PREMIERE DEMANDE DE PROLONGATION D’UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE
Le 17 juin 2025 à 14 heures 50
Nous, Daphné BOULOC, Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de LYON, assistée de Anastasia FEDIOUN, greffier.
Vu la loi n°2018-778 du 10 septembre 2018 ;
Vu le décret d’application n°2018-1159 du 14 décembre 2018 ;
Vu les anciens articles L. 552-1 à L. 552-6, et R. 552-1 à R. 552-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ;
Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-3, L. 742-4, L. 742-5, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-13, L. 743-14, L. 743-15, L. 743-17, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 741-3, R. 742-1, R. 743-1, R. 743-2 , R. 743-3, R. 743-4, R. 743-5, R.743-6, R.743-7, R.743-8, R. 743-21, du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ;
Vu la décision de placement en rétention de l’autorité administrative prise le 14 juin 2025 par Mme la PREFETE DE L’AIN ;
Vu la requête de l’autorité administrative en date du 16 Juin 2025 reçue et enregistrée le 16 Juin 2025 à 13 heures 47 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation de la rétention de [F] [I] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée de vingt-six jours ;
Vu l’extrait individualisé du registre prévu à l’article L. 741-3 du CESEDA émargé par l’intéressé ;
PARTIES
Mme la PREFETE DE L’AIN préalablement avisée, représentée par Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de Lyon, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de Lyon,
[F] [I]
né le 15 Juin 1998 à [Localité 1] (NIGERIA)
préalablement avisé,
actuellement maintenu en rétention administrative
présent, assisté de son conseil Me Arnaud CUCHE, avocat au barreau de LYON, de permanence,
en présence de [C] [V], interprète assermenté en langue anglaise, déclarée comprise par la personne retenue à l’inverse du français interprète inscrit sur la liste CESEDA du Tribunal judiciaire de LYON,
LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté,
DEROULEMENT DES DEBATS
A l’audience publique, le juge a procédé au rappel de l’identité des parties ;
Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l’avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ;
Attendu que le juge a soulevé d’office l’irrecevabilité de la requête préfectorale au motif de l’absence d’une pièce justificative utile, à savoir le registre actualisé qui s’apparente à un défaut de registre, faute de comporter la mention relative à la réintégration de la personne retenue suite à son évacuation sanitaire du CRA ; que les parties ont été entendues en leurs observations respectives de ce chef ;
Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de Lyon, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de Lyon, représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ;
[F] [I] a été entendu en ses explications ;
Me Arnaud CUCHE, avocat au barreau de LYON, avocat de [F] [I], a été entendu en sa plaidoirie ;
MOTIFS DE LA DECISION
Attendu qu’une décision du tribunal correctionnel de MARSEILLE en date du 04 février 2022 a condamné [F] [I] à une interdiction du territoire français d’une durée de 5 ans, cette mesure étant assortie de l’exécution provisoire conformément aux dispositions de l’article 471 du code de procédure pénale ;
Attendu que par décision en date du 14 juin 2025 notifiée le 14 juin 2025, l’autorité administrative a ordonné le placement de [F] [I] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire à compter du 14 juin 2025;
Attendu que, par requête en date du 16 Juin 2025, reçue le 16 Juin 2025 à 13h47, l’autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours ;
SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE :
Attendu qu’il résulte de l’article L.744-2 du CESEDA que l’autorité administrative, d’une part, tient à jour un registre relatif aux personnes retenues, d’autre part, tient à la disposition des personnes qui en font la demande les éléments d’information concernant les date et heure du début du placement de chaque étranger en rétention, le lieu exact de celle-ci ainsi que les date et heure des décisions de prolongation.
Qu’aux termes de l’article R.743-2 du CESEDA, lorsque la requête est formée par l’autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l’article L. 744-2 précité. Il est constant que ce registre doit être 'actualisé’ pour être pertinent.
Que l’absence de production d’une copie actualisée du registre équivaut à l’absence de production du registre.
Que l’article R.743-2 du CESEDA ne fixe pas la liste des pièces justificatives utiles, lesquelles dépendent à la fois des différentes mesures dont l’étranger a fait l’objet, et de la nature de la prolongation sollicitée par le préfet.
Qu’aucune disposition législative ou réglementaire insérée au CESEDA ne détermine les mentions devant figurer sur le registre du centre de rétention administrative, et notamment celles relatives aux instances suivies devant la juridiction administrative. En revanche, l’arrêté du 6 mars 2018 portant autorisation du registre de rétention prévu à l’article L. 553-1 du CESEDA et d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « logiciel de gestion individualisée des centres de rétention administrative » (LOGICRA) prévoit en son article 2 que “Le registre et le traitement mentionnés à l’article 1er enregistrent des données à caractère personnel et informations, figurant en annexe du présent arrêté, et relatives :
— à l’étranger placé en rétention administrative et, le cas échéant, aux enfants mineurs l’accompagnant;
— à la procédure administrative de placement en rétention administrative ;
— aux procédures juridictionnelles mises en oeuvre au cours de la rétention ;
— à la fin de la rétention et à l’éloignement.comporte une annexe listant les informations devant figurer dans le registre” ;
L’annexe de l’arrêté précise, concernant les procédures juridictionnelles mises en oeuvre au cours de la rétention :
1° Contentieux administratif : type de recours, juridiction saisie, date et heure de l’audience, décision, appel ;
2° Contentieux judiciaire : présentation devant le juge des libertés et de la détention (JLD) et saisine du JLD par le retenu, date de présentation, décision, appel, date d’audience de la cour d’appel, résultat, motif d’annulation ;
3° Demande d’asile : date et heure du dépôt de la demande, modalité d’instruction, décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides et date de celle-ci, recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile.
Toutefois, cet arrêté a pour seul objet d’autoriser l’administration à mettre en place un traitement automatisé et à collecter des données à caractère personnel dans ce cadre, et ne saurait donc être considéré comme fixant de façon définitive et impérative la liste des informations devant être contenues dans tout registre, y compris non informatisé. Il s’agit, en réalité, des informations que l’administration est autorisée à collecter et non de celles devant, de façon obligatoire figurer au registre. Des informations ne figurant pas dans cette liste qui seraient collectées conduiraient à ce que l’administration soit en infraction au regard de la loi informatique et liberté, mais à l’inverse un registre ne comportant pas l’intégralité desdites informations ne saurait, ipso facto, être considéré comme incomplet.
En ce domaine, il appartient au juge de vérifier, in concreto et dans chaque espèce, qu’il dispose des informations utiles au contrôle qu’il doit exercer sans imposer, pour autant, un formalisme excessif à l’administration.
Qu’au cas d’espèce, il n’est pas contesté que M. [I] [F] a fait l’objet d’une évacuation sanitaire le 14 juin 2025 à 01h00, dans un contexte qu’il décrit à l’audience, s’expliquant victime d’une violente agression au sein de sa chambre ; qu’il n’est pas fait mention de sa réintégration au centre et des conditions de celles-ci, alors que l’intéressé expose à l’audience avoir réintégré le centre le 16 juin matin, soit antérieurement à la saisine du juge par l’autorité préfectorale ; que dès lors, le défaut de mention de la date, de l’heure et des conditions de retour au centre de M. [I] [F] sur le registre annexé à la requête préfectorale, à la suite de son évacuation sanitaire le 14 juin 2025 doit s’apparenter à un défaut de registre actualisé, et partant à l’absence de registre joint à la requête ;
Qu’à défaut de production du registre, pièce justificative utile, la requête préfectorale doit être déclarée irrecevable.
PAR CES MOTIFS
Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l’exécution provisoire ;
EN CAS D’IRRECEVABILITÉ DE LA REQUÊTE
DÉCLARONS irrecevable la requête de Mme la PREFETE DE L’AIN ;
DISONS en conséquence n’y avoir lieu à statuer sur la demande de prolongation de la rétention administrative de [F] [I].
LE GREFFIER LE JUGE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Commissaire de justice ·
- Divorce ·
- Sénégal ·
- Obligation alimentaire ·
- Mariage ·
- Code civil ·
- Partage ·
- Adresses ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Tribunal judiciaire
- Arrêt de travail ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Contentieux ·
- Recours ·
- Sécurité sociale ·
- Employeur ·
- Accident du travail ·
- Sécurité ·
- Présomption
- Sociétés ·
- Vente ·
- Rachat ·
- Vendeur ·
- Faculté ·
- Conseil ·
- Acte authentique ·
- Publicité foncière ·
- Clôture ·
- Tribunal judiciaire
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Adresses ·
- Procédure accélérée ·
- Immeuble ·
- Charges de copropriété ·
- Titre ·
- Intérêt ·
- Recouvrement ·
- Mise en demeure
- Entreprise individuelle ·
- Commissaire de justice ·
- Activité ·
- Loyer ·
- Bail commercial ·
- Juge des référés ·
- Sommation ·
- Sociétés ·
- Automobile ·
- Dérogatoire
- Finances ·
- Intérêt ·
- Consommation ·
- Paiement ·
- Crédit ·
- Taux légal ·
- Tribunal judiciaire ·
- Déchéance du terme ·
- Contentieux ·
- Prêt
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Champagne ·
- Bail ·
- Informatique ·
- Loyer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Nom commercial ·
- Sommation ·
- Sociétés ·
- Locataire ·
- Titre
- Copropriété : droits et obligations des copropriétaires ·
- Demande en paiement des charges ou des contributions ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Charges de copropriété ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Lac ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Commissaire de justice ·
- Lot ·
- Gestion ·
- Partie ·
- Défaillant
- Contribution ·
- Enfant ·
- Date ·
- Débiteur ·
- Education ·
- Divorce ·
- Entretien ·
- Autorité parentale ·
- Mariage ·
- Partage
Sur les mêmes thèmes • 3
- Clause ·
- Signature électronique ·
- Déchéance du terme ·
- Adresses ·
- Contrat de prêt ·
- Consommateur ·
- Consommation ·
- Commissaire de justice ·
- Résolution judiciaire ·
- Contentieux
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Locataire ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion ·
- Résiliation du bail ·
- Charges ·
- Clause resolutoire ·
- Assignation
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Logement ·
- Loyer ·
- Eaux ·
- Locataire ·
- Condamnation solidaire ·
- Clause resolutoire ·
- Résiliation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bailleur ·
- Référé
Textes cités dans la décision
- LOI n°2018-778 du 10 septembre 2018
- Décret n°2018-1159 du 14 décembre 2018
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- Code de procédure pénale
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.