Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Nantes, juge libertes & detention, 15 janv. 2026, n° 26/00071 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00071 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 30 janvier 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
N° RC 26/00071
Minute n° 26/044
_____________
Soins psychiatriques relatifs à
Mme [G] [T]
________
HOSPITALISATION A LA DEMANDE D’UN TIERS
(en URGENCE)
MINUTES DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTES
__________________________________
ORDONNANCE
DU 15 Janvier 2026
____________________________________
Juge : Stéphane VAUTIER
Greffière : Melaine GALLAND
Débats à l’audience du 15 Janvier 2026 au CH UNIVERSITAIRE [Localité 4] ST JACQUES
DEMANDEUR :
CH SPECIALISE DE [Localité 2] :
Non comparant bien que régulièrement convoqué
DÉFENDEUR :
Personne bénéficiant des soins : Madame [G] [T], née le 19 Septembre 2006 à [Localité 5]
domiciliée : chez [E] [R] [Adresse 1]
Non comparant(e) bien que régulièrement convoqué(e) et représenté(e) par Me Serge flavien NDEKO, avocat au barreau de NANTES, commis d’office,
Actuellement hospitalisé au CH SPECIALISE DE [Localité 2]
Tiers demandeur à la mesure initiale de soins :
Madame [R] [E] en sa qualité de mère
Non comparante, convoquée
Ministère Public :
non comparant, avisé
Observations écrites en date du 15 janvier 2026
Nous, Stéphane VAUTIER, Vice Président, juge des libertés et de la détention, chargé(e) du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés prévues par le Code de la Santé Publique, assisté de Melaine GALLAND, Greffière, statuant en audience publique,
Vu l’acte de saisine émanant de Monsieur le Directeur du CH SPECIALISE DE [Localité 2] en date du 12 Janvier 2026, reçu au Greffe le 12 Janvier 2026, concernant Mme [G] [T] et tendant à la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète dont cette personne fait l’objet sur le fondement des articles L 3212-1 et suivants du Code de la santé publique,
Vu les articles L 3211-1, L 3211-12-1 et suivants et R 3211-7 et suivants du Code de la santé publique,
Vu les avis et pièces transmises par le directeur de l’établissement,
Vu les convocations régulières à l’audience du 15 Janvier 2026 de Mme [G] [T], de son conseil, du directeur du CH SPECIALISE DE [Localité 2], de Madame [R] [E] et les avis d’audience donnés au Procureur de la République,
EXPOSÉ DE LA SITUATION SOUMISE AU JUGE :
[G] [T] (19 ans), qui était hospitalisée en hospitalisation libre depuis le 16 décembre 2025, a été admise en hospitalisation complète sans son consentement sur décision du directeur de l’établissement de santé selon la procédure prévue à l’article [3]-3 du Code de la santé publique et à la demande d’un tiers (sa mère) en urgence en raison d’un risque grave d’atteinte à son intégrité à compter du 7 janvier 2026 avec maintien en date du 10 janvier 2026.
Par requête reçue au greffe le 12 janvier 2026, le directeur de l’établissement a saisi le juge chargé du contrôle des mesures privatives de liberté aux fins de poursuite de la mesure d’hospitalisation complète à l’égard de [G] [T] .
Les parties ont été convoquées à l’audience et les avis adressés.
Le procureur de la République s’en rapporte.
[G] [T] n’a pas souhaité comparaître.
Le conseil de la patiente à qui celle-ci n’a pas voulu parler, ne forme aucune demande de main-levée de la mesure d’hospitalisation complète au titre d’une irrégularité de la procédure de soins psychiatriques sans consentemen et s’en rapporte, au fond, à l’appréciation du juge, relevant le danger pour la vie de la patiente et l’insuffisance des soins libres prodigués dans un premier temps.
MOTIFS DE LA DECISION :
Selon l’article L.3212-1 du Code de la santé publique, une personne atteinte de troubles psychiques ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement de santé que lorsque deux conditions sont réunies :
ses troubles psychiques rendent impossible son consentement,
son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge en hospitalisation à temps partiel, ou sous la forme d’un programme de soins ambulatoires ou à domicile.
L’article L3212-3 du même code dispose : « En cas d’urgence, lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade, le directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d’un tiers l’admission en soins psychiatriques d’une personne malade au vu d’un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d’un médecin exerçant dans l’établissement. Préalablement à l’admission, le directeur de l’établissement d’accueil vérifie que la demande de soins a été établie conformément au 1° du II de l’article L. 3212-1 et s’assure de l’identité de la personne malade et de celle qui demande les soins.
Les dispositions de l’article L.3211-12-1 du même Code exigent que la poursuite au-delà de douze jours de l’hospitalisation sans son consentement d’un patient fasse l’objet d’un examen par le Juge des Libertés et de la Détention saisi par le directeur de l’établissement, s’agissant d’une hospitalisation à la demande d’un tiers et en urgence au visa d’un risque grave d’atteinte à l’intégrité du patient.
Le juge des libertés et de la détention contrôle donc la régularité formelle de l’ensemble de la procédure de soins psychiatriques sans consentement sous la forme de l’hospitalisation complète et la réunion des conditions de fond de cette dernière au regard de sa nécessité et de la proportionnalité de la privation de liberté ainsi imposée à la personne hospitalisée.
Sur la régularité de la procédure :
L’ensemble des certificats médicaux, décisions d’admission et de maintien et notifications étant produits aux débats, la procédure est régulière en la forme et cette régularité n’a pas été discutée en défense.
Sur la réunion des conditions de fond :
Il convient de rappeler qu’il résulte des articles L. 3211-12-1, L. 3216-1, L. 3212-3 et R. 3211-12 du code de la santé publique que le juge qui se prononce sur le maintien de l’hospitalisation complète doit apprécier le bien-fondé de la mesure et de sa poursuite au regard des certificats médicaux qui lui sont communiqués sans substituer sa propre appréciation des troubles psychiques du patient et de son consentement aux soins, à celle des médecins.
Mais il appartient au juge de vérifier que les certificats médicaux répondent aux prescriptions du code de la santé publique et sont suffisamment précis et circonstanciés pour lui permettre d’exercer son contrôle du bien-fondé de la mesure de soins.
L’article R.3211-24 dispose d’ailleurs que l’avis médical joint à la saisine du juge des libertés et de la détention doit décrire avec précision les manifestations des troubles mentaux dont est atteinte la personne qui bénéficie de soins psychiatriques et les circonstances particulières qui, toutes deux, rendent nécessaire la poursuite de l’hospitalisation complète au regard des conditions posées par l’article L. 3212-1 précité.
Le patient a été hospitalisé sans consentement sous le régime d’une hospitalisation sur demande de tiers en urgence (HDT URGENCE), sur la base d’un certificat médical initial (qui peut le cas échéant émaner d’un médecin exerçant dans l’établissement), joint à la saisine, émanant du Dr [F] en date du 7 janvier 2026 certifiant que [G] [T] , jeune patiente suivie pour un tropuble de la personnalité associé à un trouble du comportement alimentaire sévère, présentait lors de son admission des troubles psychiques nécessitant des soins immédiats (idées suicidaires, aggravation de son état depuis le début de la semaine avec épisodes de tension et d’autoagressivité, dégradation de son état somatique, incapacité totale à s’inscrire dans le soin hospitalier indispensable à sa santé) auxquels son état ne lui permettait pas de consentir et qu’il existait un risque grave d’atteinte à son intégrité en raison des troubles ainsi présentés.
Par avis médical motivé du Dr [F] en date du 12 janvier 2026 joint à la saisine, le médecin indique que la patiente présente toujours des troubles (velléités autoagressives récurrentes, idées morbides dans le conetxte de demandes de sortie, d’une conscience des troubles très partielle) et le maintien de l’hospitalisation complète est préconisé. Aucun élément plus récent n’est versé aux débats venant en infirmer la pertinence à ce jour.
En l’état, au vu des dernières constatations médicales et des débats à l’audience, il apparaît donc que des soins doivent encore être dispensés à [G] [T] de façon contrainte, dans son intérêt, et sous surveillance constante notamment en raison de la persistance des symptômes de sa pathologie.
Dans ces conditions, l’hospitalisation complète ne peut qu’être maintenue.
PAR CES MOTIFS,
Statuant publiquement, par décision rendue en premier ressort,
Autorisons le maintien de l’hospitalisation complète de [G] [T] ;
Rappelons que cette mesure sera réexaminée par l’équipe médicale et la direction de l’établissement dès lors que les conditions le permettront ;
Rappelons que cette décision peut être frappée d’appel dans un délai de 10 jours à compter du jour de réception de sa notification et que le recours doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de [Localité 6];
Disons que la présente décision est assortie de plein droit de l’exécution provisoire ;
Laissons les dépens à la charge du Trésor Public.
La Greffière Le Juge
Melaine GALLAND Stéphane VAUTIER
Copie conforme de la présente ordonnance a été délivrée le 15 Janvier 2026 à :
— Mme [G] [T]
— Me Serge flavien NDEKO
— M. le Procureur de la République
— Monsieur le Directeur du CH SPECIALISE DE [Localité 2]
Avis de la présente ordonnance a été donné à :
— Madame [R] [E]
La Greffière,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Signature électronique ·
- Épouse ·
- Consommation ·
- Crédit ·
- Contrat de prêt ·
- Tribunal judiciaire ·
- Surendettement ·
- Débiteur ·
- Fiabilité ·
- Déchéance
- Associations ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Loyer ·
- Bail ·
- Expulsion ·
- Application ·
- Location ·
- Partie ·
- Code civil
- Consorts ·
- Intérêt à agir ·
- Tribunal judiciaire ·
- Fins de non-recevoir ·
- Mise en état ·
- Demande ·
- Incident ·
- Défaut ·
- Procédure ·
- In solidum
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Commission de surendettement ·
- Contentieux ·
- Rééchelonnement ·
- Protection ·
- Surendettement des particuliers ·
- Tribunal judiciaire ·
- Plan ·
- Forfait ·
- Consommation ·
- Durée
- Location-gérance du fonds de commerce ·
- Droit des affaires ·
- Location ·
- Matériel ·
- Clause pénale ·
- Loyers impayés ·
- Restitution ·
- Retard ·
- Clause resolutoire ·
- Automobile ·
- Sociétés ·
- Résolution
- Habitat ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Ouvrage ·
- Référé ·
- Adresses ·
- Mission ·
- Contrat de construction ·
- Consignation ·
- Commissaire de justice
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Ags ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Adresses ·
- Immeuble ·
- Copropriété ·
- Charges ·
- Approbation ·
- Vote du budget ·
- Assainissement ·
- Pièces
- Tribunal judiciaire ·
- Prestation de services ·
- Pièces ·
- Préjudice moral ·
- Épouse ·
- Inexécution contractuelle ·
- Titre ·
- Contrat de prestation ·
- Dommages et intérêts ·
- Dommage
- Véhicule ·
- Santé ·
- Assurances ·
- Assureur ·
- Franchise ·
- Vol ·
- Réparation ·
- Demande d'expertise ·
- Préjudice ·
- État
Sur les mêmes thèmes • 3
- Locataire ·
- Loyer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bailleur ·
- Titre ·
- Réparation ·
- Charges ·
- Commissaire de justice ·
- Date ·
- Paiement
- Isolement ·
- Santé publique ·
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Contrôle ·
- Adresses ·
- Liberté ·
- Personnes ·
- Copie ·
- Consentement
- Crédit renouvelable ·
- Paiement ·
- Prêt ·
- Adresses ·
- Déchéance du terme ·
- Injonction de payer ·
- Demande d'avis ·
- Banque ·
- Intérêt ·
- Réception
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.