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Sur la décision
| Référence : | TJ Nice, service de proximite, 24 avr. 2025, n° 24/04298 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/04298 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 29 décembre 2025 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL D’AIX EN PROVENCE
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NICE
MINUTE
(Décision Civile)
Service de proximité
[Z] [D] c/ [K]
MINUTE N°
DU 24 Avril 2025
N° RG 24/04298 – N° Portalis DBWR-W-B7I-QB3G
Grosse délivrée
à Me SOLNON Allison
Copie délivrée
à Madame [B], [F] [K] épouse [I]
le
DEMANDERESSE:
Madame [G] [Z] [D]
[Adresse 3]
[Localité 2]
représentée par Me SOLNON Allison, avocat au barreau de Nice
DEFENDERESSE:
Madame [B], [F] [K] épouse [I]
[Adresse 4]
[Adresse 5]
[Localité 1]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DE LA JURIDICTION:
Lors des débats et qui a délibéré :
Président : Madame Caroline ATTAL,Vice-Présidente, Juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Nice,assistée lors des débats par Madame Nadia GALLO, Greffier et lors du prononcé par Madame Nadia GALLO qui a signé la minute avec le président
DEBATS : A l’audience publique du 27 Février 2025, l’affaire a été mise en délibéré au 24 Avril 2025, les parties ayant été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe
PRONONCE : par mise à disposition au greffe le 24 Avril 2025
EXPOSE DU LITIGE
Par contrat de location en date du 28 août 2012, Madame [G] [D] a donné à bail à Madame [B] [K] épouse [I] un logement à usage d’habitation situé [Adresse 5] – [Adresse 4] – [Localité 1], moyennant un loyer principal mensuel de 580 euros et de 50 euros de provisions sur charges.
Par acte de commissaire de justice en date du 24 octobre 2024, Madame [G] [Z] [D] a fait assigner Madame [B] [K] épouse [I] devant le juge des contentieux de la protection du Pôle de Proximité du Tribunal Judiciaire de Nice afin de:
— de voir constater l’application de la clause résolutoire et la résiliation du bail
— ordonner son expulsion et celle de tous occupants de son chef, avec si besoin le concours de la force publique
— condamner Madame [B] [K] épouse [I] à lui payer:
— la somme de 2410,54 euros arrêtée au 1er octobre 2024, au titre des loyers et charges impayés avec capitalisation des intérêts
— une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelle égale au montant du dernier loyer et des charges jusqu’à son départ effectif des lieux ou d’un montant de 1300 euros,
— la somme de 2600 euros à titre de dommages et intérêts
— outre une somme de 1500 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens.
A l’audience du Madame [G] [Z] [D] a maintenu ses demandes tout en soulignant que le décompte actualisé au jour de l’audience était à la baisse, le solde débiteur s’élevant à la somme de 2198,84 euros.
Madame [B] [K] épouse [I] régulièrement assignée, par dépôt de l’acte à l’étude du commissaire de justice, n’a pas comparu.
L’affaire a été mise en délibéré au 24 avril 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
I. SUR LA RESILIATION DU BAIL
Sur la recevabilité
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture des Alpes-Maritimes par la voie électronique le 25 octobre 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
Sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux » .
En l’espèce, le bail conclu entre les parties, contient une clause résolutoire de plein droit à défaut de paiement du loyer et de ses accessoires deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux.
Par acte de commissaire de justice en date du 8 août 2024, le bailleur a fait délivrer au locataire un commandement de payer la somme de 2243,34 euros au titre des loyers échus et impayés, visant la clause résolutoire prévue au bail. Ce commandement a été régulièrement notifié à la Ccapex le 9 août 2024.
Ce commandement est régulier et ses causes n’ont pas été réglées dans les deux mois de sa signification, au vu du décompte versé et à défaut d’éléments contraires portés à la connaissance du juge par la partie défenderesse, qui n’a pas comparu.
Il y a lieu en conséquence de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 8 octobre 2024 et que le bail est résilié depuis cette date.
Il convient donc au vu de l’urgence et du trouble subi par Madame [G] [Z] [D] d’ordonner l’expulsion de Madame [B] [K] épouse [I] selon les modalités prévues au dispositif de la décision.
Il y a lieu d’indiquer que le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L.433-1 et L.433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
II. SUR LES DEMANDES EN PAIEMENT
Selon l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus ; le paiement mensuel est de droit lorsque le locataire en fait la demande. Le paiement partiel du loyer par le locataire réalisé en application de l’article L. 843-1 du code de la construction et de l’habitation ne peut être considéré comme un défaut de paiement du locataire.
En l’espèce, Madame [G] [Z] [D] produit un décompte actualisé au 20 février 2025 à la baisse, démontrant que Madame [B] [K] épouse [I] reste lui devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 2198,84 euros à la date du 20 février 2025, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés.
Madame [B] [K] épouse [I] qui n’a pas comparu, n’apporte aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette et n’a pas justifié de sa situation matérielle.
Cette créance n’étant pas sérieusement contestable, Madame [B] [K] épouse [I] sera donc condamnée à verser à Madame [G] [Z] [D] cette somme, avec les intérêts au taux légal à compter du présent jugement.
Madame [B] [K] épouse [I] qui se maintient sans droit ni titre dans les lieux depuis la résiliation du bail sera également condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 9 octobre 2024 et ce jusqu’ à la date de la libération effective et définitive des lieux.
Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant résultant du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi soit à la somme de 764,75 euros.
Sur la demande de dommages et intérêts :
Aux termes de l’article 1231-6 du code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance .
En l’espèce, Madame [G] [Z] [D] ne justifie pas de l’existence d’un préjudice qui serait distinct de celui causé par le retard et qui sera réparé par les intérêts moratoires assortissant la créance .
Il convient en conséquence de rejeter la demande de dommages et intérêts .
Sur la demande de capitalisation des intérêts :
Aux termes de l’article 1343-2 du code civil, les intérêts échus des capitaux peuvent produire des intérêts, ou par une demande judiciaire, ou par une convention spéciale, pourvu que, soit dans la demande, soit dans la convention, il s’agisse d’intérêts dus au moins pour une année entière. Il convient dès lors, conformément à la demande et compte tenu des circonstances du litige, d’ordonner la capitalisation des intérêts dus pour une année entière.
III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Madame [B] [K] épouse [I] partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
Compte tenu de l’équité et de la situation économique des parties, il serait inéquitable de laisser à la charge de Madame [G] [Z] [D] les sommes exposées par lui dans la présente instance et non comprise dans les dépens. Il convient donc de condamner Madame [B] [K] épouse [I] à lui verser une somme de 800 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection statuant, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu 28 août 2012 entre Madame [G] [Z] [D] et Madame [B] [K] épouse [I] portant sur l’appartement à usage d’habitation situé [Adresse 5] -[Adresse 4] [Localité 1] sont réunies à la date du 8 octobre 2024
ORDONNE en conséquence à Madame [B] [K] épouse [I] de libérer les lieux et de restituer les clés dès la signification de la présente ordonnance ;
DIT qu’à défaut pour Madame [B] [K] épouse [I] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Madame [G] [Z] [D] pourra, faire procéder à l’expulsion de Madame [B] [K] épouse [I] et de tous occupants de son chef, avec le concours de la force publique et d’un serrurier, passé le délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, conformément aux dispositions des articles L.412-1 et suivants, R.411-1 et suivants, R.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution
DIT que le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L.433-1 et L.433-2 du code des procédures civiles d’exécution
CONDAMNE Madame [B] [K] épouse [I] à verser à Madame [G] [Z] [D] à titre provisionnel la somme de 2198,84 euros arrêtée au 20 février 2025 comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation impayés avec les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance;
FIXE l’indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi ;
CONDAMNE Madame [B] [K] épouse [I] à verser à Madame [G] [Z] [D] une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle à compter du 9 octobre 2024 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés d’un montant mensuel de 764,75 euros ;
ORDONNE la capitalisation des intérêts dus pour une année entière
REJETTE la demande de dommages et intérêts formée par Madame [G] [Z] [D]
CONDAMNE Madame [B] [K] épouse [I] à verser à Madame [G] [Z] [D] une somme de 800 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Madame [B] [K] épouse [I] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture;
REJETTE le surplus des demandes;
RAPPELLE que la présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du pôle de proximité du Tribunal Judiciaire de Nice
Le greffier, La vice-présidente,
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