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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Brieuc, jcp, 13 mai 2026, n° 25/02064 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02064 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 26 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 2]
Tel : [XXXXXXXX01]
MINUTE N° 26/00180
N° RG 25/02064 – N° Portalis DBXM-W-B7J-F6RF
Le 13 MAI 2026
JUGEMENT
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS ET DU DÉLIBÉRÉ :
Madame GODELAIN, Juge chargée du contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Saint-Brieuc
GREFFIERS : Madame CHEVREL, lors des débats et de Madame UNVOAS, lors du prononcé
DÉBATS : à l’audience publique du 23 Février 2026 date où l’affaire a été mise en délibéré au 07 avril 2026, puis prorogée au 13 MAI 2026
JUGEMENT : par mise à disposition au greffe le treize Mai deux mil vingt six
ENTRE :
TERRES D’ARMOR HABITAT, dont le siège social est sis [Adresse 3]
comparant, représenté par Madame [E]
ET :
Madame [R] [X] [L], demeurant [Adresse 4]
non comparante, ni représentée
EXPOSE DU LITIGE :
Suivant acte sous seing privé en date du 10 juillet 2024, l’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT a donné en location à Madame [R] [X] [L] un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 5] à [Localité 3], moyennant un loyer d’origine d’un montant de 447,86€ et de 192,34 euros de provisions sur charges et d’un garage.
Par LRAR en date du 6 mai 2025, l’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT a mis en demeure Madame [R] [X] [L] de régler la somme de 2361,27 euros.
Faute de régularisation de la situation, un commandement de payer la somme de 2111,27€ en principal, rappelant les termes de la clause résolutoire figurant au bail et les dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, a été délivré le 12 juin 2025 à Madame [R] [X] [L] par acte de commissaire de justice.
Par acte de commissaire de justice du 22 septembre 2025, l’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT a fait assigner Madame [R] [X] [L] (actes remis à l’étude) devant le juge des contentieux de la protection du tribunal Judiciaire de Saint-Brieuc aux fins de :
— Constater l’acquisition de la clause résolutoire pour défaut de paiement à compter du 13 août 2025 ; à défaut de prononcer la résiliation du bail,
— Ordonner en conséquence l’expulsion de Madame [R] [X] [L] ainsi que celle de tous occupant de son chef, des lieux qu’il occupe à [Adresse 5] à [Localité 3], si besoin avec le concours et l’assistance de la [Localité 4] Publique et d’un serrurier,
— Condamner Madame [R] [X] [L] au paiement de la somme 1661,05 € au titre des loyers dus au 27 août 2025,
— Condamner Madame [R] [X] [L] au paiement d’une indemnité d’occupation d’un montant égal à celui du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, jusqu’à la libération effective et définitive des lieux,
— Condamner Madame [R] [X] [L] au paiement d’une somme de 150 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
— Condamner Madame [R] [X] [L] conformément aux dispositions de l’article 696 du Code de Procédure Civile en tous les frais et dépens de l’instance qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et le coût de la présente assignation,
— Rappeler que l’exécution provisoire du jugement à intervenir est de droit, nonobstant l’exercice de recours.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 23 février 2026.
À l’audience, l’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT représentée par un agent muni d’un pouvoir spécial, a indiqué être favorable à la mise en œuvre d’un délai de paiement prévoyant un règlement de 30 euros en plus du loyer courant. Le bailleur social a également indiqué renoncer à sa demande fondée sur les dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
En défense Madame [R] [X] [L] est non comparante. Elle avait adressé un courrier indiquant son absence car elle a retrouvé un emploi. Elle proposait un plan d’apurement de 30 euros mensuel.
L’affaire a été mise en délibéré au 7 avril 2026, puis prorogée au 13 MAI 2026.
EXPOSE DES MOTIFS:
Le jugement sera réputé contradictoire du seul fait qu’il soit susceptible d’appel.
Sur la recevabilité de l’action:
Une copie de l’assignation a été notifiée à la Préfecture des Côtes d’Armor par voie électronique le 24 septembre 2025, soit plus de 6 semaines au moins avant l’audience du 23 février 2026, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Le bailleur social justifie avoir saisi la CCAPEX le 16 juin 2025 soit au moins huit semaines au moins avant la délivrance de l’assignation en date du 22 septembre 2025.
L’action en expulsion n’est pas recevable en l’état.
Sur la résiliation du bail pour défaut de paiement du loyer:
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Lors de la rédaction du contrat, les parties ont convenu qu’à défaut de paiement de tout ou partie du loyer et des charges ou en cas de non versement du dépôt de garantie, et 6 semaines après un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit.
Il ressort des pièces versées aux débats que le commandement de payer délivré le 12 juin 2025, rappelant la clause résolutoire du bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, n’a pas permis le recouvrement de la totalité des loyers impayés dans les 6 semaines de la signification de ce commandement de payer.
Madame [R] [X] [L] n’a pas contesté les griefs énoncés en ce qui concerne la dette locative et n’a pas justifié de la régularisation des impayés dans le délai de 6 semaines.
Il convient dès lors de constater la résiliation du bail à compter du 25 juillet 2025.
Sur la condamnation au paiement des loyers et charges:
Selon l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé :
a)De payer le loyer et les charges
À la date de l’audience, l’arriéré locatif était d’un montant de 2692,70€ au 19 février 2026
(hors frais de procédure) (2813,11+211,79-332,20).
Madame [R] [X] [L] sera condamnée au paiement de la somme de 2692,70 euros en
deniers ou quittances.
Sur la demande de délai de paiement :
En vertu de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version en vigueur depuis le 29 juillet 2023,
le juge peut, même d’office, accorder des délais de paiement dans les conditions prévues à
l’article 1345-5 du Code Civil, au locataire en situation de régler sa dette locative et ce, dans
la limite de trois années, « à condition que le locataire soit en situation de régler sa dette
locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de
l’audience ».
L’article 24 précité dispose également que « pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la
clause résolutoire de plein droit du contrat de bail sont suspendus ; ces délais et les modalités
de paiement accordés ne peuvent cependant affecter l’exécution du contrat de location et
notamment suspendre le paiement des loyers et des charges ».
Madame [R] [X] [L] a justifié de la reprise de paiement et de la mise en œuvre
d’un échéancier. A l’audience le bailleur s’est dit favorable au délai de paiement.
Il sera fait droit à sa demande de délai de paiement, selon les conditions définies dans le dispositif de
la présente décision.
Madame [R] [X] [L] pourra s’acquitter de la somme de 2692,70 euros par le versement
mensuel de 30 euros en plus du loyer courant et ce, à compter du 10 du premier mois
suivant la signification du présent jugement, pendant 35 mois ([Immatriculation 1]
euros=1050,00 euros), et le solde restant (1642,70 euros) à la 36ème et dernière échéance.
Sur la demande d’expulsion:
En cas de non-paiement du loyer courant ou de non-respect des délais de paiement octroyés ci-dessus,
le contrat de bail étant résilié, Madame [R] [X] [L] devra libérer les lieux tant de
son chef, que de leurs biens et de tous occupants de leur chef.
Faute de s’exécuter, le bailleur pourra reprendre ses démarches pour faire expulser Madame [R]
[X] [L] puisqu’il n’y a plus de contrat de bail et pourra bénéficier du concours de la
force publique et d’un serrurier.
Il sera par contre rappelé qu’en cas de respect du plan d’apurement, le contrat de bail sera maintenu
dans les conditions de la conclusion initiale ; l’acquisition de la clause résolutoire étant
caduque par l’effet de l’apurement complet de la dette.
Sur l’indemnité d’occupation:
Madame [R] [X] [L], devenu occupant sans droit ni titre, sera condamné à verser à l’OPH
TERRES D’ARMOR HABITAT une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du
dernier loyer et charges en cours indexée selon les mêmes modalités, soit la somme de 679,33
euros par mois à compter de mars 2026 (pour tenir compte du décompte ci-dessus).
Sur les frais irrépétibles:
L’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT a renoncé à sa demande fondée sur l’application de l’article
700 du Code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire:
L’exécution provisoire de la décision est de droit.
Sur les dépens:
La partie qui succombe supporte les dépens.
Ceux-ci seront mis à la charge de Madame [R] [X] [L], comprenant notamment le coût du
commandement de payer ainsi que le coût de l’assignation.
PAR CES MOTIFS:
Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire, statuant publiquement, par jugement
réputé contradictoire et en premier ressort,
— CONSTATE la résiliation du bail conclu entre les parties à la date du 25 juillet 2025;
— CONDAMNE Madame [R] [X] [L] à payer à l’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT la somme de 2692,70 € en deniers ou quittance au titre de l’arriéré locatif suivant décompte arrêté au 18 février 2026;
— ACCORDE à Madame [R] [X] [L] un délai de paiement pendant 36 mois au cours duquel les effets de la clause résolutoire seront suspendus ;
— DIT que Madame [R] [X] [L] pourra s’acquitter de la somme de 2692,70 euros par versement mensuel de 50 euros en plus du loyer courant et ce, à compter du 10 du premier mois suivant la signification du présent jugement, pendant 35 mois ([Immatriculation 1] euros=1050,00 euros), et le solde restant (1642,70 euros) à la 36ème et dernière échéance.
— DIT qu’à défaut de paiement du loyer courant ou d’une seule mensualité à l’échéance fixée, l’intégralité de la dette sera exigible et la clause résolutoire produira alors immédiatement tous ses effets ;
— DIT qu’en ce cas, l’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT pourra reprendre la procédure visant à l’expulsion de Madame [R] [X] [L] et de tout occupant de leur chef en saisissant un commissaire de justice avec délivrance d’un commandement de quitter les lieux et le recours au concours de la force publique et d’un serrurier ;
— CONDAMNE, en ce cas, Madame [R] [X] [L] à verser à l’OPH TERRES D’ARMOR HABITAT une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et charges en cours indexée selon les mêmes modalités, et ce, jusqu’à la libération effective des lieux par la remise des clés ;
— RAPPELLE qu’en cas de respect du plan d’apurement la clause résolutoire sera considérée comme n’avoir jamais été acquise et la poursuite du contrat de bail pourra avoir lieu ;
DIT n’y avoir droit à l’application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Madame [R] [X] [L] aux dépens qui comprendront notamment les frais du commandement de payer et celui de l’assignation;
CONSTATE l’exécution provisoire de droit de la présente décision.
Ainsi jugé et prononcé par jugement mis à disposition au greffe le 13 MAI 2026
LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
Conformément aux dispositions des articles 502, 503 et 675 du Code de Procédure civile :
La partie qui souhaite faire exécuter la décision contre son adversaire doit au préalable la lui notifier
par voie de signification, c’est à dire par l’intermédiaire d’un commissaire de justice.
Toutefois, si la partie succombante s’exécute volontairement et de manière non équivoque, elle est
présumée accepter la décision. Dans ce cas, la signification de la décision n’est pas nécessaire.
le :
— 1CE et 1CCC par dépôt en case
à TERRES D’ARMOR HABITAT
— 1 CCC par LS à [R] [X] [L]
— 1 CCC à la CCAPEX (Préfecture)
— 1 CCC au dossier
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