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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulon, pole jcp, 24 juin 2025, n° 25/01178 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01178 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULON
PÔLE JCP – RÉFÉRÉ
Minute n°
N° RG 25/01178 – N° Portalis DB3E-W-B7J-NGQV
AFFAIRE :
[T]
[K]
C/
[L]
Grosse exécutoire : Me COTZA
Copie : Monsieur [H] [L]
délivrées le
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ RENDUE LE 24 JUIN 2025
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Dans l’affaire opposant :
DEMANDEURS :
Madame [P] [T]
née le 17 Janvier 1959 à TOULON (83000)
8 chemin de la Font de l’Ange
83400 HYERES
représentée par Me COTZA, avocat du barreau de TOULON
Monsieur [N] [K]
né le 25 Mai 1956 à TOULON (83000)
Résidence Parc de la Palme d’Or – Bat A41
25 allée Marie des Lions
83400 HYERES
représentée par Me COTZA, avocat du barreau de TOULON
à
DÉFENDEUR :
Monsieur [H] [L]
né le 08 Juin 1979 à TOULON (83000)
9 rue des Anciens – 1er étage
83390 PUGET-VILLE
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Magistrat à titre temporaire : Gilles COMBREDET
Greffier : Stéphanie ARNAUD
PROCÉDURE :
Date de la première évocation : 22 Avril 2025
Date des débats : 22 Avril 2025
Date du délibéré : 24 Juin 2025
ORDONNANCE :
Rendue en premier ressort, prononcée par mise à disposition au greffe le 24 JUIN 2025 par Gilles COMBREDET, magistrat à titre temporaire, assisté de Stéphanie ARNAUD, Greffier.
EXPOSE DU LITIGE
Vu l’assignation en référé du 11 février 2025 délivrée à l’encontre de [L] [H], ci-après désigné « le locataire », à la demande de [T] [P] et [K] [N], ci-après-désignés « le bailleur », à laquelle il convient de se reporter pour un plus ample exposé des moyens et prétentions.
A l’audience du 22 avril 2025, le bailleur n’est pas présent mais représenté par son conseil lequel maintient ses demandes de constater la résiliation de plein droit du bail par acquisition de la clause résolutoire pour non paiement des loyers et charges, ordonner l’expulsion sans délai et sous astreinte de 100,00 euros par jour du locataire et de tous occupants de son chef, devenu occupant sans droit titre du logement sis 9 rue des Anciens, 1er étage, 83390 PUGET VILLE, si nécessaire l’assistance de la force publique et d’un serrurier, et le condamner à leur payer par provision la somme de 6377,04 euros arrêtée selon décompte au 15 avril 2025, avril inclus, avec intérêts au taux légal, au titre des impayés locatifs outre une indemnité d’occupation égale au montant du dernier loyer révisable et charges soit 573,55 euros à compter de la résiliation et jusqu’à libération des lieux, la somme de 1000,00 euros au titre de l’article 700 du CPC ainsi qu’aux entiers dépens de l’instance , autoriser le bailleur à enlever les biens et effets laissés dans le logement aux frais et risques du locataire.
Le locataire n’est pas présent et non représenté.
La décision a été mise en délibéré au 24 juin 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Au visa de l’article 472 du code de procédure civile « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ». En l’espèce le locataire a été régulièrement assigné par remise à l’étude. Il sera donc fait droit à la demande.
Il résulte des pièces versées aux débats que les parties sont liées par un bail du 28 juin 2017 contenant une clause résolutoire pour un logement sis 9 rue des Anciens, 1er étage, 83390 PUGET VILLE.
La procédure diligentée est régulière pour avoir respecté toutes les exigences de la loi notamment quant à la forme du commandement de payer du 21 octobre 2024, à la notification de la présente assignation au représentant de l’État deux mois avant l’audience pour lui permettre de saisir les organismes sociaux et les services compétents.
Il résulte des pièces versées aux débats et de l’audience que le retard pris par le locataire dans le paiement des loyers et charges est de 6.377,04 euros arrêtée selon décompte au 15 avril 2025, avril inclus. Il s’ensuit que le locataire sera condamné au paiement cette somme provisionnelle avec intérêts au taux légal sur la somme de 2.311,20 euros à la date du commandement de payer du 21 octobre 2024 et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus.
Malgré le rappel de façon claire et légale de la clause résolutoire prévue au bail faisant la loi des parties et de ses conséquences graves par le commandement de payer lequel imposait de régler l’arriéré de loyer dans le délai de deux mois le locataire n’a pas apuré l’intégralité de la dette ans le délai imparti.
Force est de constater que par l’acquisition de la clause résolutoire le contrat de bail s’est trouvé résilié de plein droit le 21 décembre 2024 à minuit pour non apurement de la dette, qu’à cette date le locataire est devenu occupant sans droit ni titre du logement précité.
Le locataire étant occupant sans droit ni titre depuis l’acquisition de la clause résolutoire du bail, et à défaut pour ce dernier d’avoir volontairement quitté les lieux dans les deux mois de la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, il sera ordonné son expulsion, celle de ses biens et de tous occupants de son chef avec le concours de la force publique et d’un serrurier si besoin est, ce conformément aux dispositions des articles L.411-1 et suivants et R.411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
Aux termes de l’article L131-1 du code des procédures civiles d’exécution, tout juge peut, même d’office, ordonner une astreinte pour assurer l’exécution de sa décision. En l’espèce, le recours à la force publique se révélant une mesure suffisante pour contraindre le locataire à quitter les lieux, il n’y a pas lieu d’ordonner une astreinte. Cette demande sera rejetée.
Au regard des dispositions de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 en son article 24, il ne pourra pas être accordé de délai de paiement, le locataire n’ayant pas réglé le dernier loyer avant l’audience.
L’indemnité d’occupation, de nature mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue la contrepartie de l’occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur. Il convient de n’accorder en référé qu’une provision au titre de l’indemnité d’occupation, dans sa partie non contestable, soit un loyer égal au dernier loyer augmenté des charges, que le locataire aurait payé si le bail s’était poursuivi. En l’espèce, le bail se trouvant résilié depuis le 21 décembre 2024 et le locataire étant occupant sans droit ni titre depuis cette date, il sera condamné au paiement par provision d’une indemnité d’occupation mensuelle de 573,55 euros à compter de la résiliation et jusqu’à libération des lieux et remise des clés après état des lieux de sortie.
En sûreté de paiement, le bailleur sera autorisé à faire enlever les biens et effets laissés dans le logement aux frais et risques du locataire selon les dispositions du code des procédures civiles d’exécution.
Le bailleur a été contraint de poursuivre en justice le locataire défaillant pour faire valoir ses droits et obtenir le juste paiement de ses loyers et charges. Le locataire sera tenu aux entiers dépens et à payer au bailleur la somme de 600,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Vu l’urgence,
Statuant par ordonnance réputée contradictoire, mise à disposition au greffe, en premier ressort,
Au principal renvoyons les parties à mieux se pourvoir mais, d’ores et déjà :
Constatons, par le jeu de l’acquisition de la clause résolutoire de plein droit, le 21 décembre 2024 à minuit, la résiliation du bail liant [L] [H] à [T] [P] et [K] [N] sur les locaux sis 9 rue des Anciens, 1er étage, 83390 PUGET VILLE.
Constatons que [L] [H] est devenu occupant sans droit ni titre le 21 décembre 2024 à minuit par suite de la résiliation du bail.
Ordonnons le départ immédiat de [L] [H] et de tous occupants de son chef.
Ordonnons, à défaut d’avoir volontairement libéré les lieux dans les deux mois suivant la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, l’expulsion du locataire, de ses biens et de tous occupants de son chef, avec le concours d’un serrurier et l’assistance de la force publique si besoin est, après accomplissement des formalités d’usage, le tout en application des dispositions des articles L411-1 et suivants et L433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
Autorisons, en sûreté de paiement, le bailleur à enlever les biens et effets laissés dans le logement aux frais et risques du locataire selon les dispositions du code des procédures civiles d’exécution.
Condamnons [L] [H] à payer par provision à [T] [P] et [K] [N] une indemnité d’occupation égale au montant mensuel du loyer et des charges, non indexable et sans intérêt s’agissant d’une indemnité non contractuelle, soit la somme mensuelle de 573,55 euros à compter de la résiliation et jusqu’à libération des lieux et remise des clés.
Condamnons [L] [H] à payer par provision à [T] [P] et [K] [N] la somme de 6.377,04 euros arrêtée selon décompte au 15 avril 2025, avril inclus avec intérêts au taux légal sur la somme de 2.311,20 euros à la date du commandement de payer du 21 octobre 2024 et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus.
Condamnons [L] [H] aux entiers dépens.
Condamnons [L] [H] à payer à [T] [P] et [K] [N] la somme de 600,00 euros au titre des frais irrépétibles.
Rejetons les autres demandes.
Le greffier Le président
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