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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx ver jcp réf., 20 mars 2025, n° 24/00142 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/00142 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée en référé avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 5 juin 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL
de [Localité 12]
[Adresse 3]
[Localité 7]
N° RG 24/00142 – N° Portalis DB22-W-B7I-SKEG
ORDONNANCE DE REFERE
Du : 20 Mars 2025
Société LOGIREP
C/
[J] [V], [B] [V] née [M]
Expédition exécutoire délivrée
le
à Me PAUTONNIER
Expédition certifiée conforme délivrée le
à Mr [V]
Mme [V]
Minute n° : /2025
ORDONNANCE
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Le 20 Mars 2025 ;
Sous la présidence de Sylvaine CARBONEL, Magistrat à titre temporaire, chargé des fonctions de Juge des contentieux de la protection statuant en référés au Tribunal judiciaire de Versailles, assistée de Charline VASSEUR, Greffier,
Après débats à l’audience du 20 Mars 2025, l’ordonnance suivante a été rendue par mise à disposition au greffe;
ENTRE :
DEMANDEUR :
Société LOGIREP
[Adresse 1]
[Adresse 10]
[Localité 9]
représentée par Maître Christian PAUTONNIER, avocat au barreau de PARIS, substitué par Me Sabrina DOURLEN, avocat au barreau de VERSAILLES,
ET :
DEFENDEURS :
Monsieur [J] [V]
[Adresse 4]
[Adresse 2]
[Localité 8]
Non comparant
Madame [B] [V] née [M]
[Adresse 4]
[Adresse 2]
[Localité 8]
Comparante
Après débats à l’audience publique des référés du 20 Janvier 2025, le juge des contentieux de la protection a indiqué que la décision serait mise à disposition au greffe le 20 Mars 2025 aux horaires d’ouverture au public.
FAITS ET PROCÉDURE :
En vertu d’un bail sous seing privé en date du 5 aout 2022 , la société [Adresse 11] a donné en location à Monsieur [J] [V] et à Madame [B] [V] née [M] un appartement situé [Adresse 6] à [Localité 8]
Les locataires ayant laissé des loyers impayés, la société HLM LOGIREP leur a fait délivrer un commandement de payer la somme de 1846,10€ par acte en date du 6 mai 2024. Celui-ci est cependant resté infructueux.
La société [Adresse 11] a dès lors fait assigner Monsieur et Madame [V] devant ce tribunal statuant en référé par acte en date du 8 aout 2024
En application de l’article 24-III de la Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 l’assignation aux fins de constat de la résiliation du bail a été notifiée au représentant de l’Etat dans le département au moins six semaines avant l’audience, par courriel reçu le 9 aout 2024
Il est par ailleurs justifié de la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) deux mois avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la Loi du 6 juillet 1989, par courrier reçu le 3 mai 2024
La société [Adresse 11] demande au Tribunal ce qui suit :
— la constatation de la résiliation du bail, la clause résolutoire étant acquise
— l’expulsion des locataires et de tous occupants de leur chef avec le cas échéant le concours de la force publique et l’assistance d’un serrurier,
— autoriser le transport et la séquestration des meubles dans tel garde meuble ou local du choix de la requérante et ce à ses frais et périls
— la condamnation solidaire de Monsieur et Madame [V] :
a) à lui payer la somme de 2165,45€ à titre de provision, au titre de l’arriéré de loyers et de charges échus au mois de juin 2024, avec intérêts de droit à compter du commandement de payer
b) à payer mensuellement, à titre de provision sur l’indemnité d’occupation jusqu’à leur départ effectif, une somme égale au montant du loyer courant sans préjudice des charges.
La société HLM LOGIREP sollicite en outre la condamnation solidaire de Monsieur et Madame [V] au paiement des dépens et d’ une somme de 500 euros en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile .
A l’audience du 20 janvier 2025, le bailleur, représenté par son avocat, soutient oralement son assignation et actualise sa créance à la somme de 3161,60 € , selon décompte du 13 janvier 2025, mois de décembre inclus et indique qu’il s’oppose à l’octroi de délais de paiement.
Comparaissant en personne à l’audience, Madame [V] exposait être en instance de séparation, bénéficier de l’AAH et proposait d’apurer la dette locative par versements de 60€ mensuels en plus du loyer.
Elle précisait qu’il n’existait pas de procédure de surendettement.
Assigné selon les dispositions de l’article 659 du code de procédure civile, les recherches du commissaire de justice étant demeurées vaines, Monsieur [V] ne comparaissait pas
Dans le cadre de la prévention des expulsions locatives pour impayés, la Préfecture des YVELINES ne nous a pas fait parvenir de rapport de situation.
MOTIFS DE LA DÉCISION :
En application des dispositions de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence le président du Tribunal Judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
L’article 835 du code de procédure civile dispose que le président du Tribunal Judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent, même en présence d’une contestation sérieuse , prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans le cas où l’ obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation , même s’il s’agit d’ une obligation de faire.
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, applicable au référé, en l’absence du défendeur, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière , recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de la demande
Il ressort des pièces versées aux débats par la société LOGIREP que la demande doit être déclarée recevable au visa de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, le représentant de l’Etat dans le département ayant été régulièrement avisé.
La CCAPEX a également été avisée.
Sur l’acquisition de la clause résolutoire
Le bail contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit de la location pour non paiement du loyer ou des charges après un commandement de payer resté infructueux.
Le commandement délivré le 6 mai 2024 visant la résolutoire du bail, reproduit les dispositions prévues par la loi et mentionne la faculté pour les locataires de saisir le fonds de solidarité pour le logement dont il précise l’adresse.Il est donc régulier en la forme.
Il résulte des pièces régulièrement versées aux débats par le demandeur, à savoir le décompte de la location et le commandement de payer que les défendeurs n’ont pas réglé l’intégralité des loyers visés dans le commandement dans le délai de deux mois qui leur était imparti.
Dans ces conditions, il convient de constater l’ acquisition de la clause résolutoire au 6 juillet 2024.
Sur la suspension des effets de la clause résolutoire
Toutefois le juge peut, même office, an application de l’alinéa V l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 accorder au locataire en situation de régler sa dette locative, des délais de paiement ou report de paiement dans la limite de trois années en prenant en considération la situation du locataire et les besoins du bailleur.
Pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la clause de résolution de plein droit sont suspendus.
Monsieur et Madame [V] paraissant en situation de régler le solde locatif, et en fonction des besoins du bailleur, il convient de leur accorder les délais qu’ils sollicitent d’apurement de leur dette par mensualités de 60€ , jusqu’à extinction de ladite dette, et ce, en sus des loyers courants, ainsi que de suspendre les effets de la clause résolutoire pendant le cours desdits délais.
Si, cependant , ces délais n’étaient pas respectés , la clause résolutoire rependrait tous ses effets ; la dette sera immédiatement exigible et à défaut de départ volontaire des locataires des lieux, l’expulsion ordonnée.
En cas d’expulsion, les meubles garnissant les lieux loués sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle ci désigne, laissés sur place ou entreposés en un lieu approprié, le juge de l’exécution pouvant par la suite autoriser leur mise en vente .
Cette règle est applicable sans que le juge ait à ordonner la séquestration des meubles.
Sur la dette locative
Il résulte des pièces produites par le demandeur ( bail, décompte, commandement de payer) que la créance s’élève à la somme de 3161,60€ , représentant les loyers et les charges impayés au 13 janvier 2025 , mois de décembre 2025 inclus
Il convient donc de condamner solidairement à titre provisionnel Monsieur et Madame [V] à payer ladite somme avec intérêts au taux légal à compter de la signification de l’ordonnance
Sur l’indemnité d’occupation
La clause résolutoire figurant au bail est, du fait de l’accord de délais, suspendue.
Si les défendeurs respectent les délais, accordés, la clause sera réputée n’avoir jamais joué.
Cependant, dans le cas contraire, le bail se trouvera résilié automatiquement à la date de défaillance du 6 juillet 2024
Monsieur et Madame [V] seront alors solidairement redevables envers le bailleur à compter de la déchéance du terme et jusqu’à leur départ effectif des lieux caractérisé par la restitution des clefs, d’une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelle équivalente au loyer courant majoré des charges et taxes applicables si le bail s’était poursuivi.
Sur les dépens et les frais irrépétibles de la procédure :
IL apparaît inéquitable de laisser à la charge du demandeur la totalité des frais irrépétibles engagés. Il lui sera alloué la somme de 200 € à ce titre.
En application de l’article 696 du code de procédure civile, le défendeur supportera les dépens, qui comprendront le coût du commandement de payer sur lequel est fondée la procédure.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des référés, statuant publiquement , par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort,
Renvoyons les parties à se pourvoir au principal , mais d’ores et déjà , vu l’urgence ,
CONSTATONS l’acquisition des effets de la clause résolutoire inscrite au bail au 6 juillet 2024 mais en suspendons toutefois les effet,
CONDAMNONS solidairement Monsieur [J] [V] et Madame [B] [V] née [M] à payer à la société [Adresse 11] une provision de la somme de 3161,60€ représentant les loyers et charges échus impayés selon décompte du 13 janvier 2025 , mois de décembre 2024 inclus avec intérêts au taux légal à compter de la signification de l’ordonnance.
AUTORISONS Monsieur [J] [V] et Madame [B] [V] née [M] à se libérer de la dette en 35 mensualités de 60€ en plus du loyer courant , les versements devant être faits avant le 20 de chaque mois , et la première fois avant le 20 du mois suivant la signification de la présente décision jusqu’à extinction de la dette , le 36ème versement correspondant au solde de la dette.
DISONS que si les délais sont respectés et les loyers et charges courants régulièrement payés , la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais joué et le bail se poursuivra.
DISONS que , dans le cas contraire, Monsieur [J] [V] et Madame [B] [V] née [M] devront quitter les lieux situés [Adresse 5] à [Localité 8] sur simple demande du bailleur ; à défaut , il pourra être procédé à leur expulsion ainsi qu’à tous occupants de leur chef avec si besoin est l’assistance de la force publique; que la totalité des sommes restant dues deviendra immédiatement exigible ; que Monsieur [J] [V] et Madame [B] [V] née [M] seront solidairement condamnés, à titre provisionnel , à verser au bailleur à compter de la déchéance du terme et jusque leur départ effectif des lieux caractérisé par la restitution des clefs au bailleur, une indemnité d’ occupation équivalente au montant du loyer courant , majorée des charges et taxes applicables si le bail s’était poursuivi.
DISONS qu’il n’est pas nécessaire d’ordonner la séquestration des meubles.
CONDAMNONS solidairement Monsieur Monsieur [J] [V] et Madame [B] [F] née [M] à payer à la société HLM LOGIREP la somme de 200€ en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile
CONDAMNONS solidairement Monsieur Monsieur [J] [V] et Madame [B] [F] née [M] aux entiers dépens qui comprendront le coût du commandement de payer .
RAPPELONS que la présente décision est exécutoire de plein droit par provision.
Ainsi jugé et prononcé par la mise à disposition au greffe les jour, mois et an susdits, conformément aux articles 450 et suivants du code de procédure civile.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
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