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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx ram cg fond, 5 mai 2026, n° 26/00108 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00108 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 15 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DE RAMBOUILLET
[Courriel 1]
Tél. 01.30.46.29.60
N° RG 26/00108 – N° Portalis DB22-W-B7K-TX63
MINUTE : /2026
JUGEMENT
Du : 05 Mai 2026
réputé contradictoire
et en premier ressort
DEMANDEUR(S) :
SYNDICAT DES COPROPRETAIRES DE LA RESIDENCE [Etablissement 1] [Adresse 1],
DEFENDEUR(S) :
[Y] [C]
[H] [B] épouse [C]
expédition exécutoire
délivrée le
à
copies délivrées
le
à
JUGEMENT
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
L’AN DEUX MILLE VINGT-SIX
et le CINQ MAI
Après débats à l’audience publique du Tribunal de Proximité de RAMBOUILLET tenue le 10 Mars 2026 ;
Sous la présidence de Amandine DUPLEIX, Juge du Tribunal Judiciaire de VERSAILLES exerçant au Tribunal de Proximité de RAMBOUILLET, assistée de Virginie DUMINY, Greffier ;
le jugement suivant a été rendu en indiquant que la décision serait mise à disposition au greffe aux horaires d’ouverture au public, conformément aux dispositions de l’article 450 du code de procédure civile ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
SYNDICAT DES COPROPRETAIRES DE LA RESIDENCE [Etablissement 1] [Adresse 1]
agissant poursuites et diligences de son syndic, FONCIA MANSART, Société par actions simplifiée, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de VERSAILLES sous le numéro 490 205 184, ayant son siège social situé [Adresse 2], prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège.
représentée par Me Annabelle ORTEGA GONZALEZ, avocat au barreau de PARIS, substituée par Me ALLALI, avocatau barreau de PARIS
ET :
DEFENDEUR(S) :
M. [Y] [C]
demeurant [Adresse 3]
non comparant
Mme [H] [B] épouse [C]
demeurant [Adresse 3]
non comparante
EXPOSE DU LITIGE
M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] sont propriétaires de divers lots de copropriété situés [Adresse 4].
Le 29 janvier 2026, le syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2], représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, a fait assigner M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] devant le tribunal de proximité de Rambouillet aux fins de paiement des charges de copropriété et demande, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, de condamner solidairement M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] à lui payer les sommes de
3889,15 €, au titre des charges impayées au 8 janvier 2026, avec intérêts au taux légal à compter de la sommation du 12 avril 2024,
960,05 € au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, avec intérêts au taux légal à compter de la sommation du 12 avril 2024,
2500 € à titre de dommages et intérêts,
2500 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 10 mars 2026. lors de laquelle le syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2], représenté par son conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance. Il convient de s’y référer pour l’exposé des moyens venant au soutien de ces demandes, par application des articles 446-1 et suivants et 455 du code de procédure civile. Il précise néanmoins qu’aucun paiement n’est intervenu depuis le 18 septembre 2024.
Cités par actes remis à étude pour les deux défendeurs, ni M. [Y] [C] ni Mme [H] [B] épouse [C], ne comparaissent.
L’affaire est mise en délibéré au 5 mai 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Le jugement est réputé contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile, du seul fait qu’il est susceptible d’appel.
I. SUR LES DEMANDES PRINCIPALES
Sur les sommes dues au titre des charges de copropriété
Aux termes de l’article 10, dans sa version en vigueur, de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges relatives aux services collectifs et équipements communs, ainsi qu’à celles relatives à la conservation, l’entretien et l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
En application de l’article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de verser au syndicat des provisions égales au quart du budget voté en assemblée générale, ces provisions devenant exigibles le premier jour de chaque trimestre.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2] verse aux débats:
un relevé de propriété attestant de ce que M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] sont propriétaires des lots 6 et 43 situés [Adresse 4],
un décompte daté du 8 janvier 2026,
les appels de fonds,
les relances et mises en demeure,
les procès-verbaux des assemblées générales tenues les 1er décembre 2022, 16 janvier 2024, 19 novembre 2024, 11 décembre 2025, et ayant approuvé les comptes des années antérieures, ainsi que des budgets prévisionnels correspondants,
les attestations de non-recours,
les contrats de syndic,
les factures de frais de recouvrement,
la clause de solidarité prévue au règlement de copropriété.
Le syndicat des copropriétaires justifie ainsi que M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] n’ont pas acquitté dans son intégralité leur quote-part des charges de copropriété dues pour un montant de 3889,15 € (hors frais).
Le demandeur justifie également de la clause de solidarité liant les copropriétaires indivis prévue à l’article 2.2.5.2 du règlement de copropriété.
Il convient, en conséquence, de condamner solidairement M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] au paiement de la somme de 3889,15 €, au titre des charges dues à la date du 8 janvier 2026, provisions de charges pour la période du 1er trimestre 2026 incluses.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 29 janvier 2026.
Sur les sommes nécessaires au recouvrement
En application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, seuls peuvent être mis à la charge du copropriétaire défaillant le coût de la mise en demeure, des relances justifiées, des droits et émoluments facturés par les huissiers de justice et des frais exposés pour la prise d’hypothèque sur le lot des copropriétaires débiteurs.
Seuls les frais nécessaires, c’est-à-dire ceux exposés pour l’avancement de la procédure sont à la charge du copropriétaire défaillant.
En l’espèce, il apparaît que le syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2] est fondé à solliciter, au titre des frais imputables à M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] seuls, la somme de 508,31 €, les autres frais sollicités étant soit injustifiés, soit superfétatoires, et donc non nécessaires au sens de l’article 10-1 susvisé.
Par conséquent, M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] seront condamnés solidairement à payer la somme de 508,31 € au syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2] au titre des frais de recouvrement nécessaires.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 29 janvier 2026.
Sur les dommages et intérêts
L’article 1231-1 du code civil dispose que le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts, soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure.
L’article 1231-6 du même code précise que les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages-intérêts distincts des intérêts moratoires.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2] ne rapporte la preuve ni de la mauvaise foi du défendeur, qui ne résulte pas de la seule carence dans le paiement, ni de la réalité du préjudice spécial qu’il aurait supporté, se distinguant du préjudice naissant du retard de paiement d’ores et déjà indemnisé par l’allocation d’intérêts moratoires par application de l’article 1231-6 du code civil.
En conséquence, le syndicat des copropriétaires sera débouté de sa demande de ce chef.
II. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] qui succombent à l’instance, seront condamnés in solidum aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent.
Compte tenu des circonstances du litige et en l’absence d’éléments relatifs à la situation économique des défendeurs, il convient de condamner ceux-ci in solidum à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2] la somme de 400 € en application de l’article précité.
Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit et il n’y a pas lieu de l’écarter.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE solidairement M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] à verser au syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2], représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, la somme de 3889,15 € au titre des charges dues à la date du 8 janvier 2026, provisions de charges pour la période du 1er trimestre 2026 incluses, ainsi que la somme de 508,31 € au titre des frais de recouvrement, sommes toutes deux majorées des intérêts au taux légal à compter du 29 janvier 2026 ;
DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2], représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, de sa demande en dommages et intérêts;
CONDAMNE in solidum M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] à verser au syndicat des copropriétaires de la résidence [Etablissement 2], représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, la somme de 400€ sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum M. [Y] [C] et Mme [H] [B] épouse [C] aux entiers dépens de la présente instance ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit et DIT n’y avoir lieu de l’écarter ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal, le 5 mai 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par Amandine DUPLEIX, Président et par Virginie DUMINY, Greffier.
Le Greffier La Présidente
Virginie DUMINY Amandine DUPLEIX
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