Résumé de la juridiction
La règle selon laquelle la prescription ne court pas contre celui qui est empêché d’agir ne s’applique pas lorsque le titulaire de l’action disposait encore, à la cessation de l’empêchement, du temps nécessaire pour agir avant l’expiration du délai de prescription. Ne peut donc se prévaloir de la suspension de la prescription, l’auteur d’une requête en reconnaissance de responsabilité civile professionnelle d’une société d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, dès lors que celui-ci disposait encore, à la cessation de l’empêchement invoqué, de plusieurs mois pour agir avant l’expiration du délai quinquennal de prescription
Commentaires • 13
pendant 7 jours
Sur la décision
| Référence : | Cass. 1re civ., 13 mars 2019, n° 17-50.053, Publié au bulletin |
|---|---|
| Juridiction : | Cour de cassation |
| Numéro(s) de pourvoi : | 17-50053 |
| Importance : | Publié au bulletin |
| Décision précédente : | Conseil de l'ordre des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation, 19 novembre 2015 |
| Dispositif : | Irrecevabilité de la requête |
| Date de dernière mise à jour : | 4 novembre 2021 |
| Identifiant Légifrance : | JURITEXT000038264812 |
| Identifiant européen : | ECLI:FR:CCASS:2019:C100235 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
CIV. 1
LG
COUR DE CASSATION
______________________
Audience publique du 13 mars 2019
Irrecevabilité de la requête en indemnisation
Mme BATUT, président
Arrêt n° 235 F-P+B
Requête n° H 17-50.053
Aide juridictionnelle totale en demande
au profit de M. G….
Admission du bureau d’aide juridictionnelle
près la Cour de cassation
en date du 22 mai 2017.
R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E
_________________________
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
_________________________
LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l’arrêt suivant :
Statuant sur la requête en indemnisation formée par M. Y… G…, domicilié […],
contre la société T…-K…-V…, société civile professionnelle, avocat au Conseils d’Etat et à la Cour de cassation, dont le siège est […],
Vu la communication faite au procureur général ;
LA COUR, en l’audience publique du 5 février 2019, où étaient présentes : Mme Batut, président, Mme Teiller, conseiller rapporteur, Mme Kamara, conseiller doyen, Mme Randouin, greffier de chambre ;
Sur le rapport de Mme Teiller, conseiller, les observations de la SCP Célice, Soltner, Texidor et Périer, avocat de M. G…, de la SCP Le Bret-Desaché, avocat de la société T…-K…-V…, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Vu l’article 13, alinéa 2, de l’ordonnance du 10 septembre 1817 modifiée ;
Vu l’avis du conseil de l’ordre des avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation du 19 novembre 2015, estimant prescrite la demande formée par M. G… à l’encontre de la société civile professionnelle T…, K…, devenue T…-K…-V… (la SCP) ;
Vu la requête déposée le 7 septembre 2017 par M. G… ;
Attendu que M. G… a été engagé par la société de travail temporaire Afitech intérim pour effectuer des missions d’intérim en qualité de manutentionnaire au sein de la société Options, en exécution de six contrats conclus les 4, 7, 8, 15, 18 et 21 octobre 2002 ; que, soutenant que les contrats n’avaient pas donné lieu à des écrits par lui signés, M. G… a saisi la juridiction prud’homale aux fins d’obtenir leur requalification en contrat de travail à durée indéterminée et le paiement de diverses indemnités, notamment en conséquence de la requalification, pour non-respect de la procédure de licenciement et pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ; que, par arrêt confirmatif du 13 janvier 2005, la cour d’appel de Versailles a rejeté toutes ses demandes ; que M. G… a donné mandat à la SCP de former un pourvoi ; que, par décision du 16 janvier 2007 (Soc., pourvoi n° 05-44.764), la Cour de cassation a déclaré le pourvoi non admis ;
Attendu que, reprochant à la SCP de lui avoir fait perdre une chance sérieuse d’obtenir la censure de l’arrêt du 13 janvier 2005, à défaut d’avoir invoqué un moyen fondé sur la violation de l’article 1352 du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue de l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016, au motif que la cour d’appel avait jugé qu’il avait reçu les contrats de travail temporaire en temps utile conformément aux exigences de l’article L. 124-4 du code du travail, alors qu’elle n’avait relevé ni aveu ni serment judiciaire, seuls moyens de preuve admissibles, M. G… demande de retenir la responsabilité de la SCP et de la condamner à lui payer la somme de 7 211 euros au titre de son préjudice ;
Que la SCP conclut au rejet de la requête ;
Attendu qu’en application de l’article 2225 du code civil, dans sa rédaction issue de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile, l’action en responsabilité dont disposait M. G… contre la SCP, qui avait achevé sa mission antérieurement à l’entrée en vigueur de la loi précitée, se prescrivait par cinq ans à compter du 19 juin 2008 et se trouvait donc prescrite le 19 juin 2013 ;
Attendu que M. G… soutient que les deux périodes successives d’hospitalisation par lui subies en 2002, du 23 mai au 24 juillet inclus et du 8 au 18 août inclus, ont eu pour effet de reporter la date de prescription au 31 août 2013, de telle sorte que sa requête, présentée le 18 août 2013 au conseil de l’ordre, est recevable ;
Mais attendu que la règle selon laquelle la prescription ne court pas contre celui qui est empêché d’agir ne s’applique pas lorsque le titulaire de l’action disposait encore, à la cessation de l’empêchement, du temps nécessaire pour agir avant l’expiration du délai de prescription ; que, l’hospitalisation de M. G… ayant cessé en août 2012, soit plusieurs mois avant l’expiration du délai de prescription, la requête est irrecevable comme prescrite ;
PAR CES MOTIFS :
DÉCLARE IRRECEVABLE la requête ;
Condamne M. G… aux dépens ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du treize mars deux mille dix-neuf.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Accord réduisant la durée des mandats électifs ·
- Portée statut collectif du travail ·
- Conventions et accords collectifs ·
- Représentation des salariés ·
- Accords d'entreprise ·
- Délégué du personnel ·
- Comité d'entreprise ·
- Accords collectifs ·
- Accord collectif ·
- Détermination ·
- Conditions ·
- Réduction ·
- Unanimité ·
- Validité ·
- Syndicat ·
- Pourvoi ·
- Délégués du personnel ·
- Ampliatif ·
- Tribunal d'instance ·
- Branche ·
- Election professionnelle ·
- Annulation ·
- Société par actions
- Dispositions d'ordre public de la loi du 5 juillet 1985 ·
- Assurance obligatoire des véhicules terrestre à moteur ·
- Action récursoire contre des codébiteurs solidaires ·
- Assureur du prévenu ou du civilement responsable ·
- Responsabilité civile du conducteur non autorisé ·
- Règles de la responsabilité du fait d'autrui ·
- Intervention ou mise en cause de l'assureur ·
- Subrogation dans les droits de la victime ·
- Assureurs appelés à garantir le dommage ·
- Victime autre que le conducteur ·
- Intervention ou mise en cause ·
- Assureur appelé en garantie ·
- Accident de la circulation ·
- Loi du 5 juillet 1985 ·
- Juridictions pénales ·
- Action civile ·
- Compatibilité ·
- Recevabilité ·
- Application ·
- Conditions ·
- Assurance ·
- Exclusion ·
- Véhicule ·
- Mutuelle ·
- Assureur ·
- Victime ·
- Moteur ·
- Assurances ·
- Qualités ·
- Responsable ·
- Préjudice ·
- Hors de cause
- Sécurité sociale, contentieux ·
- Portée pouvoirs des juges ·
- Applications diverses ·
- Contentieux général ·
- Sécurité sociale ·
- Office du juge ·
- Détermination ·
- Prestations ·
- Infraction ·
- Contrôle ·
- Pénalité ·
- Mutualité sociale ·
- Personne concernée ·
- Contentieux ·
- Maladie d'alzheimer ·
- Recours ·
- Logement ·
- Textes
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Retenue opérée par l'employeur ·
- Conflit collectif du travail ·
- Non-paiement aux grévistes ·
- Paiement aux grévistes ·
- Détermination ·
- Modalités ·
- Grève ·
- Cadre ·
- Industrie ·
- Durée ·
- Métallurgie ·
- Convention de forfait ·
- Travail ·
- Absence ·
- Horaire ·
- Sociétés
- Question prioritaire de constitutionnalite ·
- Disposition législative ·
- Droit des biens ·
- Irrecevabilité ·
- Article 544 ·
- Code civil ·
- Constitutionnalité ·
- Question ·
- Apparence ·
- Interprétation ·
- Propriété immobilière ·
- Droits et libertés ·
- Portée ·
- Avocat général ·
- Droit de propriété
- Conseil constitutionnel ·
- Question ·
- Constitutionnalité ·
- Interprétation ·
- Harcèlement sexuel ·
- Délit ·
- Code pénal ·
- Infraction ·
- Loi pénale ·
- Préambule
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Paiement dans un délai déterminé par le juge ·
- Soulte à la charge de l'attributaire ·
- Attribution préférentielle ·
- Communauté entre époux ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Détermination ·
- Conditions ·
- Déchéance ·
- Sanctions ·
- Paiement ·
- Vente amiable ·
- Licitation ·
- Soulte ·
- Divorce ·
- Séparation de corps ·
- Mise en vente ·
- Immeuble ·
- Défaut ·
- Séparation de biens
- Traitement de données à caractère personnel ·
- Mise en balance des intérêts en présence ·
- Protection des droits de la personne ·
- Cas fichiers et libertés publiques ·
- Données à caractère personnel ·
- Demande de déréférencement ·
- Informatique et libertés ·
- Applications diverses ·
- Qualification ·
- Appréciation ·
- Informatique ·
- Moteur de recherche ·
- Traitement de données ·
- Directive ·
- Information ·
- Adresse url ·
- Liste ·
- Caractère ·
- Personnel ·
- Responsable du traitement
- Homologation par l'autorité administrative ·
- Ignorance - absence d'influence ·
- Contrat de travail, rupture ·
- Temps nécessaire pour agir ·
- Rupture conventionnelle ·
- Homologation implicite ·
- Absence d'influence ·
- Action en justice ·
- Point de départ ·
- Contestation ·
- Conditions ·
- Forclusion ·
- Ignorance ·
- Homologation ·
- Rupture ·
- Salarié ·
- Décision implicite ·
- Code du travail ·
- Délai ·
- Recours juridictionnel ·
- Employeur ·
- Recours
Sur les mêmes thèmes • 3
- Gestion des biens du mineur ·
- Représentation du mineur ·
- Administration légale ·
- Domaine d'application ·
- Administrateur légal ·
- Exclusion ·
- Mineur ·
- Contrôle judiciaire ·
- Administration de biens ·
- Jouissance légale ·
- Pourvoi ·
- Administrateur ·
- Oeuvre d'art ·
- Patrimoine ·
- Contrôle
- Intervention du législateur dans une instance en cours ·
- Convention européenne des droits de l'homme ·
- Recherche de l'intention du législateur ·
- Impérieux motif d'intérêt général ·
- Fixation du prix du loyer révisé ·
- Application en matière civile ·
- Lois et règlements ·
- Non-rétroactivité ·
- Contrôle du juge ·
- Bail commercial ·
- Loi applicable ·
- Détermination ·
- Rétroactivité ·
- Article 6.1 ·
- Conditions ·
- Violation ·
- Principe ·
- Révision ·
- Pouvoir législatif ·
- Ingérence ·
- Liberté fondamentale ·
- Sécurité juridique ·
- Jurisprudence ·
- Sauvegarde ·
- Code de commerce ·
- Procès équitable ·
- Intérêt
- Droit de s'entretenir avec un avocat ·
- Juge des libertés et de la détention ·
- Permis de communiquer ·
- Débat contradictoire ·
- Détention provisoire ·
- Phase préparatoire ·
- Détermination ·
- Mise en œuvre ·
- Conditions ·
- Délivrance ·
- Télécopie ·
- Défense ·
- Juge d'instruction ·
- Conseil ·
- Procédure pénale ·
- Mise en examen ·
- Cabinet
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.