Rejet 12 mai 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Cergy-Pontoise, 12 mai 2026, n° 2509304 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Cergy-Pontoise |
| Numéro : | 2509304 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet irrecevabilité manifeste alinéa 4 |
| Date de dernière mise à jour : | 22 mai 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 26 mai 2025 et 20 octobre 2025, M. C… A… B…, représenté par Me Grébille-Romand, demande au tribunal :
1°) d’annuler, d’une part, la décision référencée « 48 SI » du 21 mai 2024 constatant l’invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et, d’autre part, les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 17 mai 2017, 27 juin 2017, 5 octobre 2017, 28 octobre 2017, 17 mars 2018, 29 septembre 2019, 20 novembre 2019, 18 mars 2023, 10 avril 2023, 3 septembre 2023 et 18 mars 2023, ensemble la décision par laquelle le ministre de l’intérieur a implicitement rejeté son recours gracieux exercé le 17 mars 2025 ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer son permis de conduire en reconstituant son capital de points dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
il n’a pas été destinataire de l’information préalable requise prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
les décisions contestées méconnaissent les dispositions de l’article L. 223-6 du code de justice administrative ;
les décisions de retrait de points méconnaissent les dispositions combinées du décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023 et de l’article 112-1, alinéa 3, du code pénal ;
la réalité des infractions reprochées n’est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut, à titre principal, à l’irrecevabilité de la requête et à l’irrecevabilité des conclusions dirigées à l’encontre des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 27 juin 2017, 17 mars 2018, 29 septembre 2019, 20 novembre 2019 et 10 avril 2023 et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête en toutes ses conclusions.
Il fait valoir que :
le recours présenté a été exercé en dehors du délai de recours contentieux prévu par les dispositions de l’article R. 421-1 du code de justice administrative ;
les points retirés à la suite des infractions commises les 27 juin 2017, 17 mars 2018, 29 septembre 2019, 20 novembre 2019 et 10 avril 2023 ont, par application des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route, été restitués au requérant respectivement les 23 mai 2018, 31 janvier 2019, 4 août 2020, 7 avril 2021 et 23 janvier 2024, soit antérieurement à l’enregistrement de la requête ;
les décisions attaquées lui ont bien été notifiées ;
l’information préalable requise par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lui a bien été communiquée ;
la réalité des infractions reprochées est bien établie ;
le requérant ne pouvait prétendre au bénéfice d’une reconstitution intégrale de son capital de points consécutif à l’infraction commise le 20 novembre 2019, devenue définitive le 7 octobre 2020, en raison d’une infraction en date du 18 mars 2023, soit moins de 3 ans après que l’infraction du 20 novembre 2019 est devenue définitive ;
les dispositions combinées du décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023 et de l’article 112-1, alinéa 3, du code pénal ne trouvent pas application en l’espèce.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d’infractions au code de la route et après avoir constaté que le nombre de points du permis de conduire de M. A… B…, initialement crédité de douze points, était nul, le ministre de l’intérieur a, par décision en date du 21 mai 2024, dû prononcer l’invalidation de son permis et lui ordonner de le restituer. M. A… B… demande l’annulation de la décision référencée « 48 SI » susmentionnée constatant l’invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que de l’ensemble des décisions de retrait de points.
2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ; »
3. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ». Aux termes de l’article R. 223-3 du code de la route : « (…) Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l’auteur de l’infraction est informé par le ministre de l’intérieur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l’invalidation du permis de conduire et enjoint à l’intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d’outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception (…) ».
4. La notification d’une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu’elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l’intéressé. Dans la décision procédant à l’invalidation du permis de conduire et au retrait des derniers points, établie selon un modèle de lettre « 48 SI », le ministre récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Cette lettre mentionne les voies et délais de recours ouverts à l’encontre de ladite décision.
5. Il incombe à l’administration, lorsqu’elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d’une action introduite devant une juridiction administrative, d’établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée. En cas de retour à l’administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l’adresse de l’intéressé, dès lors du moins qu’il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l’enveloppe, soit, à défaut, d’une attestation du service postal ou d’autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d’instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière le pli recommandé retourné à l’administration auquel est rattaché un volet « avis de réception » sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier, et qui porte, sur l’enveloppe ou sur l’avis de réception, l’indication du motif pour lequel il n’a pu être remis.
6. Il résulte de l’instruction et notamment de l’accusé de réception portant le n° 2C 185 195 5448 8 produit par le ministre de l’intérieur et correspondant au numéro figurant sur le relevé d’information intégral édité le 12 septembre 2025 de M. A… B…, que la décision référencée « 48 SI » du 21 mai 2024 constatant l’invalidation de son permis de conduire et récapitulant les décisions de retrait de points lui a été présentée au 13 B rue Danielle Casanova à Bezons dans le département du Val-d’Oise, adresse dont il est constant qu’elle était à cette date celle du requérant, notamment au regard de l’avis de réception du pli contenant la décision attaquée sur lequel n’était pas inscrite la mention « n’habite pas à l’adresse indiquée », l’avis de passage revêtu des mentions avisé le 20 juin 2024 et « pli avisé et non réclamé ». Dans ces conditions, la décision est réputée avoir été régulièrement notifiée à la date du 20 juin 2024. Le recours gracieux reçu par l’administration le 17 mars 2025, qui n’a pas été présenté dans le délai de recours de deux mois à compter du 20 juin 2024, n’a pu interrompre ce délai.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A… B… doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles présentées à fin d’injonction et au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A… B… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C… A… B… et au ministre de l’intérieur.
Fait à Cergy, le 12 mai 2026.
La présidente de la 10e chambre,
Signé
E. Rolin
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
Le greffier
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