Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 3e sect. - 2e ch. - r.222-13, 28 févr. 2025, n° 2326940 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2326940 |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Coutanceau Boul, demande au tribunal :
1°) de condamner l’État à lui verser une somme de 8 000 euros, augmentée des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
— la responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation dès lors qu’elle n’a reçu aucune offre de relogement alors qu’elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
— elle subit des troubles dans ses conditions d’existence du fait de la carence fautive de l’État à la reloger.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de la construction et de l’habitation ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Salzmann en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l’audience publique, en présence de Mme Latour, greffière d’audience, le rapport de Mme Salzmann, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la responsabilité :
1. Aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l’Etat à toute personne qui () n’est pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens ou de s’y maintenir. () ».
2. Lorsqu’une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d’urgence par une décision d’une commission de médiation en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, la carence fautive de l’État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l’égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d’existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l’intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l’État prévu par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l’État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l’État, qui court à compter de l’expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l’article R. 441-16-1 du code de la construction et de l’habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
3. Mme B, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence par une décision du 14 décembre 2017 la commission de médiation du département de Paris au motif qu’elle vivait dans un logement sur-occupé avec une personne handicapée à charge ou avec enfant mineur à charge. Cette décision valait pour trois personnes. Le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris n’a pas proposé à B un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l’habitation à compter de l’édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’État à compter du 14 juin 2018 à l’égard de Mme B.
Sur le préjudice :
4. Il résulte de l’instruction que la situation qui a motivé la décision de la commission de médiation a évolué, Mme B ayant occupé une chambre d’une surface de 10 m² présentant un risque d’accessibilité au plomb avec ses deux enfants mineurs jusqu’au
6 juin 2023, date à laquelle ils ont été expulsés de ce logement. Depuis cette date,
Mme B est dépourvue de logement et est hébergée par des connaissances. Compte tenu de ces conditions de logement précaires, qui perdurent du fait de la carence de l’État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer de Mme B, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par elle dans ses conditions d’existence, y compris de son préjudice moral, en lui allouant une somme de 8 000 euros, tous intérêts compris à la date de lecture du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre une somme de 800 euros à la charge de l’État en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : L’État est condamné à verser à Mme B une somme de 8 000 euros tous intérêts compris à date du jugement.
Article 2 : L’Etat versera à Mme B une somme de 800 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la ministre du logement, et à Me Coutanceau Boul.
Copie en sera adressée au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025.
La magistrate désignée,
« signé »
M. SALZMANN
La greffière,
« signé »
C. LATOUR
La République mande et ordonne à la ministre du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. /3-
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Immigration ·
- Recours administratif ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Directeur général ·
- Aide juridique ·
- Bénéfice ·
- Condition ·
- Justice administrative ·
- Décision implicite
- Justice administrative ·
- Médiation ·
- L'etat ·
- Commission ·
- Logement opposable ·
- Droit au logement ·
- Carence ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Aide juridictionnelle
- Pays ·
- Territoire français ·
- Destination ·
- Interdiction ·
- Peine ·
- Commissaire de justice ·
- Liberté fondamentale ·
- Tiré ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Opéra ·
- Fonction publique ·
- Limites ·
- Justice administrative ·
- Report ·
- Enfant à charge ·
- Retraite ·
- Adulte ·
- Agent public ·
- Handicapé
- Justice administrative ·
- Régularisation ·
- Irrecevabilité ·
- Délai ·
- Commissaire de justice ·
- Consultation ·
- Administration ·
- Juridiction ·
- Demande ·
- Notification
- Air ·
- Passeport ·
- Voyage ·
- Amende ·
- Outre-mer ·
- Document ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Justice administrative ·
- Immigration
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Contrainte ·
- Justice administrative ·
- Allocations familiales ·
- Décentralisation ·
- Opposition ·
- Aménagement du territoire ·
- Débiteur ·
- Tribunal compétent ·
- Commissaire de justice ·
- Recouvrement
- Territoire français ·
- Départ volontaire ·
- Interdiction ·
- Délai ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Justice administrative ·
- Durée ·
- Pays ·
- Liberté fondamentale
- Justice administrative ·
- Aide juridictionnelle ·
- Commissaire de justice ·
- Assignation à résidence ·
- Bénéfice ·
- L'etat ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile ·
- Retrait
Sur les mêmes thèmes • 3
- Règlement (ue) ·
- Asile ·
- Aide juridictionnelle ·
- Liberté fondamentale ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Demande d'aide ·
- Pays ·
- Apatride ·
- Pays tiers
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Visa ·
- Comores ·
- Décision implicite ·
- Mandataire ·
- Refus ·
- Qualité pour agir ·
- Tribunaux administratifs ·
- Citoyen
- Justice administrative ·
- Aide juridictionnelle ·
- Bénéfice ·
- Injonction ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- L'etat ·
- Titre ·
- Prolongation ·
- Autorisation provisoire
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.