Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 25 proxi fond, 23 janv. 2025, n° 24/09637 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/09637 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITE
DE MONTREUIL
[Adresse 4]
[Localité 5]
Téléphone : [XXXXXXXX01]
@ : [Courriel 6]
REFERENCES : N° RG 24/09637 – N° Portalis DB3S-W-B7I-2COZ
Minute :
S.A. BNP PARIBAS
Représentant : Me Guillaume METZ, avocat au barreau de VERSAILLES
C/
Monsieur [D] [F]
Copies exécutoires délivrés à :
Copies certifiées conformes délivrées à :
Le 23 Janvier 2025
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
JUGEMENT
du 23 Janvier 2025
Jugement réputé contradictoire rendu et mis à disposition au greffe du tribunal de proximité de Montreuil-sous-Bois en date du 23 Janvier 2025 ;
Par Madame Hélène DUBREUIL, juge des contentieux de la protection au tribunal de proximité de Montreuil-sous-Bois assistée de Monsieur Yann LACHAT, greffier ;
Après débats à l’audience publique du 21 Novembre 2024 tenue sous la présidence de Madame Hélène DUBREUIL,juge des contentieux de la protection siégeant au tribunal de proximité de Montreuil-sous-Bois, assistée de Madame Nora BENDERRADJ, greffier audiencier ;
ENTRE DEMANDEUR :
S.A. BNP PARIBAS, demeurant [Adresse 2]
représentée par Me Guillaume METZ, avocat au barreau de VERSAILLES
D’UNE PART
ET DÉFENDEUR :
Monsieur [D] [F], demeurant [Adresse 3]
non comparant, ni représenté
D’AUTRE PART
EXPOSÉ DU LITIGE
Selon offre préalable en date du 18 mai 2017, la SA BNP PARIBAS a consenti à Monsieur [D] [F] un crédit renouvelable n°50888244.
Plusieurs échéances n’ayant pas été honorées, la SA BNP PARIBAS a adressé à Monsieur [D] [F] un courrier de mise en demeure visant la déchéance du terme en date du 27 juillet 2023.
Selon offre préalable acceptée le 24 février 2020, la SA BNP PARIBAS a consenti à Monsieur [D] [F] un crédit N°61118263 d’un montant en capital de 20.000 euros remboursable en 98 mensualités de 277,98 euros incluant les intérêts au taux débiteur de 5,27 %.
Plusieurs échéances n’ayant pas été honorées, la SA BNP PARIBAS a adressé à Monsieur [D] [F] un courrier de mise en demeure visant la déchéance du terme en date du 27 juillet 2023.
Par acte d’huissier en date du 16 octobre 2024, la SA BNP PARIBAS a fait assigner Monsieur [D] [F] afin d’obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, sa condamnation au paiement des sommes suivantes :
16.121,47 euros correspondant au solde du crédit, avec intérêts conventionnels au taux de 5,27 % avec intérêts au taux contractuel à compter du 27 juillet 2023,684,47 euros au titre du solde débiteur du crédit renouvelable provisio n°50888244 avec intérêts au taux contractuel de 16,23% à compter du 2 juillet 2023,600 euros en vertu des dispositions de l’article 700 du code de procédure civileles entiers dépens de l’instance.
À l’audience du 21 novembre 2024 à laquelle l’affaire a été appelée, la SA BNP PARIBAS a maintenu les demandes contenues dans l’acte introductif d’instance. Elle a également pu émettre ses observations sur le respect des règles d’ordre public fixées par le code de la consommation.
Monsieur [D] [F], bien que régulièrement cité à l’étude,n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter.
L’affaire a été mise en délibéré au 23 janvier 2025.
MOTIFS
A titre liminaire, il convient de rappeler que le contrat de prêt litigieux est soumis aux dispositions applicables aux crédits à la consommation telles que modifiées par la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010 puis recodifiées par l’ordonnance n°2016-301 du 16 mars 2016 applicable depuis le 1er juillet 2016.
En outre, en application des dispositions de l’article R. 632-1 du code de la consommation, le juge peut soulever d’office toutes les dispositions du code de la consommation dans les litiges nés de son application. L’article 125 du code de procédure civile prévoit par ailleurs que le juge doit relever d’office les fins de non-recevoir ayant un caractère d’ordre public.
L’article L. 314-26 du code de la consommation précise que les dispositions des chapitres II et III et des sections II à VII du chapitre IV du code de la consommation sont d’ordre public.
Par ailleurs, il résulte de l’article 472 du code de procédure civile que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Dans ce cas, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande en paiement du solde du prêt renouvelable n°50888244
Sur la recevabilité de la demande en paiement :
Il est versé aux débats un historique du prêt renouvelable qui débute à la date du 21 janvier 2021 alors que le prêt a été consenti le 18 mai 2017, de sorte que le juge ne peut vérifier si la forclusion n’est pas encourue conformément aux termes de l’article R. 312-35 du code de la consommation.
En conséquence, l’action en paiement engagée par la SA BNP PARIBAS au titre de ce prêt est irrecevable.
Sur la demande en paiement du solde du prêt personnel n° 61118263
Sur la recevabilité de la demande en paiement :
Il ressort des différentes pièces produites aux débats, et notamment de l’historique de compte retraçant l’ensemble des opérations depuis la conclusion du contrat de prêt, que le premier incident de paiement non régularisé fixant le point de départ du délai de deux ans prévu par l’article R. 312-35 du code de la consommation se situe le 4 mars 2023.
L’assignation ayant été délivrée le 16 octobre 2024, l’action en paiement engagée par la SA BNP PARIBAS est recevable.
Sur le bordereau de rétractation :
Il incombe au prêteur de rapporter la preuve de ce qu’il a satisfait à ses obligations précontractuelles, la signature par l’emprunteur de l’offre préalable comportant une clause selon laquelle il reconnaît que le prêteur lui a remis le bprdereau de rétractation constitue seulement un indice qu’il incombe à celui-ci de corroborer par un ou plusieurs éléments complémentaires.
En l’espèce, le contrat précise : « l’emprunteur peut se rétracter sans motif dans un délai de 14 jours calendaires révolus à compter du jour de son acceptation. pour exercer son droit de rétractation, l’emprunteur doit renvoyer par lettre recommandée avec avis de réception , le formulaire détachable joint, après l’avoir signé ».
Cette clause ne constitue qu’un indice, non corroboré par la preuve de la remise du bordereau de rétractation.
Il y a lieu en conséquence de prononcer la déchéance du droit aux intérêts.
Sur le montant de la créance :
En raison de la déchéance du droit aux intérêts prononcée, l’emprunteur n’est tenu , en application de l’article L. 341-8 du code de la consommation, qu’au remboursement du capital restant dû, après déduction des intérêts préalablement réglés.
Le prononcé de cette déchéance exclut également le prêteur du bénéfice de l’indemnité de 8% du capital restant dû prévue aux articles L. 312-39 et D. 312-16 du code de la consommation.
En l’état compte tenu de l’incident de paiement non régularisé et de la mise en demeure du 27 juillet 2023, il convient de constater la résiliation du contrat de prêt avec déchéance du terme et exigibilité de l’intégralité de la dette.
La créance de la SA BNP PARIBAS s’établit donc comme suit :
capital emprunté depuis l’origine : 20.000 euros déduction faite des versements suivants :antérieurs à la déchéance du terme (suivant l’historique de compte) : 9105,23 eurospostérieurs à la déchéance du terme, suivant le décompte arrêté au 25 juin 2024 : 0 euros
soit un total restant dû de 10.894,77 euros, sous réserve des versements postérieurs et/ou non pris en compte dans le décompte.
Monsieur [D] [F] sera donc condamné à payer cette somme à la SA BNP PARIBAS.
Sur les intérêts :
En application des dispositions de l’article 1231-6 du code civil, le prêteur, bien que déchu de son droit aux intérêts, demeure fondé à demander à ce que la somme que l’emprunteur a été condamné à lui verser porte intérêts au taux légal, majoré de plein droit deux mois après que la décision de justice soit revêtue du caractère exécutoire.
L’article 23 de la directive 2008/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2008 concernant les contrats de crédit aux consommateurs et abrogeant la directive 87/102/CEE du Conseil dispose en outre que les sanctions applicables en cas de violation des dispositions nationales doivent être effectives, proportionnées et dissuasives.
Il en résulte que les dispositions de l’article 1231-6 du code civil doivent être écartées s’il en résulte pour le prêteur la perception de montants équivalents ou proches de ceux qu’il aurait perçus si la déchéance du droit aux intérêts n’avait pas été prononcée, sauf à faire perdre à cette sanction ses caractères de dissuasion et d’efficacité.
En l’espèce, le crédit litigieux a été accordé pour un montant de 20.000 euros, à un taux d’intérêt débiteur de 5,27 %. En conséquence, au vu du taux d’intérêt légal actuel, les montants susceptibles d’être perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré ne sont pas significativement inférieurs à ceux qu’il aurait perçus si le taux conventionnel était appliqué.
Dès lors, il convient de ne pas faire application des dispositions de l’article 1231-6 du code civil et de dire que la somme restant due en capital au titre du contrat de prêt litigieux portera intérêts au taux légal non majoré.
Sur les autres demandes
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En application de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation.
Monsieur [D] [F], partie perdante, devra supporter les dépens de la présente procédure. Il conviendra, en outre, de le condamner à payer à la SA BNP PARIBAS la somme de 500 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Aux termes de l’article 514 du code de procédure civile dans sa version applicable au présent litige, l’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Hélène DUBREUIL, juge des contentieux de la protection, statuant après débats tenus en audience publique, par jugement réputé contradictoire , rendu en premier ressort, par mise à disposition au greffe,
DÉCLARE irrecevable l’action de la SA BNP PARIBAS en ce qui concerne le crédit renouvelable n°50888244 ;
DÉCLARE recevable l’action de la SA BNP PARIBAS en ce qui concerne le crédit personnel n°61118263 ;
PRONONCE la déchéance du droit aux intérêts de la SA BNP PARIBAS ;
CONDAMNE Monsieur [D] [F] à payer à la SA BNP PARIBAS la somme de 9105,23 euros au titre du contrat de crédit N° 61118263, avec intérêts à taux légal non majoré à compter de la signification de la présente décision ;
DÉBOUTE la SA BNP PARIBAS du surplus de ses prétentions ;
RAPPELLE qu’en cas de mise en place d’une procédure de surendettement, la créance sera remboursée selon les termes et conditions fixées dans la dite procédure ;
CONDAMNE Monsieur [D] [F] à payer à la SA BNP PARIBAS la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [D] [F] aux dépens ;
RAPPELLE que la présente décision est de plein droit exécutoire par provision.
En foi de quoi le présent jugement a été signé par le juge et le greffier
Le greffier Le juge des contentieux de la protection
REFERENCES A RAPPELER : N° RG 24/09637 – N° Portalis DB3S-W-B7I-2COZ
DÉCISION EN DATE DU : 23 Janvier 2025
AFFAIRE :
S.A. BNP PARIBAS
Représentant : Me Guillaume METZ, avocat au barreau de VERSAILLES
C/
Monsieur [D] [F]
EN CONSÉQUENCE
la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ledit jugement à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Président et le Greffier.
POUR COPIE CERTIFIÉE CONFORME
revêtue de la formule exécutoire
P/le directeur des services de greffe judiciaires
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Urssaf ·
- Acquiescement ·
- Cotisations ·
- Partie ·
- Expédition ·
- Charge des frais ·
- Recours ·
- Accord ·
- Courrier
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Centre hospitalier ·
- Certificat médical ·
- Santé publique ·
- Maintien ·
- Date ·
- Contrainte ·
- Trouble ·
- Personnes
- Section syndicale ·
- Syndicat ·
- Sécurité ·
- Entreprise privée ·
- Désignation ·
- Constitution ·
- Tribunal judiciaire ·
- Election professionnelle ·
- Sociétés ·
- Employé
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Indivision ·
- Tribunal judiciaire ·
- Procédure accélérée ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Bénéfice ·
- Partage ·
- Emprunt ·
- Commissaire de justice ·
- Biens ·
- Procédure
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Logement ·
- Locataire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Réparation ·
- Loyer ·
- Contentieux ·
- Surendettement ·
- Commission ·
- État
- Enfant ·
- Contribution ·
- Divorce ·
- Pensions alimentaires ·
- Commissaire de justice ·
- Haute-volta ·
- Médiation ·
- Parents ·
- Education ·
- Tribunal judiciaire
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Comités ·
- Maladie professionnelle ·
- Employeur ·
- Reconnaissance ·
- Délai ·
- Tribunal judiciaire ·
- Sécurité sociale ·
- Assurance maladie ·
- Courrier ·
- Sociétés
- Tribunal judiciaire ·
- Etablissement public ·
- Habitat ·
- Défense au fond ·
- Désistement d'instance ·
- Adresses ·
- Juridiction ·
- Fins de non-recevoir ·
- Renonciation ·
- Dessaisissement
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Adresses ·
- Assesseur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement ·
- Métropole ·
- Conforme ·
- Lettre simple ·
- Juridiction ·
- Copie ·
- Dessaisissement
Sur les mêmes thèmes • 3
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Évocation ·
- Copie ·
- Expulsion ·
- Part ·
- Date ·
- Minute ·
- Personnes ·
- Mise à disposition
- Adresses ·
- Drapeau ·
- Jugement ·
- Mer ·
- Contentieux ·
- Délibéré ·
- Protection ·
- Saisine ·
- Mise à disposition ·
- Référence
- Partage ·
- Notaire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Successions ·
- Dépens ·
- Désignation ·
- Juge ·
- Partie ·
- Indivision ·
- Espèce
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.