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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 7 sect. 1, 7 mai 2026, n° 25/04734 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/04734 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 16 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 1]
JUGEMENT CONTENTIEUX DU 07 MAI 2026
Chambre 7/Section 1
AFFAIRE: N° RG 25/04734 – N° Portalis DB3S-W-B7J-3DPH
N° de MINUTE : 26/00201
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE L’IMMEUBLE SDC [Localité 2] CENTRE SIS [Adresse 1] [Localité 3], représenté par son syndic en exercice, le cabinet UNITIA
Siège social : [Adresse 2]
[Localité 4]
représenté par Me Florian CANDAN, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : C1869
DEMANDEUR
C/
Monsieur [E] [O]
[Adresse 3]
[Localité 5]
défaillant
Madame [Q] [O]
[Adresse 3]
[Localité 5]
défaillante
DEFENDEURS
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Madame Aliénor CORON, Juge, statuant en qualité de juge unique, conformément aux dispositions de l article 812 du code de procédure civile, assistée aux débats de Madame Corinne BARBIEUX, greffier.
DÉBATS
Audience publique du 05 Mars 2026.
JUGEMENT
Rendu publiquement, par mise au disposition au greffe, par jugement Réputé contradictoire et en premier ressort, par Madame Aliénor CORON, Juge, assistée de Madame Corinne BARBIEUX, greffier.
***
EXPOSÉ DU LITIGE
M. [E] [O] et Mme [Q] [O] sont propriétaires des lots 22, 23, 55 et 147 au sein d’un ensemble immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 3] (93), soumis au statut de la copropriété des immeubles bâtis.
Par actes en date du 2 mai 2025, le syndicat des copropriétaires a fait assigner M. [E] [O] et Mme [Q] [O] devant le tribunal judiciaire de Bobigny, sollicitant du tribunal de :
— condamner solidairement M. [E] [O] et Mme [Q] [O] à lui payer la somme de 13 118,46 euros au titre des appels impayés au 13 janvier 2025, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation
— ordonner la capitalisation des intérêts
— condamner solidairement M. [E] [O] et Mme [Q] [O] à lui payer la somme de 3 000 euros à titre de dommages et intérêts
— condamner solidairement M. [E] [O] et Mme [Q] [O] à lui payer la somme de 3 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens, dont distraction au profit de Maître Florian Candan
— dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire.
En application de l’article 455 du code de procédure civile, il sera référé à l’assignation valant conclusions pour un complet exposé des moyens.
La clôture est intervenue le 2 décembre 2025 par ordonnance du même jour. L’affaire a été fixée à l’audience du 5 mars 2026, à l’issue de laquelle elle a été mise en délibéré au 7 mai 2026.
M. [E] [O] et Mme [Q] [O], régulièrement assignés selon les modalités prévues à l’article 656 du code de procédure civile, n’ont pas constitué avocat.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande en paiement des charges de copropriété
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot. Ils sont également tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien, à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
L’approbation des comptes du syndic par l’assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges. Le copropriétaire qui n’a pas, dans les délais prévus à l’article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965, contesté la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes, n’est pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées.
L’obligation à la dette existe dès lors que l’assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic, et qu’aucun recours n’a été formé dans le délai légal mentionné à l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires justifie de sa demande en produisant :
— la matrice cadastrale
— les procès-verbaux des assemblées générales d’approbation des comptes sur la période
— un décompte des impayés arrêté au 13 janvier 2025
— des appels de provisions et régularisations de charges.
En conséquence et au regard des pièces produites, il convient de condamner M. [E] [O] et Mme [Q] [O] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 13 118,46 euros au titre des appels de charges et fonds de travaux échus au 13 janvier 2025.
La « clause de solidarité » sur laquelle se fonde le syndicat des copropriétaires pour solliciter que la condamnation soit prononcée solidairement a trait à la solidarité entre le légataire et les héritiers en cas de mutation résultant d’un legs particulier. Elle est donc sans rapport avec la présente espèce.
Faute pour le syndicat des copropriétaires de justifier d’un motif de solidarité, celle-ci ne sera pas retenue.
La condamnation sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 mai 2025, date de l’assignation.
La capitalisation des intérêts étant de droit lorsqu’elle est demandée, elle sera ordonnée.
Sur la demande en dommages et intérêts pour résistance abusive
En application de l’article 1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant du retard dans l’exécution de l’obligation, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance.
En l’espèce, il ressort du jugement du 2 juillet 2021 du tribunal de proximité de Bobigny que M. [E] [O] et Mme [Q] [O] ont déjà été condamnés suite à des impayés de leurs charges de copropriété. Cette condamnation précédente et leur persistance à ne pas s’acquitter des charges de copropriété, sans fournir aucune explication au syndicat des copropriétaires, caractérisent leur mauvaise foi.
Leur refus de s’acquitter des charges de copropriété a causé au syndicat des copropriétaires un préjudice distinct de celui occasionné par le retard de paiement, et consistant en une désorganisation de la trésorerie et la nécessité d’entamer de multiples démarches judiciaires pour obtenir le paiement de sa créance.
M. [E] [O] et Mme [Q] [O] seront par conséquent condamnés in solidum au paiement de la somme de 800 euros à titre de dommages et intérêts.
Sur les mesures de fin de jugement
En application de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
M. [E] [O] et Mme [Q] [O], parties perdantes, supporteront la charge des dépens de la présente instance. Il sera fait application de l’article 699 du code de procédure civile au profit de Maître Florian Candan.
Il serait inéquitable de laisser à la charge du demandeur les frais exposés par lui dans le cadre de la présente instance et non compris dans les dépens. Faisant application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, il convient d’allouer au syndicat des copropriétaires une somme de 800 euros au titre des frais non compris dans les dépens qu’il a dû exposer pour faire valoir ses droits et assurer sa défense.
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire de droit, sans qu’il y ait lieu de le rappeler au dispositif de la décision.
PAR CES MOTIFS,
Le tribunal,
— Condamne, à proportion des droits de chacun dans l’indivision, M. [E] [O] et Mme [Q] [O] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 3] (93) la somme de 13 118,46 euros au titre des appels de charges et fonds de travaux échus au 13 janvier 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 2 mai 2025
— Ordonne la capitalisation des intérêts échus pour une année entière,
— Condamne in solidum M. [E] [O] et Mme [Q] [O] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 3] (93) la somme de 800 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive,
— Déboute le syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 3] (93) du surplus de ses demandes,
— Condamne in solidum M. [E] [O] et Mme [Q] [O] aux dépens de l’instance, qui pourront être recouvrés directement par Maître Florian Candan en application de l’article 699 du code de procédure civile,
— Condamne in solidum M. [E] [O] et Mme [Q] [O] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 3] (93) la somme de 800 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Le présent jugement ayant été signé par le président et le greffier
Le Greffier Le Président
Corinne BARBIEUX Aliénor CORON
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