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Sur la décision
| Référence : | TJ Bordeaux, ppp réf., 28 nov. 2025, n° 25/01410 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01410 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 7 février 2026 |
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Texte intégral
Du 28 novembre 2025
5AA
SCI/jjg
PPP Référés
N° RG 25/01410 – N° Portalis DBX6-W-B7J-23AJ
[H] [X]
C/
[C] [M]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
Pôle protection et proximité
[Adresse 2]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 28 novembre 2025
PRÉSIDENT : Monsieur Jean-François SABARD, Magistrat honoraire
GREFFIER : Monsieur Jean-Jacques GERAUD,
DEMANDERESSE :
Madame [H] [X]
née le 16 Septembre 1970 à [Localité 11]
[Adresse 1]
[Localité 4]
Représentée par Maître GRAVELLIER substituant Me Thierry FIRINO MARTELL (Avocat au barreau de BORDEAUX)
DEFENDEUR :
Monsieur [C] [M]
né le 03 Juillet 1974 à [Localité 9]
[Adresse 6]
[Adresse 5]
[Localité 3]
Présent
DÉBATS :
Audience publique en date du 10 Octobre 2025
PROCÉDURE :
Baux d’habitation – Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d’assurance et ordonner l’expulsion en date du 21 Juillet 2025
Articles 484 et suivants et 834 et suivants du Code de Procédure Civile
QUALIFICATION DE l’ORDONNANCE:
Contradictoire et en premier ressort
EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE :
Suivant acte d’assignation en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Bordeaux en date du 21 juillet 2025 à comparaître à l’audience du 10 octobre 2025 à neuf heures auquel il convient de se reporter pour un plus ample exposé des faits, de la procédure et des prétentions de Madame [H] [X] , il est demandé au tribunal à l’encontre de Monsieur [C] [M] de constater le jeu de la clause résolutoire stipulée dans le contrat de bail du logement situé [Adresse 7] à Villenave-d’Ornon 33 140 , d’ordonner son expulsion des lieux ainsi que celle de tous occupants de son chef sous astreinte provisoire de 100 € par jour de retard à compter de la signification du jugement ordonnant l’expulsion, et ce jusqu’à libération effective des lieux, d’ordonner l’enlèvement et le dépôt des meubles et objets mobiliers garnissant les lieux aux frais et risques et périls du défendeur et de le condamner au paiement de la somme provisionnelle de 1759,49 € arrêtée au 3 juillet 2025 euros à valoir sur le montant des loyers et charges restant actuellement dus qu’à résiliation du bail outre les intérêts au taux légal à compter de la délivrance du commandement du 15 mai 2025.
Il est sollicité également sa condamnation au paiement à titre provisionnel d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant des loyers et charges, indemnité à indexer selon les clauses du contrat résilié jusqu’à libération effective des lieux loués et une indemnité de procédure de 800 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile outre les dépens de l’instance en ce compris le coût de commandement de payer, de l’assignation, de la dénonciation au préfet et des frais éventuels d’exécution venir.
À l’audience du 10 octobre 2025, la requérante s’oppose à tout délai de paiement ajoutant que le locataire n’a rien versé depuis le mois de mai 2025 et qu’il serait due la somme de 4288,33 €.
Monsieur [C] [M] indique qu’il a été victime d’un accident du travail et perçoit des indemnités journalières étant à demi salaire jusqu’à la fin du mois et qu’il devrait reprendre son travail après avoir vu le médecin du travail précisant qu’il a déposé un dossier de surendettement et qu’il a deux enfants qu’il accueille à son domicile deux week-ends par mois et la moitié des vacances scolaires.
MOTIFS DE LA DECISION :
Sur la régularité de la procédure :
Conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, l’assignation a été régulièrement notifiée au représentant de l’État dans le département par courrier électronique avec accusé de réception du 23 juillet 2025 soit dans le délai légal avant la date de l’audience.
Le bailleur justifie également avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 16 mai 2025 conformément à l’article 7-2 de la loi du 31 mai 1990.
L’action aux fins de constat de la résiliation du bail est donc régulière et recevable.
Sur la résiliation du contrat de bail :
L’article 834 du code de procédure civile prévoit que dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans la limite de sa compétence peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. L’absence de contestation sérieuse implique l’évidence de la solution qu’appelle le point contesté.
En outre selon l’article 835 du même code, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remises en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans le cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Il ressort par ailleurs des dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 applicable à la date de conclusion du bail d’habitation que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement des loyers ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement demeuré infructueux.
Or en l’espèce il est constant que par acte du 15 mai 2025 il lui a été signifié un commandement de payer aux fins de résiliation du bail pour la somme au total de 1714,59 € euros.
Il convient de constater le jeu de la clause résolutoire à la date du 16 juillet 2025 compte tenu du délai de deux mois stipulée dans le contrat de bail d’habitation et d’ordonner son expulsion ainsi que celle de tous occupants de son chef faute par lui d’avoir libéré les lieux avec si nécessaire le concours de la force publique et d’un serrurier.
Lorsque l’obligation n’est pas sérieusement contestable il peut être accordé une provision au créancier ou ordonné l’exécution d’une obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Force est de constater en l’espèce que la créance s’établit au jour de l’audience en deniers ou quittances à la somme de 4288,33 euros sauf à parfaire ou à diminuer et laquelle n’est pas contestée ni sérieusement contestable de sorte qu’il convient de condamner Monsieur [C] [M] au paiement de cette somme à titre d’indemnité provisionnelle pour l’arriéré de loyers, charges locatives et indemnité d’occupation dus à la date de l’audience cette somme portant intérêts au taux légal à compter du prononcé de la présente décision.
Il n’y a pas lieu de lui accorder un délai de paiement alors qu’il ne justifie d’aucune pièce attestant de sa situation financière et que les loyers courants ne sont pas intégralement réglés alors qu’il perçoit un demi salaire, qu’il verse une pension alimentaire pour ses enfants à leur mère et que ses ressources sont insuffisantes pour faire face aux échéances des loyers et des charges et de l’apurement de la dette locative qui ne cesse d’augmenter.
Il sera également tenu au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant des loyers et charges avec revalorisation de droit à compter de la résiliation du bail et ce jusqu’à libération effective des lieux.
S’agissant d’une provision cette somme portera intérêts au taux légal à compter du prononcé de la présente décision.
Il convient également d’ordonner l’enlèvement et le dépôt des meubles et objets mobiliers garnissant les lieux loués en un lieu approprié, aux frais, risques et périls du défendeur.
Il n’y a pas lieu de prononcer une astreinte provisoire au regard des circonstances de l’espèce.
L’équité commande de le condamner à payer à une indemnité de procédure de 400 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile au titre des frais non compris dans les dépens lesquels seront mis à sa charge y inclus le coût du commandement de payer du 15 mai 2025, de l’assignation et de la dénonciation au préfet ainsi que les frais d’exécution éventuels à venir.
Il convient de rappeler que l’exécution provisoire de la décision est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Bordeaux statuant en référé par ordonnance contradictoire mise à disposition au greffe et en premier ressort.
Déclare l’action de Madame [H] [X] régulière, recevable et fondée.
Constate à la date du 16 juillet 2025 la résiliation du bail d’habitation en vertu de la clause résolutoire du logement situé [Adresse 7] à [Localité 12][Adresse 8][Localité 10] .
Condamne Monsieur [C] [M] à payer à Madame [H] [X] en deniers ou quittance valable la somme de 4288,33 euros sauf à parfaire ou à diminuer.
Dit qu’à défaut d’avoir libéré volontairement les lieux, il sera procédé à son expulsion ainsi que celle de tous occupants de son chef avec si besoin est le concours de la force publique et d’un serrurier deux mois après la délivrance d’un commandement de quitter les lieux conformément dispositions des articles L 411–1 et L412–1 du code des procédures civiles d’exécution.
Ordonne en tant que de besoin l’enlèvement et le dépôt des meubles et objets mobiliers garnissant les lieux loués en un lieu approprié, aux frais, risques et périls du défendeur.
Dit que dans ce cas il sera dû une indemnité d’occupation égale au montant du loyer révisable selon les dispositions contractuelles et de la provision sur charges augmentée de la régularisation au titre des charges dûment justifiées à compter de la date de résiliation du bail jusqu’à la libération effective des lieux.
Le condamne en tant que de besoin au paiment de ces sommes avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Condamne Monsieur [C] [M] à payer à Madame [H] [X] une indemnité de procédure de 400 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Le condamne également à payer les dépens de l’instance comprenant le coût du commandement de payer du 15 mai 2025, de l’assignation et de la dénonciation au préfet ainsi que les frais d’exécution éventuels à venir.
Rappelle que la présente décision est exécutoire de droit à titre provisoire.
Ainsi jugé et prononcé, les jour, mois et an susdits
Le greffier Le juge des contentieux de la protection
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