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Sur la décision
| Référence : | TJ Bourg-en-Bresse, ctx protection soc., 10 mars 2025, n° 23/00477 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 23/00477 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Décision tranchant pour partie le principal |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | Société, CPAM 01, Société [ 14 ] |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOURG-EN-BRESSE
PÔLE SOCIAL
JUGEMENT DU 10 MARS 2025
Affaire :
M. [D] [Z]
contre :
Société [14], [11]
Dossier : N° RG 23/00477 – N° Portalis DBWH-W-B7H-GNZY
Décision n°
Notifié le
à
— [D] [Z]
— Société [14]
— CPAM 01
Copie le
à
— SCP REVEL MAHUSSIER & ASSOCIES
— Me Benjamin GAUTIER
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
PRÉSIDENT : Arnaud DRAGON, statuant à juge unique, conformément à l’article L.218-1 alinéa 2 du code de l’organisation judiciaire
ASSESSEUR SALARIÉ : [B] [I], participant au délibéré avec voix consultative
GREFFIER : Camille POURTAL
PARTIES :
DEMANDEUR :
Monsieur [D] [Z]
[Adresse 7]
[Localité 2]
représenté par Maître Olivier VOLPE, de la SCP REVEL MAHUSSIER & ASSOCIES, avocats au barreau de LYON
DÉFENDEURS :
Société [14]
[Adresse 5]
[Adresse 13]
[Localité 3]
représentée par Me Benjamin GAUTIER, avocat au barreau d’AIN
[11]
Pôle des affaires juridiques
[Adresse 4]
[Localité 1]
représentée par M. [O] [J], muni d’un pouvoir
PROCEDURE :
Date du recours : 10 juillet 2023
Plaidoirie : 6 janvier 2025
Délibéré : 3 mars 2025, prorogé au 10 mars 2025
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur [D] [Z] a été employé par la SARL [14] en qualité de pâtissier à partir du 2 octobre 2018.
Le 9 juillet 2019, l’employeur a souscrit une déclaration d’accident du travail au titre d’un fait accidentel survenu le 4 juillet 2019 à 11h30. La déclaration d’accident du travail relate les faits de la manière suivante : « Activité de la victime lors de l’accident : nettoyage des sols du laboratoire – Nature de l’accident : chute sur carrelage mouillé ». La déclaration précise qu’il en est résulté des douleurs dorsales et au genou droit. L’employeur y a formulé des réserves sur le caractère professionnel de l’accident au motif que le dirigeant de l’entreprise venait de quitter les lieux.
Le certificat médical initial a été établi le jour des faits par le Docteur [G]. Il objective une lombalgie basse post-traumatique.
Après exploitation des questionnaires adressés à l’employeur et au salarié, la [12] a pris en charge cet accident au titre de la législation sur les risques professionnels suivant décision notifiée le 26 septembre 2019 aux parties.
L’état de santé de la victime a été considéré comme consolidé à la date du 29 novembre 2021 et un taux d’incapacité de 4 % lui a été attribué par l’organisme de sécurité sociale.
Monsieur [Z] a saisi la [12] d’une demande tendant à la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur à l’origine de l’accident du travail du 4 juillet 2019. Le 14 juin 2021, la caisse a informé le salarié de l’échec de la procédure amiable de conciliation, l’employeur n’ayant pas répondu à sa sollicitation.
Par requête adressée sous pli recommandé avec avis de réception au greffe de la juridiction le 10 juillet 2023, Monsieur [Z] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse aux mêmes fins.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience du 13 novembre 2023. L’affaire a été renvoyée à six reprises à la demande des parties et a été utilement évoquée lors de l’audience de plaidoiries du 6 janvier 2025.
A cette occasion, Monsieur [Z] soutient oralement ses conclusions et demande au tribunal de :
— Juger que l’accident du travail du 4 juillet 2019 est dû à la faute inexcusable de la société [14],
— Porter la rente et/ou le capital qui lui sera versé par la [12] à son taux maximum,
— Désigner avant dire droit un expert aux fins de déterminer ses préjudices,
— Lui allouer la somme de 5 000,00 euros à titre d’indemnité provisionnelle,
— Condamner la société [14] à lui verser la somme de 2 000,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
— Condamner la société [14] aux entiers dépens de l’instance,
— Juger opposable et commune à la [12] la décision à intervenir,
— Assortir la décision à intervenir de l’exécution provisoire.
La société [14] développe oralement ses écritures et demande à la juridiction de :
— A titre principal, débouter Monsieur [Z] de sa demande de reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur et de l’ensemble de ses demandes à son encontre,
— A titre subsidiaire, débouter Monsieur [Z] de sa demande d’expertise et plus subsidiairement de compléter la mission confiée à l’expert.
La [12] soutient oralement ses écritures et sollicite de la juridiction qu’en cas de reconnaissance de la faute inexcusable de la société [14], cette dernière soit condamnée à lui rembourser les sommes dont elle aura fait l’avance au titre de la majoration de l’indemnité en capital, des préjudices et des frais d’expertise.
Par application des dispositions de l’article 455 du code de procédure civile, il est renvoyé pour un plus ample exposé des moyens des parties aux conclusions qu’elles ont régulièrement soutenues lors de l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré à la date du 3 mars 2025, prorogé au 10 mars 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la faute inexcusable de l’employeur :
Au soutien de ses demandes, Monsieur [Z] soutient que le sol sur lequel il a chuté était revêtu de bandes antidérapantes qui étaient usées. Il ajoute que le sol était mouillé et glissant. Il explique qu’un autre salarié avait déjà été victime d’une chute à cet endroit de sorte que l’employeur ne pouvait ignorer le risque de chute et avait nécessairement conscience du danger auquel il était exposé. Il soutient enfin que l’employeur n’avait pas évalué les risques et n’avait pas respecté son obligation de formation à la sécurité.
La société [14] explique que l’accident survenu trois ans plus tôt était intervenu dans des circonstances très différentes de sorte qu’il ne saurait emporter conscience du danger. Il fait valoir que le passage était doté de bandes antidérapantes et que le constat d’huissier caractérisant leur état d’usage a été établi près de onze mois après les faits de sorte qu’il n’est pas établi qu’elles étaient détériorées le jour de l’accident. Elle indique enfin que la présence d’eau est très limitée et ne saurait expliquer la chute de son salarié.
La [12] s’en rapporte à justice s’agissant de la faute inexcusable de l’employeur.
En vertu de la loi, l’employeur est tenu envers son salarié d’une obligation de sécurité, notamment en ce qui concerne les accidents du travail. Le manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable, au sens de l’article L. 452-1 du code de la sécurité sociale, lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.
La conscience du danger s’apprécie in abstracto par rapport à ce que doit savoir, dans son secteur d’activité, un employeur conscient de ses devoirs et obligations.
Il est indifférent que la faute commise par l’employeur ait été la cause déterminante de l’accident subi par le salarié. Il suffit qu’elle en soit une cause nécessaire pour que la responsabilité de l’employeur soit engagée, alors même que d’autres fautes – en ce compris la faute d’imprudence de la victime – auraient concouru au dommage.
Il appartient au salarié, victime de l’accident du travail, de démontrer que son employeur avait ou aurait dû avoir conscience du risque auquel il était exposé et qu’il n’a pas pris les mesures propres à l’en préserver.
La détermination des circonstances objectives de la survenance d’un accident du travail constitue dès lors le préalable nécessaire à toute recherche de responsabilité de l’employeur.
En l’espèce, la déclaration d’accident du travail, le questionnaire rempli par le salarié et celui rempli par la témoin, Madame [R], permettent d’établir précisément les circonstances de l’accident survenu le 4 juillet 2019 à Monsieur [Z]. Il en ressort que ce dernier a glissé et a chuté sur le sol du laboratoire.
S’agissant de la sécurité des lieux de travail, il résulte de l’article R. 4214-3 du code du travail que les planchers des locaux doivent être non glissants. Au regard de cette obligation particulière de sécurité mise à la charge des employeurs, ces derniers ne peuvent ignorer le risque de chute provoqué par les glissades.
Au demeurant, il résulte du constat d’huissier établi à la requête de Monsieur [Z] qu’au niveau de la zone où est tombé le salarié, des bandes antidérapantes avait été positionnées sur le lieu de l’accident. Il s’en infère que le risque de glissade et de chute avait été identifié par l’employeur.
Ce dernier sera en conséquence regardé comme ayant conscience du danger auquel son salarié était exposé.
L’existence de ce risque impose à l’employeur de faire en sorte que les lieux de travail ne présentent pas de danger pour les salariés et notamment que les sols ne soient pas glissants et ne puissent être à l’origine de chutes de plain-pied.
Sur ce point, il résulte également du constat d’huissier que les bandes antidérapantes étaient très dégradées. Les onze mois séparant l’accident du constat ne sauraient à eux seuls expliquer l’état de dégradation avancé des bandes antidérapantes. En effet, les photographies intégrées dans le constat montrent que celles-ci sont très abîmées au point d’être inexistantes à certains endroits.
En ne s’assurant pas qu’il mettait à la disposition de Monsieur [Z] un environnement de travail n’exposant pas son salarié à un risque de glissades et de chutes de plain-pied, la société [14] a commis une faute inexcusable à l’origine de l’accident dont ce dernier a été victime le 4 juillet 2019.
Sur les conséquences de la faute inexcusable à l’égard de la victime :
Sur la majoration du capital :
En présence d’une faute inexcusable de l’employeur, la victime reçoit une majoration des indemnités en application de l’article L. 452-2 du code de la sécurité sociale.
Seule la faute inexcusable de la victime – entendue comme une faute volontaire, d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience – est susceptible d’entraîner une diminution de la majoration de la rente.
En l’espèce, la faute inexcusable de l’employeur étant reconnue à l’exclusion de toute faute de même nature de la victime, il convient d’ordonner la majoration au taux maximal légal du capital servi en application de l’article L. 452-2 du code de la sécurité sociale.
Cette majoration suivra l’évolution éventuelle du taux d’incapacité permanente partielle reconnu à la victime.
Sur la demande d’expertise :
Aux termes de l’article L. 452-3 du code de la sécurité sociale, « indépendamment de la majoration de rente qu’elle reçoit en vertu de l’article précédent, la victime a le droit de demander à l’employeur devant la juridiction de sécurité sociale la réparation du préjudice causé par les souffrances physiques et morales par elle endurées, de ses préjudices esthétique et d’agrément ainsi que celle du préjudice résultant de la perte ou de la diminution de ses possibilités de promotion professionnelle ».
Ainsi, en cas de faute inexcusable de l’employeur, la victime peut demander à celui-ci la réparation de l’ensemble des dommages non couverts par le livre IV du code de la sécurité sociale.
Il en résulte que la victime ne peut pas prétendre à la réparation des chefs de préjudices suivants déjà couverts :
. Les pertes de gains professionnels actuelles et futures (couvertes par les articles L. 431-1 et suivants, L. 434-2 et suivants du code de la sécurité sociale),
. L’incidence professionnelle indemnisée de façon forfaitaire par l’allocation d’un capital ou d’une rente d’accident du travail (L. 431-1 et L. 434-1 du code de la sécurité sociale) et par sa majoration (L. 452-2 du code de la sécurité sociale),
. Les frais médicaux et assimilés, normalement pris en charge au titre des prestations légales.
En revanche, la victime peut notamment prétendre à l’indemnisation, outre celle des chefs de préjudice expressément visés à l’article L.452-3 du code de la sécurité sociale, :
. Du déficit fonctionnel temporaire, non couvert par les indemnités journalières qui se rapportent exclusivement à la perte de salaire,
. Du déficit fonctionnel permanent, non indemnisé par la rente (Cass. Ass. Plen. 20/01/2023),
. Des dépenses liées à la réduction de l’autonomie, y compris les frais de logement ou de véhicule adapté, à l’exception de l’assistance d’une tierce personne après consolidation (couverte par l’article L.434-2 alinéa 3 du code de la sécurité sociale),
. Du préjudice sexuel, indépendamment du préjudice d’agrément.
Par application de l’article 146 du code de procédure civile, une mesure d’instruction ne peut être ordonnée sur un fait que si la partie qui l’allègue ne dispose pas d’éléments suffisants pour le prouver et ne peut être ordonnée en vue de suppléer la carence de la partie dans l’administration de la preuve.
En l’espèce, Monsieur [Z] justifie de la réalité de son préjudice personnel par la production des éléments médicaux afférents aux soins consécutifs à son accident du travail.
L’évaluation des préjudices nécessitant dans le cas d’espèce une expertise, elle sera ordonnée selon les modalités précisées au dispositif du présent jugement.
La [12] fera l’avance des frais d’expertise.
Sur la demande de provision :
L’importance des lésions consécutives à l’accident du travail et des souffrances qui en ont résulté ainsi que l’importance des séquelles fonctionnelles objectivées par les pièces médicales versées aux débats par le demandeur justifient de lui allouer une provision d’un montant de 3 000,00 euros.
Sur l’action récursoire de la caisse primaire :
En application de l’article L.452-3 du code de la sécurité sociale, la réparation des préjudices alloués à la victime d’un accident du travail dû à la faute inexcusable de l’employeur, indépendamment de la majoration de la rente ou du capital, est versée directement au bénéficiaire par la caisse qui en récupère le montant auprès de l’employeur.
Il en est de même de la majoration de rente ou du capital versé en application de l’article L.452-2 alinéa 6 du code de la sécurité sociale.
Il en est enfin de même s’agissant des frais d’expertise judiciaire.
La [12] est fondée à recouvrer à l’encontre de la société [14] le montant des provisions, des indemnisations complémentaires qui seront éventuellement accordées postérieurement, de la majoration du capital et des frais d’expertise judiciaire.
Sur les demandes accessoires
Compte tenu de l’ancienneté des demandes, l’exécution provisoire sera ordonnée.
Il sera sursis à statuer sur les demandes formulées au titre de l’article 700 du code de procédure civile et des dépens.
PAR CES MOTIFS
Le pôle social du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse, statuant par jugement mixte, contradictoire, rendu en premier ressort par mise à disposition au greffe,
DIT que l’accident du travail dont Monsieur [D] [Z] a été victime le 4 juillet 2019 est dû à la faute inexcusable de son employeur, la SARL [14],
DIT que le capital servi par la [10] en application de l’article L. 452-2 du code de la sécurité sociale sera majoré au montant maximum et que la majoration suivra l’évolution éventuelle du taux d’incapacité attribué,
Avant-dire droit sur la liquidation du préjudice personnel de Monsieur [D] [Z],
ORDONNE une expertise judiciaire et désigne pour y procéder :
Le Docteur [A] [S]
[Adresse 6]
[Localité 8]
Avec pour mission de :
1. Entendre contradictoirement les parties et leurs conseils dans le respect des règles de déontologie médicale ou relatives au secret professionnel,
2. Recueillir les renseignements nécessaires sur l’identité de la victime et sa situation, les conditions de son activité professionnelle, son statut exact, son mode de vie antérieure à l’accident du travail et sa situation actuelle,
3. Se faire communiquer par les parties tous documents médicaux relatifs aux lésions subies, en particulier le certificat médical initial,
4. Fournir le maximum de renseignements sur l’identité de la victime et sa situation familiale, son niveau d’études ou de formation, sa situation professionnelle antérieure et postérieure à l’accident,
5. A partir des déclarations de la victime et des documents médicaux fournis, décrire en détail les lésions initiales, les modalités du traitement, en précisant autant que possible les durées exactes d’hospitalisation et, pour chaque période d’hospitalisation, la nature et le nom de l’établissement, le ou les services concernés et la nature des soins,
6. Retranscrire dans son intégralité les certificats médicaux initiaux et, si nécessaire, reproduire totalement ou partiellement les différents documents médicaux permettant de connaître les lésions initiales et les principales étapes de l’évolution ; prendre connaissance et interpréter les examens complémentaires produits,
7. Décrire un éventuel état antérieur en interrogeant la victime et en citant les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles,
8. Procéder dans le respect du contradictoire à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime,
9. Déterminer la durée du déficit fonctionnel temporaire, période pendant laquelle, pour des raisons médicales en relation certaine et directe avec les lésions occasionnées par l’accident, la victime a dû interrompre totalement ses activités professionnelles ou habituelles ; si l’incapacité fonctionnelle n’a été que partielle, en préciser le taux,
10. Fixer la date de consolidation, qui est le moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent tel qu’un traitement n’est plus nécessaire, si ce n’est pour éviter une aggravation, si la date de consolidation ne peut pas être fixée, décrire l’état provisoire de la victime et indiquer dans quel délai la victime devra être réexaminée,
11. Chiffrer, par référence au « Barème indicatif des déficits fonctionnels séquellaires en droit commun » le taux éventuel de déficit fonctionnel permanent (état antérieur inclus) imputable à l’accident, résultant de l’atteinte permanente d’une ou plusieurs fonctions persistant au moment de la consolidation, le taux de déficit fonctionnel devant prendre en compte, non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques de la victime mais aussi les douleurs physiques et morales permanentes qu’elle ressent, la perte de qualité de vie et les troubles dans les conditions d’existence qu’elle rencontre au quotidien après consolidation ; dans l’hypothèse d’un état antérieur, préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur celui-ci et décrire les conséquences de cette situation,
12. Décrire, en cas de difficultés particulières éprouvées par la victime, les conditions de reprise de l’autonomie et, lorsque la nécessité d’une aide temporaire est alléguée, la consigner et émettre un avis motivé sur sa nécessité et son imputabilité ; indiquer si des dépenses liées à la réduction de l’autonomie sont justifiées et si l’assistance constante ou occasionnelle d’une tierce personne (étrangère ou non à la famille) a été nécessaire avant la consolidation,
13. Dégager, en les spécifiant, les éléments propres à caractériser un préjudice résultant de la perte ou de la diminution de ses possibilités de promotion professionnelle,
14. Décrire les souffrances physiques ou morales résultant des lésions, de leur traitement, de leur évolution et des séquelles de l’accident ; les évaluer selon l’échelle de sept degrés,
15. Déterminer si le logement ou le véhicule de la victime ont nécessité une adaptation,
16. Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique, en précisant s’il est temporaire (avant consolidation) ou définitif ; l’évaluer selon l’échelle de sept degrés,
17. Lorsque la victime allègue l’impossibilité de se livrer à des activités spécifiques sportives ou de loisir ou la gêne dans l’accomplissement de ces pratiques, donner un avis médical sur cette impossibilité ou sur cette gêne et sur son caractère provisoire ou définitif, sans prendre position sur l’existence ou non d’un préjudice afférent à cette allégation,
18. Dire s’il existe un préjudice sexuel ; le décrire en précisant s’il recouvre l’un ou plusieurs des trois aspects pouvant être altérés séparément ou cumulativement, partiellement ou totalement : la libido, l’acte sexuel proprement dit (impuissance ou frigidité) et la fertilité (fonction de reproduction),
19. Dire s’il existe sur le plan médical un préjudice exceptionnel, lequel est défini comme un préjudice atypique directement lié aux handicaps permanents dont reste atteint la victime après sa consolidation,
20. Établir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission,
21. Procéder aux opérations d’expertise, en présence des parties ou celles-ci convoquées et leurs conseils avisés,
22. Faire connaître son acceptation ou son refus d’exécuter sa mission dans le délai de 10 jours à compter de la date à laquelle il aura été informé par le greffe de la consignation de la provision mise à la charge des parties,
DIT qu’en cas de refus ou d’empêchement légitime, il sera procédé aussitôt à son remplacement par ordonnance rendue sur simple requête de la partie la plus diligente, ou même d’office, par le magistrat chargé du contrôle de cette expertise,
DIT que les parties communiqueront à l’expert toutes les pièces dont elles entendent faire état préalablement à la première réunion d’expertise,
DIT que les parties communiqueront ensuite sans retard les pièces demandées par l’expert,
DIT qu’à l’issue de la première réunion d’expertise, l’expert devra communiquer aux parties et au magistrat chargé du contrôle de l’expertise un état prévisionnel de ses frais et honoraires et devra en cas d’insuffisance de la provision consignée demander la consignation d’une provision supplémentaire,
DIT que l’expertise se déroulera dans le respect des règles prescrites par les articles 263 et suivants du code de procédure civile sous le contrôle du magistrat chargé de l’expertise,
DIT que l’expert adressera aux parties une note de synthèse ou un pré-rapport dans lequel elles seront informées de l’état des investigations et des conclusions,
DIT que l’expert recueillera leurs dires et observations, dans le délai maximum d’un mois, et mentionnera expressément dans son rapport définitif la suite donnée aux observations ou réclamations présentées,
RAPPELLE que l’article 173 du code de procédure civile fait obligation à l’expert d’adresser copie du rapport à chacune des parties ou, pour elles, à leur avocat,
DESIGNE le président de la formation qui a ordonné cette mesure pour suivre les opérations d’expertise,
DIT que l’expert déposera son rapport avant le 4 août 2025 au greffe du pôle social du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse,
FIXE le montant de la provision à valoir sur la rémunération de l’expert à la somme de 1 200,00 euros,
ORDONNE la consignation de cette somme par la [9] à la [15] du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse avant le 7 avril 2025,
ALLOUE à Monsieur [D] [Z] une provision d’un montant de 3 000,00 euros à valoir sur l’indemnisation de son préjudice,
DIT que la [10] versera directement à Monsieur [D] [Z] les sommes dues au titre de la provision, de la majoration du capital et de l’indemnisation complémentaire qui sera éventuellement ultérieurement accordée,
DIT que la [10] pourra recouvrer le montant des indemnisations à venir, provision et majoration accordées à Monsieur [D] [Z] ainsi que le coût de l’expertise, à l’encontre de la SARL [14] et CONDAMNE cette dernière à ce titre,
RENVOIE l’examen du dossier pour les conclusions du demandeur à l’audience de mise en état (sans comparution des parties) du 6 octobre 2025 à 14 heures,
SURSOIT à statuer sur les demandes des parties,
RESERVE les dépens,
ORDONNE l’exécution provisoire du présent jugement.
En foi de quoi le Président et le Greffier ont signé le présent jugement.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
Camille POURTAL Arnaud DRAGON
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