Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Caen, 3e ch. civ., 27 avr. 2026, n° 25/03723 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03723 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 15 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CAEN
3ème chambre civile
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 1]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 25/03723 – N° Portalis DBW5-W-B7J-JO2I
Minute : 2026/
Cabinet B
JUGEMENT
DU : 27 Avril 2026
Société [Localité 2]
C/
[N] [G]
Copie exécutoire délivrée le :
à :
Me Marie-france MOUCHENOTTE – 49
Copie certifiée conforme délivrée le :
à :
M. [N] [G]
Me Marie-france MOUCHENOTTE – 49
Préfecture du calvados
JUGEMENT
DEMANDEUR :
Société [Localité 3] [Localité 4] HABITAT
dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Me Marie-france MOUCHENOTTE, avocat au barreau de CAEN, vestiaire : 49
ET :
DÉFENDEUR :
Monsieur [N] [G]
né le 10 Février 1992 à (AFGHANISTAN)
demeurant [Adresse 4]
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Suzanne BURSTEIN, Magistrat à titre temporaire
Greffier : Marie MBIH, Greffier présent à l’audience et lors de la mise à disposition
PROCÉDURE :
Date de la première évocation : 12 Février 2026
Date des débats : 12 Février 2026
Date de la mise à disposition : 27 Avril 2026
EXPOSE DU LITIGE :
Suivant acte sous seing privé établi le 10 AOÛT 2021, l’OPH [Localité 3] LA MER HABITAT dont le siège social est à [Localité 5] [Adresse 5] [Localité 6] [Localité 3] 271.400.020) inscrite sous le numéro 552 046 484, dont le siège social est à [Localité 7] [Adresse 6] venant aux droits de la SA [Adresse 7] [Adresse 8] NORMANDIE a donné à bail à Monsieur [G] [N] un logement situé [Adresse 9] [Adresse 10]
Par acte de commissaire de justice du 6 août 2024, [Localité 8] HABITAT a fait délivrer un commandement de payer la somme de 604,79 euros au titre des loyers et charges impayées à cette date, outre les frais de l’acte,
Ce commandement étant resté infructueux, CAEN LA MER HABITAT a fait assigner [G] [N] devant le juge des contentieux et de la protection du tribunal du céans en date du 2 Sseptembre 2025 par acte de commissaire de justice régulièrement dénoncé au Préfet de CALVADOS auquel il est expressément renvoyé pour l’exposé des moyens conformément à l’article 455 du code de procédure civile, afin de voir :
— constater la résiliation du bail signé le 10 août 2021 par acquisition de la clause résolutoire en date du 6 octobre 2024
— ordonner l’expulsion de [G] [N] , de ses biens et de tout occupant des lieux sis [Adresse 9] [Adresse 11] [Adresse 12] avec si besoin l’assistance de la force publique dans les deux mois suivant la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux,
— le condamner au paiement de :
* la somme de 934,52 € correspondant au montant de l’arriéré des loyers et des charges à la date de l’assignation, somme à parfaire à l’audience, ainsi qu’au paiement des loyers et charges à échoir jusqu’au jour du jugement à intervenir
* d’une indemnité d’occupation équivalente au montant des loyers charges et accessoires régulièrement appelés et révisable selon les mêmes conditions jusqu’à la libération effective des lieux et la remise des clefs
* d’une indemnité de 200 € en application de l’article 700 du code de procédure civile,
* de tous les frais de dépens, en ce compris le coût du commandement de payer, de l’assignation et, le cas échéant, des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui auraient été prises sur les biens et valeurs mobilières des locataires.
— et ordonner l’exécution provisoire de droit.
A l’audience du 12 février 2026, date à laquelle l’affaire a été appelée, [Localité 2] sollicite le bénéfice de leur acte introductif d’instance exposant notamment que le défaut de règlement des loyers et des charges dus dans les deux mois suivant le commandement de payer, les ont amené à se prévaloir de la clause résolutoire prévue par le contrat.
[Localité 8] HABITAT indique que la dette locative du locataire s’élève à la somme totale de 3094,29 €, selon le décompte en date du 2 février 2026,
Régulièrement assigné par dépôt de l’acte à l’étude, [G] [N] ne comparait pas et ne se fait pas représenter,
La présente décision étant susceptible d’appel, elle sera rendue publiquement par jugement réputé contradictoire conformément à l’article 473 alinéa 2 du code de la procédure civile.
MOTIFS DE LA DECISION
1° – Sur la demande de résiliation du bail et charges impayés et d’expulsion :
L’article 24 de la Loi du 6 Juillet 1989, modifié par la loi du 27 Juillet 2023, dispose que, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que six semaines (anciennement deux mois) après un commandement de payer demeuré infructueux. Cette disposition étant une disposition d’ordre public de protection, ce délai demeure de deux mois pour les baux écrits en cours de validité comportant une clause résolutoire.
En l’espèce, la clause résolutoire insérée dans le contrat de bail et rappelée dans le commandement de payer délivré le 6 août 2024 qui prévoit que, faute de paiement à son échéance de tout ou partie du loyer ou des charges et ce, deux mois après un commandement de payer demeuré sans effet, le bail est résilié de plein droit
Il résulte des éléments versés au débat par [Localité 9] MER HABITAT que [G] [N] n’a pas réglé les sommes dues dans les deux mois ayant suivi le commandement.
D’autre part, il est établi par le relevé de compte que le locataire n’est pas à jour de ses loyers et charges.
[G] [N] n’a formulé aucune demande de délais de paiement et de suspension de la clause résolutoire conformément aux articles 24 V et VII de la loi du 6 juillet 1989, modifiés par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023, applicables à la date de l’audience.
Il y a donc lieu de constater la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire à la date du 6 octobre 2024 et d’ordonner l’expulsion de [G] [N] et de tout occupant de son chef, au besoin avec le concours de la force publique.
2°- – Sur la demande en paiement
Aux termes de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En l’espèce, il résulte du contrat de bail et du décompte versés au débat que [G] [N] reste redevable de la somme de 3094,29€ au titre de l’arriéré de loyers, charges et indemnités d’occupation dû au 12 février 2026, somme au paiement de laquelle il convient de le condamner,
3° – Sur la demande d’indemnité d’occupation
La résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire a été constaté en date du 6 octobre 2024. Jusqu’à la complète libération des lieux et/ou la remise des clefs, [G] [N] restent est redevables d’une indemnité d’occupation, contrepartie de l’occupation du bien après résiliation du bail.
Cette indemnité d’occupation qui sera fixé à compter du 6 octobre 2024, est égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus si le bail avait continué à courir, et de condamner [G] [N] à son paiement à compter du 6 octobre 2024, jusqu’à la libération effective des lieux. Le bailleur sera autorisé à indexer l’indemnité d’occupation annuellement
4°- Sur les demandes accessoires
Il apparaît équitable de condamner [G] [N] à payer à [Localité 2] les dépens de l’instance, en application de l’article 696 du code de procédure civile, comprenant les frais de signification du commandement de payer et de l’assignation en justice, ainsi qu’à une somme de 200 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
5°- Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire, de droit
L’exécution provisoire est de droit et celle-ci n’étant pas incompatible avec la nature de l’affaire, il n’y a pas lieu de l’écarter.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux et de la protection, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE la résiliation de plein droit du bail liant [Localité 8] HABITAT à [Localité 10] portant sur le logement sis [Adresse 9] [Adresse 13] [Adresse 14], [Localité 11] [Adresse 15] en date du 6 octobre 2024,
CONDAMNE [G] [N] à payer à [Localité 8] HABITAT la somme de 3094,29 euros selon décompte arrêté au 2 février 2026 avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
ORDONNE, à défaut de départ volontaire des lieux, l’expulsion de [G] [N] , ainsi que celle de tous occupants de son chef, des lieux sis [Adresse 9] [Adresse 16] [Adresse 17], ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L.433-1 et L.433-2 du code de procédure civile, au besoin avec le concours de la force publique, étant rappelé que le logement ne sera considéré comme libéré qu’à condition qu’il soit vide de tous objets et meubles et que les clefs soient restituées à [Localité 2] conformément à l’article 411-11 du code de procédure civile ;
RAPPELLE que l’expulsion ne pourra avoir lieu qu’à l’expiration d’un délai de deux mois suivant le commandement d’avoir à quitter les lieux et dans les conditions de l’article L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
RAPPELLE en outre que, nonobstant toute décision d’expulsion passée en force de chose jugée et malgré l’expiration des délais accordés au locataire, il doit être sursis à toute mesure d’expulsion non exécutée à la date du 1er novembre de chaque année jusqu’au 31 mars de l’année suivante, à moins que le relogement de l’intéressé soit assuré dans les conditions suffisantes respectant l’unité et les besoins des occupants
FIXE le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due par [G] [N] à compter du 6 octobre 2024, date de la résiliation du bail, et jusqu’à la libération définitive des lieux, à une somme égale au montant du loyer mensuel indexé et des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi.
DIT que l’indemnité d’occupation est due au pro-rata temporis et payable à terme, au plus tard le 05 du mois suivant
DIT que le bailleur sera autorisé à indexer le loyer conformément aux dispositions contractuelles du bail résilié
RAPPELLE qu’une personne menacée d’expulsion sans relogement peut :
Former une demande de délais supplémentaires auprès du Juge de l’ExécutionSaisir, sous certaines conditions, la Commission DALO (adresse : DDETS du Calvados, Secrétariat de la Commission DALO, [Adresse 18]) en remplissant le formulaire CERFA n° 15036*01 à retirer à la Préfecture ou à télécharger sur le site service-public.fr.
CONDAMNE [G] [N] aux dépens comprenant les frais de commandement de payer et de l’assignation délivrés dans le cadre de la présente procédure sur le fondement de l’article 696 du code de procédure civile
CONDAMNE [G] [N] à payer à [Localité 2] une somme de 200 sur le fondement de l’article 700 du code de la procédure civile.
DEBOUTE les parties du surplus de leurs demandes plus amples et contraires
RAPPELLE que l’exécution provisoire du présent jugement est de droit
DIT qu’une copie de la présente décision sera transmise par le greffe à la Préfecture du Calvados.
Ainsi jugé et prononcé publiquement par mise à disposition de la décision au greffe, les parties en ayant été préalablement avisées conformément à l’alinéa 2 de l’article 450 du code de procédure civile et, après lecture, la minute a été signée par le juge et le greffier présent lors de la mise à disposition.
Le Greffier Le Juge des contentieux de la protection
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tunisie ·
- Divorce ·
- Mariage ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Autorité parentale ·
- Vacances ·
- Enfant ·
- Obligation alimentaire ·
- Date ·
- Changement
- Coq ·
- Loyer ·
- Bail ·
- Commandement ·
- Locataire ·
- Clause resolutoire ·
- Résiliation ·
- Commissaire de justice ·
- Expulsion ·
- Paiement
- Bail ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement de payer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion ·
- Loyer ·
- Adresses ·
- Titre ·
- Libération ·
- Commerce
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Loyer ·
- Clause resolutoire ·
- Locataire ·
- Adresses ·
- Bailleur ·
- Commandement de payer ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Assignation ·
- Habitat ·
- Résiliation du bail
- Hospitalisation ·
- Réintégration ·
- Idée ·
- Filiation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Certificat ·
- Santé publique ·
- Trouble ·
- Parents ·
- Avis motivé
- Clause resolutoire ·
- Locataire ·
- Loyer ·
- Dette ·
- Commissaire de justice ·
- Bailleur ·
- Délais ·
- Paiement ·
- Commandement de payer ·
- Expulsion
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Renvoi ·
- Ressort ·
- Décret ·
- Juridiction ·
- Contrainte ·
- Procédure ·
- Auxiliaire de justice ·
- Visa ·
- Litige
- Désistement d'instance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dessaisissement ·
- Épouse ·
- Juridiction ·
- Juge ·
- Avocat ·
- Minute ·
- Ordonnance ·
- Charges
- Divorce ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mariage ·
- Portugal ·
- Commissaire de justice ·
- Adresses ·
- Dissolution ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Date ·
- Famille
Sur les mêmes thèmes • 3
- Assemblée générale ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Adresses ·
- Immeuble ·
- Procès-verbal ·
- Copropriété ·
- Résolution ·
- Tribunal judiciaire ·
- Délibération ·
- Notification
- Parents ·
- Avantages matrimoniaux ·
- Mariage ·
- Contribution ·
- Jugement de divorce ·
- Prestation familiale ·
- Date ·
- Débiteur ·
- Prestation ·
- Enfant
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Dominique ·
- Mise en état ·
- Message ·
- Papier ·
- Observation ·
- Syndic ·
- Mutuelle ·
- Audience
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.