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Sur la décision
| Référence : | TJ Châteauroux, jcp civil, 13 févr. 2026, n° 25/00676 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00676 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 23 février 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | ses représentants légaux, S.A. SCALIS |
|---|
Texte intégral
N° RG 25/00676 – N° Portalis DBYE-W-B7J-ECZB /
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Localité 1]
N° RG 25/00676 – N° Portalis DBYE-W-B7J-ECZB
Minute n° 26/00083
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CHATEAUROUX
JUGEMENT DU 13 Février 2026
DEMANDEUR(S) :
S.A. SCALIS prise en la personne de ses représentants légaux,
Service contentieux – [Adresse 2]
représentée par Mme [L], munie d’un mandat écrit
DÉFENDEUR(S) :
Monsieur [N] [W],
demeurant [Adresse 3]
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Charlène PLESSIS
Greffier lors des débats : Nadine MOREAU
Greffier lors du prononcé : Nadine MOREAU
DÉBATS :
Audience publique du : 16 Janvier 2026
DÉCISION :
par défaut
rendue en dernier ressort,
après débats en audience publique et mise à disposition des parties au greffe le 13 Février 2026 par Charlène PLESSIS, Juge des contentieux de la protection assistée de Nadine MOREAU, greffier.
N° RG 25/00676 – N° Portalis DBYE-W-B7J-ECZB /
EXPOSÉ DU LITIGE
En vertu d’un contrat passé par acte sous seing privé prenant effet le 24 novembre 2022, la S.A. Scalis a loué à M. [N] [W] un local à usage d’habitation situé [Adresse 4], moyennant un loyer mensuel initial, révisable, de 261,89 euros hors charges, outre le paiement de la somme de 261 euros au titre du dépôt de garantie.
Un état des lieux d’entrée a été dressé le même jour.
Par courrier réceptionné par la bailleresse le 13 août 2024, le locataire a donné congé. La S.A. Scalis a organisé un état des lieux de sortie le 20 août 2024.
Se prévalant de l’existence d’un arriéré de loyers et de charges et de réparations devant être mis à la charge de M. [N] [W], l’ancienne bailleresse a sollicité qu’une tentative de conciliation soit réalisée. Selon acte du 16 septembre 2025 établi par M. [R] [A], conciliateur de justice, il a été constaté la carence de l’ancien locataire, celui-ci ne s’étant pas manifesté et n’ayant pas donné suite à la proposition faite pour le remboursement de sa dette.
Par acte de commissaire de justice en date du 21 novembre 2025, la S.A. Scalis a fait assigner M. [N] [W] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Châteauroux auquel elle a demandé de condamner le défendeur :
à lui payer la somme de 1 846,53 euros dont 1 612,59 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 28 novembre 2025 et 233,94 euros au titre des réparations locatives, dépôt de garantie déduit, avec intérêts de droit à compter de l’assignation,à lui payer la somme de 120 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,aux entiers dépens, comprenant notamment le coût de l’assignation.
L’affaire a été appelée et retenue lors de l’audience du 16 janvier 2026.
À cette audience, la S.A. Scalis, représentée par sa préposée, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance.
Cité par acte délivré dans les conditions prévues par l’article 659 du code de procédure civile, M. [N] [W] ne comparaît pas, ni personne pour lui.
L’affaire a été mise en délibéré au 13 février 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Selon l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur le paiement de l’arriéré de loyers et de charges et des réparations locatives
Sur l’arriéré de loyers et de charges
Aux termes de l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En l’espèce, la S.A. Scalis verse aux débats l’acte de bail ainsi que le décompte des loyers et charges.
Il ressort de ce décompte que le loyer a été appelé jusqu’au 5 novembre 2024, alors même que l’état des lieux de sortie, signé des deux parties, a été réalisé le 20 août 2024, sans que la bailleresse ne s’explique sur ce point.
Par conséquent, la dette locative de M. [N] [W] sera arrêtée au 20 août 2024, soit à la somme de 1 040,51 euros.
Sur les réparations locatives
L’article 7 c) de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le locataire doit répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat dans les locaux dont il a la jouissance exclusive, à moins qu’il ne prouve qu’elles ont eu lieu par cas de force majeure, par la faute du bailleur ou par le fait d’un tiers qu’il n’a pas introduit dans le logement.
En outre, l’article 7 d) de la même loi énonce que le locataire doit prendre à sa charge l’entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues, ainsi que l’ensemble des réparations locatives définies par décret en Conseil d’État, sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure.
L’article 3-2 de cette loi dispose notamment qu’un état des lieux est établi selon des modalités définies par décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de concertation, dans les mêmes formes et en autant d’exemplaires que de parties lors de la remise et de la restitution des clés. Il est établi contradictoirement et amiablement par les parties ou par un tiers mandaté par elles et joint au contrat de location.
En application de l’article 1353 du code civil, il appartient à celui qui réclame l’exécution d’une obligation de la prouver et en matière de réparations locatives, il appartient en premier lieu au bailleur de prouver que les réparations dont il sollicite l’indemnisation sont imputables au locataire.
L’existence de dégradations locatives s’apprécie par comparaison entre les états des lieux d’entrée et de sortie.
Aux termes des articles 1730 et 1731 du code civil, s’il a été fait un état des lieux entre le bailleur et le preneur, celui-ci doit rendre la chose telle qu’il l’a reçue, suivant cet état, excepté ce qui a péri ou a été dégradé par vétusté ou force majeure. S’il n’a pas été fait d’état des lieux, le preneur est présumé les avoir reçus en bon état de réparations locatives, et doit les rendre tels, sauf la preuve contraire.
Il en résulte que lorsque l’état des lieux de sortie révèle des désordres non mentionnés dans l’état des lieux d’entrée, les travaux ou remplacement d’éléments d’équipement nécessités pour une restitution en bon état sont à la charge du preneur qui est présumé responsable des dégradations intervenues pendant sa jouissance, à moins qu’il puisse se prévaloir d’une cause exonératoire.
En l’espèce, les états des lieux d’entrée et de sortie, signés de toutes les parties, ont été établis contradictoirement entre elles.
La S.A. Scalis sollicite la somme de 233,94 euros, correspondant au montant total de plusieurs réparations locatives.
Si aucun devis ni aucune facture ne sont produits par la partie demanderesse, celle-ci verse aux débats un protocole d’accord collectif de location sur une procédure de départ du locataire en matière de réparations locatives daté du 24 février 1988, lequel mentionne la valeur résiduelle restant à la charge du preneur après abattements pour vétusté en cas de défaut d’entretien et en cas de dégradation volontaire ou de perte.
Le présent bail ayant pris effet le 24 novembre 2022 pour s’achever le 20 août 2024, le locataire a occupé les lieux durant un an, huit mois, trois semaines et six jours.
Il se voit donc appliquer un abattement de vétusté de 5 % et n’est ainsi tenu qu’à 95 % du prix de la réparation locative. Il est en revanche tenu au paiement de la totalité du prix en cas de dégradation volontaire ou de perte.
Par ailleurs, les éléments pour lesquels aucune disposition conventionnelle ne trouve à s’appliquer auraient dû faire l’objet de devis ou de facture pour justifier les montants sollicités. Ces derniers seront toutefois retenus s’ils correspondent aux préjudices allégués.
Pièce concernée
État des lieux d’entrée
État des lieux de sortie
Bien-fondé de la demande
Boîte aux lettres – Barillet
Bon état
Quincaillerie dégradée
Demande fondée
= 55,49 euros
Cuisine – Lumière
État d’usage
Une applique hors service
Demande fondée
= 19,24 euros
Cave – Évacuation des encombrants
Pas de mention donc présomption d’absence d’encombrants
Pas de mention de la présence d’encombrants
Demande non fondée
Salle de bain/WC – Décapage et détartrage des WC
Bon état
Bon état
Demande non fondée
Salle de bain/WC – Cuvette des WC
Bon état
Bon état
Demande non fondée
Salle de bain/WC – Lumière
État d’usage, point rouillé sur support lumineux
Deux spots et une applique hors service
Demande fondée
= 19,24 euros
Clés – Porte d’immeuble
Une clé remise
Aucune clé restituée
Demande fondée
= 33,60 euros
Clés – Porte de cave
Quatre clés remises
Deux clés restituées
Demande fondée
= 24 euros
Clés – Porte d’entrée
Trois clés remises
Une clé restituée
Demande fondée
= 24 euros
Au titre des réparations locatives, le défendeur est donc redevable de la somme de 175,57 euros.
***
Au total, M. [N] [W] sera ainsi condamné au paiement de la somme de 1 040,51 + 175,57 – 261 euros de dépôt de garantie = 955,08 euros, laquelle portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation.
Sur les demandes accessoires
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
M. [N] [W] succombe à l’instance, de sorte qu’il doit être condamné aux entiers dépens, comprenant notamment le coût de l’assignation.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent.
En l’espèce, il n’est pas justifié de ce que des frais nécessaires non compris dans les dépens resteraient à la charge de la demanderesse. Il n’y a donc pas lieu d’allouer d’indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, de sorte que la demande de la S.A. Scalis formée à ce titre sera rejetée.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection,
CONDAMNE M. [N] [W] à verser à la S.A. Scalis la somme de 955,08 euros (décompte arrêté au 20 août 2024) au titre des loyers, charges impayés et réparations locatives, dépôt de garantie déduit, avec intérêts au taux légal à compter du 21 novembre 2025 ;
REJETTE la demande formée par la S.A. Scalis au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE M. [N] [W] aux entiers dépens de la présente instance, qui comprendront notamment le coût de l’assignation.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal judiciaire, le 13 février 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par le juge des contentieux de la protection et par le greffier.
Le greffier, Le juge,
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