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Sur la décision
| Référence : | TJ Évreux, 1re ch. réf., 19 nov. 2025, n° 25/00376 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00376 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 9 février 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | STELLANTIS & YOU FRANCE SAS, S.A. AUTOMOBILES PEUGEOT |
Texte intégral
N° RG 25/00376 – N° Portalis DBXU-W-B7J-IIV4
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’ EVREUX
JURIDICTION DES RÉFÉRÉS
ORDONNANCE DU 19 NOVEMBRE 2025
DEMANDEURS :
Monsieur [V] [G]
né le 30 Décembre 1958 à [Localité 10]
Profession : RETRAITE
de nationalité Française, demeurant [Adresse 5]
Madame [D] [F] épouse [G]
née le 17 Mars 1960 à [Localité 14]
Profession : Retraitée, demeurant [Adresse 4]
représentés par Me Laurent SPAGNOL, avocat au barreau de l’EURE,
DÉFENDEUR :
STELLANTIS & YOU FRANCE SAS
Immatriculée au RCS de [Localité 15], sous le numéro 542 065 479
dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Me François-Xavier MAYOL, avocat au barreau de NANTES, plaidant et par Me Evelyne BOYER, avocat au barreau de l’EURE, postulant, vestiaire : 21
PARTIE INTERVENANTE :
S.A. AUTOMOBILES PEUGEOT,
Immatriculée au RCS de [Localité 15], sous le numéro 552 144 503
dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Me François-Xavier MAYOL, avocat au barreau de NANTES, plaidant et par Me Evelyne BOYER, avocat au barreau de l’EURE, postulant, vestiaire : 21
PRÉSIDENT : Sabine ORSEL
GREFFIER : Christelle HENRY,
DÉBATS : en audience publique du 08 octobre 2025
ORDONNANCE :
— contradictoire, rendue publiquement et en premier ressort,
— mise à disposition au greffe le 19 novembre 2025
— signée par Sabine ORSEL, Présidente du Tribunal Judiciaire et Christelle HENRY, greffier
**************
N° RG 25/00376 – N° Portalis DBXU-W-B7J-IIV4 – ordonnance du 19 novembre 2025
EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
[D] [F] épouse [G] et [V] [G] sont propriétaires d’une automobile de la marque PEUGEOT, modèle 508, immatriculée [Immatriculation 8], qu’ils ont acquis en 2015 moyennant la somme de 35 326 euros TTC.
Se plaignant d’un dysfonctionnement du système antipollution, les époux [G] ont confié leur véhicule à la SAS PSA RETAIL GRAND [Localité 12], désormais SAS STELLANTIS & YOU FRANCE, qui a procédé aux réparations nécessaires moyennant la somme de 505,92 euros TTC.
Le véhicule étant de nouveau affecté de la même panne, les époux [G] l’ont de nouveau confié la SAS STELLANTIS & YOU FRANCE, qui a estimé le coût des travaux à la somme de 1 868,68 euros TTC.
Par courrier du 19 février 2024, les époux [G] ont mis en demeure la SAS STELLANTIS & YOU FRANCE de reprendre les désordres constatés.
L’assureur protection juridique des époux [G] a fait réaliser une expertise amiable du véhicule, dont le rapport du 22 octobre 2024 fait état de désordres affectant le système antipollution consécutifs à une dégradation interne et prématurée de la pompe immergée dans le réservoir d’urée.
Par acte du 11 septembre 2025, [D] [F] épouse [G] et [V] [G] ont fait assigner la SAS STELLANTIS & YOU FRANCE devant le président de ce tribunal, statuant en référé, aux fins de voir ordonner une expertise au visa de l’article 145 du code de procédure civile et réserver les dépens et les frais irrépétibles.
Dans ses dernières conclusions signifiées électroniquement le 3 octobre 2025, la SAS STELLANTIS & YOU FRANCE et la SA AUTOMOBILES PEUGEOT demandent au président de ce tribunal, statuant en référé, de :
— décerner acte à la SA AUTOMOBILES PEUGEOT de ce qu’elle intervient volontairement à la procédure ;
— leur décerner acte qu’elles élèvent des protestations et réserves ;
— compléter la mission de l’expert comme indiqué dans les conclusions ;
— réserver les dépens.
Elles font valoir que la SAS STELLANTIS & YOU FRANCE n’est pas le constructeur du véhicule, mais la SA AUTOMOBILES PEUGEOT.
MOTIVATION
Sur l’intervention volontaire de la SA AUTOMOBILES PEUGEOT
L’article 329 du Code de procédure civile dispose que : « L’intervention est principale lorsqu’elle élève une prétention au profit de celui qui la forme.
Elle n’est recevable que si son auteur a le droit d’agir relativement à cette prétention. »
Il sera décerné acte de son intervention volontaire à la SA AUTOMOBILES PEUGEOT en qualité de constructeur du véhicule litigieux.
Sur la demande d’expertise
L’article 145 du Code de procédure civile dispose que « s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ».
Il résulte de l’article 145 du code de procédure civile que, pour apprécier l’existence d’un motif légitime, pour une partie, de conserver ou établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, il n’appartient pas à la juridiction des référés de trancher le débat de fond sur les conditions de mise en œuvre de l’action que cette partie pourrait ultérieurement engager.
Si la responsabilité du garagiste au titre des prestations qui lui sont confiées n’est engagée qu’en cas de faute, dès lors que des désordres surviennent ou persistent après son intervention, l’existence d’une faute et celle d’un lien causal entre la faute et ces désordres sont présumés. Ni l’incertitude sur l’origine d’une panne ni la difficulté à déceler cette origine ne suffisent à écarter les présomptions pesant sur le garagiste.
La mesure demandée est de l’intérêt de [D] [F] épouse [G] et [V] [G], qui justifient d’un motif légitime en ce qu’ils entendent voir établir la cause du dommage, établi par un rapport d’expertise amiable du 22 octobre 2024, et évaluer le montant de son préjudice au contradictoire de la SAS STELLANTIS & YOU FRANCE, qui a entretenu et procédé aux réparations du véhicule litigieux, et de la SA AUTOMOBILES PEUGEOT, constructeur.
La mesure demandée préserve les droits des autres parties et sera donc ordonnée.
Sur les frais du procès
La partie défenderesse à une demande d’expertise ordonnée sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile ne peut être considérée comme la partie perdante au sens des articles 696 et 700 du même code.
[D] [F] épouse [G] et [V] [G] seront donc tenus aux dépens.
PAR CES MOTIFS
Le président du tribunal judiciaire,
DONNE acte à la SA AUTOMOBILES PEUGEOT de son intervention volontaire ;
ORDONNE une mission d’expertise confiée à :
[W] [E]
[Adresse 6]
Tél : [XXXXXXXX01] [Localité 11]. : 06.15.62.89.79 Fax : 09.81.40.31.92
Mèl : [Courriel 7]
expert inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 13] ;
DIT que l’expert aura pour mission de :
1. Se faire communiquer touts documents et pièces utiles ;
2. Procéder à l’examen du véhicule en présence des parties et de leurs conseils, préalablement convoqués ; décrire son état actuel, le photographier ;
3. Rechercher, dans la mesure du possible, la liste des précédents propriétaires du véhicule et les différentes interventions, remplacements et réparations effectuées ; déterminer si les préconisations du constructeur ont été respectées et, dans le cas contraire, donner son avis sur l’incidence de ce défaut d’entretien sur le ou les désordres allégués ;
4. Examiner les désordres allégués dans l’assignation et les conclusions du demandeur, les décrire, en vérifier l’existence, les photographier le cas échéant, indiquer à quelle date ils sont en apparus, en rechercher les causes ; dire s’ils affectent l’usage attendu du véhicule et si oui, dans quelle mesure ;
5. Rechercher, pour chaque désordre, la cause et la date d’apparition ; fournir tous les éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction compétente au fond de déterminer les responsabilités encourues ;
6. Déterminer pour chaque désordre s’il est était présent au jour de l’intervention de la société STELLANTIS & YOU FRANCE SAS sur le véhicule ou s’il est lié à cette intervention ;
7. Décrire les réparations utiles pour faire disparaître chaque désordre ; les chiffrer ; indiquer la durée prévisible d’immobilisation ;
8. Dire si après l’exécution des travaux, le véhicule restera affecté d’une moins-value ; en ce cas, l’évaluer ;
9. Décrire et quantifier les dépenses supplémentaires supportées par le demandeur en raison des désordres : frais de gardiennage, troubles de jouissance ;
10. Faire toutes observations utiles au règlement du litige ;
DIT que [D] [F] épouse [G] et [V] [G] devront consigner la somme de 2 500 euros, à titre de provision à valoir sur la rémunération de l’expert,à la régie de ce tribunal dans le délai impératif de deux mois à compter de la notification de la présente décision, à peine de caducité de la désignation de l’expert ;
DIT que l’expert, en concertation avec les parties, définira un calendrier prévisionnel de ses opérations à l’issue de la première réunion d’expertise et qu’il actualisera le calendrier en tant que de besoin, notamment en fixant un délai aux parties pour procéder aux extensions de mission nécessaire, aux interventions forcées ;
DIT que dans les trois mois de sa saisine, l’expert indiquera aux parties et au juge chargé du contrôle des expertises le montant prévisible de sa rémunération définitive, notamment au regard de l’intérêt du litige, afin que soit éventuellement fixée une provision complémentaire dans les conditions de l’article 280 du code de procédure civile ;
DIT que préalablement au dépôt de son rapport, l’expert adressera aux parties, le cas échéant par voie électronique uniquement, un pré-rapport, répondant à tous les chefs de la mission et destiné à provoquer leurs observations ; qu’il devra fixer aux parties un délai d’au moins quatre semaines pour le dépôt de leurs dires éventuels, leur rappellera qu’il n’est pas tenu de répondre aux observations transmises après cette date limite et précisera la date de dépôt de son rapport ;
DIT que l’expert devra déposer son rapport au greffe de la juridiction, accompagné des pièces jointes (qui pourront être transmises sur un support numérique), dans le délai de 9 mois à compter de la date de réception de l’avis de consignation de la provision, sauf prorogation de ce délai dûment sollicité en temps utile de manière motivée auprès du juge chargé du contrôle des expertises ;
RAPPELLE que l’expert joindra au dépôt du rapport d’expertise sa demande de rémunération et que les parties disposeront alors de 15 jours pour formuler auprès du juge du contrôle des expertises leurs observations sur cette demande ;
RAPPELLE que l’expert pourra recueillir des informations orales, ou écrites, de toutes personnes susceptibles de l’éclairer ;
RAPPELLE qu’en vertu des dispositions de l’article 278 du code de procédure civile, l’expert peut prendre l’initiative de recueillir l’avis d’un technicien d’une spécialité distincte de la sienne, et DIT que, dans une telle éventualité, il devra présenter au magistrat chargé du contrôle des expertises une demande de consignation complémentaire correspondant à la rémunération possible du sapiteur ;
DIT que l’expert joindra au rapport d’expertise :
— la liste exhaustive des pièces consultées ;
— le nom des personnes convoquées aux opérations d’expertise en précisant pour chacune d’elle la date d’envoi de la convocation la concernant et la forme de cette convocation ;
— le nom des personnes présentes à chacune des réunions d’expertise ;
— la date de chacune des réunions tenues ;
— les déclarations des tiers entendus par lui, en mentionnant leur identité complète, leur qualité et leurs liens éventuels avec les parties ;
— le cas échéant, l’identité du technicien dont il s’est adjoint le concours, ainsi que le document qu’il aura établi de ses constatations et avis – document qui devra également être joint à la note de synthèse ou au projet de rapport ;
DÉSIGNE le juge chargé du contrôle des expertises de ce tribunal à effet de suivre l’exécution de cette mesure d’instruction ;
RAPPELLE qu’en application de l’article 275 du code de procédure civile, les parties doivent remettre sans délai à l’expert tous les documents que celui-ci estime nécessaires à l’accomplissement de sa mission ; qu’à défaut, la production sous astreinte de ces documents peut être ordonnée par le juge ;
RAPPELLE qu’en application de l’article 273 du code de procédure civile, les experts doivent informer le juge de l’avancement de leurs opérations et diligences ;
DIT qu’en cas de difficultés, l’expert ou les représentants des parties en référeront immédiatement au juge chargé du service du contrôle des expertises au besoin à l’adresse suivante : [Courriel 9] ;
DIT que si les parties viennent à se concilier, l’expert, conformément à l’article 281 du code de procédure civile, constatera que sa mission est devenue sans objet et en fera rapport au juge chargé du contrôle des expertises ;
CONDAMNE [D] [F] épouse [G] et [V] [G] aux entiers dépens ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Le greffier Le président
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