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Sur la décision
| Référence : | TJ Évry, 8e ch., 29 avr. 2026, n° 26/00720 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00720 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 8 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE D'[Localité 1]-[Localité 2]
8ème Chambre
MINUTE N°
DU : 29 Avril 2026
AFFAIRE N° RG 26/00720 – N° Portalis DB3Q-W-B7J-RNJO
NAC : 72I
Jugement Rendu le 29 Avril 2026
FE Délivrées le :
__________________
ENTRE :
Syndicat des Copropriétaires [Adresse 1], situé [Adresse 2] à [Localité 3] par son Syndic en exercice le cabinet KALLIA IMMOBILIER, société à responsabilité limitée, au capital social de 10 000,00 euros, dont le siège social est situé au [Adresse 3], immatriculée au RCS d'[Localité 1]-[Localité 2] sous le numéro 893 667 659,
représenté par Maître Priscillia MIORINI de la SELAS AVOCATS ASSOCIES MIORINI, avocate au barreau de l’ESSONNE
DEMANDEUR
ET :
Monsieur [A] [L], demeurant [Adresse 4]
non comparant
DEFENDEUR
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Anne-Simone CHRISTAU, Juge, statuant selon la procédure accélérée au fond conformément aux dispositions de l’article 481-1 du code de procédure civile selon délégation du Président du tribunal judiciaire
Assistée de Madame Sarah TREBOSC, greffière lors des débats et de la mise à disposition au greffe
DEBATS :
Vu l’assignation selon procédure accélérée au fond du 28 Janvier 2026,
L’affaire a été plaidée à l’audience du 19 Mars 2026 et mise en délibéré au 29 Avril 2026
JUGEMENT : Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe,
Réputé contradictoire et en premier ressort.
EXPOSÉ DU LITIGE
M. [A] [L] est propriétaire des lots numéros 33 et 214 au sein de la résidence en copropriété [Etablissement 1] sise [Adresse 5] à [Localité 4].
Par acte de commissaire de justice en date du 28 janvier 2026, le Syndicat des copropriétaires [Adresse 6], représenté par son syndic en exercice, le cabinet KALLIA IMMOBILIER, a fait assigner selon la procédure accélérée au fond, telle que prévue par l’article 481-1 du Code de procédure civile, M. [A] [L] devant le président du tribunal judiciaire d’ÉVRY-COURCOURONNES, aux fins de voir :
— Condamner M. [L] [A] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 7] [Adresse 1] la somme de 4 291,08 euros, à titre d’arriéré de charges de copropriété, charges jusqu’au 1er trimestre 2026 inclus,
— Condamner M. [L] [A] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 7] [Adresse 1] les frais exposés par le syndicat pour le recouvrement de sa créance, soit la somme de 2 216,00 euros, qui sera imputée au seul défendeur, au titre des charges générales d’administration et ce, tant en application du Règlement de Copropriété qu’en application de l’article 10-1 de la Loi du 10 juillet 1965 que du décret 2015-342 du 26 mars 2015 et de son annexe 1 (point 9.1 du Contrat type),
— Condamner M. [L] [A] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 7] [Adresse 1] la somme de 1 200,00 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive en application des dispositions des articles 1231-1 et suivants du Code Civil,
— Condamner M. [L] [A] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8] la somme de 2 200,00 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile, étant donné qu’il serait inéquitable que le demandeur supporte les frais, non compris dans les dépens, qu’il a dû engager pour obtenir satisfaction de ses droits,
— Condamner M. [L] [A] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8] des intérêts au taux légal à compter du 19/06/2025, date de la mise en demeure,
— Ordonner la capitalisation annuelle des intérêts dûs, conformément à l’article 1343-2 du Code Civil,
— Dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la décision à intervenir,
— Condamner M. [L] [A] aux entiers dépens.
Au soutien il explique que le compte de M. [A] [L] est débiteur depuis plusieurs années, que les quelques règlements intervenus sont très insuffisants pour solder l’arriéré et qu’à aucun moment M. [A] [L] n’a pris contact avec le syndic de copropriété afin de trouver une solution visant au règlement de l’arriéré de charges de copropriété.
Il ajoute que, les charges de copropriété constituant les seules ressources du syndicat des copropriétaires, tout copropriétaire qui ne règle pas ses charges met en péril l’équilibre de la trésorerie du syndicat des copropriétaire, aggrave les dépenses par les frais de contentieux générés et oblige les autres copropriétaires à supporter le paiement de ces charges en sus de leurs propres charges, mettant également en danger l’équilibre de leur budget.
A l’audience du 19 mars 2026, le Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] a comparu par avocat et a maintenu l’intégralité des demandes figurant dans son assignation introductive d’instance.
M. [A] [L], bien que régulièrement assigné, n’a pas comparu à l’audience.
Pour un exposé exhaustif des prétentions des parties, le tribunal se réfère expressément aux dernières écritures telles que reprises oralement à l’audience, par application de l’article 455 du code de procédure civile.
Les parties présentes ont été avisées de la date à laquelle la décision sera rendue par mise à disposition au greffe.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande de paiement des charges de copropriété :
Selon l’article 10 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer :
— aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées ;
— aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales ;
— et de verser au fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5.
Aux termes de l’article 14-1 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 (modifié par la loi n°2021-1104 du 22 août 2021 – art.171-1-1°) :
“ I – Pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent.
Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes.
La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale.
II – Ne sont pas comprises dans le budget prévisionnel les dépenses du syndicat pour travaux, dont la liste est fixée par décret en Conseil d’État. Les sommes afférentes à ces dépenses sont exigibles selon les modalités votées par l’assemblée générale.”
L’article 14-2-1 (modifié par la loi n°2021-1104 du 22 août 2021 – art.171-1-3°) dispose que :
« I. – Dans les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation, le syndicat des copropriétaires constitue un fonds de travaux au terme d’une période de dix ans à compter de la date de la réception des travaux de construction de l’immeuble, pour faire face aux dépenses résultant:
1) De l’élaboration du projet de plan pluriannuel de travaux mentionné à l’article 14-2 et, le cas échéant, du diagnostic technique global mentionné à l’article L.731-1 du code de la construction et de l’habitation;
2) De la réalisation des travaux prévus dans le plan pluriannel de travaux adopté par l’assemblée générale des copropriétaires;
3) Des travaux décidés par le syndic en cas d’urgence, dans les conditions prévues au troisième alinéa du I de l’article 18 de la présente loi;
4) Des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, à la préservation de la santé et de la sécurité des occupants et à la réalisation d’économies d’énergie, non prévus dans le plan pluriannuel de travaux.
Ce fonds de travaux est alimenté par une cotisation annuelle obligatoire. Chaque copropriétaire contribue au fonds selon les mêmes modalités que celles décidées par l’assemblée générale pour le versement des provisions du budget prévisionnel.
Lorsque l’assemblée générale a adopté le plan pluriannuel de travaux mentionné à l’article 14-2, le montant de la cotisation annuelle ne peut être inférieur à 2,5 % du montant des travaux prévus dans le plan adopté et à 5 % du budget prévisionnel mentionné à l’article 14-1. A défaut d’adoption d’un plan, le montant de la cotisation annuelle ne peut être inférieur à 5 % du budget prévisionnel mentionné au même article 14-1.
L’assemblée générale, votant à la majorité des voix de tous les copropriétaires, peut décider d’un montant supérieur.(…)”
L’article 19-2 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 (modifié par la loi n°2021-1104 du 22 août 2021) dispose que « à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1. »
En l’espèce, le Syndicat des copropriétaires [Adresse 9]ESTE verse aux débats la lettre de mise en demeure datée du 19 juin 2025, adressée en recommandé avec avis de réception à M.[L] [A], l’avis de réception portant la mention cochée “Pli avisé et non réclamé”.
Aux termes de cette lettre, le syndicat des copropriétaires sollicite le règlement dans le délai de trente jours de la somme de 758,60 euros correspondant aux appels de provisions et fonds travaux ALUR des 1er et 2ème trimestres 2025 au titre du budget prévisionnel de l’année 2025, et rappelle les dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 et les conséquences de son application.
Il est établi que cette lettre de mise en demeure n’a pas été suivie d’effet.
Elle emporte en conséquence la possibilité pour le syndicat des copropriétaires de réclamer toutes sommes dues au titre des appels de fonds de travaux visés à l’article 14-2 et des appels provisionnels de charges, échus ou à échoir, dès lors qu’ils résultent de budgets prévisionnels régulièrement votés par l’assemblée générale.
Conformément à l’article 1353 du code civil, il appartient au syndicat des copropriétaires de prouver l’existence et le montant de la créance qu’il allègue à l’encontre du copropriétaire défendeur et de produire le procès-verbal de la ou des assemblées générales approuvant les comptes des exercices correspondants et les budgets prévisionnels.
En l’espèce, le Syndicat de copropriétaires [Adresse 6] produit, au soutien de sa demande en paiement :
— le justificatif de la qualité de copropriétaire du défendeur qui indique les tantièmes représentés par ses lots dans la copropriété ;
— un décompte de créance sur la période du 1er janvier 2023 au 1er janvier 2026, appel de fonds 1T 2026 et appel travaux 1T 2026, faisant apparaître un solde débiteur de 4 291,08 euros,
— un décompte de frais,
— les appels de fonds des années 2023, 2024 et 2025 et du 1er trimestre 2026,
— les régularisations de charges des années 2022, 2023 et 2024,
— une attestation de tentative de médiation en date du 22 septembre 2025,
— la facture d’ESSONNE MEDIATION & ARBITRAGE,
— les procès-verbaux des assemblées générales des copropriétaires comportant approbation des comptes, vote des budgets prévisionnels et travaux des 17 juin 2022, 28 juin 2023, 6 juin 2024 et 4 juin 2025,
— le règlement de copropriété du 24 mars 1994 et son modificatif des 28 et 30 décembre 1999,
— et le contrat de syndic.
Il démontre ainsi que sa demande en paiement de l’arriéré des charges de copropriété est bien fondée en son principe.
Toutefois, le Syndicat des copropriétaires réclame la condamnation de M. [A] [L] au paiement d’un arriéré de charges sur une période s’arrêtant au 1er janvier 2026, appels de fonds 1T 2026 et travaux 1T 2026 inclus.
Or, la mise en demeure adressée le 19 juin 2025 à M. [A] [L] portait sur une somme de 758,60 euros correspondant aux appels de provisions et fonds travaux ALUR des 1er et 2ème trimestres 2025 au titre du budget prévisionnel de l’année 2025.
La 3ème chambre civile de la Cour de Cassation a rendu un arrêt le 15 janvier 2026 aux termes duquel elle précise que “le syndicat des copropriétaires n’est recevable à agir sur le fondement de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 qu’en paiement de provisions dues au titre de l’article 14-1 ou du I de l’article 14-2, ayant fait l’objet d’une mise en demeure, qu’il ne peut demander le paiement des provisions des exercices postérieurs à celui au titre duquel la demande initiale a été formée que s’il justifie d’une nouvelle mise en demeure de payer une provision restée impayée et qu’il ne peut demander le paiement de sommes restant dues au titre des exercices non visés par une mise en demeure, pour lesquels les comptes du syndicat n’ont pas encore été approuvés”.
Il s’ensuit qu’au vu de cet arrêt le syndicat des copropriétaires devait justifier d’une nouvelle mise en demeure de payer une provision impayée au titre de l’exercice 2026.
Par conséquent, à défaut de justifier d’une nouvelle mise en demeure de payer une provision restée impayée au titre de l’exercice 2026, la demande en paiement du Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 10] sera déclarée irrecevable en ce qui concerne les appels de provision et fonds de travaux ALUR du 1er trimestre 2026.
Il résulte de ce qui précède que la demande en paiement du Syndicat des copropriétaires [Adresse 11] D’ESTE au titre de l’arréré de charges sera limitée à la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025, et n’inclura pas les appels de charges courantes et fonds travaux loi ALUR du 1er trimestre 2026, qu’il convient de déduire de la somme réclamée par le syndicat des copropriétaires.
Il convient également de déduire du montant réclamé par le syndicat des copropriétaires la somme de 50,40 euros débitée le 10 octobre 2024 au titre de “appel provision 1 BIP du 10/10/2024", à défaut de production d’un justificatif.
Ainsi il est établi que la créance à laquelle le Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] peut prétendre à titre d’arriéré de charges et appels de fonds travaux loi ALUR, sur la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025, appels de fonds 4T 2025 et appel travaux 4T 2025 inclus, s’élève à la somme de 3 840,35 euros (= 4 291,08€-380,70€-19,63€-50,40€).
Conformément aux dispositions de l’article 1231-6 du code civil, cette dette produira des intérêts au taux légal sur la somme de 758,60 euros à compter du 19 juin 2025, date la mise en demeure, et pour le surplus à compter du 28 janvier 2026, date de l’assignation introductive d’instance.
En application des dispositions de l’article 1343-2 du code civil, les intérêts échus dus au moins pour une année entière produiront des intérêts.
Sur la demande de dommages et intérêts :
Selon l’article 1231-1 du code civil, le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure.
Il est constant qu’il appartient à celui qui réclame la réparation d’un préjudice de prouver tant celui-ci que la faute qui en est à l’origine et le lien de causalité entre ceux-ci.
En l’espèce, à l’examen du décompte et des appels de provisions versés aux débats, il apparaît que M. [A] [L] n’a pas effectué de règlement depuis le 1er octobre 2024.
En l’espèce, le demandeur ne caractérise pas la mauvaise foi de M. [A] [L], laquelle ne se présume pas d’autant que celui-ci a effectué un versement de 1600 euros le 3/10/2024.
Au surplus il ne justifie pas subir un préjudice distinct de celui compensé par l’octroi des intérêts moratoires.
Il y a donc lieu de débouter le Syndicat des copropriétaires de sa demande d’indemnisation.
Sur les frais de recouvrement exposés par le syndicat :
En vertu de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, le copropriétaire qui succombe dans l’instance judiciaire l’opposant au syndicat doit supporter seul les frais nécessaires exposés pour le recouvrement de sa dette ; frais de mise en demeure, de relance, de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, droits et émoluments des actes des huissiers de justice, et droit de recouvrement et d’encaissement à la charge du débiteur.
Cette liste n’est pas limitative, les frais réclamés devant toutefois être justifiés.
Il convient d’ajouter que les frais de recouvrement ne sont nécessaires au sens de l’artice 10-1 précité que s’ils sortent de la gestion courante du syndic et traduisent des diligences réelles, inhabituelles et nécessaires propres à permettre au syndicat des copropriétaires de recouvrer une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire défaillant.
En l’espèce, le Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] réclame une somme de 2 216,00 euros au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965.
Les frais de relance des 16 septembre 2024, 13 mars 2025 et 21 octobre 2025 n’apparaissent pas bien fondés .
Il n’est en effet pas établi que les lettres des 16 septembre 2024 et 13 mars 2025, versées aux débats, ont été envoyées par lettre recommandée avec accusé de réception faute de production des accusés de réception.
En ce qui concerne la relance du 21 octobre 2025, celle-ci n’est pas produite.
Les frais intitulés “Honoraires Avocat” de 168,00 euros, “Honoraires représentation médiation” de 180,00 euros, “Honoraires de transmission à Avocat” de 150,00 euros et “Honoraires avocat” de 1 453,00 euros ne sont pas des frais nécessaires en application stricto sensu de l’article 10-1 de la loi de 1965 et doivent être rejetés.
Ces frais correspondent à des actes élémentaires d’administration de la copropriété faisant partie de ses fonctions habituelles, le fait que le contrat de syndic prévoit une rémunération spécifique à titre d’honoraires supplémentaires de cette activité n’en changeant pas la nature.
Le demandeur n’apporte pas la preuve que ces frais traduisent des diligences exceptionnelles propres à lui permettre de recouvrer la créance auprès du défendeur.
Quant aux honoraires institulés “Honoraires Médiateur” de 175,00 euros, le contrat de syndic ne prévoit pas leur prise en charge.
En conséquence, le Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] sera débouté de sa demande au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965.
Sur les dépens, les frais irrépétibles et l’exécution provisoire :
M. [A] [L], qui succombe, sera condamné aux dépens de l’instance.
Il sera par ailleurs condamné à payer une somme de 1 200,00 euros au Syndicat des copropriétaires [Adresse 6], par application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Il sera rappelé que la présente décision est exécutoire à titre provisoire en application des dispositions de l’article 481-1-6° du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement selon la procédure accélérée au fond, par jugement réputé contradictoire mis à disposition au greffe, et en premier ressort,
DECLARE irrecevable la demande en paiement du Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] des appels de provision et fonds de travaux ALUR du 1er trimestre 2026;
CONDAMNE M. [A] [L] à payer au Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] la somme de 3 840,35 euros à titre d’arriéré de charges et appels de fonds travaux loi ALUR, sur la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025, appels de fonds 4T 2025 et appel travaux 4T 2025 inclus, avec intérêts au taux légal sur la somme de 758,60 euros à compter du 19 juin 2025, date la mise en demeure, et pour le surplus à compter du 28 janvier 2026, date de l’assignation introductive d’instance, et ce jusqu’à parfait paiement;
ORDONNE la capitalisation des intérêts échus dus au moins pour une année entière dans les conditions prévues par l’article 1343-2 du code civil;
DEBOUTE le Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] de sa demande au titre des dommages et intérêts;
DEBOUTE le Syndicat des copropriétaires [Adresse 6] de sa demande au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965;
CONDAMNE M. [A] [L] à payer au Syndicat des copropriétaires VILLA D’ESTE la somme de 1 200,00 euros, en application de l’article 700 du code de procédure civile;
CONDAMNE M. [A] [L] aux entiers dépens;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Ainsi fait et rendu le VINGT NEUF AVRIL DEUX MILLE VINGT SIX, par Anne-Simone CHRISTAU, Juge, assistée de Sarah TREBOSC, Greffière, lesquelles ont signé la minute du présent Jugement.
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
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