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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, réf., 19 nov. 2024, n° 24/01229 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01229 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
— o-o-o-o-o-o-o-o-o-
Service Référé
N° RG 24/01229 – N° Portalis DBZS-W-B7I-YRNN
SL/ST
JUGEMENT PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND
DU 19 NOVEMBRE 2024
DEMANDERESSE :
Syndicat de copropriété de la RESIDENCE [Adresse 2] pris en la personne de son syndic SERGIC
[Adresse 2]
[Localité 3]
représentée par Me Julien BRIOUT, avocat au barreau de LILLE
DÉFENDEURS :
M. [J] [V]
[Adresse 1]
[Localité 6] BELGIQUE
non comparant
M. [S] [V]
[Adresse 5]
[Localité 4]
non comparant
PRÉSIDENT : Samuel TILLIE, Premier Vice-Président adjoint, suppléant le Président en vertu des articles R. 311-17 et R. 311-21 du Code de l’Organisation Judiciaire
GREFFIER : Sébastien LESAGE
DÉBATS à l’audience publique du 29 Octobre 2024
JUGEMENT mis en délibéré au 19 Novembre 2024
LE PRÉSIDENT
Après avoir entendu les parties comparantes ou leur conseil et avoir mis l’affaire en délibéré, a statué en ces termes :
Messieurs [J] [V] et [S] [V] sont propriétaires du lot n°30 dépendant d’un immeuble situé [Adresse 2] à [Localité 7] (Nord) soumis au régime de la copropriété dont le syndic en exercice est la S.A.S. Sergic.
Par actes séparés du 25 juillet 2024, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble, pris en la personne de son syndic, a fait assigner MM. [J] [V] et [S] [V] devant le président du tribunal judiciaire de Lille statuant selon la procédure accélérée au fond aux fins de voir condamner in solidum les parties défenderesses sous le bénéfice de l’exécution provisoire au paiement des sommes suivantes :
— 2 121,64 € avec intérêts de droit à compter de la lettre de mise en demeure du 22 janvier 2024 à concurrence de 1 239,28 € et, pour le surplus, à compter de l’assignation,
— 1 500 € à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive,
— 1 500,00 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
— Condamner in solidum les défendeurs aux dépens.
L’affaire appelée la première fois à l’audience du 1er octobre 2024. Après un renvoi à la demande des parties, elle a été retenue à l’audience du 29 octobre 2024.
Le syndicat des copropriétaires, représenté par son avocat, sollicite le bénéfice de son exploit introductif d’instance.
Bien que régulièrement assignés, respectivement par remise de l’acte à domicile et à personne, les défendeurs n’ont pas comparu.
Il est renvoyé à l’assignation pour un plus ample exposé des motifs conformément aux dispositions des articles 446-1 et 455 du code de procédure civile.
A l’issue du débat, la décision a été mise en délibéré pour être prononcée par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la non-comparution du défendeur et l’office du juge
L’article 472 du code de procédure civile énonce que « si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond » et que « le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ».
L’article 473 du même code dispose que « lorsque le défendeur ne comparaît pas, le jugement est rendu par défaut si la décision est en dernier ressort et si la citation n’a pas été délivrée à personne. Le jugement est réputé contradictoire lorsque la décision est susceptible d’appel ou lorsque la citation a été délivrée à la personne du défendeur ».
En l’espèce, il convient donc de statuer dans les conditions de l’article 472 par décision réputée contradictoire conformément à l’article 473.
Sur les charges de copropriété
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 telle que modifiée, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot et aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
L’article 14-1 de cette loi prévoit que « Pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent, Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes. La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale ».
En application de l’article 19-2 de cette même loi, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1 et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. Cet article est également applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1.
Il résulte des dispositions d’ordre public de l’article 19-2 que le syndicat des copropriétaires peut exiger, après une mise en demeure infructueuse à l’issue du délai de trente jours, le paiement immédiat des provisions échues et à échoir dès lors qu’elles ont fait l’objet d’un vote du syndicat des copropriétaires dans le cadre du budget prévisionnel et/ou d’un fonds de travaux.
L’obligation à la dette existe dès lors que l’assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic et qu’aucun recours n’a été formé par le copropriétaire dans les délais prévus à l’article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965.
En vertu de l’article 35 du décret du 17 mars 1967, les appels provisionnels auxquels procède le syndic, dans les limites et sous les conditions prévues par ce texte, constituent une créance certaine, liquide et exigible.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires verse aux débats :
— un relevé de propriété établissant la qualité de copropriétaire de la partie défenderesse (pièce n°1),
— les relevés individuels de charges et appel de fonds (pièce n°6),
— le relevé de compte arrêté au 8 juillet 2024 (pièce n°4),
— les procès-verbaux des assemblées générales de 2023 (ayant approuvé le budget prévisionnel de 2022, 2023, 2024 et 2024) (pièce n°5),
— le contrat de syndic (pièce n°6),
— la mise en demeure du 22 janvier 2024 (pièce n°2).
Le syndicat des copropriétaires présente une réclamation à hauteur de 1 543,04 €, correspondant à la créance qu’il estime détenir à l’égard des défendeurs, selon décompte arrêté au 8 juillet 2024.
Le décompte inclut cependant des frais non justifiés, qui ne constituent pas des “frais nécessaires” au sens de l’article 10-1 a) de la loi du 10 juillet 1965. A ce titre, il y a lieu de déduire du montant sollicité 123 €.
La dette des défendeurs s’élève donc à la somme de 1420, 04 euros s’agissant des charges de copropriété impayées incluant les sommes dues au titre du troisième trimestre 2024.
Il convient de les condamner à payer ce montant au syndicat des copropriétaires en précisant que cette somme produira intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure pour les causes qui y sont visées (1256, 02 €) et à compter de la présente décision pour le surplus.
Messieurs [V] se trouvent également redevables des appels de fonds, non encore échus mais devenus exigibles, à défaut de versement dans le délai de 30 jours après mise en demeure conformément aux dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, soit selon les pièces justificatives produites, la somme de 578,60 € au taux légal à compter de l’assignation.
Sur les dommages et intérêts pour résistance abusive
Les manquements de Messieurs [V] à leur obligation de régler les charges de copropriété à échéance sans exposer de raisons pouvant expliquer cette carence sont constitutifs d’une faute causant préjudice à la collectivité des copropriétaires, privée d’une partie des fonds nécessaires à la gestion et à l’entretien de l’immeuble ; ce préjudice financier étant certain et distinct de celui réparé par les intérêts moratoires, d’où il suit que la partie défenderesse sera condamnée au paiement de la somme de 200 € à titre de dommages-intérêts.
Sur les dépens et frais irrépétibles
Messieurs [V], qui succombent, supporteront les dépens et seront en outre condamnés à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 2] pris en la personne de son syndic la SAS Sergic, la somme de 750 €, sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, au titre des sommes que cette partie a dû exposer pour assurer sa représentation et la préservation de ses droits, qu’il serait inéquitable de laisser à sa charge.
La présente décision est exécutoire en application des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant selon la procédure accélérée au fond, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, mis à disposition au greffe,
Condamne in solidum M. [J] [V] et M. [S] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 2] à [Localité 7], pris en la personne de son syndic, la S.A.S. Sergic, 1 420, 04 € (mille quatre cent vingt euros et quatre centimes) au titre des charges de copropriété et de travaux selon décompte arrêté au 8 juillet 2024, appel du trimestre troisième trimestre 2024 inclus, avec intérêt au taux légal à compter du 11 juillet 2024 à concurrence de 1 256,02 € et à compter de la présente décision pour le surplus ;
Condamne in solidum M. [J] [V] et M. [S] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 2] à [Localité 7], pris en la personne de son syndic, la S.A.S. Sergic, 578,60 € (cinq cent soixante-dix-huit euros et soixante centimes) au titre des appels de fonds, non encore échus mais devenus exigibles avec intérêt au taux légal à compter de la présente décision ;
Condamne in solidum M. [J] [V] et M. [S] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 2] à [Localité 7], pris en la personne de son syndic, la S.A.S. Sergic, 200 € (deux cents euros) à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive ;
Condamne in solidum M. [J] [V] et M. [S] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 2] à [Localité 7], pris en la personne de son syndic, la S.A.S. Sergic, 750 € (sept cent cinquante euros) sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
Condamne M. [J] [V] et M. [S] [V] aux dépens.
Rappelle que le présent jugement est exécutoire de droit.
Le présent jugement a été signé par le Président et le greffier.
LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
Sébastien LESAGE Samuel TILLIE
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