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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, tptg, 16 mars 2026, n° 25/13297 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/13297 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 23 avril 2026 |
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Sur les parties
| Parties : |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITE DE TOURCOING
N° RG 25/13297 – N° Portalis DBZS-W-B7J-2F7H
JUGEMENT
DU : 16 Mars 2026
S.A. 3F NOTRE LOGIS
C/
[D] [U]
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 16 Mars 2026
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR
S.A. 3F NOTRE LOGIS, dont le siège social est sis [Adresse 1]
comparante en la personne de Mme [L] [C], chargée de recouvrement et de contentieux muni d’un pouvoir
ET :
DÉFENDEUR
M. [D] [U], demeurant [Adresse 2]
non comparant
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 16 Janvier 2026
Catherine DEREGNAUCOURT, Juge, assisté(e) de Saïda SELLATNIA, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 16 Mars 2026, date indiquée à l’issue des débats par Catherine DEREGNAUCOURT, Juge, assisté(e) de Kelly PIETIN, Greffier
EXPOSE DU LITIGE
La SA 3F NOTRE LOGIS est propriétaire d’un local à usage d’habitation sis [Adresse 3].
Par acte sous seing privé en date du 26.06.2024 la SA 3F NOTRE LOGIS a conclu un bail à usage d’habitation portant sur cet immeuble avec Monsieur [D] [U] moyennant le paiement d’un loyer mensuel initial de 402,75 €.
Plusieurs loyers étant restés impayés et Monsieur [D] [U] n’ayant pas justifié d’une assurance locative en cours de validité, un commandement de payer et d’avoir à justifier de la souscription d’une assurance contre les risques locatifs visant les clauses résolutoires insérées au bail d’habitation a été délivré à Monsieur [D] [U] le 07.07.2025.
Par acte de commissaire de justice en date du 19.09.2025, la SA 3F NOTRE LOGIS a fait assigner Monsieur [D] [U] devant le tribunal de proximité de Tourcoing.
A l’appui de son action, la partie demanderesse invoquait notamment la délivrance au preneur du commandement visant les clauses résolutoires insérées dans le contrat de bail.
Ce commandement étant demeuré infructueux, le bailleur sollicitait donc la constatation de l’acquisition du jeu de la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers et des charges ainsi que pour défaut de souscription d’une assurance contre les risques locatifs et, subsidiairement, le prononcé de la résiliation du bail pour ces mêmes motifs, l’expulsion immédiate de Monsieur [D] [U] avec si besoin le concours de la force publique, ainsi que sa condamnation au paiement des sommes suivantes :
— 4025,89 € représentant l’arriéré de loyers et de charges avec intérêts au taux légal à compter du commandement pour la somme visée et de l’assignation pour le surplus ;
— l’actualisation des sommes dues au jour de l’audience ;
— une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant équivalent à celui du loyer majoré des charges assorties des augmentations légales, et ce jusqu’à la libération effective des lieux ;
— 500 € de dommages et intérêts ;
— 500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens.
La partie demanderesse sollicitait également le bénéfice de l’exécution provisoire.
A l’audience du 16.01.2026, le juge des contentieux et de la protection demande aux parties si une procédure de surendettement est actuellement en cours d’instruction, ou en cours d’exécution, au bénéfice de Monsieur [D] [U].
La SA 3F NOTRE LOGIS représentée par son conseil comparaît et maintient l’intégralité de ses prétentions et de son argumentation dans les termes de son assignation. Elle actualise sa créance à la somme de 6175,60 € à la date du 15.01.2026. Elle précise ne pas avoir été avisé de l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au profit de Monsieur [D] [U].
Monsieur [D] [U], assigné par procès verbal de recherches infructueuses, n’a pas comparu.
A l’issue des débats, l’affaire est mise en délibéré au 16.03.2026.
Motivation
En vertu de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
I. Sur la demande en paiement au titre des loyers et des charges impayés et les délais de paiement
En vertu de l’article 7 a de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En application de l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989, le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la loi.
La preuve de l’obligation d’acquitter l’arriéré de loyers et de charges réclamé dans l’assignation est rapportée par la production aux débats du contrat de bail, du commandement de payer et du décompte détaillé des sommes dues arrêté au 15.01.2026.
L’existence et le montant de cette dette ne sont pas contestables.
Il convient, en conséquence, de condamner Monsieur [D] [U] au paiement de la somme de 6175,60 € au titre de l’arriéré locatif arrêté au 15.01.2026.
En application de l’article 1153 du code civil dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016 (devenu les articles 1231-6 et 1344-1 du code civil), il y a lieu de dire que cette somme produira intérêts au taux légal à compter de l’assignation.
II. Sur la résiliation du contrat de bail et ses conséquences
A- Sur la clause résolutoire pour défaut d’assurance
Aux termes de l’article 7 g de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de s’assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire et d’en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur ; la justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant ; toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance du locataire ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux ; ce commandement reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent alinéa.
En l’espèce, le contrat de bail rappelle que le locataire est tenu de s’assurer contre les risques locatifs, et d’en justifier une fois par an au bailleur.
Ce contrat contient en outre, une clause résolutoire en application de laquelle en cas d’absence de souscription par le locataire d’une assurance contre les risques locatifs le contrat de bail peut être résilié un mois après un commandement demeuré infructueux.
Par ailleurs, la SA 3F NOTRE LOGIS a fait délivrer à Monsieur [D] [U], par acte d’huissier en date du 07.07.2025 un commandement d’avoir à justifier d’une assurance contre les risques locatifs visant la clause résolutoire du bail et reproduisant les dispositions de l’article 7 g de la loi du 6 juillet 1989.
Ce commandement délivré par remise de l’acte en l’étude est demeuré sans effet dans le délai imparti d’un mois.
Enfin, Monsieur [D] [U] n’a pas justifié au cours de la procédure judiciaire de la souscription d’une assurance contre les risques locatifs en cours de validité.
La clause résolutoire pour défaut d’assurance est donc acquise depuis le 07.08.2025, et il y a lieu, en conséquence, de constater la résiliation du bail d’habitation à compter de cette date et d’ordonner l’expulsion de l’occupant.
B- Sur l’indemnité d’occupation
En occupant sans droit ni titre les lieux loués depuis le 07.08.2025, Monsieur [D] [U] cause un préjudice au bailleur qui sera réparé par l’allocation d’une indemnité d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail,et ce à compter du 07.08.2025 et jusqu’à son départ définitif.
Cette indemnité sera payable selon les mêmes modalités que le loyer initial, et le bailleur pourra procéder à la régularisation des charges et il sera tenu, le cas échéant, d’en déduire le montant mensuel de la réduction du loyer de solidarité.
III .Sur la demande de dommages et intérêts
En vertu de l’article 1153 alinéa 4 du Code civil, “le créancier auquel le débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance”.
En l’espèce, la demanderesse ne rapporte pas la preuve d’un quelconque préjudice distinct du simple retard de paiement.
La SA 3F NOTRE LOGIS sera donc déboutée de sa demande de dommages et intérêts pour résistance abusive.
IV. Sur les demandes accessoires
1) Sur les dépens
En application de l’article 696 du code de procédure civile, Monsieur [D] [U], partie qui succombe au litige, sera condamné aux dépens de l’instance, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation.
2) Sur les frais irrépétibles
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, la partie condamnée aux dépens est condamnée à verser à l’autre une indemnité au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
En l’espèce, il convient de condamner Monsieur [D] [U] à verser au demandeur une telle indemnité, dont il est équitable de fixer le montant à la somme de 350 €.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Tourcoing, statuant publiquement, par décision réputé contradictoire rendue en premier ressort
CONDAMNE Monsieur [D] [U] à payer à la SA 3F NOTRE LOGIS la somme de 6175,60 € au titre de l’arriéré locatif arrêté au 15.01.2026 avec intérêts au taux légal à compter du 19.09.2025 ;
CONSTATE la résiliation du bail d’habitation du 26.06.2024 à compter du 07.08.2025 ;
DIT qu’à défaut pour Monsieur [D] [U] d’avoir libéré les lieux DEUX MOIS après la signification du commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, avec l’assistance de la force publique si besoin est, et au transport des meubles laissés dans les lieux aux frais de la personne expulsée dans un lieu désigné par elle et, à défaut, il sera procédé comme il est dit à l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE Monsieur [D] [U] à payer à la SA 3F NOTRE LOGIS une indemnité d’occupation égale au montant mensuel du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail, s’élevant actuellement à la somme de 531,49 € à compter du 07.08.2025 et jusqu’à la libération effective des lieux ;
DIT que cette indemnité est payable selon les mêmes modalités que le loyer initial et que le bailleur pourra procéder à la régularisation des charges ;
DIT que le bailleur sera tenu, le cas échéant, de déduire de l’indemnité d’occupation échue le montant de la réduction du loyer de solidarité ;
CONDAMNE Monsieur [D] [U] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer et de l’assignation ;
CONDAMNE Monsieur [D] [U] à payer à la SA 3F NOTRE LOGIS la somme de 350€ au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
DEBOUTE la SA 3F NOTRE LOGIS de sa demande de dommages et intérêts ;
DEBOUTE les parties du surplus de leurs demandes ;
RAPPELLE que la présente décision est assortie de l’exécution provisoire de droit conformément aux dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe les jour, mois et an susdits,
Le Greffier Le juge des contentieux de la protection
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