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Sur la décision
| Référence : | TJ Lyon, ctx protection soc., 4 déc. 2025, n° 23/01573 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 23/01573 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 29 décembre 2025 |
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Texte intégral
MINUTE N° :
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 7]
POLE SOCIAL – CONTENTIEUX GENERAL
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
JUGEMENT DU :
MAGISTRAT :
ASSESSEURS :
DÉBATS :
PRONONCE :
AFFAIRE :
NUMÉRO R.G :
04 Décembre 2025
Julien FERRAND, président
Miren-Amaya FABREGOULE DECHENAUX, assesseur collège employeur
Marie-José MARQUES, assesseur collège salarié
assistés lors des débats et du prononcé du jugement par Doriane SWIERC, greffiere
tenus en audience publique le 09 Octobre 2025
jugement réputé contradictoire, rendu en dernier ressort, le 04 Décembre 2025 par le même magistrat
[10] VENANT AUX DROITS DE LA [4] C/ Monsieur [L] [M]
N° RG 23/01573 – N° Portalis DB2H-W-B7H-YJLE
DEMANDERESSE
[10] VENANT AUX DROITS DE LA [4], dont le siège social est sis [Localité 2]
représentée par la SELAS EPILOGUE AVOCATS, avocats au barreau de LYON,
DÉFENDEUR
Monsieur [L] [M],
demeurant [Adresse 1]
non comparant, ni représenté
Notification le :
Une copie certifiée conforme à :
[10] VENANT AUX DROITS DE LA [4]
[L] [M]
la SELAS [5], vestiaire : 1733
Une copie revêtue de la formule exécutoire :
[10] VENANT AUX DROITS DE LA [4]
la SELAS [5], vestiaire : 1733
Une copie certifiée conforme au dossier
EXPOSE DU LITIGE
Par courrier recommandé du 6 mai 2023, Monsieur [L] [M] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de former opposition à la contrainte établie le 11 avril 2023 par le Directeur de l’URSSAF et signifiée le 25 avril 2023 pour un montant de 4 330,20 € en cotisations et majorations de retard dues au titre de l’exercice 2022.
Aux termes de son courrier d’opposition, Monsieur [M] conteste le calcul des cotisations au regard de ses revenus.
Aux termes de ses conclusions et de ses observations formulées oralement à l’audience du 9 octobre 2025, l'[8] ([9]) [6] venant aux droits de la [3] ([4]) sollicite la validation de la contrainte à hauteur de 4 330,20 € en cotisations et majorations de retard dues au titre de l’exercice 2022 et la condamnation de Monsieur [M] au paiement de cette somme et d’une indemnité de 300 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Elle fait valoir :
— que Monsieur [M], affilié à la [4] depuis le 1er octobre 1997 en qualité de métreur, est tenu au paiement de cotisations obligatoires pour ses droits à la retraite et pour sa couverture invalidité-décès ;
— que le fait que l’adhérent soit à la retraite ne le dispense pas de cotiser à la [4] et ce, conformément à l’article L. 643-6 alinéa 1er du code de la sécurité sociale ;
— que la cotisation 2022 au titre du régime de retraite de base a été appelée, à titre provisionnel, sur la base d’une taxation d’office, faute pour l’adhérent d’avoir déclaré ses revenus 2021 ;
— que les revenus 2022 étant inconnus, la cotisation définitive au titre de la retraite de base est inchangée ;
— que la cotisation 2022 au titre du régime de retraite complémentaire a été appelée sur la base d’une taxation d’office en l’absence de connaissance des revenus 2021 du cotisant soit en classe A ;
— que Monsieur [M] a été dispensé du paiement de la cotisation invalidité-décès pour l’exercice 2022 compte tenu de son âge et conformément aux statuts de la Caisse.
Monsieur [M] s’est présenté à la première audience fixée au 3 avril 2024 et le 7 janvier 2025, déposant à cette occasion des conclusions exposant qu’il est retraité depuis le 1er juillet 2020 et que sa santé s’est détériorée, et sollicitant que la contrainte soit réduite à la somme de 477 €.
Il n’a pas comparu aux autres audiences, et le dossier a été renvoyé à six reprises. Il a été informé par la dernière convocation du renvoi à l’audience du 9 octobre 2025, des modalités de représentation, et de la possibilité d’exposer ses moyens par courrier conformément aux dispositions de l’article R.142-10-4 du code de la sécurité sociale.
Régulièrement convoqué par courrier recommandé dont l’accusé de réception a été signé le 10 septembre 2025, il n’a pas comparu.
MOTIFS DE LA DÉCISION :
Sur le statut de retraité :
La loi “Fillon” n° 2003-775 du 21 août 2003, entrée en vigueur le 1er janvier 2004, a créé le dispositif du cumul emploi-retraite qui autorise un retraité à travailler dans la limite d’un plafond.
Ainsi, l’article L. 643-6 alinéa 1er du code de la sécurité sociale prévoit que : “ Les dispositions du premier alinéa de l’article L. 161-22 ne font pas obstacle à l’exercice d’une activité relevant du régime d’assurance vieillesse des professions libérales et procurant des revenus inférieurs à un seuil déterminé dans des conditions fixées par décret.”
Il s’ensuit que le cotisant qui se trouve, en application des articles susvisés, dans une situation de cumul emploi-retraite doit, du fait de l’exercice d’une activité libérale, s’acquitter de cotisations obligatoires auprès de la [4].
En l’espèce, il n’est pas contesté que Monsieur [L] [M] exerce une profession libérale pour être affilié à la [4] depuis le 1er octobre 1997 en qualité de métreur.
Il ressort des pièces versées aux débats par la caisse que Monsieur [M] a fait valoir ses droits à la retraite au 1er juillet 2020.
Aucune radiation de l’activité libérale n’est enregistrée par la Caisse et Monsieur [M] reste tenu au paiement des cotisations résultant de la poursuite de son activité libérale.
Sur le bien-fondé de la contrainte
Selon l’article L.131-6-2 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable au litige, « Les cotisations sont dues annuellement. Elles sont calculées, à titre provisionnel, en pourcentage du revenu d’activité de l’avant-dernière année. Pour les deux premières années d’activité, les cotisations provisionnelles sont calculées sur un revenu forfaitaire fixé par décret après consultation des conseils d’administration des organismes de sécurité sociale concernés.
Lorsque le revenu d’activité de la dernière année écoulée est définitivement connu, les cotisations provisionnelles, à l’exception de celles dues au titre de la première année d’activité, sont recalculées sur la base de ce revenu.
Lorsque le revenu d’activité de l’année au titre de laquelle elles sont dues est définitivement connu, les cotisations font l’objet d’une régularisation.
Par dérogation au deuxième alinéa, sur demande du cotisant, les cotisations provisionnelles peuvent être calculées sur la base du revenu estimé de l’année en cours.
Lorsque le revenu définitif est supérieur de plus d’un tiers au revenu estimé par le cotisant, une majoration de retard est appliquée sur la différence entre les cotisations provisionnelles calculées dans les conditions de droit commun et les cotisations provisionnelles calculées sur la base des revenus estimés, sauf si les éléments en la possession du cotisant au moment de sa demande justifiaient son estimation. Le montant et les conditions d’application de cette majoration sont fixés par décret.
Lorsque les données nécessaires au calcul des cotisations n’ont pas été transmises, celles-ci sont calculées dans les conditions prévues à l’article L. 242-12-1 ».
Selon l’article L. 242-12-1 du même code, applicable en l’espèce, « Lorsque les données nécessaires au calcul des cotisations n’ont pas été transmises, celles-ci sont calculées à titre provisoire par les organismes chargés du recouvrement sur une base majorée déterminée par référence aux dernières données connues ou sur une base forfaitaire.
Dans ce cas, il n’est tenu compte d’aucune exonération dont pourrait bénéficier le cotisant.
Le cotisant reste tenu de fournir les données mentionnées au premier alinéa. Sous réserve qu’il continue d’en remplir les conditions éventuelles, le montant des cotisations finalement dues tient alors compte des exonérations applicables. Le cotisant est, en outre, redevable d’une pénalité calculée sur ce montant et recouvrée sous les mêmes garanties et sanctions que ces cotisations.
Les modalités d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’Etat ».
Il résulte de ces dispositions légales qui se suffisent à elles-mêmes que l’organisme est tenu de procéder à la régularisation des cotisations des assurés au titre du régime de retraite de base et du régime de retraite complémentaire lorsque le revenu professionnel est définitivement connu.
L’URSSAF a détaillé les modalités de calcul des cotisations visées par la contrainte.
La cotisation 2022 au titre du régime de retraite de base appelée à titre provisionnel a été fixée à 2 597 € sur taxation d’office, faute pour l’adhérent d’avoir déclaré ses revenus 2021 dans les délais.
La cotisation 2022 au titre du régime de retraite complémentaire a été calculée à titre définitif sur la base d’une taxation d’office en l’absence de déclaration des revenus 2021, soit en classe A pour une somme forfaitaire de 1 527 €.
Aucune cotisation 2022 au titre de l’invalidité-décès n’a été réclamée par la Caisse à Monsieur [M] compte tenu de son âge et conformément à l’article 4.5 alinéa 3 des statuts de la Caisse.
La créance est dès lors fondée à hauteur de 4 124 € en cotisations dues au titre de l’exercice 2022.
Les majorations de retard appliquées par l’organisme du fait de l’absence de règlement dans les délais impartis s’élèvent à 206,20 €.
La créance est fondée dans son principe et justifiée dans son montant par les pièces produites aux débats et les explications données.
Il convient par conséquent de valider la contrainte établie le 11 avril 2023 pour un montant total de 4 330,20 € en cotisations et majorations de retard dues au titre de l’exercice 2022.
Sur les autres demandes
Aux termes de l’article R. 133-6 du code de la sécurité sociale : “les frais de signification de la contrainte faite dans les conditions de l’article R. 133-3, ainsi que de tous actes de procédure nécessaires à son exécution, sont à la charge du débiteur, sauf lorsque l’opposition a été jugée fondée.”
L’opposition étant recevable mais mal fondée, les frais de signification de la contrainte, dont il est justifié pour un montant de 73,04 €, seront mis à la charge de Monsieur [M].
Il apparaît conforme à l’équité de laisser aux parties la charge des frais exposés non compris dans les dépens.
Monsieur [M] sera condamné au paiement des entiers dépens.
PAR CES MOTIFS
Le Pôle Social du Tribunal Judiciaire de Lyon, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en dernier ressort,
Valide la contrainte émise le 11 avril 2023 et signifiée le 25 avril 2023 pour une somme totale de 4 330,20 € en cotisations et majorations de retard dues au titre de l’exercice 2022 ;
Condamne Monsieur [L] [M] à payer à l’URSSAF [6] venant aux droits de la [4] la somme de 4 330,20 € ;
Condamne Monsieur [L] [M] au paiement des frais de signification de la contrainte, d’un montant de 73,04 € ;
Déboute les parties de leurs autres demandes ;
Rappelle que la décision du tribunal est exécutoire de droit à titre provisoire et que tous les actes de procédure nécessaires à l’exécution de la contrainte, sont à la charge du débiteur ;
Condamne Monsieur [L] [M] au paiement des entiers dépens.
Ainsi jugé et mis à disposition au greffe du tribunal, le 4 décembre 2025, et signé par le président et la greffière.
LA GREFFIERE LE PRESIDENT
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