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Sur la décision
| Référence : | TJ Lyon, ppp pole circuit court, 30 avr. 2026, n° 25/03401 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03401 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 9 mai 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | Pôle de la proximité et de la protection |
|---|
Texte intégral
DOSSIER N° RG 25/03401 – N° Portalis DB2H-W-B7J-3D6Y
Jugement du :
30/04/2026
MINUTE N°
PPP PÔLE CIRCUIT COURT
Copie exécutoire délivrée
le :
à : GLH
Expédition délivrée
le :
à : Mme [D] [H]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON
PÔLE DE LA PROXIMITE ET DE LA PROTECTION
JUGEMENT
A l’audience publique du tribunal judiciaire tenue le Jeudi trente Avril deux mil vingt six
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
JUGE : WOUM-KIBEE Fanny
GREFFIER : CESARI Carol
ENTRE :
DEMANDERESSE
E.P.I.C. GRAND LYON HABITAT,
dont le siège social est sis 2 place de Francfort – Immeuble Terra Mundi – 69003 LYON
représentée par Mme [Y] [W] (Chargée de recouvrement) muni d’un pouvoir spécial
d’une part,
DEFENDEURS
Madame [D] [H],
demeurant 16 rue de la Solidarité – 6ème étage – 69008 LYON
comparante en personne
Monsieur [A] [H],
demeurant 16 rue de la Solidarité – 6ème étage – 69008 LYON
non comparant, ni représenté
Cités à étude par acte de commissaire de justice en date du 30 Juillet 2025.
d’autre part
Date de la première audience : 06/02/2026
Date de la mise en délibéré : 30/04/2026
Tribunal Judiciaire de Lyon
Pôle de la proximité et de la protection
67 rue Servient 69433 Lyon cedex 3
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé du 24 mai 2012, l’E.P.I.C GRAND LYON HABITAT, ci après le bailleur, a donné à bail à monsieur [A] [H] et madame [D] [H], pour une durée de 1 an, un local à usage d’habitation sis 16 rue de la Solidarité 69008 LYON moyennant un loyer mensuel initial de 462,32 euros, outre provision sur charges.
Suivant acte sous seing privé du 24 mai 2012, l’E.P.I.C GRAND LYON HABITAT, ci après le bailleur, a donné à bail à monsieur [A] [H] et madame [D] [H], pour une durée de 1 mois renouvelable par tacite reconduction, un garage n°0805 03 2006 sis 16 rue de la Solidarité 69008 LYON moyennant un loyer mensuel initial de 50 euros.
Par acte de commissaire de justice du 03 septembre 2024 visant la clause résolutoire insérée dans le bail, le bailleur a fait délivrer à monsieur [A] [H] et madame [D] [H] un commandement de payer la somme de 4865,51 euros.
***
Par acte de commissaire de justice du 30 juillet 2025, le bailleur a fait assigner monsieur [A] [H] et madame [D] [H] afin de voir :
constater ou à défaut prononcer la résiliation du bail liant les parties et ordonner l’expulsion de monsieur [A] [H] et madame [D] [H],condamner solidairement monsieur [A] [H] et madame [D] [H] à lui payer:
la somme de 10172,83 euros selon état de créance arrêté au 30 juillet 2025, avec actualisation le jour des débats,une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et des charges jusqu’à libération effective des locaux,la somme de 400 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile,ordonner l’exécution provisoire de la décision,condamner solidairement monsieur [A] [H] et madame [D] [H] aux dépens.
Lors des débats, le bailleur actualise sa demande en paiement à un montant de 11457,63 euros pour loyers, charges et indemnités d’occupation selon état de créance arrêté au 05 février 2026 et maintient ses autres demandes.
Il précise que les difficultés sur l’approvisionnement en eau dans le logement évoquées par la locataire ne sont pas imputables au bailleur mais à “Eau du Grand Lyon”.
Il indique que la locataire n’a pas respecté les mesures imposées par la commission de surendettement de la Banque de France dans sa décision du 13 mai 2025.
Il déclare que le loyer courant est repris.
Madame [D] [H] comparait en personne.
Elle déclare être divorcée de monsieur [A] [H] depuis 2021, elle en justifie en produisant un jugement du juge aux affaires familiales mentionnant que le divorce a été prononcé le 21 octobre 2021.
Elle précise avoir perdu son emploi.
Elle évoque une absence d’eau dans le logement durant 1an et demi.
Elle indique avoir 4 enfants à charge, percevoir 1080 euros par mois de chomage et 1000 euros de la CAF.
Elle déclare avoir repris le paiement du loyer courant depuis le mois d’août 2025.
Elle sollicite des délais de paiement suspensif.
Tribunal Judiciaire de Lyon
Pôle de la proximité et de la protection
67 rue Servient 69433 Lyon cedex 3
Bien que régulièrement cité à étude monsieur [A] [H] ne comparaît pas et et la présente décision est susceptible d’appel
Par conséquent, il sera statué par jugement réputé contradictoire en application de l’article 474 du code de procédure civile.
L’affaire est mise en délibéré à ce jour.
*
* *
SUR QUOI,
LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION,
— Sur la dette locative
Selon l’article 7 de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En application de ces dispositions légales et en l’absence de contestation de monsieur [A] [H] et madame [D] [H], le bailleur est fondé en sa demande en paiement solidaire de la somme de 11457,63 euros correspondant aux loyers et charges impayés jusqu’au mois de janvier 2026 selon état de créance en date du 05 février 2026.
— Sur la résiliation du bail
En application de l’article 24 de la loi du 06 juillet 1989 dans sa version applicable au cas d’espèce, le bail ayant été conclu avant l’entrée en vigueur de la loi 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite dite loi Kasbarian, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. Ce délai de deux mois est justement repris dans le commandement de payer les loyers et les charges qui a été notifié par le bailleur au locataire.
Le bailleur a régulièrement suivi la procédure imposée par l’article 24 précité et a , dans les délais impartis par la loi, notifié sa demande au Représentant de l’Etat et signalé à l’organisme payeur des aides au logement la situation d’impayés dans les conditions réglementaires.
En exécution de la clause résolutoire insérée dans le contrat de location, le bailleur est, en conséquence, en droit de se prévaloir de la résiliation du bail à la date du 04 novembre 2024 après avoir fait délivrer au locataire le commandement susmentionné demeuré infructueux.
— Sur les délais de paiement
Selon l’article 24V de la loi du 6 juillet 1989 modifié par la loi Kasbarian du 27 juillet 2023, le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l’article 1343-5 du code civil s’applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa.
Il ressort des débats à l’audience que madame [D] [H] a repris le versement intégral du loyer courant (loyer hors APL) avant la date de l’audience et apparaît en situation de régler sa dette locative dans le délai légal.
En considération des éléments évoqués à l’audience il convient d’accorder des délais de paiement comme il sera dit au dispositif de la présente décision.
Par application de l’article 24VII de la loi du 6 juillet 1989, lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou le locataire et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévue au V et VI et présent article.
En l’espèce il convient de suspendre les effets de la clause résolutoire pendant le cours des délais.
En revanche, en cas d’inobservation des délais de paiement ou de défaut de règlement du loyer courant, le bailleur pourra se prévaloir de la résiliation du bail et le locataire sera redevable d’une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été exigibles en cas de continuation de la location.
— Sur les autres demandes
L’équité ne conduit pas à faire application de l’article 700 du Code de procédure civile.
Aucune circonstance particulière de l’affaire n’impose d’écarter l’exécution provisoire de droit en application de l’article 514 du Code de procédure civile.
Conformément aux dispositions de l’article 696 du Code de procédure civile, monsieur [A] [H] et madame [D] [H] doivent supporter solidairement les dépens qui comprendront le coût du commandement de payer.
*
* *
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection,
statuant publiquement par jugement réputé contradictoire, en premier ressort et mis à disposition au greffe,
Condamne solidairement monsieur [A] [H] et madame [D] [H] à payer à l’E.P.I.C GRAND LYON HABITAT la somme de 11457,63 euros correspondant au montant des loyers et charges dus jusqu’au mois de janvier 2026 selon état de créance du 05 février 2026,
Constate qu’est encourue la résiliation du bail consenti par l’E.P.I.C GRAND LYON HABITAT à monsieur [A] [H] et madame [D] [H] sur les locaux à usage d’habitation sis 16 rue de la Solidarité 69008 LYON par application de la clause de résiliation de plein droit,
Constate qu’est encourue la résiliation du bail consenti par l’E.P.I.C GRAND LYON HABITAT à monsieur [A] [H] et madame [D] [H] sur le garage sis 16 rue de la Solidarité 69008 LYON par application de la clause de résiliation de plein droit,
Autorise monsieur [A] [H] et madame [D] [H] à s’acquitter de leur dette locative par 35 mensualités de 315 euros, la première mensualité étant exigible au plus tard le 20 du mois suivant celui de la signification du jugement, les échéances ultérieures au plus tard le 20 de chaque mois suivant et la 36 ème correspondant au solde de la dette,
Dit que pendant les délais ainsi accordés les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus ; que, si monsieur [A] [H] et madame [D] [H] règlent leur dette conformément aux délais accordés et s’acquittent du loyer courant pendant le cours de ces délais, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué et le bail se poursuivra,
En revanche, si monsieur [A] [H] et madame [D] [H] ne règlent pas leur dette conformément aux délais accordés ou ne paient pas le loyer courant pendant le cours de ces délais,
Dit que la clause résolutoire reprendra son plein effet et que le bail sera résilié à compter du 04 novembre 2024 huit jours après l’envoi d’une lettre recommandée de mise en demeure restée infructueuse,Ordonne la libération des lieux et, à défaut, l’expulsion de monsieur [A] [H] et madame [D] [H] tant de leur personne que de leurs biens, ainsi que celle de tous occupants de leur chef, au besoin avec l’assistance de la force publique, deux mois après signification d’un commandement de quitter les lieux,Condamne solidairement monsieur [A] [H] et madame [D] [H] à payer à l’E.P.I.C GRAND LYON HABITAT, à compter de la date de résiliation jusqu’à libération effective des lieux, une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de cessation du bail,Dit en outre qu’en cas de défaut de règlement d’une mensualité huit jours après une mise en demeure restée infructueuse, le bailleur pourra réclamer l’intégralité de la dette locative restant due,
Dit n’y avoir lieu à application de l’article 700 du Code de procédure civile,
Rappelle que la présente décision est exécutoire de plein droit ;
Rejette le surplus des demandes de l’E.P.I.C GRAND LYON HABITAT,
Condamne in solidum monsieur [A] [H] et madame [D] [H]aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 03 septembre 2024,
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition les jour, mois et an susdits
par le Président et le Greffier susnommés.
Le Greffier Le Président
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