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Sur la décision
| Référence : | TJ Montbéliard, jcp, 8 oct. 2025, n° 25/00167 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00167 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTBÉLIARD
RUE MOZART – 25209 MONTBELIARD CEDEX -
03.81.90.70.00
N° RG 25/00167 – N° Portalis DBXR-W-B7J-D464
Nature affaire : 5AA
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
DU 08 OCTOBRE 2025
JUGE DES CONTENTIEUX
DE LA PROTECTION
PARTIE DEMANDERESSE :
S.A. NEOLIA, demeurant 34 rue de de la Combe aux Biches – 25205 MONTBÉLIARD
représentée par Maître Richard BELIN de la SELARL REFLEX NORD FRANCHE-COMTE, avocats au barreau de BELFORT
PARTIE DÉFENDERESSE :
Madame [G] [S]
née le 10 Décembre 1989 à BELFORT (90000), demeurant 20 rue des Jardins – 25150 PONT-DE-ROIDE
non comparante
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS :
Antoine GALLETTI : Président
Hugues CHIPOT : Greffier
DÉBATS :
à l’audience du 3 septembre 2025
ORDONNANCE :
Réputée contradictoire, premier ressort
Prononcée publiquement par mise à disposition au greffe le 08 Octobre 2025 et signé par Antoine GALLETTI, Juge des Contentieux de la Protection et Hugues CHIPOT, greffier.
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé en date du 2 août 2023, prenant effet le 1er août 2023, la SA NEOLIA a consenti un bail d’habitation à madame [G] [S] portant sur un immeuble à usage d’habitation sis 20 rue des jardins, 25200 PONT-DE-ROIDE pour un loyer mensuel révisable de 287,93 euros.
Un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré le 17 décembre 2024. La situation d’impayé a été signalée à la CAF en date du 27 novembre 2024.
Selon acte de commissaire de justice en date du 22 mai 2025, dénoncé à Monsieur le préfet du Doubs par voie électronique le 27 mai 2025, la SA NEOLIA a fait assigner en référé madame [G] [S] devant le Juge des Contentieux de la Protection de ce siège aux fins de :
Constater que madame [G] [S], n’a pas obtempéré au commandement de payer délivré le 17 décembre 2024 ;Constater que le bail liant les parties se trouve résilié de plein droit ;Juger et ordonner en conséquence que madame [G] [S], devra libérer de sa personne et de ses biens, ainsi que de tous occupants de son chef, le logement qu’elle occupe à PONT-DE-ROIDE, 20 rue des jardins ;Juger que faute par elle de ce faire, elle y sera contrainte par toutes voies et moyens de droit et notamment avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier si besoin est ;La condamner à payer à la SA NEOLIA, à titre provisionnel, la somme de 1 187,80 euros au titre des loyers et indemnités d’occupation dus au 30 avril 2025 ;A compter du 1er mai 2025, la condamner à payer mensuellement à la société NEOLIA une indemnité d’occupation d’un montant égal à celui des loyers et provisions sur charges qu’il aurait été amené à payer en cas de poursuite du bail et ce, jusqu’à libération définitive des lieux,La condamner à payer à la SA NEOLIA la somme de 700 euros en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens, qui comprendront le coût du commandement de payer en date du 17 décembre 2024.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 3 septembre 2025.
La SA NEOLIA maintient l’ensemble de ses demandes et actualise la dette d’impayés de loyers, charges et indemnités d’occupation à la somme de 1 786,09 euros selon décompte en date du 1er septembre 2025.
Madame [G] [S] ne comparaît pas et n’est pas représentée.
A l’issue des débats l’affaire est mise en délibéré au 8 octobre 2025.
MOTIVATION
Sur la compétence du juge des référés
Aux termes de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Sur les demandes en constatation de la résiliation du bail et d’expulsion
L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 rappelle que le paiement du loyer et des charges récupérables aux termes convenus constitue une obligation essentielle du locataire.
L’article 24 de la même loi, dans sa rédaction applicable en l’espèce, précise que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. Le commandement de payer reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent article et des trois premiers alinéas de l’article 6 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant la mise en œuvre du droit au logement, en mentionnant la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement, dont l’adresse de saisine est précisée.
Selon acte de commissaire de justice en date du 17 décembre 2024, la SA NEOLIA a fait commandement à madame [G] [S] d’avoir à payer la somme en principal de 527,67 euros.
La situation n’a pas été régularisée dans le délai de deux mois suivant la signification du commandement de payer. Par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par le locataire aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire.
En outre, sur la forme, la procédure est régulière dès lors que les délais prévus à l’article 24 alinéa 2 de la loi 89-462 du 06 juillet 1989 ont été respectés tant pour le signalement de la situation d’impayé à la CCAPEX, la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions étant réputée constituée lorsque la situation d’impayés est signalée à la CAF, que pour l’assignation à notifier au représentant de l’État.
Il y a donc lieu de constater la résiliation du bail de logement sis 20 rue des jardins – 25200 PONT-DE-ROIDE par l’effet de la clause résolutoire y étant insérée, acquise au 18 février 2025 ; d’ordonner la libération des lieux, et le cas échéant l’expulsion des occupants.
Sur l’indemnité d’occupation
Afin de préserver les intérêts du bailleur, le défendeur sera condamné à payer à la SA NEOLIA à compter du 18 février 2025, une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelle d’un montant égal à celui des loyers et provisions sur charges qu’il aurait été amené à payer en cas de poursuite du bail. Cette somme sera due jusqu’à la libération complète des lieux par l’intéressé, matérialisée par la remise des clés au bailleur ou son représentant.
Sur la demande en paiement des loyers, charges et indemnités d’occupations
En application de l’article 7 de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En l’espèce, le bailleur fait la preuve de l’obligation dont il se prévaut en produisant le bail d’habitation du 2 août 2023 et un décompte ne pouvant être actualisé à l’audience faisant état à la date du 30 avril 2025 d’une dette locative de 1 137,48 euros.
En effet, la somme de 50,32 euros en date du 19 janvier 2025 correspondant à des frais de procédure sur lesquels il est statué indépendamment, elle sera déduite du montant réclamé.
Il y a donc lieu de condamner, à titre provisionnel, madame [G] [S] à payer à la SA NEOLIA la somme de 1 137,48 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 30 avril 2025, échéance d’avril 2025 incluse.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du prononcé de l’ordonnance.
Sur les frais du procès
Sur les dépens
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, madame [G] [S], succombant, sera condamnée aux entiers dépens.
Sur les frais irrépétibles
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée et peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
En l’espèce, madame [G] [S], partie tenue aux dépens, sera condamnée à payer à la SA NEOLIA la somme de 500 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, A. GALLETTI, juge des contentieux de la protection, statuant en référé, après débats publics, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe,
Renvoyons les parties à se pourvoir au fond mais dès à présent ;
Constatons que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire insérée au contrat de bail d’habitation du 2 août 2023, conclu entre la SA NEOLIA d’une part et madame [G] [S] d’autre part, et portant sur un immeuble à usage d’habitation sis 20 rue des jardins – 25200 PONT-DE-ROIDE sont réunies au 18 février 2025 ;
En conséquence,
Constatons que madame [G] [S] est occupant sans droit ni titre du logement sis 20 rue des jardins – 25200 PONT-DE-ROIDE à compter du 18 février 2025 ;
Ordonnons la libération des lieux ;
Disons qu’à défaut par madame [G] [S] d’avoir libéré les lieux DEUX MOIS après la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tout occupant de son chef, avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier, si besoin est, et au transport des meubles laissés dans les lieux aux frais de l’expulsé dans tel garde-meuble désigné par ce dernier ou à défaut par l’huissier en charge des opérations ;
Condamnons madame [G] [S] à payer, à titre provisionnel, à la SA NEOLIA la somme de 1 137,48 euros au titre de la dette de loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtée au 30 avril 2025, échéance d’avril 2025 incluse, avec intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance ;
Condamnons madame [G] [S] à payer à la SA NEOLIA une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelle fixée au montant du loyer et des charges qu’il aurait été amené à payer en cas de poursuite du bail, au plus tard le 10 de chaque mois, à compter du 18 février 2025 et ce jusqu’à la libération des lieux, caractérisée par la restitution des clefs ;
Condamnons madame [G] [S] aux entiers dépens ;
Condamnons madame [G] [S] à payer à la SA NEOLIA la somme de 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
Disons que la présente décision sera transmise par les soins du greffe au préfet du département, conformément aux dispositions de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
Rappelons que la présente ordonnance est exécutoire par provision.
AINSI ORDONNE ET PRONONCE, LES JOUR, MOIS et AN SUSDITS,
LE GREFFIER LE JUGE
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