Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Montpellier, surendettement, 18 juin 2025, n° 25/00054 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00054 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 26 juin 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | S.A.S. [ 24 ] c/ - ASSURANCES [ 25 ] |
|---|
Texte intégral
N°Minute:25/00194
N° RG 25/00054 – N° Portalis DBYB-W-B7J-PP5C
LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTPELLIER
[Adresse 27]
ORDONNANCE DU 18 Juin 2025
DEMANDEUR:
S.A.S. [24], dont le siège social est sis [W] [U] [Adresse 1] [Adresse 3]
représentée par Monsieur [U] [W], président
DEFENDEUR:
Madame [X] [Y], demeurant [Adresse 4]
comparante en personne
— [14], dont le siège social est sis [Adresse 17]
non comparante, ni représentée
— [Localité 9] ( [19]), dont le siège social est sis Chez MCS ET ASSOCIES – M.[S] [N] – [Adresse 5]
non comparante, ni représentée
— [10], dont le siège social est sis Chez SYNERGIE – [Adresse 16]
non comparante, ni représentée
— [29], dont le siège social est sis [Adresse 18]
non comparante, ni représentée
— [22], dont le siège social est sis [Adresse 7]
non comparante, ni représentée
— [30] AMENDES, dont le siège social est sis [Adresse 6]
non comparante, ni représentée
— [21], dont le siège social est sis [Adresse 26]
non comparante, ni représentée
— [13], dont le siège social est sis [Adresse 2]
non comparante, ni représentée
— ASSURANCES [25], dont le siège social est sis [Adresse 15]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL:
Président : Aline LABROUSSE, Magistrat à Titre Temporaire, statuant en qualité de juge des contentieux de la protection au Tribunal Judiciaire de Montpellier
Greffier : Cécile PAILLOLE
DEBATS:
Audience publique du : 12 Mai 2025
Affaire mise en deliberé au 18 Juin 2025
ORDONNANCE :
Rendue par mise à disposition de la décision au greffe le 18 Juin 2025 par Aline LABROUSSE assistée de Cécile PAILLOLE, greffier
Copie certifiée delivrée en LRAR aux parties
Copie délivrée en LS à la [8]
Le 18 Juin 2025
EXPOSÉ DU LITIGE
Le 03 octobre 2024, Madame [X] [Y] a déposé un dossier auprès de la [11].
Le 03 décembre 2024, la [11] a constaté la situation de surendettement de Madame [X] [Y], a prononcé la recevabilité de son dossier au bénéfice de la procédure et a imposé un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire la concernant le 28 janvier 2025.
Par lettre recommandée avec accusé de réception envoyée à la commission de surendettement le 10 février 2025, la SAS [24], a contesté la mesure imposée de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire s’opposant à l’effacement de sa créance locative et en expliquant sa propre situation financière difficile.
La commission de surendettement a transmis son dossier au tribunal judiciaire de Montpellier Cité [23] le 14 février 2025, reçu au greffe le 20 février 2025.
Bien que régulièrement convoqués par le greffe du Tribunal à l’audience du 12 mai 2025, tous les créanciers inscrits à la procédure n’ont pas comparu ni personne en leurs noms ni fait part d’observations, à l’exception toutefois de [28] mandatée par [10] qui, par courrier du 13 mars 2025 a indiqué s’en remettre à la décision du tribunal et de [20] qui, par courrier du 14 mars 2025 a précisé le montant de sa créance.
A l’audience du 12 mai 2025,
La SAS [24] représentée par son Président a confirmé son recours en expliquant avoir fait confiance à sa locataire, comprendre sa situation mais s’opposer à l’effacement de sa dette préférant la mise en place d’un plan.
Madame [X] [Y] a expliqué être en arrêt maladie longue durée en raison d’une malformation dans l’os de sa cheville, ne parvenant plus à marcher ; qu’elle a fait 6 mois de rééducation et a un rendez-vous le 21 mai prochain pour une opération chirurgicale qui lui permettrait de remarcher après une nouvelle rééducation.
Elle n’a plus de prime d’activité, les indemnités journalières pour 440,00 euros tous les 15 jours et 80,00 euros d’APL.
Elle a ajouté avoir travaillé dans la cuisine et être passionnée par ce métier ; elle travaillait en mission tant qu’elle était limitée physiquement. Elle est titulaire d’un CAP et Bac cuisine.
Elle a indiqué être une « battante » et vouloir retrouver un emploi après son opération.
L’affaire a été mise en délibéré au 18 juin 2025, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS
Aux termes de l’article L.711-1 du Code de la consommation, le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir. Le seul fait d’être propriétaire de sa résidence principale dont la valeur estimée à la date du dépôt du dossier de surendettement est égale ou supérieure au montant de l’ensemble des dettes professionnelles et non professionnelles exigibles et à échoir ne fait pas obstacle à la caractérisation de la situation de surendettement. L’impossibilité de faire face à un engagement de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société caractérise également une situation de surendettement.
Aux termes de l’article L.724-1 du même Code, lorsqu’il ressort de l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement que les ressources ou l’actif réalisable du débiteur le permettent, la commission prescrit des mesures de traitement dans les conditions prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7. Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées au premier alinéa, la commission peut, dans les conditions du présent livre :
1° Soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale ;
2° Soit saisir, si elle constate que le débiteur n’est pas dans la situation mentionnée au 1°, avec l’accord du débiteur, le juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire.
Sur la recevabilité de la demande :
Aux termes de l’article L.741-4 du Code de la Consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection , dans un délai fixé par décret, le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire recommandé par la commission.
Aux termes de l’article R.741-1 du même Code, lorsque la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, cette recommandation est notifiée aux parties par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Cette lettre mentionne les dispositions de l’article L. 741-4. Elle indique que la recommandation peut être contestée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au greffe du secrétariat de la commission dans un délai de trente jours à compter de sa notification. Cette lettre précise que cette déclaration indique les nom, prénoms et adresse de son auteur, la décision contestée ainsi que les motifs de la contestation. La déclaration est signée par son auteur.
La commission de surendettement de l’Hérault justifie avoir notifié les mesures imposées de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire concernant Madame [X] [Y] à la SAS [24] par lettre recommandée avec accusé de réception signée le 03 février 2025, de sorte que sa contestation est recevable, pour avoir été envoyée le 10 février 2025, dans le délai de trente jours imparti.
Sur la contestation des mesures imposées de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire :
Les règles sur le surendettement prescrivent de prendre en considération la seule situation économique du débiteur quelle que soit celle du créancier.
Par ailleurs, la bonne foi se présume et s’apprécie au vu des éléments dont le juge dispose au moment où il statue.
Les impayés de la débitrice sont insuffisants à caractériser la mauvaise foi au sens de la procédure de surendettement de cette débitrice.
La bonne foi de la débitrice sera en conséquence retenue.
Aux termes de l’article L.741-6 du Code de la consommation, s’il constate que le débiteur se trouve dans la situation mentionnée au 1° de l’article L. 724-1, le juge prononce un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire qui emporte les mêmes effets que ceux mentionnés à l’article L. 741-2.
Aux termes de l’article L. 743-2 du code de la consommation, à tout moment de la procédure, le juge peut, s’il estime que la situation du débiteur n’est pas irrémédiablement compromise, renvoyer le dossier à la commission.
Dans ce cas, l’article R. 743-2 précise que le juge statue par ordonnance.
La commission de surendettement a retenu en janvier 2025 que Madame [X] [Y] n’avait aucune capacité de remboursement et que sa situation était irrémédiablement compromise en raison de sa situation professionnelle et/ou familiale et de l’absence d’éléments factuels permettant d’envisager une évolution favorable de sa situation. Il a été précisé qu’il n’y avait aucun actif réalisable.
L’endettement total de Madame [X] [Y] a été fixée à la somme de 8.083,66 euros dans le cadre de l’état des créances dressé le 14 février 2025 par la Commission de surendettement.
Ses ressources mensuelles ont été fixées à la somme de 1.024,00 euros par la Commission, célibataire sans personne à charge, de sorte que le maximum légal par référence au barème des quotités saisissables était de 115,59 euros.
Les charges mensuelles de la débitrice ont été évaluées par la Commission à la somme de 1.328,00 euros, correspondant à la composition de son foyer relatée ci-dessus avec loyer hors charge de 462,00 euros.
En conséquence, son budget ne permettait pas de dégager de capacité positive de remboursement, la capacité dégagée par la commission étant de 0 euro.
Néanmoins,même si la situation de Madame [X] [Y] est précaire, elle peut évoluer eu égard à son jeune âge et la possibilité de retrouver un emploi à plus ou moins court terme, le retour à un emploi étant parfaitement réalisable après son opération de la cheville.
Sa situation ne peut donc être qualifiée d’irrémédiablement compromise à ce stade de la procédure eu égard à ces éléments.
Par ailleurs, elle n’a encore jamais bénéficié d’une suspension d’exigibilité de l’ensemble de ses dettes qui lui permettrait d’assainir sa situation financière.
En conséquence, le dossier de Madame [X] [Y] sera renvoyé à la commission de surendettement des particuliers de l’Hérault qui envisagera soit un plan de désendettement soit une suspension d’exigibilité des dettes, si sa situation n’était pas encore stabilisée.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal statuant par ordonnance réputée contradictoire, rendue après débats en audience publique en dernier ressort et susceptible dans un délai de quinze jours d’un recours en rétractation par mise à disposition au greffe,
DECLARE recevable la contestation formée par la SAS [24] à l’encontre de la décision de la commission de surendettement des particuliers de l’Hérault de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire au profit de Madame [X] [Y],
DEBOUTE la SAS [24] de sa contestation,
DIT qu’à ce stade de la procédure de surendettement la situation de Madame [X] [Y] ne peut être considérée comme irrémédiablement compromise,
RENVOIE le dossier de surendettement de Madame [X] [Y] à la [12],
DIT que la présente procédure est sans frais ni dépens.
Ainsi jugé et prononcé les jour, mois et an que dessus.
La présente ordonnance a été signée par la Juge et la Greffière.
LA GREFFIERE LA JUGE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Séquestre ·
- Assurance vie ·
- Veuve ·
- Contrat d'assurance ·
- Sociétés ·
- Référé ·
- Communication ·
- Épargne ·
- Capital ·
- Tribunal judiciaire
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement d'instance ·
- Assistant ·
- Adresses ·
- Sociétés ·
- Dessaisissement ·
- Avocat ·
- Jugement ·
- Au fond ·
- Juridiction
- Pompe à chaleur ·
- Bruit ·
- Agence ·
- Installation ·
- Nuisances sonores ·
- Sociétés ·
- Commissaire de justice ·
- Acoustique ·
- Bon de commande ·
- Trouble
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Entretien ·
- Eaux ·
- Chauffage ·
- Protection ·
- Servitude ·
- Dalle ·
- Tribunal judiciaire ·
- Béton ·
- Obligation ·
- Demande
- Armée ·
- Versement transport ·
- Communauté d’agglomération ·
- L'etat ·
- Ministère ·
- Métropole ·
- Défense ·
- État ·
- Transport collectif ·
- Personnel
- Tribunal judiciaire ·
- Acompte ·
- Nullité du contrat ·
- Devis ·
- Mandataire judiciaire ·
- Information ·
- Créance ·
- Commissaire de justice ·
- Mise en demeure ·
- Nullité
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Représentation des intérêts des salariés ·
- Pompe à chaleur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise judiciaire ·
- Adresses ·
- Partie ·
- Pièces ·
- Facture ·
- Juge des référés ·
- Entrepreneur ·
- Mission
- Mise en état ·
- Ordonnance ·
- Homologuer ·
- Expertise judiciaire ·
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement d'instance ·
- Protocole d'accord ·
- Assistant ·
- Commissaire de justice
- Enfant ·
- Vacances ·
- Tribunal judiciaire ·
- Père ·
- Mère ·
- Téléphone ·
- Autorité parentale ·
- Education ·
- Date ·
- Divorce
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Plantation ·
- Parcelle ·
- Arbre ·
- Demande ·
- Procédure civile ·
- Conciliation ·
- Titre ·
- Constat ·
- Entretien
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Locataire ·
- Résiliation ·
- Expulsion ·
- Bail ·
- Clause resolutoire ·
- Protection ·
- Commissaire de justice ·
- Charges
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Certificat médical ·
- Hôpitaux ·
- Consentement ·
- Trouble ·
- Personnes ·
- Établissement ·
- Santé ·
- Bore
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.