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Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, pcp jtj proxi fond, 4 nov. 2025, n° 25/03796 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03796 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 12 novembre 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE L' IMMEUBLE SIS [ Adresse 2 ] à [ Localité 9 ] c/ RINALDI, S.C.I. MIMA |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE [Localité 8] [1]
[1] Copie conforme délivrée
le :
à :
S.C.I. MIMA
Copie exécutoire délivrée
le :
à :
la SAS RINALDI
Pôle civil de proximité
■
PCP JTJ proxi fond
N° RG 25/03796 – N° Portalis 352J-W-B7J-DAOYL
N° MINUTE :
JUGEMENT
rendu le mardi 04 novembre 2025
DEMANDEUR
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE L’IMMEUBLE SIS [Adresse 2] à [Localité 9], représenté par son syndic en exercice la SAS RINALDI, administrateur de biens, et domiciliée [Adresse 6]
représenté par Mme [K] [Y], salariée du cabinet RINALDI , munie d’un pouvoir
DÉFENDERESSE
S.C.I. MIMA
dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par son gérant Monsieur [V] [N]
et ayant pour adresse administrative : [Adresse 1]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Pascale DEMARTINI, Présidente,
assistée de Coraline LEMARQUIS, Greffière,
DATE DES DÉBATS
Audience publique du 11 septembre 2025
JUGEMENT
réputé contradictoire, en premier ressort, prononcé par mise à disposition le 04 novembre 2025 par Pascale DEMARTINI, Présidente, assistée de Coraline LEMARQUIS, Greffière
Décision du 04 novembre 2025
PCP JTJ proxi fond – N° RG 25/03796 – N° Portalis 352J-W-B7J-DAOYL
EXPOSE DU LITIGE
La société civile immobilière (SCI) MIMA est propriétaire des lots n°12, 23 et 25 dans l’immeuble situé [Adresse 5], soumis au régime de la copropriété.
Par acte de commissaire de justice en date du 27 juin 2025, le syndicat des copropriétaires dudit immeuble, représenté par son syndic en exercice le cabinet RINALDI, a assigné la SCI MIMA devant le tribunal judiciaire de PARIS – pôle civil de proximité en paiement des sommes suivantes:
— 5415 euros au titre des charges de copropriété, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure en date du 3 avril 2024,
— 49,09 euros au titre des frais nécessaires au recouvrement,
— 800 euros de dommages et intérêts,
— 1541,89 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens de l’instance.
A l’audience du 11 septembre 2025, le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic en exercice, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d’instance en actualisant sa créance à la somme de 2615 euros compte tenu d’un règlement de 2800 euros intervenu le 24 juillet 2025. Au soutien de sa demande, il a fait valoir que la SCI MIMA ne payait pas régulièrement ses appels de charges, ce qui entraînait pour lui des difficultés de gestion.
Assignée à étude, la SCI MIMA n’a pas comparu et ne s’est pas faite représenter.
A l’issue des débats, la décision a été mise en délibéré au 4 novembre 2025 par mise à disposition au greffe.
MOTIVATION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur les charges et provisions sur charges de copropriété et les travaux
Aux termes des alinéas 1 et 2 de l’article 10 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer au paiement des charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées. Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales, et de participer au fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1 proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots. Aux termes de l’article 14-1 I de ladite loi le syndicat des copropriétaires vote chaque année un budget prévisionnel pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble. Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté mais l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes. La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale.
L’article 14-1 de cette même loi dispose également que, pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel et les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. En vertu de l’article 35 du décret du 17 mars 1967, les appels provisionnels auxquels procède le syndic, dans les limites et sous les conditions prévues par ce texte, constituent une créance certaine, liquide et exigible.
Le recouvrement des provisions peut ainsi être poursuivi jusqu’à l’établissement des comptes définitifs qui seront soumis à l’approbation de l’assemblée générale. A ce titre, le syndicat doit produire la délibération de l’assemblée générale adoptant le budget prévisionnel et démontrer la date d’exigibilité des provisions impayées.
Par ailleurs, les travaux non inclus dans les charges de copropriété sus-définies et prévus à l’article 44 du décret n°67-223 du 17 mars 1967, ne sont pas compris dans le budget prévisionnel. Ils doivent faire l’objet d’un vote à l’assemblée générale quant à leur principe, leur montant et à leurs modalités de paiement et d’exigibilité.
L’article 35 du décret du 17 mars 1967 précise les versements que peut exiger le syndic.
En application de l’article 42 de la même loi, les décisions d’une assemblée générale s’imposent aux copropriétaires tant que la nullité n’en a pas été prononcée et ce même si une procédure pour obtenir cette nullité a été diligentée. En effet, les actions ayant pour objet de contester les décisions des assemblées générales ne suspendent que les travaux décidés par l’assemblée générale en application des articles 25 et 26 durant le délai de recours de deux mois. Le copropriétaire qui n’a pas contesté la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes, n’est ainsi pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées.
En application de l’article 1353 du code civil il appartient au syndicat des copropriétaires de prouver que le copropriétaire est redevable de la somme réclamée dans sa totalité.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires produit à l’appui de sa demande :
— une attestation de propriété concernant l’immeuble et relatif aux lots n°12, 23 et 25,
— les appels de charges, provisions sur charges, et travaux pour la période du 4ème trimestre 2023 au 2ème trimestre 2025,
— les régularisations de charges 2021/2022, 2022/2023, 2023/2024,
— les procès-verbaux des assemblées générales des 22 janvier 2024 et 5 mars 2025 comportant :
o vote des budgets prévisionnels 2023, 2024 et 2025,
o approbation des comptes 2021 et 2022,
o vote des travaux et dépenses suivantes : installation d’un rack à vélos ( Assemblée générale du 22 janvier 2024 résolution 21), remplacement boîtes aux lettres ( Assemblée générale du 22 janvier 2024 résolution 22), travaux couverture bâtiment A ( Assemblée générale du 5 mars 2025 résolution 19),
— un décompte en date du 19 juin 2025,
— un décompte en date du 9 septembre 2025,
— le contrat de syndic.
En l’espèce, en application des textes visés ci-dessus et au vu des pièces produites par le syndicat, la créance de ce dernier est établie à hauteur de la somme de 2615 euros selon décompte du 9 septembre 2025, portant sur la période du 4ème trimestre 2023 inclus au 2ème trimestre 2025 inclus.
La créance du syndicat de copropriétaires est donc fixée à la somme de 2615 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 3 avril 2024.
Sur les frais nécessaires pour le recouvrement des charges
Aux termes de l’article 10-1 a) et dernier alinéa de la loi du 10 juillet 1965 sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur ; (…). Le juge peut toutefois en décider autrement en considération de l’équité ou de la situation économique des parties au litige.
Cette liste n’est pas limitative, les frais réclamés devant toutefois être justifiés.
Il convient d’ajouter que les frais de recouvrement ne sont nécessaires au sens de l’article 10-1 précité que s’ils ne relèvent pas de la gestion courante du syndic et traduisent des diligences réelles, inhabituelles et nécessaires propres à permettre au syndicat des copropriétaires de recouvrer une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire défaillant.
Si les frais de commissaire de justice, en dehors de ceux exposés dans le cadre du procès (signification de l’assignation, du présent jugement et frais d’exécution) qui seront récupérés au titre des dépens, constituent des frais nécessaires, les honoraires de l’avocat de la copropriété qui sont indemnisés au titre de l’article 700 du code de procédure civile ne constituent pas de tels frais.
En l’espèce, les frais sollicités s’élèvent à la somme totale de 49,09 euros de frais de mise en demeure.
Ces frais apparaissent justifiés et correspondent au contrat de syndic.
Au regard de ces éléments, 49,09 euros seront alloués au titre des frais.
Sur les dommages-intérêts
L’article 1231-6 du code civil dispose que le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts, distincts des intérêts moratoires de la créance.
Par ailleurs, en application de l’article 1240 du même code, il est de jurisprudence constante que la faute, même non grossière ou dolosive suffit, lorsqu’un préjudice en résulte, à justifier une condamnation à des dommages et intérêts pour résistance abusive à une action judiciaire.
En l’espèce, il est établi que la SCI MIMA ne paye pas régulièrement ses charges de copropriété. Toutefois, au regard du dernier paiement réalisé, elle semble avoir la volonté d’apurer sa dette. Par ailleurs, le montant de la dette et le nombre de tantièmes détenu par la SCI MIMA ne justifient pas de la condamner à payer des dommages et intérêts.
Le demandeur sera débouté à ce titre.
Sur les demandes accessoires
La défenderesse, qui succombe, supportera les dépens, en application de l’article 696 du code de procédure civile.
Il serait inéquitable de laisser à la charge du syndicat des copropriétaires les frais exposés par lui dans la présente instance et non compris dans les dépens. La somme de 1541,89 euros lui sera allouée au titre de l’article 700 du code de procédure civile au regard de la facture communiquée.
La présente décision est de droit exécutoire à titre provisoire, conformément à l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS,
Le tribunal judiciaire, après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE la société civile immobilière MIMA à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis [Adresse 4] ([Adresse 7]), représenté par son syndic en exercice le cabinet RINALDI les sommes de:
— 2615 euros au titre des charges de copropriété portant sur la période du 4ème trimestre 2023 inclus au 2ème trimestre 2025 inclus, selon décompte arrêté au 9 septembre 2025, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 3 avril 2024,
— 49,09 euros au titre des frais nécessaires (article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965),
DEBOUTE le syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis [Adresse 5], représenté par son syndic en exercice le cabinet RINALDI, de sa demande de dommages et intérêts,
CONDAMNE la société civile immobilière MIMA à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis [Adresse 5], représenté par son syndic en exercice le cabinet RINALDI, la somme de 1541,89 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE la société civile immobilière MIMA aux dépens.
RAPPELLE l’exécution provisoire de droit.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2025, et signé par la présidente et la greffière susnommées.
La greffière, La présidente
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