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Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, pcp jcp acr référé, 8 avr. 2026, n° 25/06645 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/06645 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 25 avril 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE [Localité 1] [1]
[1] Copie conforme délivrée
le :
à : [K] [Q]
Copie exécutoire délivrée
le :
à : Me Elisabeth WEILLER
Pôle civil de proximité
■
PCP JCP ACR référé
N° RG 25/06645 – N° Portalis 352J-W-B7J-DALFJ
N° MINUTE : 1
ORDONNANCE DE REFERE
rendue le 08 avril 2026
DEMANDERESSE
S.A. IMMOBILIERE 3F, dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Elisabeth WEILLER, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : #P0128
DÉFENDERESSE
Madame [K] [Q], demeurant [Adresse 2]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Olivier ADAM, Vice-président, juge des contentieux de la protection
assisté de Clarisse DUMONTET, Greffier,
DATE DES DÉBATS
Audience publique du 27 janvier 2026
ORDONNANCE
réputée contradictoire et en premier ressort prononcée par mise à disposition le 08 avril 2026 par Olivier ADAM, Vice-président, assisté de Clarisse DUMONTET, Greffier
Décision du 08 avril 2026
PCP JCP ACR référé – N° RG 25/06645 – N° Portalis 352J-W-B7J-DALFJ
FAITS ET PROCEDURE
Par acte sous seing privé du 02/09/2024, La SA IMMOBILIERE 3F a donné à bail à Madame [Q] [K] un logement sis (Logt 0419) [Adresse 3]. Cet engagement comporte une clause résolutoire en application de l’article 24 de loi du 6 juillet 1989.
Les échéances de loyer n’étant pas régulièrement payées un commandement de payer rappelant la clause résolutoire insérée au bail a été délivré à Madame [Q] [K] le 07/04/2025 pour obtenir paiement d’une somme de 5471,23 Euros au principal.
Ledit commandement étant demeuré infructueux, par acte d’huissier du 3 juillet 2025, La SA IMMOBILIERE 3F a fait assigner Madame [Q] [K] devant le juge des référés du tribunal de céans aux fins de :
— Constater l’acquisition de la clause résolutoire contenue au bail,
— Ordonner l’expulsion de Madame [Q] [K] ainsi que tout occupant de son chef, avec si nécessaire l’assistance de la force publique et d’un serrurier,
— la voir condamnée à lui payer, par provision, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dus la somme principale de 6987,39 Euros décompte arrêté au 31/05/2025 mois de mai 2025 inclus,
— La voir condamnée à lui verser une indemnité d’occupation égale au montant du loyer courant majoré de 50% sans préjudice des charges jusqu’à son départ effectif des lieux,
— La voir condamnée à lui payer une somme de 350 Euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
— La voir condamnée aux entiers dépens comprenant le coût du commandement, de l’assignation et de tous les actes rendus nécessaires par la procédure.
L’affaire a été plaidée à l’audience du 27 janvier 2026 :
Madame [Q] a demandé par courrier un report de l’audience en produisant un document médical. Le demandeur s’oppose a la demande de renvoi indiquant que c’est la deuxième fois sans motif et qu’aucun règlement n’est intervenu depuis l’entrée dans les lieux.
Compte tenu de la demande de renvoi, à laquelle est jointe un certificat médical d’un modèle identique au précédent renvoi, hors les dates, mais sans cachet cette fois-ci du médecin, il apparaît que la demande n’est pas suffisamment justifiée, l’affaire devant dès lors être retenue.
La SA IMMOBILIERE 3F représentée par son conseil maintient ses autres demandes précisant que le montant de la dette a doublé depuis l’assignation s’élevant désormais à 12930,35 Euros.
Madame [Q] [K] n’a pas comparu.
L’affaire a été mise en délibéré au 8 avril 2026.
Il sera statué par ordonnance, susceptible d’appel, réputée contradictoire.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la compétence du juge des référés
L’article 834 du Code de procédure civile prévoit que dans tous les cas d’urgence, le tribunal peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend ;
En l’espèce, le principe de la clause résolutoire et ses effets, de même que l’intérêt légitime du bailleur à reprendre possession du bien loué, justifient la compétence du juge des référés compte-tenu de l’absence de contestation sérieuse.
Sur la recevabilité de la demande
L’article 24 II de la loi du 6 juillet 1989 énonce que les bailleurs personnes morales autres qu’une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus ne peuvent faire délivrer, sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l’expiration d’un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. Cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d’impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d’assurer le maintien du versement des aides mentionnées à l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation. Cette saisine, qui contient les mêmes informations que celles des signalements par les huissiers de justice des commandements de payer prévus au I du présent article, s’effectue par voie électronique par l’intermédiaire du système d’information prévu au dernier alinéa de l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée ;
L’article 24 III de la loi du 6 juillet 1989 énonce qu’à peine d’irrecevabilité de la demande, l’assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence de le commissaire de justice au représentant de l’Etat dans le département au moins six semaines avant l’audience, afin qu’il saisisse l’organisme compétent désigné par le plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées, suivant la répartition de l’offre globale de services d’accompagnement vers et dans le logement prévue à l’article 4 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. Cette notification s’effectue par voie électronique par l’intermédiaire du système d’information prévu au dernier alinéa de l’article 7-2 de la même loi.
En l’espèce la SA IMMOBILIERE 3F a produit les notifications conformément aux articles précités.
En conséquence, la présente demande est recevable.
Sur la résiliation du bail et l’expulsion
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dispose qu’une clause prévoyant la résolution de plein droit d’un contrat de bail à usage d’habitation en cas de non-paiement des loyers et charges ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ;
Le commandement de payer délivré le 07/04/2025 à Madame [Q] [K] est régulier, car reproduisant la clause résolutoire insérée au bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifié par l’article 114-1 de la loi n° 98-657 du 29 juillet 1998, et mentionnant l’adresse du Fonds de solidarité Logement ;
En conséquence que, la dette n’ayant pas été apurée dans les six semaines suivant ledit commandement, les conditions sont réunies pour que la résiliation du bail intervienne de plein droit le 20 mai 2025 soit six semaines après la délivrance du commandement ;
La défenderesse étant occupante sans titre à compter du 20 mai 2025, il sera fait droit à la demande d’expulsion.
Sur la demande d’une provision en paiement de l’arriéré locatif
En vertu des dispositions de l’article 835 du code de procédure civile le juge des contentieux de la protection, statuant en référé peut, dans le cas où l’existence d’une obligation n’est pas sérieusement contestable, accorder une provision au créancier ;
Il ressort des dispositions de l’article 1728 du code civil et de l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989, que le paiement des loyers et des charges justifiées est une obligation essentielle et incontestable du locataire ; Qu’en application de l’article 1353 du Code civil, il appartient à celui qui réclame l’exécution d’une obligation d’établir l’existence de la créance qu’il invoque, et à celui qui se prétend libéré de prouver le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de l’obligation ;
En l’espèce la SA IMMOBILIERE 3F verse aux débats lors de l’audience un décompte duquel il ressort un solde débiteur imputable à Madame [Q] [K] au titre des loyers impayés, charges et indemnités d’occupation pour un montant de 6987,39 Euros au 31/05/2025 mois de mai 2025 inclus ;
En conséquence Madame [Q] [K] sera condamnée à payer à La SA IMMOBILIERE 3F la somme de 6987,39 Euros laquelle portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation, jusqu’à parfait paiement.
Sur l’indemnité d’occupation
Afin de préserver les intérêts des bailleurs, il convient de fixer le montant de l’indemnité d’occupation due par Madame [Q] [K] jusqu’au départ effectif des lieux ;
Le bailleur sollicite une majoration du loyer de 50% servant de base à l’indemnité d’occupation sans cependant produire d’éléments démontrant son préjudice hors le constat des retards de paiement, alors que l’occupation des lieux est indemnisée à hauteur du loyer et des charges courants.
Par conséquent que la défenderesse devra s’acquitter jusqu’au départ effectif des lieux d’une somme égale au montant du loyer et des charges qui auraient été payés si le bail s’était poursuivi.
Sur les demandes accessoires
L’équité commande de ne pas faire droit à la demande d’indemnité formée par la SA IMMOBILIERE 3F sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile pour compenser les frais irrépétibles engagés ;
Madame [Q] [K] succombant, sera condamnée aux entiers dépens, lesquels comprendront notamment le coût du commandement de payer et de la présente assignation.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des référés statuant après débats en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire susceptible d’appel, mise à disposition au greffe,
Au principal, renvoyons les parties à se pourvoir ainsi qu’il appartiendra, mais dès à présent, vu l’absence de contestation sérieuse,
CONSTATONS les effets de la clause résolutoire du bail conclu le 02/09/2024 entre La SA IMMOBILIERE 3F d’une part, et Madame [Q] [K] d’autre part, emportant résiliation du bail à compter du 20 mai 2025,
DISONS qu’à défaut de libération spontanée des lieux sis (Logt 0419) [Adresse 3] deux mois après la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à l’expulsion de Madame [Q] [K] ainsi qu’à celle de tous occupants et biens de son chef, avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier si besoin est, en application des dispositions des articles L411-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNONS Madame [Q] [K] à payer à la SA IMMOBILIERE 3F au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dus jusqu’au 31/05/2025 mois de mai 2025 inclus, la somme provisionnelle de 6987,39 laquelle portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation, jusqu’à parfait paiement,
CONDAMNE Madame [Q] [K] à verser à la SA IMMOBILIERE 3F une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelle égale au montant du dernier loyer, majoré des augmentations légales ainsi que du montant des charges, ce à compter de la prise d’effet de la clause résolutoire et jusqu’à complète libération des lieux,
DEBOUTONS la SA IMMOBILIERE 3F du surplus de ses demandes;
CONDAMNONS Madame [Q] [K] aux entiers dépens, lesquels comprendront le coût du commandement de payer et de l’assignation.
RAPPELONS que l’exécution provisoire est de droit ;
Ainsi ordonné au Tribunal judiciaire de Paris Pôle proximité aux jour, an et mois susdits.
Le Greffier, Le Juge des contentieux de la protection,
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