Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, service des réf., 20 avr. 2026, n° 26/51170 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/51170 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 30 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | La Caisse Primaire d'Assurance Maladie de [ Localité 1 ], La société GENERALI, La société STIM TECHNIBAT - SOCIETE DE TRAVAUX D' ISOLATION ET DE MENUISERIE, C, Le syndicat des copropriétaires du [ Adresse 1 ] à [ Localité 5 ], La société AZLOUK SERVICES |
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
■
N° RG 26/51170 – N° Portalis 352J-W-B7K-DB2LW
N°: 8
Assignation du :
02, 11 et 19 Février 2026
[1]
[1] 3 Copies exécutoires
+ 1 CCC à l’expert :
délivrées le :
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
rendue le 20 avril 2026
par Anita ANTON, Vice-présidente au Tribunal judiciaire de Paris, agissant par délégation du Président du Tribunal,
Assistée de Larissa FERELLOC, Greffier.
DEMANDERESSE
Madame [N] [W]
[Adresse 1]
[Localité 2]
représentée par Maître Mathilde GOINEAU, avocat au barreau de HAUTS-DE-SEINE – #120
DEFENDEURS
La société STIM TECHNIBAT – SOCIETE DE TRAVAUX D’ISOLATION ET DE MENUISERIE
[Adresse 2]
[Localité 3]
représentée par Maître Jacques MATTEI, avocat au barreau de PARIS – #A0531
La société AZLOUK SERVICES, pour signification au [Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 4]
non constituée
Le syndicat des copropriétaires du [Adresse 1] à [Localité 5], représenté par son syndic, la société FONCIA [Localité 1] RIVE DROITE, pour signification au [Adresse 5]
C/O son syndic la société FONCIA [Localité 1] RIVE DROITE
[Adresse 6]
[Localité 6]
La société GENERALI
[Adresse 7]
[Localité 7]
représentés par Maître Charlotte CRET, avocat au barreau de PARIS – #P0141
La Caisse Primaire d’Assurance Maladie de [Localité 1]
[Adresse 8]
[Localité 8]
non constituée
DÉBATS
A l’audience du 09 Mars 2026, tenue publiquement, présidée par Anita ANTON, Vice-présidente, assistée de Larissa FERELLOC, Greffier,
Nous, Juge des référés, assisté de notre greffier, avons rendu la décision suivante ;
FAITS ET PROCEDURE
Vu les actes de commissaire de justice délivrés les 2, 11 et 19 février 2026, par lesquels Mme [N] [W] a assigné devant le président du tribunal judiciaire de Paris, statuant en référé, la société Stim Technibat, la société Azlouk Services, le syndicat des copropriétaires du [Adresse 1] à Paris 75019, la société Generali Assurances Iard et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Paris aux fins de voir :
— désigner un expert judiciaire,
— condamner solidairement les défendeurs à lui verser :
— la somme provisionnelle de 10.000 euros à valoir sur la liquidation définitive de ses préjudices,
— la somme de 1.500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
— mettre à la charge des défendeurs les dépens et les frais d’expertise.
A l’audience du 9 mars 2026, Mme [N] [W], représentée par son conseil, maintient ses demandes dans les termes de son assignation.
Aux termes de leurs conclusions notifiées par voie électronique le 6 mars 2026, régularisées et soutenues oralement à l’audience, le syndicat des copropriétaires du [Adresse 1] à [Localité 5] et la société Generali Assurances Iard, représentés par leur conseil, demandent au juge des référés de :
— ordonner la mesure d’expertise judiciaire sollicitée aux frais avancés de Mme [W] dans les termes de la mission proposée aux présentes conclusions sous les plus expresses protestations et réserves de la société Generali et du syndicat des copropriétaires du [Adresse 1] représenté par son syndic de copropriété Foncia ;
— débouter Mme [W] de sa demande de provision à hauteur de 10.000 euros, l’existence d’une quelconque obligation de la société Generali et du syndicat des copropriétaires du [Adresse 1] représenté par son syndic de copropriété Foncia à son égard étant sérieusement contestable ;
— débouter Mme [W] de sa demande à hauteur de 1.500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
— débouter Mme [W] de sa demande au titre des dépens ;
— réserver les dépens.
Aux termes de ses conclusions notifiées par voie électronique le 6 mars 2026, régularisées et soutenues oralement à l’audience, la société Stim Technibat, représentée par son conseil, demande au juge des référés de :
— lui donner acte qu’elle ne s’oppose pas à la mesure d’expertise sollicitée par Mme [W] ;
— ramener à de plus justes proportions la provision sollicitée ;
— condamner la société Azlouk Services à garantir la société Stim Technibat de toutes condamnations prononcées à son encontre ;
— condamner la société Azlouk Services au paiement de la somme de 1.000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
— statuer ce que de droit sur les dépens.
La Caisse Primaire d’Assurance Maladie de [Localité 1], bien que régulièrement assignée, n’a pas constitué avocat et n’a pas comparu à l’audience.
La présente ordonnance sera réputée contradictoire.
Conformément à l’article 446-1 du code de procédure civile, pour un plus ample exposé des prétentions et moyens des parties, il est renvoyé à l’assignation, aux conclusions ainsi qu’à la note d’audience.
A l’issue des débats, la date de délibéré a été fixée au 20 avril 2026.
MOTIFS
Il résulte de l’article 472 du code de procédure civile que, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que si elle est recevable et bien fondée.
Sur la demande d’expertise
Mme [W] sollicite la désignation d’un expert judiciaire aux fins d’évaluer l’ensemble de ses préjudices avec la mission décrite dans le corps de son assignation.
La société Generali Assurances Iard et le syndicat des copropriétaires du [Adresse 9] ne s’opposent pas à la mesure d’expertise sous les plus expresses protestations et réserves et sans la moindre reconnaissance de la matérialité de l’accident revendiqué ni de la moindre responsabilité de la Generali Assurances Iard ni du syndicat des copropriétaires.
La société Stim Technibat ne s’oppose pas à l’expertise sollicitée.
Sur ce,
Il résulte des dispositions de l’article 145 du code de procédure civile que s’il existe un motif légitime de conserver et d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, des mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, notamment en référé.
L’application de ce texte n’implique aucun préjugé sur la recevabilité et le bien fondé des demandes formées ultérieurement ou sur la responsabilité des personnes appelées comme partie à la procédure ni sur les chances du procès susceptible d’être engagé.
Au cas présent, il ressort des pièces de la procédure que le 25 octobre 2024, Mme [W], qui sortait de son appartement au 28ème étage de l’immeuble du [Adresse 1] à [Localité 9], a chuté devant l’ascenseur.
Des travaux de changement de revêtement du sol étaient en cours. L’immeuble est assuré auprès de la société Generali Assurances Iard. La société Stim Technibat avait été mandatée pour réaliser les travaux. Lesquels ont été sous-traités à la société Azlouk Services.
A la suite de cet accident, Mme [W] a été transportée à l’hôpital par les sapeurs-pompiers de [Localité 1].
Cette chute a occasionné :
— une fracture du col chirurgical de l’humérus droit ;
— une fracture de l’olécrâne droit ;
— une fracture de l’os pubien.
Elle a subi une immobilisation et il lui a été posé un plâtre jusqu’au 21 novembre 2024, ainsi qu’un gilet Dujarrier.
Son plâtre a dû être changé en raison d’un nerf comprimé.
Elle a subi divers examens médicaux : radiographie, IRM, électromyogramme, échographies.
Elle a été hospitalisée en centre de rééducation sur une période de 2 mois, du 14 novembre 2024 au 14 janvier 2025. Elle a suivi des séances de rééducation et pris différents traitements médicamenteux.
En l’état des arguments développés par les parties et au vu des documents produits, Mme [W] a été victime d’une chute le 25 octobre 2024. Ses blessures ont été constatées.
Dans ces conditions, l’intéressée justifie bien d’un motif légitime à l’organisation d’une expertise judiciaire pour évaluer ses préjudices corporels selon les modalités précisées ci-après au dispositif.
S’agissant de la mission confiée à l’expert, il sera rappelé d’une part que le juge des référés est libre de choisir la mission donnée à l’expert et n’est pas tenu par les propositions des parties. Ainsi, ni la nomenclature dite « Dintilhac » ni la proposition de mission dite « Anadoc » n’ont de valeur normative. Les juges ne sont donc pas tenus de s’y référer, pas plus qu’ils ne sont tenus d’utiliser les trames ou missions types qu’ils ont pu établir par le passé, s’agissant de simples outils d’aide à la décision et à la rédaction.
D’autre part, l’article 246 du code de procédure civile dispose que le juge n’est pas lié par les constatations ou les conclusions du technicien, de sorte que le juge du fond éventuellement saisi ne sera pas lié par les conclusions de l’expert, quels que soient les termes de la mission qui ne doit avoir pour seule finalité que d’éclairer le juge sur une question de fait qui requiert ses lumières sans que le technicien ne puisse jamais porter d’appréciations d’ordre juridique.
Il sera donné acte des protestations et réserves formulées en défense.
Le coût de l’expertise sera avancé par Mme [W], partie demanderesse à cette mesure d’instruction, ordonnée dans son intérêt.
Sur la demande de provision
Mme [W] sollicite la condamnation solidaire des défendeurs, à lui verser, à titre de provision sur l’indemnisation de ses préjudices, la somme de 10.000 euros.
Elle fait valoir que depuis l’accident, elle n’a perçu aucune indemnisation.
Le syndicat des copropriétaires et la société Generali Assurances Iard opposent que la responsabilité du syndicat des copropriétaires est sérieusement contestable.
Ils font valoir que Mme [W] ne produit aucune pièce établissant que les travaux réalisés ne lui auraient pas été signalés en amont, ni qu’aucun signal ni balisage n’était mis en place sur les lieux au moment de l’accident.
Ils soulignent qu’elle produit trois photographies supposées représenter le palier sur lequel serait survenue la chute, lesquelles sont illisibles. Ils ajoutent que ces photographies ont été transmises par mail par M. [I] à Mme [W] le 10 mars 2025, soit 5 mois après la date de la chute présumée, et que rien n’indique que les photographies auraient été prises le jour des faits.
Ils relèvent que Mme [W] produit une attestation de M. [Q] qui serait son voisin de palier et n’a pas assisté à la scène, dans laquelle il fait état de la présence de scotch empêchant de sortir de l’ascenseur le jour des faits, de la présence d’un ouvrier lui ayant indiqué que des ouvriers avaient avertis les résidents la veille que des travaux auraient lieu sur le pallier, lui a indiqué la marche à suivre pour rentrer chez lui sans désordre.
Ils en concluent que les travaux ont bien été signalés.
Ils font encore valoir que Mme [W] produit également une attestation de M. [I] qui serait aussi son voisin de pallier, lequel n’a pas assisté aux faits et n’indique aucunement que les travaux n’auraient pas été signalés.
Enfin, ils ajoutent que Mme [W] qui a écrit à la société Stim Technibat qui a réalisé les travaux lui reprochant l’absence de balisage des zones de travail s’est vu répondre que les zones de travail auraient été balisées avec un affichage qui aurait été retiré par les résidents.
Ils en concluent que Mme [W] qui fonde sa demande de provision sur l’absence de signalisation des travaux par la copropriété et de balisage par la société Stim Technibat ne rapporte pas cette preuve au contraire de sorte qu’il y aura un débat au fond sur la responsabilité du syndicat des copropriétaires et par là même de l’intervention de Generali Iard.
La société Stim Technibat fait valoir que le bon respect des obligations d’information prises sur le chantier.
Elle sollicite la condamnation de la société Azlouk Services à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.
Sur ce,
L’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile dispose que dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le président du tribunal statuant en référé peut accorder une provision au créancier.
Si le montant de la provision allouée en référé n’a d’autre limite que le montant non sérieusement contestable de la dette alléguée, il doit conserver un caractère provisionnel à savoir celui d’une avance dont le montant est, d’une part, destiné à permettre de faire face à des frais justifiés par le demandeur et, d’autre part, à valoir sur la liquidation de son préjudice au regard du montant des indemnités susceptibles d’être retenu.
Toutefois, il sera rappelé qu’il n’entre pas dans l’office du juge des référés de procéder à la liquidation des postes de préjudice corporel dont l’examen relève du tribunal judiciaire et ce, au surplus, alors que le rapport d’expertise judiciaire a été déposé. La provision sollicitée ne peut porter que sur des chefs de créance non sérieusement contestés dans leur principe mais également dans leur quantum.
Au cas présent, le droit à réparation de Mme [W] et les responsabilités sont contestés, il convient de dire n’y avoir pas lieu à référé sur la demande de provision à valoir sur le préjudice corporel.
Compte tenu du sens de la présente décision, il n’y a pas lieu de statuer sur la demande de garantie formulée par la société Stim Technibat à l’encontre de la société Azlouk Services.
Sur les autres demandes
Il y a lieu de rappeler que, si l’article L. 376-1 du code de la sécurité sociale impose à l’assuré victime d’une lésion d’appeler en déclaration de jugement commun les caisses de sécurité sociale auxquelles il est ou était affiliée, le caractère commun de la décision résulte de l’assignation signifiée à ces mêmes organismes et n’a pas à être déclaré ou constaté par la juridiction dans son dispositif.
La partie défenderesse à une mesure ordonnée sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile ne peut être considérée comme une partie perdante au sens de l’article 696 du code de procédure civile (2e Civ., 10 février 2011, pourvoi n° 10-11.774).
En effet, les mesures d’instruction sollicitées avant tout procès le sont au seul bénéfice de celui qui les sollicite, en vue d’un éventuel procès au fond, et sont donc en principe à la charge de ce dernier.
Mme [W] conservera donc la charge des dépens qu’elle a exposés pour la présente instance et sera déboutée de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
La société Stim Technibat sera déboutée de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Il est rappelé que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit par provision.
PAR CES MOTIFS
Statuant par ordonnance de référé, par mise à disposition au greffe, après débats en audience publique, par décision réputée contradictoire et en premier ressort ;
Renvoyons les parties à se pourvoir sur le fond du litige et, par provision, tous moyens étant réservés ;
Donnons acte des protestations et réserves formulées en défense ;
Ordonnons une expertise médicale pour déterminer les causes et l’ampleur du préjudice corporel subi par Mme [N] [W] à la suite de l’accident du 25 octobre 2024 ;
Désignons pour procéder à cette mesure d’instruction :
Le Docteur [P] [Z] [M]
[Courriel 1]
[Adresse 10]
[Localité 10]
Tél. fixe : 01 47 66 38 02
lequel s’adjoindra si nécessaire tout sapiteur dans une spécialité distincte de la sienne ;
Disons que le cas échéant, les experts déposeront un rapport commun ;
Attribuons à l’expert désigné la charge de coordonner les opérations d’expertise, d’entretenir les relations avec les parties et le juge chargé de suivre et contrôler l’exécution de la mesure ;
Donnons à l’expert la mission suivante :
Préalablement à la réunion d’expertise, recueillir dans la mesure du possible, les convenances des parties et de leurs représentants avant de fixer une date pour le déroulement des opérations d’expertise. Leur rappeler qu’elles peuvent se faire assister par un médecin conseil et toute personne de leur choix.
1. Convoquer les parties et leurs conseils, en les informant de la faculté de se faire assister par un médecin conseil et de toute personne de leur choix, étant précisé que l’expert procédera seul, en présence des médecins conseils, avec l’assentiment de la partie demanderesse, à son examen clinique en assurant la protection de l’intimité de sa vie privée et le secret médical pour des constatations étrangères à l’expertise ;
2. Recueillir les renseignements nécessaires sur l’identité de la partie demanderesse et sa situation, les conditions de son activité professionnelle, sa situation scolaire s’il s’agit d’un enfant ou d’un étudiant, son statut ou sa formation s’il s’agit d’un demandeur d’emploi, son mode de vie antérieur à l’accident et sa situation actuelle ;
3. Déterminer l’état de la partie demanderesse avant l’accident (anomalies, séquelles d’accidents antérieurs) et décrire au besoin un état antérieur, mais uniquement s’il est susceptible d’avoir une incidence directe sur les lésions ou leurs séquelles ;
4. À partir des déclarations de la partie demanderesse et aux besoins de ses proches ou de tout sachant et des documents médicaux fournis, décrire en détail les lésions initiales constatées à la suite de l’accident, les modalités de traitement, en précisant le cas échéant les durées exactes d’hospitalisation et pour chaque période d’hospitalisation le nom d’établissement, les services concernés et la nature des soins, y compris la rééducation ;
Recueillir les doléances de la partie demanderesse et au besoin de ses proches, et les transcrire fidèlement, l’interroger sur les conditions d’apparition des lésions, l’importance, la répétition et la durée des douleurs, la gêne fonctionnelle subie et leurs conséquences ;
Annexer le cas échéant, les doléances écrites de la partie demanderesse au rapport ;
5. Procéder en présence des médecins mandatés par les parties, avec l’assentiment de la partie demanderesse, à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées ;
6. À l’issue de cet examen, analyser dans un exposé précis et synthétique :
— la réalité des lésions initiales,
— la réalité de l’état séquellaire,
— l’imputabilité certaine des séquelles aux lésions initiales en précisant au besoin l’incidence d’un état antérieur ;
Dans l’hypothèse d’un état antérieur, préciser si cet état :
— était révélé avant les faits,
— a été aggravé ou a été révélé par le fait traumatique,
— s’il entraînait un déficit fonctionnel avant les faits et, dans l’affirmative, estimer le taux d’incapacité préexistant,
— aurait entraîné un déficit fonctionnel en l’absence du fait traumatique et, dans l’affirmative, dans quel délai et à concurrence de quel taux ;
7. L’expert devra déterminer les différents postes du préjudice corporel comme suit :
a) Avant consolidation :
— les dépenses de santé actuelles ;
— les pertes de gains professionnels actuels : indiquer les périodes pendant lesquelles la partie demanderesse a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle, et en cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée, préciser la durée des arrêts de travail retenus par l’organisme social au vu des justificatifs produits (ex : décomptes de l’organisme de sécurité sociale), et dire si ces arrêts de travail sont liés au fait dommageable ;
— le déficit fonctionnel temporaire : indiquer les périodes pendant lesquelles la partie demanderesse a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles et en cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée ;
— les souffrances endurées physiques ou psychiques : les évaluer sur une échelle de 1 à 7 ;
— le préjudice esthétique temporaire : l’évaluer sur une échelle de 1 à 7 ;
— le besoin en tierce personne temporaire : se prononcer sur la nécessité pour la partie demanderesse d’être assisté(e) par une tierce personne avant la consolidation (cette assistance ne devant pas être réduite en cas d’assistance familiale) ; dans l’affirmative, préciser si cette tierce personne a dû ou non être spécialisée, ses attributions exactes ainsi que les durées respectives d’intervention de l’assistant spécialisé et de l’assistant non spécialisé ; donner à cet égard toutes précisions utiles ;
b) Consolidation :
— proposer la date de consolidation : si la consolidation n’est pas acquise, indiquer le délai à l’issue duquel un nouvel examen devra être réalisé, préciser dans ce cas les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision ;
c) Après consolidation :
— le déficit fonctionnel permanent : en évaluer l’importance et en chiffrer le taux, lequel doit prendre en compte non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques, mais aussi les douleurs physiques et morales permanentes ressenties par l’intéressé et les troubles dans les conditions d’existence qu’il rencontre au quotidien après consolidation ;
— les dépenses de santé futures : décrire les soins futurs en précisant la fréquence de leur renouvellement ;
— les pertes de gains professionnels futurs : indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent en particulier psychologique entraîne l’obligation pour la partie demanderesse de cesser totalement ou partiellement son activité professionnelle ou de changer d’activité professionnelle ;
— l’incidence professionnelle : indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent en particulier psychologique entraîne d’autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, « dévalorisation » sur le marché du travail, etc.) ;
— le préjudice scolaire, universitaire ou de formation : préciser si la partie demanderesse est scolarisé(e) ou en cours d’études, dire si, en raison des lésions consécutives au fait traumatique, il/elle a subi une perte d’une ou plusieurs année(s) scolaire(s), universitaire(s) ou de formation, et/ou si il/elle est obligé(e), le cas échéant, de se réorienter ou de renoncer à certaines formations ; préciser si la partie demanderesse n’a jamais pu être scolarisé(e) ou si il/elle l’a été en milieu adapté ou de façon partielle ; préciser si la partie demanderesse a subi une gêne, des absences, des aménagements, un surcroît de travail, ayant perturbé le cours normal de sa scolarité (accompagnement par auxiliaire de vie scolaire (AVS), tiers temps, baisse de ses résultats, pénibilité, etc.) ;
— le préjudice d’établissement : dire si la partie demanderesse subit une perte d’espoir ou de chance de normalement réaliser ou poursuivre un projet de vie familiale ;
— le préjudice esthétique permanent : l’évaluer sur une échelle de 1 à 7 ;
— le préjudice d’agrément : en cas de répercussion dans l’exercice des activités spécifiques sportives ou de loisirs de la partie demanderesse effectivement pratiquées antérieurement à l’accident, émettre un avis motivé en discutant son imputabilité à l’accident, aux lésions et aux séquelles retenues. Se prononcer sur l’impossibilité de pratiquer l’activité, sur son caractère direct et certain et son aspect définitif ;
— le préjudice sexuel : indiquer s’il existe ou s’il existera un préjudice sexuel (perte ou diminution de la libido, impuissance ou perte de plaisir, perte de fertilité) ;
— les frais de logement adapté ou aménagé : dire si l’état de la partie demanderesse, avant ou après consolidation, emporte un besoin temporaire ou définitif de logement adapté ; le cas échéant, le décrire ;
— les frais de véhicule adapté : dire si l’état de la partie demanderesse, avant ou après consolidation, emporte un besoin temporaire ou définitif de véhicule adapté et/ou de transport particulier ; le cas échéant, le décrire ;
— la nécessité de recourir à l’aide d’une tierce personne à titre pérenne et en fixer la durée journalière, hebdomadaire ou mensuelle ; se prononcer sur la nécessité pour la partie demanderesse d’être assisté(e) par une tierce personne après la consolidation (cette assistance ne devant pas être réduite en cas d’assistance familiale) ; dans l’affirmative, préciser si cette tierce personne doit ou non être spécialisée, ses attributions exactes ainsi que les durées respectives d’intervention de l’assistant spécialisé et de l’assistant non spécialisé ; donner à cet égard toutes précisions utiles ;
— Dire s’il y a lieu de placer le blessé en milieu spécialisé et dans quelles conditions ;
— Préjudices permanents exceptionnels : dire si la partie demanderesse subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés à des handicaps permanents ;
8. Etablir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ;
Disons que, pour exécuter la mission, l’expert sera saisi et procédera conformément aux dispositions des articles 232 à 248, 263 à 284-1 du code de procédure civile ;
Enjoignons aux parties de remettre à l’expert :
— le demandeur, immédiatement toutes pièces médicales ou paramédicales utiles l’accomplissement de la mission, en particulier les certificats médicaux, certificats de consolidation, documents d’imagerie médicale, comptes-rendus opératoires et d’examen, expertises amiables ou judiciaires précédentes ;
— le défendeur aussitôt que possible et au plus tard 15 jours avant la première réunion, les documents, renseignements, réclamations indispensables au bon déroulement des opérations, y compris les documents médicaux protégés par le secret professionnel et relatifs à la partie demanderesse, sauf opposition expresse de la partie demanderesse sur leur divulgation ;
Disons qu’à défaut d’obtenir la remise des pièces qui lui sont nécessaires l’expert pourra être autorisé par le juge chargé du contrôle des expertises à déposer son rapport en l’état ;
Que toutefois il pourra se faire communiquer directement, avec l’accord de la partie demanderesse ou de ses ayants-droits par tous tiers : médecins, personnels paramédicaux, établissements hospitaliers et de soins, toutes pièces médicales qui ne lui auraient pas été transmises par les parties et dont la production lui paraîtra nécessaire ;
Disons que l’expert s’assurera, à chaque réunion d’expertise, de la communication aux parties des pièces qui lui sont remises, dans un délai permettant leur étude, conformément au principe de la contradiction ; que les documents d’imagerie médicale pertinents seront analysées de façon contradictoire lors des réunions d’expertise ; qu’en matière d’aggravation alléguée seront distinguées en particulier les pièces médicales et les rapports d’expertise pris en considération par la décision judiciaire ou la transaction réparant le préjudice dont la réappréciation est demandée, les pièces médicales ou rapports établis postérieurement ;
Que les pièces seront numérotées en continu et accompagnées d’un bordereau récapitulatif ;
Disons que, dans le but de favoriser l’instauration d’échanges dématérialisés et de limiter la durée et le coût de l’expertise, le technicien devra privilégier l’usage de la plate-forme Opalexe et qu’il proposera en ce cas à chacune des parties, au plus tard lors de la première réunion d’expertise, de recourir à ce procédé pour communiquer tous documents et notes par la voie dématérialisée dans les conditions de l’article 748-1 du code de procédure civile et de l’arrêté du 14 juin 2017 portant application des dispositions du titre XXI du livre Ier du code de procédure civile aux experts judiciaires ;
Disons que l’expert devra convoquer toutes les parties par lettre recommandée avec accusé de réception et leur avocat par lettre simple, les avisant de la faculté qu’elles ont de se faire assister par le médecin-conseil de leur choix ;
Disons que l’expert procédera à l’examen clinique, en assurant la protection de l’intimité de la vie privée de la personne examinée et le secret médical pour des constatations étrangères à l’expertise ; qu’à l’issue de cet examen, en application du principe du contradictoire il informera les parties et leurs conseils de façon circonstanciée de ses constatations et de leurs conséquences;
Disons que l’expert pourra recueillir des informations orales, ou écrites, de toutes personnes susceptibles de l’éclairer ;
Disons que l’expert devra :
— en concertation avec les parties, définir un calendrier prévisionnel de ses opérations à l’issue de la première réunion d’expertise ; l’actualiser ensuite dans le meilleur délai, en fixant aux parties un délai pour procéder aux interventions forcées ; en les informant de la date à laquelle il prévoit de leur adresser son document de synthèse ou son projet de rapport ;
— adresser dans le même temps le montant prévisible de sa rémunération qu’il actualisera s’il y a lieu, procédant parallèlement aux demandes de provisions complémentaires ;
— adresser aux parties un document de synthèse, sauf exception (par exemple : réunion de synthèse, communication d’un projet de rapport) dont il s’expliquera dans son rapport, et arrêter le calendrier de la phase conclusive de ses opérations :
. fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse, lesquelles disposeront d’un délai de 4 à 5 semaines à compter de la transmission du rapport ;
. rappelant aux parties, au visa de l’article 276 alinéa 2 du code de procédure civile, qu’il n’est pas tenu de prendre en compte les observations transmises au-delà du terme qu’il fixe ;
Disons que l’expert répondra de manière précise et circonstanciée à ces dernières observations ou réclamations qui devront être annexées au rapport définitif dans lequel devront figurer impérativement :
— la liste exhaustive des pièces par lui consultées ;
— le nom des personnes convoquées aux opérations d’expertise en précisant pour chacune d’elle la date d’envoi de la convocation la concernant et la forme de cette convocation ;
— le nom des personnes présentes à chacune des réunions d’expertise ;
— la date de chacune des réunions tenues ;
— les déclarations des tiers entendus par lui, en mentionnant leur identité complète, leur qualité et leurs liens éventuels avec les parties ;
— le cas échéant, l’identité du technicien dont il s’est adjoint le concours, ainsi que le document qu’il aura établi de ses constatations et avis (lequel devra également être joint à la note de synthèse ou au projet de rapport) ;
Que l’original du rapport définitif (un exemplaire) sera déposé au greffe du tribunal judiciaire de Paris – Service de contrôle des expertise – tandis que l’expert en adressera un exemplaire aux parties et à leur conseil, avant le 22 février 2027 inclus sauf prorogation expresse ;
Fixons à la somme de 1.500 euros (mille cinq cents euros), le montant de la provision à valoir sur les frais d’expertise qui devra être consignée par la partie demanderesse à la régie d’avances et de recettes du tribunal judiciaire de Paris avant le 22 juin 2026, sauf prorogation expresse ;
Disons que faute de consignation dans ce délai impératif, la désignation de l’expert sera caduque et privée de tout effet ;
Disons que si la partie demanderesse n’est pas consolidée à la date de l’expertise, il sera établi un premier rapport par l’expert ; que celui-ci pourra être ressaisi aux fins d’établissement d’un rapport complémentaire par le service du contrôle des expertises auquel sera transmis un certificat médical du médecin traitant attestant de la consolidation de son état et un chèque de 750 euros, à l’ordre de la régie d’avances et de recettes du tribunal judiciaire de Paris, montant de la provision complémentaire ;
Disons que le magistrat chargé du contrôle des expertises au tribunal judiciaire de Paris sera spécialement compétent pour suivre l’exécution de cette mesure, statuer sur tous les incidents et procéder éventuellement, par simple ordonnance sur requête sur l’initiative de la plus diligente des parties, au remplacement de l’expert indisponible ou empêché ; que toute correspondance émanant des parties, de leurs conseils ou de l’expert devra lui être adressée sous l’intitulé suivant :
Tribunal judiciaire de Paris
Service du contrôle des expertises
[Adresse 11]
[Localité 11]
Disons n’y avoir lieu à référé sur la demande de provision de Mme [N] [W] ;
Laissons les dépens de l’instance en référé à la charge de Mme [N] [W] ;
Déboutons Mme [N] [W] et la société Stim Technibat de leurs demandes de condamnation au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
Rappelons que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit par provision.
Fait à [Localité 1] le 20 avril 2026.
Le Greffier, Le Président,
Larissa FERELLOC Anita ANTON
Service de la régie :
Tribunal de Paris, [Adresse 12]
[Localité 11]
☎ [XXXXXXXX01]
Fax 01.44.32.53.46
✉ [Courriel 2]
Sont acceptées les modalités de paiements suivantes :
➢ virement bancaire aux coordonnées suivantes :
IBAN : [XXXXXXXXXX01]
BIC : TRPUFRP1
en indiquant impérativement le libellé suivant :
C7 « Prénom et Nom de la personne qui paye » pour prénom et nom du consignataire indiqué dans la décision + Numéro de RG initial
➢ chèque établi à l’ordre du régisseur du Tribunal judiciaire de Paris (en cas de paiement par le biais de l’avocat uniquement chèque CARPA ou chèque tiré sur compte professionnel)
Le règlement doit impérativement être accompagné d’une copie de la présente décision. En cas de virement bancaire, cette décision doit être envoyée au préalable à la régie (par courrier, courriel ou fax).
Expert : Monsieur [P] [M]
Consignation : 1500 € par Madame [N] [W]
le 22 Juin 2026
Rapport à déposer le : 22 Février 2027
Juge chargé du contrôle de l’expertise :
Service du contrôle des expertises
Tribunal de Paris, [Adresse 12]
[Localité 11].
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Indemnités journalieres ·
- Tribunal judiciaire ·
- Pension de retraite ·
- Recours ·
- Commission ·
- Sécurité sociale ·
- Dette ·
- Vieillesse ·
- Maladie ·
- Sécurité
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Territoire français ·
- Ordonnance ·
- Siège ·
- Télécommunication ·
- Notification ·
- Magistrat
- Transaction ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ès-qualités ·
- Partie civile ·
- Procédure pénale ·
- Adresses ·
- Enfant ·
- Tribunal correctionnel ·
- Demande ·
- Véhicule
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Prolongation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Administration ·
- Étranger ·
- Incompatibilité ·
- Insuffisance de motivation ·
- État de santé, ·
- Accès aux soins ·
- L'etat ·
- Stade
- Voyageur ·
- Train ·
- Tribunal judiciaire ·
- Transporteur ·
- Voiture ·
- Quai ·
- Sociétés ·
- Assurance maladie ·
- Responsabilité ·
- Incendie
- Loyer ·
- Commissaire de justice ·
- Commandement ·
- Locataire ·
- Résiliation du bail ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Bailleur ·
- Logement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Séjour des étrangers ·
- Droit d'asile ·
- Décision d’éloignement ·
- Prolongation ·
- Personnes ·
- Consulat ·
- Maintien ·
- Menaces ·
- Exécution d'office
- Adresses ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Expertise ·
- Métropole ·
- Réseau ·
- Eau usée ·
- Épouse ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Hors de cause
- Comités ·
- Maladie professionnelle ·
- Tribunal judiciaire ·
- Reconnaissance ·
- Travail ·
- Sécurité sociale ·
- Incapacité ·
- Avis motivé ·
- Dossier médical ·
- Certificat médical
Sur les mêmes thèmes • 3
- Isolement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Renouvellement ·
- Contrôle ·
- Hôpitaux ·
- Mainlevée ·
- Adresses ·
- Consentement
- Créanciers ·
- Saisie immobilière ·
- Tribunal judiciaire ·
- Exécution ·
- Cadastre ·
- Commandement de payer ·
- Conditions de vente ·
- Commissaire de justice ·
- Finances ·
- Vente forcée
- Copropriété : droits et obligations des copropriétaires ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Commissaire de justice ·
- Baignoire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Partie ·
- Adresses ·
- Expertise ·
- Procès-verbal de constat ·
- Mission ·
- Délai ·
- Assureur
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.