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Sur la décision
| Référence : | TJ Strasbourg, j l d, 31 oct. 2025, n° 25/01582 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01582 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 10 novembre 2025 |
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Texte intégral
Tribunal judiciaire
de Strasbourg
— -------------
[Adresse 4]
[Adresse 4]
[Localité 2]
— -------------
Tél . [XXXXXXXX01]
PROCÉDURE DE CONTRÔLE SYSTÉMATIQUE
DES MESURES DE SOINS
PSYCHIATRIQUES
Juge des Libertés et de la Détention
ORDONNANCE
N° RG 25/01582 – N° Portalis DB2E-W-B7J-N54D
Le 31 Octobre 2025,
Nous, Héloïse PICARD, vice-président chargé des fonctions de juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de STRASBOURG, assistée de Fanny GEISS, Greffier,
Statuant en premier ressort en qualité de magistrat du siège, après débats en audience publique ;
Vu les dispositions des articles L.3211-12, L.3211-12-1, L.3211-12-2, R.3211-12, R.3211-29 et R.3211-32 du Code de la Santé Publique et le dossier de la procédure ;
Vu la requête en date du 27 Octobre 2025 de M. LE DIRECTEUR DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE [Localité 2] concernant M. [W] [Z] [U] [V] né le 30 Janvier 1996 demeurant [Adresse 3] à [Localité 2] actuellement en hospitalisation complète à Hopitaux Universitaires de [Localité 2] ;
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques en cas d’hospitalisation à la demande d’un tiers en urgence prise par M. LE DIRECTEUR DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE [Localité 2] en date du 23 octobre 2025 ;
Vu les certificats médicaux de 24 heures et de 72 heures ;
Vu la décision maintenant les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète prise par M. LE DIRECTEUR DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE [Localité 2] en date du 25 octobre 2025 ;
Vu l’avis motivé à l’appui de la requête ;
Vu l’avis de Madame le procureur de la République aux termes duquel le ministère public s’en rapporte à l’appréciation du tribunal ;
M. [W] [Z] [U] [V] régulièrement convoqué, présent, assisté de Me Clémence MACIA, avocate de permanence ;
MOTIFS,
Monsieur [W] [Z] [U] [V] été admis le 23 octobre 2025 aux hôpitaux universitaires de [Localité 2] au titre des soins sans consentement en urgence à la demande d’un tiers, à savoir son oncle, Monsieur [Y] [H].
Le certificat médical d’admission du Docteur [X] faisait notamment état d’un discours marqué par des idées délirantes de persécution et mystiques. Le patient présente des hallucinations acoustico-verbales et cénesthésiques. Il décrit un sentiment d’insécurité, est anosognosique et n’accepte les soins que de façon passive sans en comprendre l’intérêt.
Par décision en date du 25 octobre 2025, le directeur du centre hospitalier a maintenu les soins sans consentement sous la forme d’une hospitalisation complète, conformément aux certificats médicaux établis pendant la période d’observation.
A l’audience de ce jour, Monsieur [W] [Z] [U] [V] explique confusément les circonstances et les motifs de son hospitalisation. Il se dit d’accord pour rester hospitalisé le temps que son état se stabilise.
I- Sur la régularité de la procédure
Aux termes de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique, le juge des libertés et de la détention connaît des contestations relatives à la régularité des décisions administratives prises en matière de soins psychiatriques sans consentement dans le cadre des instances introduites en application des articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1. Dans ce cas, l’irrégularité affectant une décision administrative n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l’objet.
En l’espèce, il résulte des éléments précités que la procédure d’admission en soins psychiatriques a été menée conformément à la loi.
II- Sur le bien-fondé de la mesure
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique le juge des libertés et de la détention doit veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée.
Il résulte des certificats médicaux des 24 et 72 heures et de l’avis motivé établi par le Docteur [C] que Monsieur [W] [Z] [U] [V] a été hospitalisé dans un contexte où il s’était isolé depuis plusieurs jours à son domicile sans manger, ni boire. Un syndrome délirant et des idées de persécution sont exprimées par le patient. Le contact est réticent, le regard fuyant. Des attitudes de contemplation sont notées. Des troubles de la pensée sont décrits avec désorganisation intense, le raisonnement étant altéré et les propos incohérents. A ce stade, Monsieur [W] [Z] [U] [V] ne comprend pas les raisons de son hospitalisation et accepte passivement les traitements.
Au regard de ces éléments, il y a lieu, conformément aux préconisations du corps médical, de maintenir l’hospitalisation complète de Monsieur [W] [Z] [U] [V], dès lors que cette mesure constitue une réponse médicale nécessaire et proportionnée à l’état du patient.
PAR CES MOTIFS
Statuant en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
ORDONNONS le maintien de l’hospitalisation complète de M. [W] [Z] [U] [V] né le 30 Janvier 1996 ;
DISONS que les dépens seront laissés à la charge du Trésor Public.
RAPPELONS que cette décision est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification, par déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au Greffe de la cour d’Appel de Colmar (article R.3211-18 et suivants du code de la santé publique).
Le délai d’appel et l’appel ne sont pas suspensifs, à l’exception de l’appel formé par le ministère public qui peut être déclaré suspensif par le premier président de la cour d’appel ou son délégué conformément aux dispositions de l’article R.3211-20 du Code de la santé publique.
Le Greffier
Le Président
Copie transmise par mail le 31 Octobre 2025 à :
— M. [W] [Z] [U] [V], par remise de copie contre récépissé par l’intermédiaire de l’établissement hospitalier,
— Ministère public,
— Directrice/Directeur de Hopitaux Universitaires de [Localité 2]
— Me Clémence MACIA, Conseil de [W] [Z] [U] [V]
Courrier d’information transmis par LS/courriel au tiers demandeur
Le Greffier
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