Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Thonon-Les-Bains, jcp, 3 févr. 2026, n° 25/01336 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01336 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 2 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE THONON-LES-BAINS
LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
JUGEMENT DU 03 FEVRIER 2026
MINUTE N° :
DOSSIER : N° RG 25/01336 – N° Portalis DB2S-W-B7J-FFLR
AFFAIRE :, [X], [Z] /, [Y], [W]
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Lors des débats et du prononcé du jugement
Madame Florence BELOIN, Vice-Présidente Juge des Contentieux de la Protection
Madame Isabelle CANONICI, Greffier
DEBATS : en audience publique du 18 Novembre 2025, décision mise en délibéré au 3 février 2026
JUGEMENT prononcé par mise à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort, signé par Madame Florence BELOIN, Vice-Présidente en charge des contentieux de la protection et Madame Isabelle CANONICI, Greffier
DEMANDEUR
M., [X], [Z]
né le 18 Août 1959 à, [Localité 1], demeurant, [Adresse 1]
représenté par Maître Colomban CAROULLE de la SELARL RIMONDI ALONSO HUISSOUD CAROULLE PIETTRE, avocats au barreau de THONON-LES-BAINS, avocats plaidant
DEFENDEUR
M., [Y], [W]
né le 23 Mai 1995 à, [Localité 2] (CAMEROUN), demeurant, [Adresse 2]
non comparant
Expédition(s) délivrée(s) le
à
Exécutoire(s) délivré(s) le
à
EXPOSÉ DU LITIGE
Monsieur, [Q], [Z] a, par contrat signé le 11 juin 2024, donné à bail à Monsieur, [Y], [W] un appartement de type 3, situé, [Adresse 3] à, [Localité 3] moyennant un loyer mensuel de 800 euros, outre des provisions pour charges de 35 euros par mois.
Par acte de Commissaire de Justice du 14 mars 2025, remis à étude, Monsieur, [Q], [Z] a fait assigner Monsieur, [Y], [W] devant le Juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de THONON-LES-BAINS, lors de son audience du 18 novembre 2025, sur le fondement de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 afin de :
— constater que la résiliation du bail conclu entre Monsieur, [Q], [Z] et Monsieur, [Y], [W] est acquise depuis le 31 décembre 2024 par le jeu de la clause résolutoire insérée au contrat, ou à défaut, prononcer la résolution judiciaire du contrat de bail ;
— dire et juger que Monsieur, [Y], [W] occupe les lieux sans droit ni titre ;
— ordonner en conséquence l’expulsion de Monsieur, [Y], [W], corps et biens, et celles de toutes personnes introduites de son chef dans le logement, avec le concours de la force publique si besoin est, et deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux ;
— condamner Monsieur, [Y], [W] à payer à Monsieur, [Q], [Z] la somme de 4 110,97 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dus à la date du 31 janvier 2025 ;
— condamner Monsieur, [Y], [W] à payer à Monsieur, [Q], [Z] une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, et ce à compter du 1er février 2025 jusqu’au jour de la libération effective des lieux, ladite indemnité subissant les mêmes variations que le loyer contractuel ;
— condamner Monsieur, [Y], [W] à payer à Monsieur, [Q], [Z] la somme de 1 000 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile :
— condamner Monsieur, [Y], [W] aux entiers frais et dépens, en ce compris le coût du commandement de payer.
Un bordereau de carence a été adressé au Greffe le 23 octobre 2025 par le Pôle médico-social, indiquant que Monsieur, [Y], [W] ne s’était pas présenté au rendez-vous proposé.
Lors de l’audience du 18 novembre 2025, Monsieur, [Q], [Z], représenté, a réitéré ses prétentions et a déposé un décompte actualisant le montant de la dette locative, échéance du mois de novembre 2025 comprise, à la somme de 12 565,37 euros.
Monsieur, [Y], [W] n’était ni présent, ni représenté.
La décision a été mise en délibéré pour être rendue le 03 février 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Selon l’article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
L’article 24 I de ladite loi n° 89-462, dans sa version en vigueur à la date de conclusion du contrat de bail, dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de payement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit d’effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le contrat de bail a été conclu le 11 juin 2024. La clause résolutoire insérée au contrat (article VIII) prévoit qu’à défaut de paiement intégral à son échéance d’un seul terme de loyer, y compris les accessoires, la résiliation du contrat est en effet acquise de plein droit six semaines après un commandement de payer demeuré sans effet.
Il est justifié de la délivrance, le 30 octobre 2024, d’un commandement de payer, dans un délai de deux mois,la somme de 2 505 euros
REDACTION FINALE :
Un commandement de payer la somme de 2 505 euros visant la clause résolutoire du contrat de bail et mentionnant, à deux reprises, que le locataire dispose d’un délai de deux mois pour apurer l’arriéré locatif lui a été signifié le 30 octobre 2024.
Cependant, il n’y a pas lieu de relever la nullité du commandement de payer dès lors que la mention du délai de deux mois, qui pourrait être de nature à générer une incompréhension de la part du locataire, lui est plus favorable. Par ailleurs, il s’avère que le locataire n’a pas acquitté la cause du commandement de payer pendant le délai de six semaines, ni non plus dans les deux semaines suivantes, n’ayant effectué qu’un règlement partiel de 1 000 euros le 3 décembre 2024.
Il est enfin justifié que le commandement de payer comporte les autres éléments d’information prévu par l’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et que l’assignation au représentant de l’Etat dans le département a été dénoncée six semaines au moins avant l’audience.
Il conviendra, par conséquent, de constater que la résiliation du contrat est acquise de plein droit au 31 décembre 2024, soit deux mois après la signification du commandement de payer demeuré sans effet, en raison de l’automaticité de la mise en oeuvre de la clause résolutoire, d’ordonner à Monsieur, [Y], [W] de libérer les lieux, à défaut d’exécution volontaire d’autoriser son expulsion et de le condamner au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au loyer le cas échéant indexé et aux charges qui auraient dû être payés si le bail était resté en vigueur.
Il ressort du décompte versé aux débats que la dette de loyers, charges et indemnités d’occupation échus et laissés impayés, échéance du mois de novembre 2025 comprise, s’élève à la somme de 12 565,37 euros.
La justification d’un paiement libératoire de Monsieur, [Y], [W] n’étant pas rapportée, il y a lieu de le condamner à payer cette somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision, et jusqu’à parfait achèvement.
Monsieur, [Y], [W], qui succombe, sera condamné aux dépens de l’instance, conformément à l’article 696 du code de procédure civile, qui comprendront le droit de plaidoirie, les frais d’assignation, les frais de signification de la présente décision ainsi que les frais de notification au représentant de l’État conformément à l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, et le coût du commandement de payer, et à payer une indemnité, en application de l’article 700 de ce même code, au titre des frais irrépétibles, dont le montant sera équitablement fixé à la somme de 150 euros.
Enfin, en vertu de l’article 514 du code de procédure civile, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit car elle est compatible avec la nature de l’affaire.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, exécutoire de plein droit,
CONSTATE la résiliation à la date du 31 décembre 2024 du contrat de location conclu entre Monsieur, [Q], [Z] et Monsieur, [Y], [W] portant sur un appartement de type 3, situé, [Adresse 3] à, [Localité 3], par l’effet de la clause résolutoire y étant insérée ;
DIT que Monsieur, [Y], [W] est devenu occupant sans droit, ni titre ;
ORDONNE à Monsieur, [Y], [W] de libérer les lieux de sa personne, de ses biens et tous les occupants de son chef dans le délai de huit jours à compter de la présente décision ;
ORDONNE qu’à défaut pour lui d’avoir libéré les lieux dans les conditions précitées, il soit procédé à l’expulsion de Monsieur, [Y], [W] et à celle de tous occupants de son chef, avec le concours de la force publique et d’un serrurier si besoin est, à l’expiration d’un délai de deux mois suivant la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux, en application des dispositions des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
DIT que le sort des biens mobiliers trouvés dans les lieux sera régi par les dispositions des articles L.433-1 et suivants et R.433-1 à R.433-6 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE Monsieur, [Y], [W] à payer à Monsieur, [Q], [Z] la somme de 12 565,37 euros, échéance du mois de novembre 2025 comprise, et correspondant aux loyers, charges et indemnités d’occupation échus et laissés impayés, assortie des intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision, et jusqu’à parfait achèvement ;
CONDAMNE Monsieur, [Y], [W] au paiement, pour l’occupation des lieux loués, d’une indemnité d’occupation d’un montant équivalent au loyer, le cas échéant, indexé et aux charges qui auraient dû être payées selon l’accord entre les parties, si le contrat de bail était resté en vigueur, à compter de la date de la résiliation du contrat de bail et jusqu’à la date de libération effective des lieux ;
DIT que le présent jugement sera transmis par le Greffe au représentant de l’État dans le département ;
CONDAMNE Monsieur, [Y], [W] à payer à Monsieur, [Q], [Z] la somme de 150 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur, [Y], [W] aux dépens de l’instance comprenant le droit de plaidoirie, le coût du commandement de payer, de l’assignation, de sa dénonciation au représentant de l’Etat et de la signification de la présente décision, à l’exclusion de tout autre frais ;
DIT n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire du jugement.
EN FOI DE QUOI, le présent jugement a été signé par le Juge des Contentieux de la Protection et le Greffier, sus-désignés, présents lors du prononcé.
LE GREFFIER, LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Centre hospitalier ·
- Trouble ·
- Épouse ·
- Consentement ·
- Etablissements de santé ·
- Personnes ·
- Adresses ·
- Tiers
- Isolement ·
- Renouvellement ·
- Santé publique ·
- Détention ·
- Maintien ·
- Liberté ·
- Centre hospitalier ·
- Évaluation ·
- Dossier médical ·
- Durée
- Liste électorale ·
- Commune ·
- Tribunal judiciaire ·
- Électeur ·
- Adresses ·
- Radiation ·
- Scrutin ·
- Épouse ·
- Maroc ·
- Election
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Hospitalisation ·
- Personnes ·
- Santé mentale ·
- Tribunal judiciaire ·
- Trouble mental ·
- Etablissement public ·
- Consentement ·
- Protection juridique ·
- Protection ·
- Surveillance
- Location ·
- Véhicule ·
- Tribunal judiciaire ·
- Permis de conduire ·
- Contrats ·
- Exécution ·
- Plateforme ·
- Épouse ·
- Échange ·
- Code civil
- Garde à vue ·
- Habilitation ·
- Empreinte digitale ·
- Consultation ·
- Fichier ·
- Éloignement ·
- Adresses ·
- Personnes ·
- Droit d'asile ·
- Étranger
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Parents ·
- Enfant ·
- Partage amiable ·
- Débiteur ·
- Contribution ·
- Vacances ·
- Hébergement ·
- Divorce ·
- Prestation familiale ·
- Pensions alimentaires
- Étranger ·
- Interpellation ·
- Asile ·
- Territoire français ·
- Assignation à résidence ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mer ·
- Côte d'ivoire ·
- Administration ·
- Passeport
- Tribunal judiciaire ·
- Adoption plénière ·
- Congo ·
- Etat civil ·
- Enfant adopté ·
- République ·
- Assesseur ·
- Transcription ·
- Adresses ·
- Matière gracieuse
Sur les mêmes thèmes • 3
- Surendettement ·
- Rétablissement personnel ·
- Commission ·
- Forfait ·
- Liquidation judiciaire ·
- Débiteur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Créance ·
- Personnel ·
- Créanciers
- Parents ·
- Enfant ·
- Maroc ·
- Vacances ·
- Résidence ·
- Tribunal judiciaire ·
- Divorce ·
- Droit de visite ·
- Hébergement ·
- Contribution
- Commissaire de justice ·
- Commandement ·
- Titre exécutoire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Acte ·
- Procédure ·
- Sursis à statuer ·
- Exécution forcée ·
- Sursis
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.