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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp réf., 17 juin 2025, n° 25/00245 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00245 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 27 juin 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | S.A. PROMOLOGIS c/ à |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 12]
[Adresse 1]
[Adresse 10]
[Localité 8]
NAC: 5AA
N° RG 25/00245 – N° Portalis DBX4-W-B7J-TXJU
ORDONNANCE
DE RÉFÉRÉ
N° B
DU : 17 Juin 2025
S.A. PROMOLOGIS
C/
[Y] [L] [T]
Expédition revêtue de
la formule exécutoire
délivrée le 17 Juin 2025
à SA PROMOLOGIS
Expédition délivrée
à toutes les parties
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le Mardi 17 Juin 2025, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Céline GARRIGUES, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Fanny ACHIGAR Greffière, lors des débats et chargée des opérations de mise à disposition.
Après débats à l’audience du 29 Avril 2025, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDERESSE
S.A. PROMOLOGIS, dont le siège social est sis [Adresse 11]
représentée par Mme [B] [G], Chargée de contentieux, munie d’un pouvoir
ET
DÉFENDEUR
M. [Y] [L] [T], demeurant [Adresse 9]
non comparant, ni représenté
RAPPEL DES FAITS
Par contrat signé électroniquement le 29 juin 2022 prenant effet au 4 juillet 2022, la S.A PROMOLOGIS a donné à bail à Monsieur [Y] [L] [T] un appartement à usage d’habitation (n°D04) situé [Adresse 5] et un parking (n°4) situés [Adresse 7] à [Localité 14] pour un loyer mensuel de 327,01 euros, 30 euros de loyer pour le parking, une provision sur charges mensuelle de 88,49 euros et une provision sur charges mensuelle pour le parking de 3 euros.
A la suite d’un changement d’adresse par la Commune de [Localité 13], le logement était désormais situé à l’adresse du [Adresse 2] et le parking était situé [Adresse 6].
Le 30 septembre 2024, la S.A PROMOLOGIS a fait signifier à Monsieur [Y] [L] [T] un commandement de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire ainsi qu’une sommation d’avoir à justifier d’une assurance.
Par acte de commissaire de justice en date du 19 décembre 2024, la S.A PROMOLOGIS a ensuite fait assigner Monsieur [Y] [L] [T] devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 13] statuant en référé pour obtenir :
— le constat de l’acquisition de la clause résolutoire, donc de la résiliation du contrat de location au 1er décembre 2024,
— son expulsion de corps et de biens et celle de tout occupant de son chef, au besoin avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique,
— sa condamnation au paiement :
* de la somme de 2.988 euros, mensualité d’octobre 2024 incluse, représentant les arriérés de charges et de loyers à la date de l’assignation, somme à parfaire au jour de l’audience, avec les intérêts au taux légal à compter du commandement de payer,
* d’une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant égal au loyer et à la provision sur charge actuels, avec indexation, jusqu’à la libération effective du logement,
* d’une somme de 150 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile
* de tous les frais et dépens de la présente instance, en ce compris le coût du commandement de payer, de l’assignation, et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui ont été prises sur ses biens et valeurs mobilières.
A l’audience du 29 avril 2025, la S.A PROMOLOGIS, représentée par Madame [B] [G], valablement munie d’un pouvoir, maintient les demandes de son assignation et actualise le montant de sa demande en paiement à la somme de 5.885,57 euros, pour inclure les mensualités impayées jusqu’à celle de mars 2025 comprise en précisant que le locataire n’avait pas repris le paiement du loyer courant.
Convoqué par acte de commissaire de justice signifié selon les modalités de l’article 659 du code de procédure civile, le 19 décembre 2024, Monsieur [Y] [L] [T] n’est ni présent ni représenté.
L’affaire a été mise en délibéré au 17 juin 2025 et le conseil de la demanderesse a été autorisé à faire parvenir à la présente juridiction l’accusé de réception du procès-verbal de recherches infructueuses.
Par courriel du 30 avril 2025, les accusés de réception des procès-verbaux de recherches infructueuses ont été adressés par le conseil de la demanderesse.
MOTIFS DE LA DECISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, en l’absence du défendeur, le Tribunal ne fait droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée.
I. SUR LA RESILIATION
1. Sur la recevabilité de l’action
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de Haute-Garonne par la voie électronique le 20 décembre 2024, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément à l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 en sa version applicable au litige.
Par ailleurs, la S.A PROMOLOGIS justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par la voie électronique le 1er octobre 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 19 décembre 2024, conformément à l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
2. Sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, en sa version applicable à la date de conclusion du contrat, prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Le bail conclu le 29 juin 2022 prenant effet au 4 juillet 2022 contient une clause résolutoire (article 4-7-1) reprenant les modalités de cet article, laissant un délai de deux mois pour payer la dette après délivrance du commandement de payer.
Un commandement de payer visant cette clause et laissant un délai de deux mois pour régler la somme de 2.059,04 euros a été signifié le 30 septembre 2024, conformément à la clause résolutoire du contrat.
Monsieur [Y] [L] [T] n’a effectué aucun règlement dans le délai de deux mois. A défaut de paiement total de la somme visée dans le commandement de payer, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 1er décembre 2024.
Monsieur [Y] [L] [T] est depuis occupant sans droit ni titre. L’expulsion de Monsieur [Y] [L] [T] sera donc ordonnée, au besoin avec assistance d’un serrurier et de la force publique.
Le sort des meubles éventuellement laissés dans les lieux est spécifiquement organisé aux articles R.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution au titre des opérations d’expulsion. Il n’y a pas donc lieu d’ordonner leur enlèvement, leur transport ni leur séquestration, qui demeurent à ce stade purement hypothétiques.
II. SUR LE MONTANT DE L’ARRIERE LOCATIF
L’article 1728 du code civil et l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 obligent le locataire à payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
L’article 24 V de la loi du 06 juillet 1989 prévoit que « le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi ».
La S.A PROMOLOGIS produit un décompte du 29 avril 2025 démontrant que Monsieur [Y] [L] [T] reste devoir la somme de 5.346,58 euros, mensualité de mars 2025 comprise, après soustraction des frais de poursuite (538,99 euros).
Monsieur [Y] [L] [T] n’apporte aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette.
Il sera ainsi condamné à titre provisionnel au paiement de la somme de 5.346,58 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 30 septembre 2024 sur la somme de 2.059,04 euros, et de la présente ordonnance pour le surplus, conformément aux dispositions des articles 1231-6 et 1231-7 du code civil.
Monsieur [Y] [L] [T] sera également condamné au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle pour la période courant du 1er avril 2025 à la date de la libération effective et définitive des lieux, l’arriéré d’indemnités d’occupation pour la période du 1er décembre 2024 au 31 mars 2025 étant déjà compris dans la somme provisoire octroyée. Cette indemnité d’occupation mensuelle, visant à compenser et à indemniser l’occupation des lieux sans droit ni titre, sera fixée au montant résultant du loyer et des charges tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi.
III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
Monsieur [Y] [L] [T], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de sa notification à la CCAPEX, de l’assignation en référé et de sa notification à la préfecture.
Toutefois, la S.A PROMOLOGIS sera déboutée de sa demande au titre des dépens concernant les actes signifiés dans le cadre de mesures conservatoires, lesquels restent hypothétiques à ce stade.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la S.A PROMOLOGIS , Monsieur [Y] [L] [T] sera condamné à lui verser une somme de 150 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 29 juin 2022 prenant effet au 4 juillet 2022 entre la S.A PROMOLOGIS et Monsieur [Y] [L] [T] concernant un appartement à usage d’habitation (n°D04) situé [Adresse 4] devenu [Adresse 3] ainsi qu’un emplacement de parking (n°4) situé [Adresse 7] devenu [Adresse 6] à [Localité 14] sont réunies à la date du 1er décembre 2024 ;
ORDONNONS en conséquence à Monsieur [Y] [L] [T] de libérer les lieux et de restituer les clés ;
DISONS qu’à défaut pour Monsieur [Y] [L] [T] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés, la S.A PROMOLOGIS pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
DISONS n’y avoir lieu à ordonner l’enlèvement, le transport et la séquestration des meubles éventuellement laissés sur place ;
CONDAMNONS Monsieur [Y] [L] [T] à verser à la S.A PROMOLOGIS à titre provisionnel la somme de 5.346,58 euros (décompte arrêté au 29 avril 2025, comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation impayés jusqu’à l’échéance du mois de mars 2025 comprise), avec les intérêts au taux légal à compter du 30 septembre 2024 sur la somme de 2.059,04 euros et de la présente ordonnance pour le surplus ;
CONDAMNONS Monsieur [Y] [L] [T] à payer à la S.A PROMOLOGIS à titre provisionnel une indemnité d’occupation mensuelle à compter du 1er avril 2025 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi ;
CONDAMNONS Monsieur [Y] [L] [T] à verser à la S.A PROMOLOGIS une somme de 150 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS Monsieur [Y] [L] [T] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer,de sa notification à la CCAPEX, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
DEBOUTONS la S.A PROMOLOGIS de sa demande au titre des dépens concernant les actes signifiés dans le cadre de mesures conservatoires ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire ;
La greffière, La Vice-présidente,
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