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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp fond, 25 févr. 2026, n° 25/03565 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03565 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 15 mars 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 1]
NAC: 5AA
N° RG 25/03565
N° Portalis DBX4-W-B7J-UTBY
JUGEMENT
N° B 26/
DU : 25 Février 2026
S.A.S.U. ACTION LOGEMENT SERVICES, dans les droits du bailleur M. [L] [J]
C/
[K] [C]
Expédition revêtue de
la formule exécutoire
délivrée le 25 Février 2026
à la SCP VAYSSE – LACOSTE – AXISA
Expédition délivrée
à toutes les parties
JUGEMENT
Le mercredi 25 février 2026, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Giovanna GRAFFEO, Première Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en matière civile, assistée de Maria RODRIGUES, Greffier lors des débats et Greffier chargé des opérations de mise à disposition.
Après débats à l’audience du 11 décembre 2025, a rendu la décision suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDERESSE
S.A.S.U. ACTION LOGEMENT SERVICES, dont le siège social est sis [Adresse 4], agissant poursuites et diligences de son directeur domicilié en cette qualité audit siège
dans les droits du bailleur Monsieur [L] [J], domicilié [Adresse 5] à [Localité 2]
représentée par la SELARL LEVY ROCHE SARDA AVOCATS, avocats au barreau de LYON, substituée par Maître Céline ABRATE-LACOSTE de la SCP VAYSSE-LACOSTE-AXISA, avocat au barreau de TOULOUSE
ET
DÉFENDERESSE
Madame [K] [C]
demeurant [Adresse 6]
non comparante, ni représentée
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur [L] [J] a donné à bail à Madame [K] [C] un appartement à usage d’habitation (n°F05, 1er étage, Bâtiment F) et un parking (n°F05) situés [Adresse 7] à [Localité 3], par contrat en date du 15 mai 2022 moyennant un loyer d’un montant initial de 539 euros et une provision sur charges de 50 euros.
La SASU ACTION LOGEMENT SERVICES s’est portée caution pour le paiement des loyers et charges de Madame [K] [C] par acte du 15 mai 2022.
Des loyers étant demeurés impayés, la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES a fait signifier à Madame [K] [C] un commandement de payer visant la clause résolutoire le 30 juillet 2024 pour un montant en principal de 3.534 €.
C’est dans ces conditions que la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES, subrogée dans les droits de Monsieur [L] [J], à défaut d’avoir pu parvenir à une résolution amiable du litige, a fait assigner par acte du 16 juin 2025 Madame [K] [C] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de TOULOUSE statuant au fond pour solliciter de :
— Constater l’acquisition de la clause résolutoire insérée au bail et à titre subsidiaire prononcer la résiliation du bail aux torts et griefs de Madame [K] [C] ;
En conséquence,
— Ordonner l’expulsion de Madame [K] [C] et de tous occupants de son chef avec si nécessaire le concours de la force publique.
En toute hypothèse, elle a demandé de :
— Condamner Madame [K] [C] à lui payer la somme de 6.616 € avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 30 juillet 2024 sur la somme de 3.534€ et pour le surplus à compter de l’assignation ;
— Fixer l’indemnité d’occupation mensuelle à compter de la date de l’acquisition de la clause résolutoire ou de la résiliation du bail au montant du loyer contractuel mensuel augmenté des charges ;
— Condamner Madame [K] [C] à lui payer lesdites indemnités d’occupation dès lors que ces paiements seront justifiés par une quittance subrogative, jusqu’à la libération effective des lieux ;
— Condamner Madame [K] [C] à lui payer la somme de 800 € sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile ;
— Dire qu’il n’y a pas lieu à suspendre l’exécution provisoire de droit ;
— Condamner Madame [K] [C] en tous les dépens en ce compris le coût du commandement de payer.
A l’audience du 11 décembre 2025, la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES, représentée par son conseil, a maintenu ses demandes initiales et a actualisé la dette locative à la somme de 13.234 euros suivant décompte du 8 décembre 2025, mensualité de novembre 2025 incluse.
Assignée par acte de commissaire de justice délivré en son étude le 16 juin 2025, Madame [K] [C] n’était ni présente, ni représentée à l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré au 25 février 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
— sur la recevabilité de l’action :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la HAUTE-GARONNE par la voie électronique le 17 juin 2025 soit plus de six semaines avant l’audience et le commandement de payer dénoncé à la CCAPEX le 31 juillet 2024 soit plus de deux mois avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
— sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire :
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version applicable à la date de conclusion du contrat de bail, le contrat ayant été conclu avant la date d’entrée en vigueur de la loi du 27 juillet 2023, dispose que : “Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.”
En l’espèce, le bail litigieux contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 30 juillet 2024 pour un montant en principal de 3.534€ à Madame [K] [C].
Au vu du décompte versé aux débats, le commandement de payer est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenues dans le bail étaient réunies à la date du 1er octobre 2024.
L’expulsion de Madame [K] [C] sera ordonnée en conséquence.
SUR LES DEMANDES DE CONDAMNATION AU PAIEMENT
La SASU ACTION LOGEMENT SERVICES produit un décompte en date du 8 décembre 2025 qui justifie que la dette est d’un montant de 13.234 euros, mensualité de novembre 2025 incluse.
Elle produit une quittance subrogative en date du 26 novembre 2025 justifiant qu’elle a réglé à Monsieur [L] [J] la somme de 13.234 €.
Madame [K] [C], n’ayant pas comparu, n’apporte par définition aucun élément de nature à contester ni le principe ni le montant de la dette.
Elle sera par conséquent condamnée au paiement de la somme de 13.234 € avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer en date du 30 juillet 2024 sur la somme de 3.534 € et à compter de la présente décision pour le surplus.
Madame [K] [C] sera également condamnée au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant depuis la résolution du bail soit à compter du 1er octobre 2024 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux et ce sur présentation d’une quittance subrogative.
Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant résultant des loyers et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi.
SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
Madame [K] [C], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
Compte tenu de la situation économique respective des parties, il n’est pas inéquitable de laisser à la charge de la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES ses frais irrépétibles.
La présente décision est exécutoire à titre provisoire en application des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement mis à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant sur le bail en date du 15 mai 2022 conclu entre Monsieur [L] [J] d’une part et Madame [K] [C] d’autre part concernant un appartement à usage d’habitation (n°F05, 1er étage, Bâtiment F) et un parking (n°F05) situés [Adresse 7] à [Localité 3], sont réunies à la date du 1er octobre 2024 ;
ORDONNE en conséquence à Madame [K] [C] de libérer lesdits locaux et de restituer les clés dans le délai de huit jours à compter de la signification de la présente décision ;
DIT qu’à défaut pour Madame [K] [C] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
CONDAMNE Madame [K] [C] à verser à la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES la somme de 13.234 € avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer en date du 30 juillet 2024 sur la somme de 3.534 € et à compter de la présente décision pour le surplus ;
CONDAMNE Madame [K] [C] à payer, sur présentation d’une quittance subrogative, à la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 1er octobre 2024 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXE cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi ;
DEBOUTE la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Madame [K] [C] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
DEBOUTE la SASU ACTION LOGEMENT SERVICES de toute demande plus ample ou contraire ;
RAPPELLE que le présent jugement est exécutoire à titre provisoire.
Le Greffier La Première Vice-Présidente
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