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Sur la décision
| Référence : | TA Bastia, magistrat statuant seul, 10 oct. 2025, n° 2301021 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Bastia |
| Numéro : | 2301021 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 16 octobre 2025 |
Sur les parties
| Parties : | préfet de la Corse-du-Sud c/ l' EURL Mezza Rena |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une saisine, enregistrée le 23 août 2023, le préfet de la Corse-du-Sud défère au tribunal, comme prévenus d’une contravention de grande voirie, l’EURL Mezza Rena et son gérant, M. A… B…, et conclut à ce que le tribunal :
1°) constate que les faits établis par le procès-verbal constituent la contravention prévue et réprimée par l’article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques et condamne par suite l’EURL Mezza Rena et M. B… au paiement de l’amende prévue par le décret n° 2003-172 du 25 février 2003 ;
2°) ordonne la remise en état des lieux, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) l’autorise à procéder d’office, aux frais des contrevenants, à la remise en état des lieux.
Il soutient que :
- par un arrêté n° 2A-2023-03-30-00075 du 30 mars 2023, l’EURL Mezza Rena, représentée par M. B…, n’a pas été autorisée à occuper le domaine public maritime ;
- il résulte d’un constat du 2 mai 2023 que l’EURL Mezza Rena et M. B… occupent sans autorisation le domaine public maritime par l’installation, constatée le même jour, sur la plage de Favone, située sur le territoire de la commune de Sari-Solenzara, d’une structure de restauration démontable d’une surface de 202 m² et d’un stockage sur sable de 71 m² servant comprenant divers mobiliers en bois et une remorque, soit une surface totale de 273 m² ;
- cette occupation sans autorisation entraîne une atteinte à la destination de droit du domaine public maritime naturel qui est la libre utilisation de ce dernier au profit du public.
La saisine a été communiquée à l’EURL Mezza Rena et M. B… qui n’ont pas produit d’observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le procès-verbal de contravention de grande voirie du 21 juin 2023 ;
- le certificat constatant la notification du procès-verbal, comportant invitation à produire une défense écrite.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code pénal ;
- le décret n° 2003-172 du 25 février 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Castany, présidente-rapporteure,
- et les conclusions de M. Martin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 juin 2023, le préfet de la Corse-du-Sud a dressé un procès-verbal de contravention à l’encontre de l’EURL Mezza Rena et M. B… à raison de l’occupation sans droit ni titre du domaine public maritime, constatée le 2 mai 2023, sur plage de Favone, située sur le territoire de la commune de Sari-Solenzara. Le préfet de la Corse-du-Sud défère au tribunal, comme prévenus d’une contravention de grande voirie, l’EURL Mezza Rena et M. B… et conclut à ce que le tribunal constate que les faits établis par le procès-verbal constituent la contravention prévue et réprimée par l’article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques.
Sur le bien-fondé des poursuites :
2. Aux termes de l’article L. 2111-4 du code général de la propriété des personnes publiques : « Le domaine public maritime naturel de l’Etat comprend : 1° le sol et le sous-sol de la mer entre la limite extérieure de la mer territoriale et côté terre, le rivage de la mer. Le rivage de la mer est constitué par tout ce qu’elle couvre et découvre jusqu’où les plus hautes mers peuvent s’étendre en l’absence de perturbations météorologiques exceptionnelles ; (…) 3° Les lais et relais de la mer : a) qui faisaient partie du domaine privé de l’Etat à la date du 1er décembre 1963, sous réserve des droits des tiers ; b) Constitués à compter du 1er décembre 1963. (…) ». Et aux termes de l’article L. 2132-3 de ce code : « Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d’amende (…) ». Ces dispositions tendent à assurer, au moyen de l’action domaniale qu’elles instituent, la remise du domaine public maritime naturel dans un état conforme à son affectation publique en permettant aux autorités chargées de sa protection, notamment, d’ordonner à celui qui l’a édifié ou, à défaut, à la personne qui en a la garde, la démolition de tout ouvrage ou aménagement irrégulièrement implanté sur ce domaine.
En ce qui concerne l’infraction :
3. Par un arrêté n° 2A-2023-03-30-00075 du 30 mars 2023, le préfet de la Corse-du-Sud n’a pas autorisé l’EURL Mezza Rena, représentée par M. B…, à occuper le domaine public maritime. Il résulte de l’instruction que l’EURL Mezza Rena et M. B… occupent sans autorisation le domaine public maritime à raison de l’installation, constatée le 2 mai 2023, plage de Favone, sur le territoire de la commune de Sari-Solenzara, d’une structure de restauration démontable d’une surface de 202 m² et d’un stockage sur sable de 71 m² servant comprenant divers mobiliers en bois et une remorque, soit une surface totale de 273 m². Une telle implantation constitue, en raison de son caractère permanent, un usage privatif du domaine public maritime, excédent le droit d’usage appartenant à tous.
4. Il résulte de ce qui précède que l’occupation, constatée 2 mai 2023 par le procès-verbal du 21 juin 2023, du domaine public maritime par l’implantation précitée, sans autorisation, présente le caractère d’une contravention de grande voirie prévue et réprimée par les dispositions du premier alinéa de l’article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques.
En ce qui concerne le montant de l’amende :
5. Aux termes de l’article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : « Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d’un montant plus élevé, l’amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l’article 131-13 du code pénal (…) ». Selon l’article 1er du décret du 25 février 2003 relatif aux peines d’amende applicables aux infractions de grande voirie commises sur le domaine public maritime en dehors des ports : « Toute infraction en matière de grande voirie commise sur le domaine public maritime en dehors des ports, et autres que celles concernant les amers, feux, phares et centres de surveillance de la navigation prévues par la loi du 27 novembre 1987 susvisée, est punie de la peine d’amende prévue par l’article 131-13 du code pénal pour les contraventions de la 5ème classe. En cas de récidive, l’amende est celle prévue pour la récidive des contraventions de la 5e classe par les articles 132-11 et 132-15 du code pénal (…) ». Aux termes de l’article 131-13 du code pénal : « Constituent des contraventions les infractions que la loi punit d’une amende n’excédant pas 3 000 euros. Le montant de l’amende est le suivant : (…) 5° 1 500 euros au plus pour les contraventions de la 5e classe, montant qui peut être porté à 3 000 euros en cas de récidive lorsque le règlement le prévoit, hors les cas où la loi prévoit que la récidive de la contravention constitue un délit ».
6. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de condamner l’EURL Mezza Rena et M. B… au paiement d’une amende d’un montant de 1 500 euros chacun.
Sur l’action domaniale :
7. Il y a lieu d’enjoindre à l’EURL Mezza Rena et M. B…, s’ils ne l’ont déjà fait, de libérer sans délai le domaine public et d’assortir cette injonction d’une astreinte de 1 500 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement. En cas d’inexécution par ceux-ci, l’administration est autorisée à procéder d’office, aux frais des contrevenants, à la remise en état des lieux.
D É C I D E :
Article 1er : L’EURL Mezza Rena et M. B… sont condamnés à payer une amende d’un montant de 1 500 euros chacun.
Article 2 : L’EURL Mezza Rena et M. B… devront, sous le contrôle de l’administration, remettre sans délai, s’ils ne l’ont déjà fait, les lieux en l’état, sous peine d’une astreinte de 1 500 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : En cas d’inexécution par l’EURL Mezza Rena et M. B…, l’administration est autorisée à procéder d’office, aux frais des contrevenants, à la remise en état des lieux.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Haute-Corse pour notification à l’EURL Mezza Rena et à M. A… B… dans les conditions prévues à l’article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2025.
La présidente-rapporteure,
Signé
C. Castany
La greffière,
Signé
R.Saffour
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Textes cités dans la décision
- Loi n° 87-954 du 27 novembre 1987
- Décret n°2003-172 du 25 février 2003
- Code général de la propriété des personnes publiques.
- Code pénal
- Code de justice administrative
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