Rejet 11 mars 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Guyane, 11 mars 2025, n° 2500246 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Guyane |
| Numéro : | 2500246 |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2025, M. B A, représenté par Me El Allaoui, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner au préfet de la Guyane, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, de lui délivrer une convocation dans un délai de quinze jours afin qu’il puisse déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé en application des dispositions de l’article L. 911-1 du code de justice administrative et des articles R. 431-2 et R. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
— la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il est entré sur le territoire depuis plus de cinq ans et que son épouse est en situation régulière ;
— la mesure sollicitée est utile en raison des dysfonctionnements dans la procédure de prise de rendez-vous ;
— elle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet de la Guyane le 25 février 2025 qui n’a pas produit d’observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
2. Par la présente requête, M. A, ressortissant chinois né en 1978, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture afin qu’il puisse déposer sa première demande de titre de séjour.
3. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu’en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, si l’étranger établit qu’il n’a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l’intéressé. La condition d’urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.
5. Il résulte de l’instruction que, eu égard aux difficultés rencontrées par les ressortissants étrangers pour déposer leur demande de titre de séjour, en l’absence sur le site internet de la préfecture de plages horaires libres pour la prise de rendez-vous, le préfet de la Guyane a mis en place une alternative aux formalités en ligne. Les intéressés peuvent ainsi formuler une demande écrite devant être adressée par courrier postal aux services de la préfecture.
6. En l’espèce, M. A qui justifie être marié avec une compatriote en situation régulière fait valoir avoir adressé un courrier au préfet de la Guyane le 6 mai 2024 dont il a accusé réception le 22 mai suivant sollicitant un rendez-vous en préfecture afin de déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, ses démarches sont restées infructueuses. Dans ces conditions, tenant à sa situation privée et familiale et à l’absence de diligences en l’espèce des services de l’Etat, la demande de l’intéressé revêt un caractère urgent et utile au sens des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction que cette demande ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative, ni qu’elle se heurterait à une contestation sérieuse.
7. Il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Guyane d’adresser à M. A une convocation afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour, dans le délai d’un mois suivant la notification de la présente ordonnance, sans qu’il y ait lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’affaire, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 700 euros à payer à M. A au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Guyane de fixer un rendez-vous à M. A dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.
Article 2 : L’Etat versera à M. A la somme de 700 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 mars 2025.
Le juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S. PROSPER
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Urbanisme ·
- Déclaration préalable ·
- Plan ·
- Bâtiment ·
- Carrière ·
- Construction ·
- Règlement ·
- Ville ·
- Monument historique ·
- Immeuble
- Territoire français ·
- Illégalité ·
- Enfant ·
- Convention internationale ·
- Départ volontaire ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Interdiction ·
- Vie privée ·
- Délai
- Urbanisme ·
- Déclaration préalable ·
- Piscine ·
- Plan ·
- Masse ·
- Justice administrative ·
- Eaux ·
- Construction ·
- Autorisation ·
- Document photographique
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Responsabilité sans faute ·
- Distribution ·
- Centre commercial ·
- Sociétés ·
- Barrage ·
- L'etat ·
- Charge publique ·
- Accès ·
- Sécurité ·
- Justice administrative
- Tribunal judiciaire ·
- Autonomie ·
- Justice administrative ·
- Handicapé ·
- Action sociale ·
- Commission ·
- Personnes ·
- Scolarisation ·
- Adolescent ·
- Juridiction
- Territoire français ·
- Interdiction ·
- Effacement ·
- Abroger ·
- Justice administrative ·
- Abrogation ·
- Nationalité ·
- Union européenne ·
- Urgence ·
- Règlement (ue)
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Erreur ·
- Contribuable ·
- Économie ·
- Droit commun ·
- Industrie ·
- Pourvoir ·
- Finances ·
- Déclaration
- Territoire français ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Union européenne ·
- Ressortissant ·
- Éloignement ·
- Obligation ·
- Interdiction ·
- Justice administrative ·
- Réfugiés
- Foyer ·
- Prime ·
- Activité ·
- Allocations familiales ·
- Justice administrative ·
- Sécurité sociale ·
- Dette ·
- Commissaire de justice ·
- Remise ·
- Bonne foi
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Demandeur d'emploi ·
- Juge des référés ·
- Liste ·
- Commissaire de justice ·
- Cessation ·
- Décision administrative préalable ·
- Travail ·
- Handicap ·
- Urgence
- Justice administrative ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Carte de séjour ·
- Décision implicite ·
- Aide sociale ·
- Enfance ·
- Sérieux ·
- Formation ·
- Cartes
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Commune ·
- Décision administrative préalable ·
- Expertise ·
- Allocation ·
- Désistement ·
- Juge des référés ·
- Ordonnance ·
- Mission
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.